Olivier Le Montagner évoque son actualité artistique, ainsi que ses beaux projets !
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Bonjour Olivier,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de France Télévisions pourront prochainement vous retrouver dans “Après la fin”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Effectivement ! Je connaissais déjà Frédéric Lopez via “Rendez-vous en terre inconnue”, que je suivais pas mal avec ma mère et j’étais ravi qu’il me propose le rôle de Bob. C’est un personnage qui est paraplégique, en fauteuil roulant, qui ne parle pas, qui est très renfermé sur lui donc tout l’inverse de moi, et qui, pour s’exprimer, joue du ukulélé. J’ai dit oui tout de suite, alors même que Frédéric était presque à s’excuser face à l’absence de texte. Au contraire, je trouvais cela génial, c’était la première fois que l’on me proposait un rôle de gentil. On a tourné dans le sud, tout s’est super bien passé, grâce à sa gentillesse et à son écoute. J’ai hâte que le film soit vu par le plus grand nombre…Ils sont rares les réalisateurs qui te marquent dans ta vie d’acteur. Me concernant, je pense à PEF et à Frédéric Lopez.
Ici, j’avais une dizaine de jours de tournage donc j’avais le temps, de sentir l’ambiance et d’aller presque dans l’intimité du réalisateur. En fin de journée, on allait parfois boire une bière et on discutait “Ah, j’aurais peut-être dû faire ça”, “Ce personnage est intéressant, il faudrait que l’on fasse ceci”...C’est génial, tu deviens presque consultant de scénario, alors que tu es acteur avant tout…Frédéric est quelqu’un qui donne, qui donne. Son film est sur le handicap, et sur l’acceptation du handicap de Louis Derungs, qui a joué son propre personnage, ce que je trouve fou et dingue. C’était sa première expérience, en plus en premier rôle. Quand tu vois Louis, qui n’a pas plus de bras mais qui est toujours souriant, tu ne peux pas te plaindre ! Pourtant, il y a eu des jours où on tournait au bord de la mer jusqu’à 5 ou 6 heures du matin, on était éclatés mais on était ensemble…C’étaient des moments de partage, grâce à la direction d’acteurs de Frédéric, qui était gentil, à l’écoute, qui proposait des choses tout en nous laissant des libertés de comédien. J’ai trouvé cette expérience géniale !
Quel regard portez-vous sur Bob, votre personnage ?
Il faut savoir que, quand j’avais passé le casting, ce n’était pas pour Bob mais pour un autre personnage…Finalement, je suis revenu pour celui de Bob et, après avoir joué quelques scènes, j’ai terminé par une vidéo, dans laquelle j’ai parlé de mon petit frère, qui est polyhandicapé. Très souvent, en casting, on nous demande de mettre notre vie personnelle de côté, pour rentrer dans les clous alors que, là, c’était presque l’inverse. A aucun moment, il n’y avait un complexe ou une gêne de jouer quelqu'un en fauteuil roulant. Frédéric venait même me voir pendant le tournage pour me demander si cela ne m’embêtait pas vis à vis de mon petit frère. Au contraire, c’était un régal pour moi ! C’était beau, cela me touchait vraiment, c’est, quelque part, grâce à mon petit frère que j’ai eu ce casting…
De vous glisser dans la peau de ce personnage vous a permis d’apprendre de nouvelles choses, notamment de vous déplacer en fauteuil ou encore de jouer du ukulélé…
Au début, des béquilles étaient prévues mais, finalement, c’est un fauteuil qui a été choisi. La production voulait que Bob ait une certaine lenteur dans ses gestes. Le seul moment où il était agile, c’est quand il jouait de son instrument. Avant le tournage, je savais simplement interpréter “Somewhere over the rainbow” mais, là, il m’a fallu apprendre une nouvelle chanson pour le tournage. J’ai eu trois semaines pour le faire, ils m’ont pris un professeur qui m’a donné des cours et, au final, c’est bien moi à l’image ! J’ai tellement adoré que j’ai acheté, depuis, un ukulélé et je suis en train d’essayer d’apprendre des morceaux de rock ou de métal… C’est un instrument assez facile d’accès, avec seulement quatre cordes et qui, très vite, est mélodieux. C’est beaucoup moins dur que la guitare par exemple…
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Vous l’avez dit, ce personnage ne parle pas, ce qui a certainement nécessité d’aller chercher d’autres choses à l’image ?
