Alexandre Le Provost revient sur ses dernières actualités télévisuelles et en précise les différentes approches qu'il a eues !
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Bonjour Alexandre,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous avez une belle et riche expérience artistique. Les téléspectateurs de France 2 ont récemment pu vous découvrir en tant que guest dans “Tropiques Criminels”. Certainement que le cadre de tournage a été particulièrement agréable ?
Pas terrible, c’était un enfer 🙂 (Rires). Non, c’était extraordinaire ! Pour rappeler la genèse de cette histoire pour moi, je connais Sonia Rolland depuis longtemps, c’est quelqu’un que j’adore. Elle est d’une grande gentillesse, tout en étant brillante. C’est une vraie travailleuse. Elle m’a embarqué dans cette série, j’ai donc pu y participer grâce à elle et elle m’a accueillie. Elle se lève très tôt, elle fait son sport, elle se couche tôt, elle fait très attention, elle apprend ses textes…Elle a ses petits rituels, qui sont hyper importants pour elle.
J'avais tourné avec elle il y a 20 ans, dans “Léa Parker”, donc on se connaissait déjà bien mais je pense qu’elle a découvert un autre homme. Je l’ai connue, elle avait une vingtaine d’années, elle venait d’être Miss France et, autour d’elle, j’avais vu des jalousies. Il n’y a pas de règle pour devenir comédien, ce n’est pas comme un médecin qui passe un diplôme après 10 ans d’études. Elle a été la première femme métisse a avoir un rôle principale à la télé. Aujourd’hui encore, elle porte la série “Tropiques Criminels” sur ses épaules. Elle assume beaucoup de choses !
Pour en revenir au tournage, c’était fabuleux pour moi, c’est la première fois que j’allais en Martinique, j’ai aussi pu revoir Guillaume Gabriel, le mari de Sonia, un ami qui joue également dans ce programme. J’ai passé 10 jours fantastiques. La réalisatrice, Pascale Guerre, m’a donné carte blanche pour mon rôle. J’ai pu proposer la séquence que vous avez vue, comme je la souhaitais. Je ne voulais pas que ce soit pathos, je ne voulais pas me mettre à pleurer pendant cet interrogatoire…Non, je n’ai pas 30 ans, je me suis dit qu’il fallait que ce soit un peu plus fort, sans que ce ne soit violent. Cet homme n’a pas de haine ni de violence, d’ailleurs, à la fin, il regarde autour de lui et ne comprend pas…
Il faut connaître sa place dans le métier. Un peu comme dans le sport, je suis un porteur d’eau. Cela ne veut pas dire que je ne doit pas avoir de talent…Au contraire, pour que les stars brillent et puissent marquer, il leur faut des coéquipiers qui leur font les bonnes passes. Donc il faut que je sois brillant pour que les vedettes puissent briller. Ce n’est pas péjoratif, je suis un troubadour. Il y a des stars sur lesquelles le film se fait et on m’emploie pour les faire briller. Si j’y arrive, je vais être brillant ! Et il faut que je m’amuse aussi…
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D’ailleurs, même si votre guest n’avait pas de lien direct avec les précédents épisodes, vous étiez-vous (re)plongé dans la série pour mieux vous imprégner de son atmosphère, avant de rejoindre le plateau ?
