Monsieur Parizot, Nouveau jour, Un Si Grand Soleil : Nina Hazotte Maggipinto évoque plusieurs de ses expériences télévisuelles !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Nina,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Fin mars dernier, les téléspectateurs de TF1 avaient pu retrouver dans une nouvelle soirée inédite de “Monsieur Parizot”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela a été pour vous de participer à ce chouette tournage ?

 

Oui ! Déjà, de participer à un autre tournage dans la région Grand-Est a été, pour moi, un très grand plaisir puisque c’est une région qui m’est chère et dans laquelle j’ai envie de continuer à travailler. Donc c’était vraiment un plaisir d’y retourner pour le boulot ! En plus, dans ce décor-là des cures de Nancy, qui est quand même un cadre. On a eu un super accueil de la ville de Nancy et des termes, vraiment c’était un plaisir ! 

 

C’est vrai que le casting était chouette ! J’ai tourné juste avant de commencer “Nouveau jour” et j’ai beaucoup appris. Mon personnage était un rôle secondaire et j’ai eu pas mal de journées avec de courtes séquences ou avec très peu de répliques, ce qui m’a permis d’observer le travail des différents comédiens sur place. C’était une position intéressante et enrichissante.

 

Ce programme rappelle le format du “Cluedo”, ce qui vous permet, à tous, d’aller dans des registres et des enjeux variés ….

 

Tout à fait ! Patrick Paroux utilise un registre vraiment particulier pour son personnage. En entendant “Action !”, on le voit switcher et rentrer dans la peau de monsieur Parizot. On sent qu’il y a beaucoup de travail derrière, on voit toute l’expérience théâtrale qu’il a acquise et qui lui sert pour ce tournage-là. C’est vrai que, moi, venant du théâtre, j’ai beaucoup appris, en audiovisuel, à gommer certains réflexes, certaines techniques de jeu mais aussi certaines mimiques. Mais, là, en fait, il n’y avait presque rien à gommer. Donc c’était super intéressant, dans ce projet-là particulièrement, en termes de jeu parce qu’il y avait vraiment un gros mélange, à la fois, de ce que j’avais appris au théâtre et, en même temps, du jeu face caméra. L’endroit où il fallait être en interprétation était assez subtile !

 

Au moment de vous glisser dans la peau de votre personnage, vous étiez-vous (re)plongée dans les premiers épisodes, pour mieux encore vous imprégner de l’atmosphère du programme ?

 

Je me suis évidemment intéressée au programme et ai regardé les deux épisodes précédents. Je ne me suis pas inspirée de personnages en particulier mais j’ai quand même repéré où se plaçait le mien parce que c’est un schéma qui se répète. Donc je me suis identifiée à d’autres rôles précédemment mais, par contre, je ne me suis pas du tout inspirée, pour mon personnage, de ce qui avait été fait. Déjà, parce qu’il n’y avait pas de lien mais aussi parce que je n’avais pas envie de recopier. En tout cas, en regardant les précédentes soirées, j’ai pu voir l’atmosphère mais également comment l’intrigue est déroulée, encore une fois, je trouve, de façon hyper théâtrale. 

 

La diffusion a-t-elle été, pour vous, l’occasion de retours des téléspectateurs ?

 

J’en ai beaucoup eus de mes proches mais je me souviens surtout de l’avant-première, qui a eu lieu à Nancy. J’y étais mais je n’avais prévenu personne car mon passage en Lorraine était rapide. Mais, à la fin de la projection, Hocine Chabira, le vice-président de la métropole du Grand Nancy, est venu me voir. Il avait été un de mes professeurs au conservatoire, en charge de nous apprendre l’environnement professionnel du théâtre, donc, par exemple, comment monter une compagnie, comment demander des subventions, comment budgétiser un projet, comment rémunérer les gens, comment fonctionne l’intermittence, etc. Il était donc très heureux de voir une de ces anciennes élèves dans ce programme, que lui-même avait soutenu dans le cadre de son poste actuel.

 

D’ailleurs, comment aviez-vous appréhendé cet exercice de vous voir sur grand écran et de découvrir le rendu final en même temps que d’autres téléspectateurs ?

