Charles-Eric Petit nous en dit davantage sur son actualité et ses projets, à l'image ainsi que sur les planches !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

 

Bonjour Charles-Eric,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Depuis trois ans maintenant, les téléspectateurs de France Télévisions peuvent vous retrouver dans la série quotidienne “Un Si Grand Soleil”. On imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui, oui, effectivement ! Cela commence à être une petite famille, d’autant que je « joue à domicile », moi qui suis un comédien local, comme on dit. 

 

L’aventure “Un Si Grand Soleil” a même, en vérité, démarré pour moi il y a sept ans, en tant que coach d’acteurs sur la série. Ainsi, je suis régulièrement présent derrière la caméra avec le réalisateur ou la réalisatrice et la script. L’air de rien, j’ai beaucoup appris des deux côtés, et l’un a nourri l’autre sans que je m’en rende compte.  

 

Quel regard portez-vous sur Maitre Bauchère, que vous incarnez depuis trois ans ?

 

On pourrait dire que c’est un personnage-fonction. C’est normal, il en faut. Il est avocat commis d’office mais pas uniquement…De temps en temps, il est dit que c’est le meilleur avocat de Montpellier mais, après, on se rend compte qu’il ne gagne quand même pas beaucoup d’affaires… C’est en jouant que je peux donc lui donner un ton et une direction, comme un petit hameçon que je chope au vol pour lui donner.

 

Je me suis dit qu’il était un peu dans la « zone grise ». Il a déjà donné un portable prépayé à quelqu’un, ce qui n’est pas tout à fait légal… Parmi mes influences, il y a Saul Goodman dans la série “Breaking Bad”. En parlant avec le directeur artistique, il me disait qu’il voyait plutôt mon personnage comme quelqu’un d’engagé dans ce qu’il fait et qui est absolument enthousiaste, ce que, peut-être, je renvoie aussi j’imagine. J’ai donc pris cet endroit-là…Peu importe dans le fond, tant qu’il n’est pas développé, j’ai un peu un endroit de liberté. Donc ça se joue beaucoup, finalement, avec mes partenaires.

 

Je défends souvent des méchants, qui sont des personnages de passage, qui ne restent pas, donc j’ai aussi cette fonction de les accueillir et d’être avec eux. Je joue souvent avec Constantin, qui interprète Yann, et avec Malya, qui joue Elise, c’est toujours un plaisir de les retrouver. 

 

Toujours à l’image, vous aviez joué, l’été dernier, Napoléon Bonaparte…

 

Oui, dans deux épisodes du programme “Notre histoire de France”, avec de vraies séquences de jeu. La diffusion a eu lieu en décembre dernier et c’était l’occasion, pour moi, d’un premier rôle, ce qui était une super expérience.

 

Sans oublier “Meurtres à Millau”...

 

C’était un petit rôle, aux côtés d’Elodie Frégé notamment. Cette scène de comédie a été chouette à jouer, cela m’a permis de montrer autre chose.

 

Cette année, vous tournez aussi dans pas mal de courts-métrages…

 

Oui, certains sont même assez ambitieux. L’un est un pilote de série à proposer à Arte, sur l’autre on était 60 dans l’équipe…Les univers sont différents et me plaisent bien. Ces personnages hauts en couleurs me changent un peu des fonctions. Souvent, en région, on a accès plutôt à ces deuxième, troisième… dixième rôles, au cadre limité, qui visent avant tout à servir l’histoire. Quand, tout d’un coup, on a l’occasion de jouer autre chose, cela ouvre un peu le panel de jeu !

 

Vous avez de nombreuses cordes artistiques à votre arc. Notamment, vous tournez un spectacle depuis trois ans…

 

En sortant de l’école, j’ai dirigé une troupe de théâtre. On était une dizaine, j’écrivais, je mettais en scène, j’ai monté une quinzaine de spectacles. 

 

Dans les derniers que j’ai créés récemment, et qui tourne encore, il y a: “Bestiaux !”, écrit, sur, à partir et avec deux anciens footballeurs de l’AS Saint-Etienne, qui se sont rencontrés en 1996. Ces deux numéros 6 étaient, au départ, concurrents mais sont, depuis, devenus meilleurs amis. Ce sont deux destins croisés : l’un était fils d’un footballeur fameux de la grande équipe de 76 mais a fait une carrière un peu dans son ombre, et l’autre était jeune capitaine en équipe de France, à l’époque de Thierry Henry mais s’était gravement blessé aux ligaments croisés à deux reprises. Donc c’est une histoire de blessures, d’amitié, de vie au bout du compte et c’est un spectacle que l’on a beaucoup de plaisir à tourner. C’est un peu plus qu’un spectacle, c’est leur récit de vie, c’est leur bande, c’est l’occasion de retrouver aussi, pour moi, un vieux copain sur scène, avec qui on était rentrés ensemble au conservatoire à Tours. 

