Elfie Kluk nous en dit plus sur sa belle et variée actualité artistique !
Bonjour Elfie,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de France 2 peuvent actuellement vous retrouver dans la mini-série évènement “L’or bleu”. On imagine sans doute la joie que cela a été, pour vous, de participer à cette belle aventure télévisuelle ?
Oui, complètement ! Quand j’ai appris que j’avais le rôle de Camille Daumas, j’étais extrêmement heureuse. Camille est un personnage très engagé écologiquement. Elle est active dans l’association de son village, aux côtés de Flore, jouée par Barbara Probst, un des rôles principaux. Le personnage me touche, de par son combat, mais aussi par sa romance avec Théo. Je suis ravie de faire partie des sagas d’été qui existent depuis si longtemps…
“L’or bleu” reçoit un très bel accueil du public. C’est un vrai bonheur. Nous avons tourné dans des endroits magnifiques. Avec Kriss Laffitte, nous sommes à l’image principalement dans le petit village de Saignon, que je vous recommande vraiment de visiter. L’équipe était très agréable. Hippolyte Dard, le réalisateur, est adorable. J’ai fait de très belles rencontres. Je connaissais Geneviève Lezy, qui joue ma grand-mère.
La mini-série propose 8 épisodes, ce qui a laissé le temps de “poser” le cadre, les enjeux et le personnage, vous permettant une belle palette de jeu…
Tout à fait. Je pense que, pour les téléspectateurs, c’est bien d’avoir étendu la diffusion de cette manière. Il y a quand même beaucoup de personnages, et des aller-retours entre les années 40, les années 80 et 2026, donc il faut s’y retrouver. C’était vraiment plaisant, de travailler toutes les palettes du personnage de Camille Daumas, pour en explorer les enjeux et les émotions. C’est riche de jouer des personnages complets, dans lesquels n’importe qui peut se retrouver. Le lien conflictuel entre Camille et sa mère Fanny, jouée par Valérie Karsenti, était intéressant à défendre.
Cette palette de jeu est aussi permise par l’histoire dans son ensemble : l’écologie est le point de départ mais, derrière, de nombreuses histoires personnelles et familiales sont proposées…
Oui, on évoque l’abandon, la perte de ses proches, qui est propre à ce thriller. Il y a également la recherche de ses origines, avec le personnage de Marie Costa, jouée par Julie Schotsmans dans les années 80 et par Sylvie Granotier en 2026, que je trouve extrêmement touchant. Je pense que chaque génération de téléspectateurs pourra se retrouver dans un des personnages, notamment dans ses questionnements personnels.
Au moment de vous glisser dans la peau du personnage de Camille, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?
Je me suis nourrie de mes propres engagements et j’y ai ajouté ma part de sensibilité.
En parallèle, vous vous êtes glissée dans la peau du personnage de Simone, dans “Alice”. Quel regard avez-vous porté sur ce rôle-là ?
Simone est une jeune fille déterminée, en quête de vérité et résolue à aider sa mère, face à l’injustice patriarcale qu’elle subit. Simone est la fille d’Alice Guy, jouée par Bérénice Bejo. Alice Guy, à ses 20 ans, est devenue l’assistante de Gaumont. Quand les frères Lumière ont créé la première caméra, elle a vu leurs premières images. Elle, qui lisait énormément de romans, a eu envie de raconter des histoires et de retranscrire quelque chose qui peut toucher les gens. Elle est devenue, ainsi, la première femme réalisatrice. Elle était précurseure pour son époque, c’est une femme que j’admire énormément.
Quand j’ai su que j’étais prise pour ce projet, j’étais d’autant plus heureuse de jouer aux côtés de Bérénice Bejo et de participer à un petit bout de cette histoire. C’est une série en 6 épisodes pour HBO Max et France Télévisions, réalisée par Virginie Verrier et Guillaume Lonergan. Je garde de très bons souvenirs de ce tournage. Je suis dans le dernier épisode de la série en 1930.
En 2027, nous pourrons vous retrouver sous les traits du personnage de Bernadette Soubirous. Ce qui doit probablement être une grande fierté pour vous ?
