Ménopause : Kareen Antonn évoque ce chouette spectacle, ainsi que ses projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Kareen,

 

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

 

L’aventure “Ménopause” poursuit sa belle et longue route, à Paris et en province. A titre personnel, on imagine sans doute la joie et le plaisir que cela doit être pour vous ?

 

Oui, c’est impressionnant ! Alex Goude a vraiment visé tout le monde avec un humour accessible, sans prise de tête, avec des jeux de mots et des choses très légères. En même temps, il fallait qu’il y ait quand même un fond explicatif, pas loin du médical. Quand ça avait commencé, on s’était, nous, posé la question de quel public ça allait vraiment toucher. On pensait que les hommes n’allaient peut-être pas être concernés mais on a eu vraiment la surprise, sur scène, de voir un public qui passait par toutes les émotions et, surtout, à la sortie, de voir un nombre de femmes venir nous dire non pas “Bravo” mais “Merci, je me suis reconnue. D’un coup, je culpabilise moins. Mon mari a compris”. Les hommes nous disent “Ca y est, je comprends ma femme”, “Je comprends ma soeur”, “Je comprends ma mère”. 

 

On s’est rendus compte de la portée hyper thérapeutique de ce spectacle, qui réussit à faire rire sur une souffrance que les femmes n’osaient pas exprimer. La ménopause est un sujet tabou. Ce qui est assez dingue, c’est qu’en réalité, il l’était pour moi aussi. Quand Alex m’a proposé ce rôle, j’étais limite vexée, à lui dire “Mais, Alex, je n’ai pas l’âge d’être ménopausée ! Je dois prendre comment ta proposition ?” (Rires). Il se trouve que, dedans, je joue le rôle d’une actrice qui est complètement tirée au botox dans tous les sens donc, en soi, ce n’est pas un problème que je ne fasse pas l’âge du personnage. C’est vrai que, sur le moment, j’ai eu quelques interrogations. En fait, ce n’est pas vexant car ça ne concerne pas uniquement un pourcentage des femmes, ça nous concerne toutes ! Plus je suis dans cette pièce, plus je réalise que c’est extrêmement cathartique pour moi aussi. Je ne dis pas que j’ai hâte mais j’appréhende la ménopause de manière très différente: non plus comme une triste fatalité mais comme une étape de vie. Ce n’est pas une fin en soi…C’est super important, culturellement et socialement, que les choses soient retournées dans ce sens-là parce que les femmes se sentent mal à l’aise avec ce qui n’est qu’une étape au final. 

 

Je pense donc que le succès de cette pièce est dû au fait que ce spectacle soit thérapeutique, qu’il fasse du bien, qu’il dédouane les femmes de se sentir coupables et qu’il démystifie cette étape de vie. En plus, on rit beaucoup! La ménopause a l’avantage d’être un sujet qui ne se tarira jamais, qui ne s'arrêtera pas. Ce n’est pas un thème d'actualité, c’est un sujet humain qui concerne toutes les femmes et pour toujours…On a peut-être, du coup, une chance de jouer ce spectacle pendant 20 ans…D’ailleurs, j’aimerais bien le jouer ménopausée 🙂 donc il faut que ça dure encore ! (Rires)

 

 

 

 

Après deux ans sur scène, sans doute que vous appréhendez les représentations différemment du début ?

 

Totalement ! Au début, je n’avais jamais fait de comédie, j’avais fait beaucoup de théâtre mais classique, et puis, il y avait longtemps que je n’étais pas montée sur les planches. Je n’avais fait presque que de la musique pendant quinze ans donc je n’avais pas fait d’acting depuis très longtemps. Là, en plus, j’ai été confrontée à de nouveaux codes, ceux de la comédie, le tout avec un micro. Je projetais d’ailleurs beaucoup trop au départ. J’ai aussi été confrontée à des comédiennes de théâtre confirmées et j’avoue que j’ai mis un peu de temps avant de me sentir légitime, j’avais l’impression d’être l’imposteur de service sur scène. En même temps, je voulais tellement prouver que l’on n’avait pas fait d’erreur en me mettant là que j’ai bossé comme une acharnée. Je me suis mis une pression d’enfer, mais je suis contente parce que j’ai énormément appris et que je continue d’apprendre. 

 

Aujourd’hui, je m’amuse vraiment ! J’ai le personnage, je le connais, j’arrive à jouer avec et je me sens enfin légitime donc il y a une énorme différence entre le début et l’après ! Mais je continue à écouter, à prendre des conseils et à me faire coacher. 

 

Sans doute que la palette de jeu est variée, ce qui doit être plaisant pour vous ?

 

Oui et, là encore, c’est hyper cathartique. J’ai toujours été habituée à devoir représenter « quelque chose de beau » sur scène. Au début, j’essayais d’être jolie malgré des moments très clownesques où il ne faut pas avoir peur de partir dans le ridicule. Cela a été un énorme travail pour moi, par exemple dans le fait d’accepter de faire une tronche qui n’est pas belle. Autant je pouvais le faire avec mes enfants chez moi, autant ça a été un réel travail d’oser le faire devant un vrai public. Cela a été extrêmement positif quand j’ai vu que les gens étaient réceptifs au moment où je lâchais la façade du paraître.

 

Du coup, maintenant, c’est vrai que j’ose ne plus penser au beau et c’est génial, c’est une vraie libération, même personnellement !