A la base, je viens du théâtre, donc de l’improvisation, de l'exagération, de l’expression,...Quand je suis arrivé au cinéma, on m’a demandé de gommer et d’en faire moins. La caméra est sur toi, elle te zoome donc on voit déjà tout, il n’y a pas besoin d’en faire trop. J’ai pris des petits manies, je voulais que Bob fasse tout le temps le même geste et Frédéric m’avait dit que, certes, c’était bien mais que ça faisait presque autiste, ce qu’il ne voulait pas. Il le voulait surtout silencieux, timide et réservé. Du coup, j’ai essayé de jouer uniquement avec mon visage, j’ai revu “Intouchables” et, comme j’ai un visage assez marquant, avec un grand front, de grands sourcils et un gros menton, parfois juste un petit regard suffisait…et quelque chose naissait ! C’est fou, c’est en en faisant le moins possible que j’étais juste ! En tout cas, c’était super d’exprimer des choses sans paroles. Même si ce n’est pas toujours ce qu’il y a de plus facile à faire…
Sans tout en dévoiler, l’humanité est le dénominateur commun de ce téléfilm…Au travers des situations des malades mais aussi du prisme des soignants et des familles proches…
Il y a plein de moments difficiles dans le film, c’est compliqué de ne pas craquer. Chapeau à Louis, il a une force pour jouer cela, alors qu’il l’a vécu ! C’est un exemple pour plein de personnes, valides ou invalides. Quand on cherche un petit peu, on a tous un rapport au handicap alors que, quand on est petit, on ne nous habitue pas beaucoup à ce sujet. Aujourd’hui, ça change et tant mieux ! Théo Curin en est un bel exemple…Mais on reste en retard sur les pays du nord, où les gamins, en primaire, ont une heure, chaque semaine, de cours d’empathie, pour comprendre l’autre. Même nos voisins frontaliers sont très en avance sur nous sur le sujet du handicap…En tout cas, je pense que ce film va peut-être réconcilier certaines personnes avec le monde du handicap, parce que ce n’est ni moralisateur ni misérabiliste ! A la fin, on est touché mais on a quand même le smile !
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En complément, vous avez récemment tourné, pour Netflix, dans “Quasimodo”....
Quand j’ai su que je tournais dessus, j’étais évidemment très heureux ! On a été à Provins, une ville où il y a beaucoup de tournages d’époque. C'était super ! En plus, je savais que je retrouvais Vincent Cassel, un très bon acteur et un homme très agréable. Comme Vincent avait pas mal de prothèses sur lui, il se permettait de nous challenger, dans notre scène de baston, à le secouer davantage. Je suis un petit peu abonné aux films d’époque, avec mes cheveux longs, avec ma gueule, avec le fait que je monte à cheval, avec le fait que je sois cascadeur…J’aime bien, ils font voyager. On a une telle histoire en France, on a tellement de choses à raconter, …Depuis quelque temps, on y revient de plus en plus. En toute humilité, on n’a strictement rien à envier aux américains dans ce registre, tellement ça envoie !
Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
“Jeux de loi” est une mini-série que je coécris et que je coréalise avec Anthony Darche. Un jour, on est tombés sur une loi, en France, expliquant que les femmes n’ont pas le droit de porter de pantalon, sauf si elles sont à cheval ou à vélo. On avait halluciné ! Cette loi datait de la fin des années 1700 et a été abrogée seulement sous Hollande…On s’est dit qu’il y avait quelque chose à creuser…On est, du coup, allés chercher d’autres lois : en Italie, tu n’as pas le droit de marcher avec des chaussures brillantes à Capri, en Angleterre, une femme enceinte de plus de 7 mois peut uriner sur le casque d’un policier, au Texas, tu n’as pas le droit de venir avec un lion au cinéma, en Californie, tu as le droit de frapper ta femme une fois par mois, en Espagne, si tu urines dans la mer, tu peux avoir une amende de 750 euros, en Corée du sud, tu n’as pas le droit de te réincarner sans l’accord du gouvernement… On a sélectionné une soixantaine d’idées, on a déjà écrit 14 épisodes et 3 sont en boîte. C’est familial, tout public et ça peut même faire réfléchir…Chaque épisode dure entre 2 minutes 30 et 3 minutes et on voudrait aussi mélanger les genres. Là, on cherche un producteur et un diffuseur. On va surement aller aussi dans quelques festivals.
Merci, Olivier, pour toutes vos réponses !