C’est un très beau cadeau d’avoir été choisie pour interpréter un tel rôle dans un long-métrage. J’incarne Bernadette Soubirous de ses 14 ans jusqu’à sa mort. C’est un long-métrage en anglais, réalisé par Dan Johnson. Lorsque j’ai su que j’étais prise, je me suis mise au travail. Je me suis énormément documentée. J’ai lu, notamment des livres de René Laurentin, dans lesquels tout est très détaillé. Je suis allée à Lourdes et, grâce à l’équipe du film, j’ai pu accéder aux archives, lire les lettres écrites par Bernadette, c’était très émouvant. Le réalisateur Dan Johnson m’avait recommandé de regarder les films : “Pride and Prejudice”, réalisé par Joe Wright, afin de m’inspirer du personnage de Elizabeth Bennet, et “Les quatre filles du docteur March” (la version de 1994, réalisée par Gillian Armstrong, et la version de 2019, réalisée par Greta Gerwig), afin de m’inspirer des personnages de Josephine (Jo) March, et de Elizabeth (Beth) March, lorsque celle-ci est mourante.
Le réalisateur m’a fait venir une semaine avant le début du tournage, pour me faire travailler mon rôle. Nous avons également fait des essais caméra et les derniers essayages costumes. J’avais différentes tenues, selon les périodes de la vie de Bernadette. La chef costumière, Agnès Noden, a fait un travail de recherche très précis. Quand le tournage a commencé, j’ai ressenti un mélange de stress, d’envie et d’excitation. Quand la caméra a commencé à tourner, tout s’est apaisé, l’équipe a été réellement merveilleuse. Tout le monde m’a mis en confiance, avec douceur et bienveillance. Le réalisateur venait me donner ses directions avec beaucoup de délicatesse et la chef opératrice Inès Tabarin, qui a fait, entres autres, l’image du film “L’épreuve du feu” ainsi que toute l’équipe du film, ont été véritablement chaleureux et humains. Au total, on a tourné 26 jours, on venait parfois me chercher à 5h30 pour finir à 18h. J’ai croisé énormément de monde, ce qui était très enrichissant. Parfois, comme je jouais Bernadette à différentes périodes, je devais switcher, dans une même journée, d’un âge à un autre. Ces recherches corporelles étaient extrêmement intéressantes, j’ai appris énormément. Je suis sincèrement reconnaissante d’avoir pu faire ce projet.
Le fait de tourner en anglais a-t-il nécessité des adaptations particulières ?
Étonnamment, j'ai eu une certaine facilité à apprendre le texte. Petite dédicace à ma super professeure d’anglais du collège et du lycée : Madame Roussilhe. Je pense que mon cerveau a dû associer le fait d’apprendre des textes en anglais, à quelque chose de sympathique. Ce qui m’a aidée dans l’apprentissage des dialogues. Jouer en anglais me plaît énormément. Chez moi, plus jeune, je me faisais parfois de petites impros dans cette langue. J’ai la sensation de moins intellectualiser, que lorsque je parle en français, qui est pourtant ma langue maternelle.
Enfin, le 19 juillet prochain, vous ferez une lecture au festival d’Avignon…
Le texte s’appelle “La richesse” et je serai avec deux merveilleuses comédiennes, Vanessa Aiffe Ceccaldi et Andréa Ferréol. C’est une énorme chance. Je retrouve Andréa Ferréol près de 10 ans après avoir tourné avec elle dans le court-métrage “Andrée”, réalisé par Vanessa Aiffe Ceccaldi…La boucle est bouclée. Dans ce texte, on va découvrir la vie de 3 femmes, Marie, Anna et Tess, nées à 3 époques différentes. L’histoire de chaque femme se construit selon le rang social dans lequel elles ont grandi. Le rapport à leur corps et à l'argent leur donne une vision bien différente de ce que peut être la richesse intérieure. C’est un texte que je prends plaisir à travailler. J’ai vraiment hâte de faire cette lecture. Ce sera une première pour moi à Avignon.
Cette lecture est dans le cadre du “Souffle d’Avignon”, qui offre des lectures gratuites accessibles à tous.tes, ce que je trouve merveilleux. Ce “Souffle d’Avignon” a été créé pendant le Covid, par les Scènes permanentes d’Avignon, en partenariat avec le IN. Proposées en plein air, ces lectures étaient, à l’époque, une façon de pouvoir toujours jouer et, face au succès du public, les scènes permanentes d’Avignon ont décidé de continuer. Notre lecture a été choisie par le théâtre du chien qui fume, nous serons dirigées par Gérard Vantaggioli et les musiques originales sont composées par Roland Catella. Nous donnons cette lecture le dimanche 19 juillet à 19:00 dans Les Jardins Du Palais Des Papes.
Merci, Elfie, pour toutes vos réponses !