 

C’était plaisant, même si ce n’est jamais très agréable de se regarder. Ce n’est pas quelque chose que j’adore particulièrement, par contre je regarde tout ce que je fais, par respect pour le travail et pour aussi voir ce que mes propositions rendent à l’écran. Je suis ma première critique. Je trouve que c’est hyper important d’avoir un regard, de voir ce qui a été pris, ce qui n’a pas été pris, ce qui a été coupé, comment ça a été monté, pour aller au-delà de ce que j’ai compris au moment du tournage et pour essayer d’aller un peu plus loin dans la compréhension du projet final. 

 

En fait, le grand écran m’a rappelé mes années au collège. J’avais participé, trois ans d’affilée, à une colo cinéma, dans laquelle on faisait des courts métrages, que l’on allait regarder, à la fin des deux semaines, dans le cinéma du coin. De me voir sur grand écran avec du monde dans la salle était quelque chose que j’avais déjà expérimenté. Au-delà de cela, je crois que j’ai préféré ça que de me voir à la télé et de découvrir alors le projet. Là, j’ai pu voir les réactions en direct, comprendre ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas, j’ai senti l’énergie des gens. Cela n’a rien à voir avec le fait d’être seule dans mon canapé. Donc, oui, j’ai beaucoup aimé, j’étais très contente d’y être ! En plus, la salle était vraiment remplie, donc c’était super !

 

En complément, vous l’avez dit, vous avez participé à la quotidienne de M6 “Nouveau jour”. Quels souvenirs en gardez-vous ?

 

Déjà, je me souviens beaucoup de la préparation de Romane, mon personnage, avant le tournage. C’était un rôle qui était ambitieux, j’avais énormément de choses à travailler, elle avait tout un vécu avant le début de l’histoire. J’ai pris un plaisir dingue dans tout ce travail-là et, en plus, comme on ne savait pas combien de temps ça allait durer, j’avais commencé un carnet dans lequel j’ai, je ne sais, combien de pages de notes de travail et de nourriture. J’aurais pu m’en servir encore dans trois ans…Donc c’était hyper intéressant d’entamer le travail d’un personnage qui, peut-être, allait durer des années et des années. 

 

Je me souviens évidemment du tout premier clap, lors de la première journée. J’étais au château, c’était un grand moment ! Et puis, je me souviens de la soirée de fin, où c’était assez fou de se rendre compte de tous les liens qui avaient été créés en si peu de temps, de leur richesse et de celle des rencontres faites. En fait, il y a eu énormément de rencontres, justement, que ce soit entre les comédiens mais aussi avec l’équipe technique ou encore avec la production. A cette soirée de fin, on a même rencontré, pour la première fois, les scénaristes, qui sont tous à Paris. C’était un moment assez fort ! C’était évidemment triste parce qu’on avait tous envie que ça continue et, puis, ça a été un arrêt quand même un peu abrupte donc assez difficile à digérer et à accepter. Mais, en même temps, c’était vraiment très beau de voir à quel point les gens s’étaient investis, à quel point autant de personnes y avaient cru et à quel point ces liens-là restent. C’est encore le cas aujourd’hui, notamment avec les comédiens, notre groupe Whatsapp vit encore et, il y a quelques jours, nous avons fêté nos un an de rencontre. 

 

 

 

 

Le fait de retrouver votre personnage sur la longueur et sur la durée vous a permis une belle palette de jeu …

 

Oui, d’autant plus que Romane était un personnage double. C’était hyper riche à travailler et à appréhender. On a tous un masque social plus ou moins épais et le sien est un parpaing…Du coup, j’ai presque eu l’impression de travailler deux personnages en un : il y avait la Romane que l’on voit au début, toute propre, très polie, qui fait son travail nickel, qui est hyper investie dans ce qu’elle fait, qui est investie avec tout le monde, qui ne fait pas de vague et puis, il y avait la Romane qui, dans le perso, a une envie de forte vengeance, qui est meurtrie par la perte de son père. C’était vraiment un très très beau cadeau que la production m’a fait en me choisissant pour ce rôle ! 

 

Mon tout premier casting n’était pas pour Romane, mais pour Kim, interprétée finalement par Inès Torroglosa. J’ai été rappelée pour le callback mais pour cet autre personnage. J’étais ravie et j’ai adoré ce rôle !

