Mathias Mlekuz évoque sa belle actualité à l'image, devant et derrière la caméra !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Mathias,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Les téléspectateurs de TF1 pourront prochainement vous retrouver dans “A la vie”, réalisé par Louis Choquette. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui ! Quand on m’a proposé le scénario, j’ai trouvé l’histoire magnifique, sur les ravages de l’alcool et, surtout, le personnage principal est incarné par Muriel Robin. L’idée de jouer avec elle m’enthousiasmait au plus haut point. Donc j’ai accepté bien volontiers cette belle histoire magnifiquement écrite.

 

Quel regard portez-vous sur votre personnage ?

 

Il est l’amoureux secret du personnage de Muriel Robin. De jouer une histoire d’amour avec elle me plaisait beaucoup ! C’est un patron de bar, qui finit par refuser, à un moment, de lui servir de l’alcool.

 

Il y avait ce jeu de séduction et de maladresse parce que le personnage de Muriel est issu d’une classe sociale plus élevée que la mienne. Il y avait donc cette approche difficile, ainsi que ce problème de l’alcool face auquel mon personnage a de la compassion et de l’empathie pour le sien.

 

Le fait de tourner à Sète a certainement aidé au plaisir pris sur le plateau ?

 

Oui, j’aime beaucoup Sète ! Pour le coup, c’est une très belle ville très prisée des parisiens. A chaque fois, j’y vais surtout pour le travail et c’est une ville que j’aime retrouver. En plus, on a tourné dans un petit quartier de pêcheurs, très sympathique, qui est resté dans son jus et qui n’a pas été colonisé par les parisiens 🙂. Donc c’était très très agréable, même s’il n’a pas fait très beau et qu’il faisait frais. Parait-il que c’était assez exceptionnel pour la région…

 

Sans doute êtes-vous impatient de découvrir le rendu final et serez-vous curieux des retours des téléspectateurs ?

 

Oui, on attend toujours de savoir comment ça va être reçu et ce que vont en penser les gens. C’est très rare de sentir un film avant son verdict. On peut se dire qu’il va les intéresser mais son échec ou son succès ne nous appartiennent pas.

 

En complément, sortira en décembre “Mon fils président”, votre nouveau long-métrage…

 

Suite à “A bicyclette !”, qui était entre la fiction et le documentaire, j’ai cherché comment poursuivre dans cette voie et comment retrouver un sujet. Je n’ai pas eu à chercher très loin, puisque mon fils, Manolo, veut, depuis ses dix ou onze ans, devenir président de la République. Mais ce n’était pas une ambition d’une seule journée…Il avait, de suite, ciblé 2027. Bien sûr, on s’était moqué de lui, on n’avait pas pris cela au sérieux, pensant à des délires de gamin mais il a continué…A l’âge de 16 ans, il évoquait le fait de vouloir arrêter l’école pour partir à la recherche de ses 500 parrainages de maires. C’est là que je l’ai pris au sérieux et que je lui ai dit que, si je pouvais faire quelque chose pour l’aider, je le ferais. M’est alors venue l’idée de faire un film sur cette campagne et sur cette recherche de signatures. 

 

La sortie en salle est prévue le 2 décembre !

 

On imagine que vous serez derrière mais aussi devant la caméra ?

 

Bien sûr, je suis devant et derrière, comme dans “A bicyclette !”. Je pense que j’aurais du mal à jouer un personnage dans un de mes films. Par contre, en étant moi-même, je deviens, pour le coup, irremplaçable. Je ne me voyais pas confier le rôle du père de mon fils à quelqu’un d’autre. Comme on était aussi dans le documentaire, c’était donc évident qu’il fallait que je sois présent devant la caméra, et derrière aussi pour la narration.

 

Nous avons procédé exactement de la même façon que pour le précédent long-métrage, avec de l’improvisation. En fait, on suit mon fils et la construction de l’histoire se joue ensuite au montage, où je fais des choix. J’étais d’ailleurs, là aussi, le plus légitime à les faire.  

 

Quelle avait été la réaction de votre fils au moment de lui annoncer que vous lanciez ce projet ?

 

Je lui ai surtout demandé s’il était d’accord pour que je le suive…Il avait un peu quelques réticences, dans le sens où il pensait que ça pouvait nuire à sa campagne. Je lui avais alors répondu que non…Après avoir discuté avec lui, il a accepté et on est partis !

 

En tant que comédien, vous allez prochainement tourner dans un nouveau long-métrage…

 

Oui, je commence, en mai, le dernier film de Jennifer Devoldère, “Roxie au milieu”. Je vais jouer un couple avec Karine Viard, dans une très belle famille de 3 enfants, dont une fille de 17 ans est trisomique. L’histoire raconte la place de l’enfant handicapé au sein de la famille, et comment cette place n’est pas facile, aussi pour la fratrie. 

 

Ces projets vous permettent de traiter de sujets très différents, dans des registres qui le sont tout autant…

 

Oui, j’arrive assez tardivement, mais j’y arrive quand même, à pouvoir, maintenant, choisir un peu les histoires que je veux raconter et celles dans lesquelles je veux figurer. Pendant un temps, il fallait faire bouillir la marmite et, qu’importe l’histoire, il fallait travailler. A présent, j’ai un peu changé de statut et c’est vrai que c’est très plaisant de pouvoir sélectionner. J’aime bien faire ces choix, maintenant que j’en ai la possibilité !

 

D’ailleurs, voyez-vous une différence significative entre un projet de cinéma et un autre de télévision ?

 

Il y a toujours plus de moyens au cinéma. Je dis ça mais je fais des films très peu chers, d’un quart seulement du coût d’un téléfilm…Il y a quelques années, c’était la norme de faire un film entre dix voire douze semaines, personne n’était choqué alors qu’aujourd’hui, cette norme est de sept à huit semaines. On n’est pas non plus choqué de faire un film à cinq semaines, personnellement j’en fait même à quatre semaines. Alors qu’un téléfilm dure souvent quatre semaines également. 

 

De toute façon, la détermination des réalisateurs à faire quelque chose de bien est la même au cinéma qu’à la télévision, malgré le temps imparti. 

 

Auriez-vous des envies artistiques particulières pour la suite de votre parcours ?

 

J’ai d’autres projets au cinéma, j’aimerais bien faire un nouveau film. Il faut que je murisse le sujet, cela prend du temps car j’aimerais arrêter l’improvisation, pour revenir à un texte écrit. Je réfléchis à différents univers en ce sens.

 

Pour terminer, sans doute que le fait d’être devant et/ou derrière la caméra est très complémentaire pour vous ?

 

Bien sûr ! C’est évident…Avant de passer de l’autre côté et d’être réalisateur, j’étais très impatient lorsque j’étais comédien. Le cinéma m’exaspérait par sa lenteur justement, notamment par le temps entre les prises. En tant que réalisateur, j’ai fait en sorte que ce temps n’existe plus puisque je n’utilise pas de technique, je ne fais qu’une seule prise. Mais il y a quand même une compréhension des problèmes du réalisateur et, du coup, une empathie plus grande, maintenant, avec la réalisation. Donc, oui, je vis mieux mon métier, finalement…J’ai l’impression que, plus on peut embrasser la profession dans son ensemble, plus on peut la servir. Il faudrait peut-être que je fasse de la régie aussi 🙂… D’ailleurs, s’il y avait, pour les jeunes, une formation à tous les métiers du cinéma, je pense que tout le monde se comprendrait mieux et accepterait que chacun ait des défis, donc que ce n’est simple pour personne. 

 

Merci, Mathias, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Télévision

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