France 3 / C'est qui le chef ? : Hervé Rey évoque ce petit bijou télévisuel, diffusé ce mardi 9 juin !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Hervé,

 

Quelle joie d’effectuer cet échange avec vous !

 

Le téléfilm “C’est qui le chef ?” sera diffusé ce mardi 9 juin, en prime-time, sur France 3. Y participer sous les traits du personnage de Benoît Debruyne a certainement été très plaisant ?

 

C’était dingue ! Ce tournage a vraiment été un cadeau. Tout d’abord, parce que je trouve que c’est très bien écrit. C’est un très joli unitaire, une délicieuse comédie, avec de bons dialogues, chose à laquelle je suis assez sensible. Ensuite, comme vous le savez, puisque vous l’avez interviewée, j’ai retrouvé Céline Ronté, qui est une amie intime depuis 25 ans, qui jouait ma femme. Donc, pour créer une intimité de couple, tout était déjà là…Et puis, on a rencontré Alice Daubelcour, dont on est tombés raides dingues, l’un comme l’autre. Le coup de cœur à 3 a été immédiat ! Quand elle me laisse des messages, elle m’écrit “Daddy” et je l’appelle “Ma princesse” ou “Ma puce”. J’ai retrouvé aussi Bruno Solo, avec qui j’avais travaillé en doublage et avec qui on s’était très bien entendus. C’était chouette de le revoir ! Enfin, je ne pourrais dire que le plus grand bien, à tous les endroits, d’Aude Gogny-Goubert, la réalisatrice. Elle est brillante, sensible, drôle, …Je ne la connaissais pas du tout, je ne savais même pas qui elle était en fait, j’étais passé un peu à côté du “Palmashow” et de “Golden Moustache”. J’avais découvert son parcours en me renseignant au moment de faire la selftape pour l’audition…Elle a su créer une famille, elle a sû s’entourer de gens qui, humainement et artistiquement, s’entendaient bien. Mon premier jour de tournage était celui de la scène de fin, à plusieurs caméras, avec tous les protagonistes qui étaient là. C’était le premier unitaire d’Aude mais j’étais halluciné de la façon dont elle gérait ce plateau, avec douceur, drôlerie et fermeté. C’était une scène compliquée techniquement et avec plein de comédiens, en petits groupes et je trouve qu’elle a été très bien réalisée !

 

Aude avait un code couleurs sur tout le film. Avec le chef opérateur, Rémi Mestre, ils en avaient 6 et, vous le verrez, elles sont toutes déclinées et cela donne quelque chose que l’on n’identifie pas forcément mais qui donne une grande cohérence esthétique. C’est d’une vraie finesse !

 

Aude comme formidable directrice d’acteurs, l’ambiance, les comédiens… tout était un cadeau ! Je ne connaissais pas vraiment Michel Cymes en tant que comédien mais je l’ai trouvé vachement bien. En plus, il est adorable. 

 

Je n’ai jamais vu, à la télé, une productrice comme Gabrielle Gerin. Elle est très intelligente, accessible, présente pour nous, elle connaît son métier mais aussi celui des autres : elle sait ce que sont les acteurs et les actrices, elle sait ce qu’est une équipe technique, elle est discrète mais elle est hyper présente, et elle est tellement gentille. C’était vraiment idyllique !

 

Je n’oublie pas toute l’équipe technique. C’étaient des gens de la Fabrique France Télévisions, ils font plein de choses mais, comme nous, je crois qu’ils ont été séduits par Aude et sa garde rapprochée. Je pense que, quand le chef de projet est humainement bien et met une super ambiance, tout se passe mieux ! Là, ça a été dingue ! J’avais d’ailleurs vu, dès mon arrivée, que tout le monde était heureux sur le tournage…

 

La cuisine est le point de départ de ce téléfilm, on la retrouve en toile de fond mais elle est aussi un “prétexte” à plein d’autres sujets, familiaux et personnels, dans lesquels s’inscrit pleinement votre personnage…

 

Effectivement, il y a aussi, notamment, cette thématique du secret et du non-dit familial. Je pense que toutes les familles ont leur secret, qu’on le sache ou non. C’est une thématique qui m’est chère : avec ma compagnie, Seizième étage, l’axe fort est la notion de transmission, ce que l’on récupère, comment on se débrouille avec, ce que l’on veut transmettre ou pas, et comment on arrive à le faire ou pas. C’est un sujet un peu vaste mais qui concerne chacune et chacun d’entre nous… Quand on parle de transmission, il y a souvent des secrets qui surgissent.