Je vais vous répondre plus globalement. Si je rejoins une série qui a déjà 300 épisodes, je vais parfois regarder les 300, pour connaître les personnages auxquels je vais avoir à faire et la direction dans laquelle aller. Pareil, je me documente sur le réalisateur et sur ce qu’il a déjà fait. Après, il y a d’autres séries que je peux connaître, que j’ai déjà vues et où je n’ai pas envie de me parasiter, pour essayer de proposer autre chose. Dans “Tropiques Criminels”, je voulais justement apporter quelque chose de différent de ce que l’on voit d’habitude. En tout cas, c’était mon intention…
En plus de cela, j’essaie de voir toutes les séries françaises. Déjà, parce que j’ai des amis qui tournent dedans et puis, si, demain, je suis appelé, je ne pourrais pas dire que je n’ai jamais vu. Je me tiens informé…
En parallèle, encore plus récemment, vous avez tourné dans “Crimes à Cluny”, où votre approche artistique du personnage visait à proposer autre chose, alors qu’il y avait de nouveau un interrogatoire…
Complètement ! Là encore, merci à Sonia, qui a eu l’idée de ce téléfilm, dans cette ville où elle a vécu et qu’elle connaissait bien. C’est la première fois que j’y allais et, franchement, Cluny est une super ville ! Effectivement, si on compare les deux programmes, ce sont deux interrogatoires mais, ici, ce paysan a fait de la prison, il enchaîne les petits boulots, ce n’est pas quelqu’un de bien, il est coupable sans l’être donc je voulais vraiment lui donner une force intérieure, comme une violence, où on ne savait pas à quoi s’attendre. Je me suis aussi très bien entendu avec la réalisatrice, Céline Guerraz, elle m’a également laissé carte blanche et m’a dirigé. Ce que je voulais faire était très tangent, j’étais sur un fil et elle m’a demandé d’aller plus loin. Comme je pouvais le faire, j’y suis allé mais c’était bien qu’elle me le demande…Cela m’a bien plu !
L’approche était différente, même dans le physique et dans la voix. Dans mon parcours, j’ai eu la grande chance de croiser Gérard Jugnot, un homme adorable, qui m’avait dit que, dans tous les petits rôles qu’il avait eus au début de sa carrière, il essayait toujours de faire le petit truc différent pour qu’on se rappelle de lui. Cela m’a permis d’énormément évoluer ! Il a raison, il faut bien-sûr être bon et juste mais si, en plus, on peut apporter le petit truc auquel on ne s’attend pas…Je n’osais pas forcément au début de ma carrière mais je pense qu’il a raison, il faut y aller.
Récemment, j’ai pu tourner dans le dernier film d’Eric Judor, il est fantastique humainement, professionnellement, je souhaite à tout le monde de tourner avec lui : si tu es bon et juste, il te laisse faire, il est toujours partant pour cela ! C’est pour moi une de mes plus belles rencontres professionnelles.
Plus globalement, aimez-vous regarder le rendu final, notamment pour capitaliser sur votre propre jeu ?
Bien sûr ! Je préfère voir quand je suis seul. Mais si, par exemple, il y a une projection d’un film auquel j’ai participé, je me mets toujours au fond de la salle pour me sauver tout de suite si c’est moi l’erreur de casting 🙂 (Rires).
Oui, j’aime bien mais je n’ai pas forcément raison dans mon jugement. Celui des miens m’intéresse davantage car il est toujours pertinent. Souvent, d’ailleurs, je regarde plusieurs fois car je reste sur une émotion de tournage.
A chaque fois que je joue, je me découvre…L’approche est toujours différente. Après, il y a des choses difficiles à entendre, comme la voix. Sur ces deux tournages, je l’avais placée à des endroits différents, donc je l’ai plus facilement acceptée en l’entendant.
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Pour terminer, quels seraient vos souhaits pour la suite de votre déjà très beau parcours artistique ?
J’ai envie de travailler avec les réalisateurs qui veulent travailler avec moi….J’ai plein d’envies, notamment d’avoir un rôle semi-récurrent dans une série. Tu es heureux quand tu joues régulièrement ! J’ai envie de tout jouer, je n’ai pas de registre de préférence, j’aime jouer, je suis un interprète et j’essaie d’être talentueux dans ce que m’apportent les autres.
Il y a un an, j’ai joué un seul-en-scène, avec une violoniste et un pianiste, sur l’histoire de l’humanité, écrit par un scientifique, Michel Brunet, qui avait découvert le crâne "Toumaï "le plus vieux du monde. Cela aussi m’avait plu : c’était génial de se lancer tout seul !
Maintenant, j’ai aussi l’envie de savoir dire non, ce que je n’ai pas toujours su faire par le passé. Je suis, du coup, resté dans une certaine catégorie…
Et puis, malgré les années qui passent, j’ai le sentiment que tout reste encore à écrire. J’aime ce métier plus que jamais et j’ai l’impression d’avoir encore beaucoup de personnages à rencontrer, beaucoup d’univers à explorer et beaucoup de palettes à découvrir. Aujourd’hui, je regarde l’avenir avec enthousiasme, en me disant que les plus belles surprises sont peut-être encore devant moi.
Merci, Alexandre, pour toutes vos réponses !