 

Quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?

 

A chaque fois, les gens sont extrêmement touchés et emballés. C’est une forme un peu particulière, c’est musical, avec un récit performatif, on revit un match de 98, on suit cette rencontre depuis le terrain pour l’un des joueurs et depuis la chambre d'hôpital pour l’autre…Dans une rêverie, ça devient même, pour eux, le plus beau match du monde.

 

On rejoue ce spectacle au mois d’août, dans un festival dans le sud-ouest. On aimerait bien le jouer à Paris également…

 

Ce spectacle s’adresse à tous, et non pas uniquement aux initiés du ballon rond…

 

Exactement ! Dans le fond, ça permet de se rendre compte que la vie est plus grande que le foot …Ou que la balle ne va pas toujours là où on veut, que le vent… ça fait dévier les balles.

 

Vous serez également présent au festival d’Avignon 2027, avec un spectacle que vous commencerez à répéter à la rentrée de septembre…

 

Cela fait quelques temps que je tourne autour de la question de la musique et du théâtre. Avant “Bestiaux !”, j’avais créé “Looking for Quichotte”, qui transformait Don Quichotte en chevalier rockeur pour venir sauver le monde avec l’esprit du rock’n roll. Suite à cela, j’avais créé un groupe de reprises de rock, avec lequel on a fait deux concerts. Voyant ça, une metteuse en scène, qui cherchait un comédien qui puisse chanter et jouer de la guitare sur scène, pour interpréter Kurt Cobain, a fait appel à moi ! 

 

Cette pièce s’inspire de ses carnets intimes d’ado, dans une période où elle était amoureuse d’un garçon toxique qui ressemblait à cet artiste. Avant que la violence ne la gagne…Elle voudrait donc mélanger tout cela, elle dans sa chambre et moi interprétant le fantôme de Kurt Cobain. Elle en est à l’écriture et je travaille les partitions. 

 

Quels sont vos autres projets et actualités du moment ?

 

“L’érosion” est un autre spectacle qui continue de tourner, ainsi que “Sans flamme”. Dans ce dernier, j’évoque la difficulté de parler à son fils de l’effondrement ou encore de la crise climatique. Je suis accompagné d’un guitariste mais aussi d’un plasticien, qui crée une peinture en direct. 

 

“R.I.P.” est une rétro comédie morbide de science fiction, qui est pour le moment en lecture et que j’espère pouvoir créer à un moment donné. Je cherche d’ailleurs des financements pour cela…

 

 

 

 

Toutes vos cordes artistiques peuvent paraître très éloignées mais sans doute sont-elles, pour vous, très complémentaires ?

 

Tout se relie, en vérité ! L’écriture m’a donné la possibilité de me nourrir autrement. Le travail de coach permet de côtoyer des acteurs et actrices qui viennent d’horizons différents. En sortant de l’ERAC, j’ai fait énormément de fictions radiophoniques et, déjà là, j’avais été frappé par le fait qu’il y avait des personnes qui venaient du théâtre public, d’autres de la télé ou du cinéma. Je trouvais cela super qu’un espace puisse réunir des gens de formations et d’espaces différents. Je dirais que la quotidienne permet aussi cela. On ne vient pas du même endroit et, pourtant, on est dans la même fabrique. En tant que coach, c’est alors superbe de pouvoir trouver comment on va pouvoir travailler avec les univers et les imaginaires de chacun pour, finalement, arriver à faire qu’ils se rencontrent. C’est un peu la même chose quand je joue : j’ai toujours la sensation d’apprendre, il me semble que c’est infini ! Même dans mon personnage de Bauchère, il y a toujours à chercher…Je m’appuie sur le décor. C’est de la finesse et de l’horlogerie, cela me plait beaucoup.

 

Pour terminer, quelles seraient vos envies pour la suite de votre parcours artistique ?

 

Je serais très content que Maître Bauchère soit développé, c’est évidemment à la discrétion des auteurs. Maintenant qu’il est rentré dans le cabinet de Claudine, peut-être que ça arrivera, je ne sais pas…Le personnage de Napoléon m’a plu, c’est quand même chouette d’avoir le premier rôle 🙂.

 

Je vais également travailler, avec des chercheurs, sur la thématique de l’eau, je voudrais m’intéresser à la question des conflits associés qui vont arriver, pour proposer des pièces d’anticipation, en 2050, de manière à jouer un peu les lanceurs d’alerte. Ces spectacles seraient un outil pour faire évoluer les consciences !

 

Merci, Charles-Eric, pour toutes vos réponses !

 

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Publié dans Théâtre, Télévision

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