 

Le film parle aussi de la communication entre les générations et, là encore, ces relations intergénérationnelles sont quelque chose qui me fascine, particulièrement en ce moment, où les gens de ma génération prennent conscience que les choses doivent évoluer. C’est aussi pour ça que je disais que ce téléfilm est très bien écrit. C’est une comédie, qui est bien faite en tant que telle mais, si on a envie de voir tout ce que ça traite derrière, on peut trouver plusieurs couches, qu’Aude a su voir et nous rappeler aux bons moments. Le film est plus profond qu’il n’y paraît de prime abord. Je trouve toujours bien que, dans un divertissement, chacun puisse y prendre ce qu’il veut. Parfois même, le téléspectateur ne prend que la première couche au moment de la diffusion et, un petit peu plus tard, un écho se fait. Là, je pense qu’au-delà d’une comédie de divertissement, c’est un film qui peut accompagner les gens un peu plus que ce qu’ils imaginent. C’est agréable d’être fier, comme cela, de participer à une œuvre. J’aime bien ce que fait France Télévisions en général, je trouve que c’est qualitatif et, là, vraiment, je pense que ce téléfilm est un petit bijou…

 

 

@ Hélène Delfine

 

 

Vous incarnez le papa du personnage joué par Alice et, dès les premières minutes, on sent que votre couple soutient beaucoup sa fille dans ses projets et l’encourage vivement…

 

Oui, oui ! Il y a, effectivement, cette famille, avec des parents aimant, la mère surprotectrice et très volontaire, ainsi que le père qui semble très effacé mais dont on comprendra après que ce n’est pas parce qu’il est un peu en retrait, qu’il est inexistant dans le couple ou dans la famille…Mais je trouve que ce qui était aussi très intéressant, dès l’écriture, c’est qu’on montre également une famille standard, un papa, une maman et une enfant, avec, comme ça existe beaucoup, des polarités qui ne sont pas toujours celles qu’on représente dans les fictions : l’image de l’homme fort et de la femme qui accompagne…Là, c’est un peu l’inverse, ça donne un équilibre, avec un papa qui est plutôt sur la douceur, et une maman qui est plutôt sur la force,  l’autorité et la détermination, ce qui arrive dans énormément de familles mais qui est beaucoup moins représenté. Il existe des familles et des couples de plein de sortes et c'est toujours plus complexe que ça en a l'air…Il me semble que c'est aussi un des atouts du film.

 

Dans l’histoire, notre famille s’aime et notre fille grandit bien, elle est une jeune femme intelligente, sensible, talentueuse, avec des ambitions, que nous laissons, en tant que parents, s’accomplir. C’est une très belle famille, je trouve !

 

D’ailleurs, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration pour votre personnage ?

 

On ne sait pas toujours d’où vient l’inspiration... Je n’ai pas d’enfant mais j’ai autour de moi plein de papas qui correspondent à mon personnage, qui sont des papas doux et tendres et qui ne craignent pas de le montrer. Je pense à deux amis en particulier, qui ont des enfants hyper chouettes. Probablement qu’ils m’ont inspiré, sans que je ne m’en rende compte... en réalité, je trouvais le personnage assez proche de moi. C’est probablement aussi pour cela que j’ai été choisi. Parfois, on a des choses à composer, ce qui est très bien aussi et, parfois, on n’a plus qu’à mettre les chaussons du personnage. Évidemment qu’il y avait quand même un travail personnel à faire avant d’arriver sur le plateau mais je n’ai pas eu à chercher très loin. Tout était à disposition assez facilement, d’autant plus que je me suis retrouvé avec une femme qui est quelqu’un que j’aime.

 

De plus, je ne pense jamais que je vais jouer un personnage : je joue des situations et, quand c’est bien écrit, l'enchaînement des situations fait un personnage. D’autant plus ici, où Aude était une merveilleuse garante de cela. Elle nous a pris en main mais en douceur.

 

 

 

 

Ce genre de tournage est, pour vous, sans doute très complémentaire de vos autres cordes artistiques, que sont notamment le doublage, la mise en scène et la direction d’une compagnie de théâtre ?

 

Absolument ! J’ai fini par comprendre que, si je suis dans une zone de confort, je m’ennuie et je m'éteins. Donc j’ai besoin que ça bouge, j’ai besoin d’apprendre, j’ai besoin de me challenger…alors que je passe ma vie à me dire “mais qu’est-ce que tu serais bien dans ton confort”, parce que c’est de l’angoisse, de la fatigue, des doutes, du découragement…Mais je suis comme ça : si je veux avancer et être heureux, en réalité il faut que je fasse ça ! Donc, oui, j’ai besoin que ces domaines interfèrent consciemment ou inconsciemment, pour m’épanouir et être animé. 

 

En fait, j’ai commencé à tourner à l’âge de 10 ans, parce que je n’ai toujours voulu faire que ça. Puis je me suis post-synchronisé…A 22 ans, j’ai eu envie de faire de la mise en scène mais j’avais très peur. J’aurais mis 30 ans mais je l’ai fait 🙂! A un moment, je me suis senti aussi prêt à faire mes propres gestes artistiques…

 

J’ai eu beaucoup de chance, j’ai fait des choses incroyables, avec des gens qui le sont aussi, et je suis extrêmement fier de tout cela. Que ce soit au théâtre, en doublage ou à l’image, j’ai vraiment été très gâté ! J’ai toujours adoré travailler et quel que soit le sujet, je prends toujours ce même plaisir fou.

 

Encore une fois, j’ai été profondément heureux de jouer dans cette jolie comédie pour France 3, à quelques mois d'intervalle avec un guest sur “HPI” ou sur “A priori”. La caméra est une drogue dure pour moi, c’est un shoot d’existence et d’adrénaline. En parallèle, je mettais en scène la création d'un texte contemporain. Le théâtre est une autre drogue... Toutes ces expériences et ces registres différents se nourrissent et me nourrissent, j'ai besoin de ça.

 

Merci, Hervé, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Théâtre, Télévision

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