 

On le sait, le rythme de tournage sur une quotidienne est particulièrement soutenu. Sans doute que, progressivement, vous aviez pris vos marques et trouvé vos habitudes ?

 

En fait, c’est vraiment quelque chose que j’avais anticipé avant le début du tournage. Mine de rien, il y avait tellement d’intensité à donner à ce personnage que, quand on a si peu de temps, ce n’est pas facile d’arriver et d’être directement au bon endroit. Ce sont des intentions de jeu qui nécessitent du travail et de la réflexion, on avait quand même des coachs pour nous préparer en amont mais, comme nous, ils étaient dans le début d’une quotidienne, avec trente personnages à travailler avec trente comédiens différents. Donc on n’avait pas un temps illimité pour s’imprégner, comme on peut avoir sur un long-métrage, avec, en plus, des enjeux, et pas des moindres, à défendre. Donc mon objectif, avant le début du tournage, était vraiment d’arriver sur le plateau en étant convaincue à 100% de ce que j’allais défendre et en n’ayant aucune zone de flou. Tout en restant malléable, parce que je ne connaissais pas les équipes techniques ni les réalisateurs et qu’en fait, il allait falloir aussi naviguer ensemble dans ces séquences. Donc c’était un beau défi ! 

 

Ce qui s’est passé pour moi était un peu particulier : j’ai eu un mois de tournage intense, avant trois mois de pause puis, de nouveau, un mois intense. Donc, pendant ces deux mois-là, il fallait que je sois prête au moment de tourner. Je n’ai pas eu tant de temps pour m’adapter…J’ai donc beaucoup travaillé en amont puis j’ai tout donné sur le plateau. Les trois mois de pause m’ont aussi permis de laisser infuser le mois de tournage qui venait de passer, d’envisager la suite, de savoir comment j’avais envie de travailler, de faire les choses et d’appréhender le retour de Romane.

 

En parallèle, vous tournez actuellement pour la quotidienne de France 3, “Un Si Grand Soleil”...

 

Je suis vraiment ravie de commencer ce projet, d’autant plus que, sans en dire trop, c’est un personnage, encore une fois, qui est plutôt haut en couleurs et qui nécessite un vrai travail de composition car très éloigné de moi. Je suis trop contente que l’on me caste pour des personnages qui ne me ressemblent pas. Je prends énormément de plaisir dans ce travail-là.

 

Cela va être aussi très différent de “Nouveau jour” puisque c’est une quotidienne qui existe depuis huit ans donc qui roule, en fait. Rien que pour la préparation, avant même de débuter le tournage, j’ai senti que ce n’est pas le même endroit. Oui, c’est un autre projet télé, c’est une autre quotidienne mais ça reste très différent de ce que j’ai pu faire jusque-là. Donc je pense que je vais avoir plein de choses à apprendre. Au niveau du plateau, je côtoie des comédiens et des comédiennes qui sont là depuis longtemps et qui ont cette expérience-là, je pense que je vais beaucoup apprendre du travail avec eux aussi donc, oui, je suis ravie !

 

Une boucle est, en quelque sorte, bouclée pour vous, en retrouvant ce plateau que vous aviez connu dans un autre registre, de l’autre côté de la caméra…

 

Complètement ! En fait, j’avais découvert les studios de Vendargue lors d’une formation d’assistanat caméra que j’ai faite il y a bientôt trois ans. Je n’avais pas vocation à me réorienter, je voulais surtout comprendre les enjeux du plateau. J’avais fait un stage sur cette quotidienne, du côté technique. C’est donc là-bas que j’y ai connu ma première réelle expérience d’assistanat caméra. On était en équipe extérieure, celle que j’ai retrouvée ces derniers jours. Je suis donc ravie de revenir dans ce cadre-là.

 

Je viens du théâtre, où on a un gros rapport à la troupe, au collectif et au travail ensemble. Pour moi, ce lien avec l’ensemble de l’équipe est très important. Je n’envisage pas de travailler avec une équipe dont je ne connais pas les prénoms. Donc je suis contente de retourner sur “Un Si Grand Soleil” en tant que comédienne, en ayant eu cette expérience-là. 

 

Merci, Nina, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Télévision

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