Sandrine Quetier évoque sa belle et diversifiée actualité artistique, en musique et au théâtre !
Bonjour Sandrine,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Votre EP “Echoes” vient tout juste de sortir. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Complètement ! Ca y est, cet objet musical ne m’appartient plus, maintenant il est entre les yeux et les oreilles du public…Oui, bien sûr, c’est toujours très émouvant d’avoir son projet, sur lequel on a travaillé, qui sort. Les jours de release, comme on dit, sont des jours toujours particuliers !
Si l’on en revient à sa genèse, d’où vous en était venue l’idée ?
En fait, j’ai toujours été très imprégnée par les années 80 et particulièrement par la période post punk et puck. J’ai rencontré Marc Collin, le producteur de “Nouvelle vague”, qui, lui, sort des albums depuis vingt ans, avec des reprises façon bossanova de grands standards rock aussi. On s’est rencontrés, on a discuté et on a convenu ensemble de travailler sur un EP. On a identifié cinq groupes, cinq chansons, cinq morceaux assez emblématiques, en tout cas qui résonnent fort chez moi et chez lui également. On s’est mis ensuite au travail dans son studio et c’est comme cela qu’est né cet EP, après plusieurs séances de travail.
Ces versions sont épurées, ce sont l’émotion et l’interprétation qui priment…
Si c’était pour faire une pâle copie que ce qui existe déjà, ce n’était pas intéressant. L’idée était vraiment de partir de ces morceaux emblématiques et de les déconstruire, pas dans leur forme, mais dans leur interprétation et dans leur intensité, pour proposer une version complètement nouvelle.
Un premier extrait était déjà sorti le 25 mars dernier, une reprise surprenante de "Burning Down The House" des Talking Heads. Quels premiers retours du public aviez-vous déjà pu avoir ?
Les gens ont trouvé cela très beau, très épuré, que c’était une version originale, qu’on était vraiment plus que dans une relecture, que c’était pratiquement un nouveau morceau, reggae plus que rock. Les retours étaient assez surpris de voir là où on avait emmené le morceau, par rapport à l’univers rock que je pouvais proposer avant. Donc j’ai envie de dire que je n’ai eu que de bons retours pour le moment.
Vous avez déjà pu retrouver le public sur scène, à Cannes récemment lors d’un showcase privé…
C’était la première fois, en plus, que je jouais ces morceaux, j’ai pu voir l’écho en live et, là aussi, je n’ai eu que des bons retours donc j’ai envie de dire que tout cela est de bon augure.
Certainement êtes-vous impatiente de pouvoir découvrir les retours sur le reste de l’EP ?
J’avais déjà fait des liens d’écoute en privé, c’est assez facile à écouter, et ce sont vraiment des versions complètement différentes. C’est en cela, je trouve, que c’est réussi ! On a vraiment proposé une alternative différente, qui fait sens pour nous.
Ces cinq titres pourront parler à tous, tant aux fans des versions originales qu’aux non initiés…
Effectivement, cela va peut-être aller conquérir un public qui ne connaît pas ces titres-là et, si ces versions leur donnent envie d’écouter l’original, c’est super. Finalement, un titre peut être inventé à l’infini et, si la version que vous proposez séduit, par ricochet, peut-être qu’il y aura des gens qui vont se pencher sur la discographie des groupes d’origine.
Au-delà de ces titres, auriez-vous l’envie d’aller encore plus loin ?
Oui ! J’ai aimé…Après, est-ce que ça ne veut pas dire une nouvelle orientation artistique, qui serait peut-être pour des compositions mais dans des versions un peu plus épurées que ce que je faisais avant ? Peut-être que c’est une voie que je vais travailler dorénavant, c’est-à-dire quelque chose d’assez minimaliste.
En parallèle, après y avoir joué l’année dernière, vous serez la maîtresse de cérémonie du festival d’Aix les Bains cette année …
Je vais aller voir des films, je vais rencontrer des équipes, …C’est mon deuxième élément, j’ai envie de vous dire. Donc ça va être une super semaine ! C’est très festif, c’est très joyeux, c’est un festival à dimension humaine, où vous pouvez rencontrer les gens aisément donc je suis très contente de faire partie de cette belle équipe aussi.
D’ailleurs, au moment de visionner des oeuvres, quel oeil prédomine : celui de la téléspectatrice ou celui de la professionnelle ?
Je pense que c’est un mélange des deux ! D’abord, un film, c’est une émotion, et l’émotion est une chose assez universelle. Si on en a une, après on peut, dans une seconde lecture, remarquer une réalisation par exemple. Donc c’est en un la spectatrice et en deux la professionnelle.
Vous êtes également en tournée théâtrale, depuis mars, dans la pièce “A qui la faute ?”. Un mot, si vous le voulez bien, sur le personnage que vous défendez ?
Je m’appelle Amandine, je suis la maman de Félix, qui est accusé par la famille d’une jeune fille d’être un harceleur. On passe vraiment du rire aux larmes, c’est une comédie mais qui donne à réfléchir, effectivement, sur quel est le rôle des parents dans l’éducation. On se demande s’il y a une part de responsabilité des parents quand ça se passe comme cela…C’est une question centrale dans cette pièce, où on voit s’opposer deux couples, deux styles différents d’éducation, deux visions différentes de la vie. Ce qui est génial, c’est que, quand on sort de la représentation, des spectateurs viennent nous voir pour nous dire que ça donne vraiment à réfléchir. Je crois que c’est gagné quand on vous dit ça !
Tous ces domaines et registres artistiques, bien que pouvant paraître, de l’extérieur, très différents, doivent certainement se nourrir les uns les autres ?
Ils sont très complémentaires. Le théatre et la musique sont tous les deux des arts scéniques, l’un nourrit l’autre. J’aimerais aussi participer à un spectacle musical, j’aimerais faire une pièce de théâtre musicale, c’est quelque chose qui me plairait beaucoup. Je trouve que ces arts sont extrêmement liés, c’est de l’expression scénique.
En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre parcours artistique ?
Que ça continue comme ça, avec plein de jolis projets, à la fois sur scène au théâtre et dans la musique.
Merci, Sandrine, pour toutes vos réponses !