Sébastien Lalanne nous en dit plus sur son actualité artistique !
Bonjour Sébastien,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
La série “Lucky Luke” est toujours diffusée sur Disney+. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela a été, pour vous, de participer à ce beau projet ?
Oui ! Faire un western, avec des gens que tu aimes beaucoup, Alban, Benjamin, …était, bien sûr, un grand plaisir ! J’ai quand même été bercé, dans mon enfance, par les westerns, j’en étais fan et, là, j’étais dans les décors des westerns spaghetti. C’est immédiatement cinématographique…C’est assez étonnant ! Les costumes étaient incroyables, on était totalement immergés. C’est en cela que le cinéma est génial : on est pris dans un réel qui n’est pas le nôtre ! C’est un grand plaisir.
La série est originale, avec des personnages qui ont vieilli, bouleversant les codes…
Bien sûr ! C’est le travail des auteurs. A mon avis, c’est très compliqué d’adapter au cinéma une tranche du patrimoine français. “Lucky Luke” est quelque chose qui appartient à chacun donc on se sent tous soit un peu trahis, soit heureux de retrouver des choses que l’on a aimées. En tout cas, c’est agréable d’en faire partie ! J’ai joué un Dalton, un personnage un peu con et un peu agressif, ce qui est toujours agréable et facile à jouer. Ce qui était impressionnant, c’était de voir Alban dans le décor, avec son costume. Je me rappellerai toujours de la première fois que je l’ai vu, c’était fou, il était Lucky Luke !
Avec les autres Dalton, on était dans une partie parallèle, on était dans notre monde des Dalton, je n’ai pas traversé tous les univers mais c’était super.
Au moment de vous glisser dans la peau de ce personnage, aviez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?
Non, pas forcément ! Tous les éléments étaient donnés : le décor, le costume et, parfois, le personnage naît en se regardant dans le miroir. Surtout, un Dalton n’est pas un personnage en lui-même, c’est un personnage à quatre. Donc l’idée était de ne pas en faire des personnages séparés : il y a le grand, Averell, le petit nerveux, Joe et, au milieu, c’est un peu une sorte de no-mans-land. Ma théorie est que les Dalton sont quatre, pour faire le nombre mais que les deux du milieu ne sont pas très définis. L’idée a été de créer un binôme avec Mathieu. On savait également que nos visages seraient mixés, pour avoir tous des éléments de Jérôme Niel et qu’on soit des frères, sans être tout à fait identiques. Cette idée est géniale ! En fonction de tous ces éléments, j’ai pu travailler…Ce n’était pas pareil que pour un personnage à part. En même temps, on était assez libres parce que, comme il n’y a pas trop de trace, on pouvait inventer. On en a fait des personnages qui s’engueulent tout le temps. Comme nous n’avions pas d’opposition extérieure, on en a créée une intérieure.
C’est une chance d’être plongé dans un univers comme celui-ci !
Quels retours du public avez-vous pu avoir ?
J’ai une petite théorie là-dessus : les gens, globalement, sont gentils donc ceux qui te donnent leur avis sont ceux qui ont aimé…Ceux qui n’ont pas aimé ne vont pas te le dire. Donc, oui, j’ai eu des retours positifs sur ce que l’on a fait. Sur la série en elle-même, les retours sont vachement touchants parce qu’ils sont toujours liés à l’enfance de chacun. La série est décalée mais les gens retrouvent leurs souvenirs…Je crois que ça marche super bien !
En complément, vous avez tourné dans un court-métrage, qui vous tient particulièrement à cœur…
C’est un court-métrage d’horreur, réalisé par Victor Cesca, dont une première réalisation avait fait 250 festivals et obtenu 80 prix. C’était une comédie, en comédie musicale, sur un prêtre, dans une église qui fait un battle de piano. Là, il fait de l’horreur…Victor est un gars à suivre, je vous le dis !
L’histoire se passe dans un ascenseur. C’était une très belle rencontre avec le reste du casting (Mika Abiteboul est un ami très cher) et le réalisateur n’avait pas de limite dans son exigence. Quand on s’amuse beaucoup, c’est une sorte de décompensation. C’était physique, avec de l’engagement, pile comme j’aime !
Je joue un salaud, un rôle qu’on me donne souvent. Mais, au final, il est un peu victime aussi. J’aime bien faire des cons et des salauds, c’est très agréable, c’est plus savoureux. Tu dois trouver sa raison et il y en a toujours une, c’est intéressant à comprendre. Et le héros a besoin de toi, sinon il n’y a pas de film…Je remercie systématiquement les gens qui me permettent de faire ce genre de choses, comme Fred Grivois dans la série “Machine”. Quel cadeau ! Sans oublier Guillaume Pierret dans “Balle perdue”, un autre bonheur absolu…
“Entre chien et loup” est un programme pour France 3, dans lequel vous avez également tourné…
Le titre va, d’ailleurs, sans doute changer. C’est un téléfilm policier, tourné en Lozère. C’est une enquête, suite à un meurtre…Ca se passe plutôt à la tombée du jour et je fais une petite intervention un peu particulière, je suis le maire d’un village, qui est confronté à la scission de son village. Je suis souvent dans la mairie, j’ai donc traversé le film d’un point de vue administratif on va dire mais c’était chouette. Chaque tournage est particulier puisque chaque tournage a une identité, souvent celle de son réalisateur. Alors que l’on pourrait croire qu’un téléfilm est quelque chose d’installé, là, Xavier de Choudens faisait en sorte d’avoir quelque chose de très léger. Il était très disponible, il se donnait énormément de marge et de liberté, il réduisait le nombre de plans et donnait plus de responsabilités aux acteurs. Ça change tout !
Toujours dans l’actualité, la série “France Kbek” est disponible sur TF1+...
C’est un truc totalement taré, que j’avais a-do-ré faire ! C’est complètement punk, ça part dans tous les sens, c’est débile, c’est trash ! Quand tu regardes ça, tu as l’impression d’avoir les doigts dans la prise. C’est défoulatoire, c’est tellement débile que ça en devient un manifeste ! Qu’est-ce que j’ai ri là-dessus…
Pour terminer, quelles seraient vos envies pour la suite de votre parcours artistique ?
Quand vous demandez à un comédien, il ne travaille jamais assez…J’aimerais tourner plus et faire partie de ces gens qui en ont ras le bol d’être sur un plateau. Je ne suis pas encore de ceux-là mais tout me plait !
A côté de cela, j’écris et je fais aussi de la mise en scène, essentiellement de spectacles de cirque. Là, deux spectacles tournent…J’adore cela, ça me remplit de joie. C’est particulier, il y a un engagement physique de la part des gens, c’est dangereux, il y a donc une tension sur le travail. Il y a du bois et du métal à installer, ce n’est pas comme au théâtre, où tu arrives avec une chaise pour jouer. Sur un des spectacles, une structure fait 7 mètres de haut…Sur l’autre, il y a beaucoup de technologies…Donc c’est très intéressant, tu es obligé de bien réfléchir car la vie des artistes en dépend. Ce n’est évidemment pas du bricolage…Et puis, surtout, les Wriggles passent à l’Olympia le 10 octobre 2026 !
Merci, Sébastien, pour toutes vos réponses !