 

Le fait de jouer dans des différents endroits, à des dates non régulières, vous permet probablement de garder une certaine fraîcheur ?

 

C’est marrant, c’est une question que je me pose souvent. Il y a aussi la difficulté, justement, de se remettre à chaque fois dans le personnage, difficulté que n’ont pas les filles qui jouent d’affilée. Je me suis régulièrement demandé si ça me lasserait de le jouer tous les jours ou si j’y trouverais une incarnation plus naturelle. Je pense qu’il y a un peu des deux…Quand je le joue plus d’affilé, il est évident qu’à la troisième ou quatrième représentation, je continue à trouver des choses pour le personnage et, finalement, je rentre dans le vêtement de manière plus logique, je n’ai pas besoin de chercher, de me poser des questions ou de me remettre le texte en tête. En plus, en tournée, à chaque fois, il faut s’approprier l’espace et s’y adapter mais c’est aussi ce que j’aime, moi qui n’apprécie pas la routine. 

 

En soi, quand je joue plus, je joue mieux mon personnage ! On évolue davantage ensemble…

 

D’ailleurs, avec le recul, quel regard portez-vous sur ce personnage ?

 

Au départ, je le trouvais assez désagréable et je m’amusais de son côté antipathique. Aujourd’hui, j’ai beaucoup plus de tendresse pour ce personnage et je lui prête beaucoup moins “d’intelligence”. D’ailleurs, je pense qu’il est moins profond que ce que je lui donnais au départ. En fait, il ne faut pas le voir comme quelqu’un de trop touché par ce qui lui arrive…Je crois qu’il veut paraître et veut tenter de faire croire qu’il a cette profondeur, alors qu’en réalité, il ne l’a pas tant que ça. Son côté dilettant et fataliste est beaucoup plus présent que son côté « souffrance d’ancienne star ». En fait, la passerelle se fait moins, aujourd’hui, entre ce que je pourrais ressentir, moi, et le personnage ! En soi, c’est une vraie parenthèse de liberté que, maintenant, j’arrive à offrir au personnage

 

Au moment de vous glisser dans sa peau, avez-vous, du coup, certaines sources particulières d’inspiration ?

 

Au départ, étant donné que c’est une reprise de jeu, j’avais comme base Marion Posta qui est la titulaire parisienne du personnage. Cela a été compliqué parce que c’est une comédienne vraiment très ancrée, qui, en plus, est très précise. Du coup, ça a été très impressionnant pour moi qui vis en fonction du temps qu’il fait et de mes humeurs (Rires). Mais les autres comédiennes m’ont un peu déculpabilisée de cette précision parce qu’elles sont vraiment dans le spectacle vivant et qu’elles ne jouent pas de la même façon tous les jours. Je pense que je fais plus partie de cette famille-là ! 

 

Au début, j’avais donc essayé de calquer un peu le jeu de Marion, ce qui était un tort parce que nous sommes très différentes. M’en détacher n’a pas été facile et j’ai mis longtemps à chercher des influences différentes. Finalement, c’est Manon, une coach fantastique, qui m’a aidée à faire cela, en m’expliquant qui est le personnage, à la base. Cela m’a permis de lui donner une identité différente et, aujourd’hui, je pense qu’il n’y a plus de comparaison possible entre ce que lui donne la titulaire parisienne et ce que je lui donne. Et c’est très bien comme ça ! 

 

 

 

 

En plus de quelques dates à Paris, vous assurez la grande majorité des dates en province. Cela doit certainement être très agréable d’aller rencontrer le public un peu partout ?

 

C’est génial et j’adore cette rencontre ponctuelle avec les gens. J’aime aussi l’énergie différente qu’il y a en province, où le côté évènement est beaucoup plus présent. C’est aussi l’occasion d’aller voir mes copains et ma famille du sud-ouest…On va à la rencontre de personnes qui ne peuvent pas forcément venir sur Paris, j’aime cette façon d’aller chez les gens et de leur permettre d’accéder à quelque chose. C’est vrai que le côté tournée me correspond plus encore, où l'ambiance est très particulière ! J’ai beau dire que, parfois, je suis fatiguée d’avoir toujours une valise à la main, au bout de quinze jours où je n’en ai pas, ça me manque…

 

Très simplement, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette déjà très belle aventure ?

 

Il y a une suite de tournée l’année prochaine, je ne sais pas si je vais la faire majoritairement mais je le souhaite plus que tout ! 

 

En réalité, je suis très heureuse dans cette aventure, je suis très heureuse sur une scène de théâtre et ce que j’aimerais, en ce qui me concerne, c’est qu’il y ait plus de comédies dans mes projets professionnels. Je voudrais pouvoir continuer Ménopause et en parallèle, des tournages télé, notamment des quotidiennes. J’aimerais vraiment beaucoup pouvoir rejoindre des troupes de séries, c’est quelque chose qui me plairait énormément.

 

Avez-vous d’autres projets musicaux en préparation ?

 

Je continue quand même à croire que j’ai encore quelque chose à faire là-dedans 🙂. J’ai toujours des idées et je n’ai pas envie d’avoir de frustrations avec des morceaux qui resteraient dans des tiroirs. Je continue d’essayer de les faire exister. J’essaie, aujourd’hui, de finaliser un projet qui devrait voir le jour d’ici peu. Je vise davantage le live, les festivals…c’est définitivement sur scène que je suis la plus heureuse. 

 

Merci, Kareen, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Théâtre, Musique

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