Le cours de trop : Interview croisée avec Mathilde Morin et Marie Breton-Violet !
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Bonjour Mathilde, bonjour Marie,
Quel plaisir de vous retrouver pour effectuer cette nouvelle interview ensemble !
Vous êtes actuellement sur scène dans la pièce “Le cours de trop”. À titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Mathilde : Oui, c’est super, d’autant plus qu’on est amies et qu’on s’est rencontrées en école de comédie musicale. C’était notre premier projet professionnel, en plus ensemble, puisqu’on l’avait créé en dernière année de cours. C’était vraiment stimulant de pouvoir commencer à travailler et de jouer cette pièce avant même de sortir d’école. Depuis, elle continue à tourner donc c’est très agréable de retrouver à la fois ce spectacle et ses amies sur scène.
Marie : Je suis arrivée en deuxième équipe et j’ai beaucoup aimé rejoindre ce spectacle, que j’avais vu et que j’avais adoré. J’étais très contente quand les filles m’ont proposé de rejoindre l’aventure. C’est, je trouve, facile de jouer ensemble quand on est amies. J’ai été hyper bien accueillie, ça a été fluide et comme c’est un spectacle que l’on joue assez ponctuellement, on est toujours super contentes de renfiler le costume. Il y a quelque chose de vraiment chouette et de plaisant dans cette pièce !
Mathilde : C’est une comédie, avec des tableaux chantés et dansés. Et on n’a pas toujours le luxe d’avoir ces trois disciplines dans d’autres pièces, donc on savoure celle-ci d’autant plus ! On adore le fait de jouer du théâtre mais c’est très satisfaisant de se dire que les scènes sont ponctuées de moments où la musique explose et où on danse entre amies. Et c’est satisfaisant d’avoir créé ensemble un projet : on a pu apporter notre touche, il y a de nous dedans ! On s’amuse sur scène et c’est trop cool, à chaque fois, de le redécouvrir. On essaie de se renouveler tout le temps, encore récemment on a ajouté une chanson…
Plus concrètement encore, avec vos mots, comment pitcher cette pièce ?
Mathilde : C’est un cours de généalogie, avec une professeure complètement passionnée par son sujet, qui n’a qu’une hâte : celle que ça commence. Le public et les élèves sont là pour assister au cours…Chacune des quatre étudiantes a une problématique généalogique différente : l’une a été adoptée, ne sait pas qui sont ses parents et cherche sa famille, l’autre a des ancêtres un peu partout dans le monde... Mais, en fait, ça ne va pas du tout se passer comme prévu. Le cours va exploser et des personnalités extérieures vont également venir déranger le déroulé. Ces petits moments vont donc pimenter ce cours qui n’a aucun sens…
Marie : Ce qui est drôle, je pense, avec ce spectacle, c’est que, sur le papier, on se dit que ça va être très scolaire et qu’on pourrait ne pas être concerné si on n’est pas connaisseur, mais c’est abordé de manière très grand public. Donc tout le monde peut s’y retrouver ou apprendre des choses. Les grands connaisseurs de généalogie vont avoir des références que les autres n’auront pas forcément mais ce n’est pas un problème pour la compréhension de l’histoire. Le cours explose, ça part dans tous les sens, c’est surprenant ! Et le public sort en étant ravi de ce moment, surpris d’un tel tourbillon comique et musical.
Quel personnage avez-vous le plaisir de pouvoir défendre ?
Mathilde : Je joue, justement, la professeure. Mais ce qui est très plaisant dans ce spectacle, et qui fait que ça m’amuse encore plus, c’est que j’interprète aussi trois autres personnages. Un savant fou qui fait des recherches ADN : il est dans son monde et dans sa tête, c’est une boule d’énergie qui ne s’arrête jamais. Il faut avoir du cardio pour le jouer ! Je suis aussi une psychogénéalogiste, qui est là pour décortiquer l’arbre de chacun et démontrer à quel point les ancêtres, les prénoms et les traumatismes du passé ont une influence sur nous. Et une centenaire qui n’a rien à faire dans ce cours, et qui entre en pensant que c’est encore le restaurant d’il y a cinquante ans. Elle est odieuse mais parvient à nous toucher quand elle raconte ses souvenirs de guerre. C’est génial d’avoir une si grande palette sur une même pièce, et c’est très satisfaisant de passer aussi vite d’un personnage à un autre.
Marie : C’est un peu un marathon pour Mathilde, avec des personnages très marqués et très hauts en couleurs ! Les quatre autres, par contre, n’avons pas de multirôles. Astrid est très exubérante, elle prend beaucoup de place, elle veut tout le temps parler et s’exprime très fort. Irina est complètement renfermée, elle ne rigole jamais. Camille est la première de la classe et tente dès qu’elle peut de prendre la place de la prof. Je joue Juliette, qui est un peu le fil conducteur de la pièce. Elle arrive en expliquant être née sous X puis avoir été adoptée. Elle assiste au cours dans l’espoir de trouver enfin une piste. C’est un peu de sa faute si la psychogénéalogiste et le savant arrivent parce qu’elle a donné l’adresse de l’école, au lieu de celle de ses parents adoptifs… Elle est en quelque sorte la caution « normale » du spectacle : les autres personnages sont tellement poussés qu’elle devient celle à laquelle le public s’identifie. Elle est un peu plus calme et mesurée, ce qui n’est pas forcément évident à jouer au milieu de cette explosion d’évènements mais c’est ce qui fait tout le charme ! J’aime jouer ce personnage qui subit un peu tout ce qui se passe et qui ne connait pas grand-chose en généalogie. Elle a du mal à trouver des réponses, à vous de voir si, à la fin, les choses s’arrangent…
Effectivement, la palette de jeu et de couleurs doit être très plaisante à défendre…
Mathilde : Oui, c’est tellement satisfaisant ! C’est aussi ce qui est jubilatoire dans le fait de jouer des comédies. On est portées alors par les rires du public, on fait participer les gens également, on y intègre des tableaux chantés... À chaque fois que je joue ce spectacle, je me fais la réflexion sur scène que c’est quand même génial de faire ça de sa vie, et en plus avec ses amies !
La plupart des informations racontées dans la pièce sont vraies. On le précise à la fin parce que c’est assez fou ! Et la mise en scène d’Éléa est très dynamique ! Donc les infos passent comme une lettre à la poste et on s’amuse, en apprenant même des choses sans s’en rendre compte ! C’est très satisfaisant !
Marie : Je me rappelle de la première fois que j’avais vu ce spectacle, donc bien avant que je n’intègre l’équipe. Je m’étais laissée embarquer et, à chaque changement de lumière, où l’on savait qu’un nouveau personnage allait arriver ou qu’une musique allait démarrer, j’avais hâte de savoir ce que ça allait être. Les tableaux sont très épurés, l’ambiance change à chaque fois, on passe par plein de palettes, entre des moments très comiques et d’autres plus dans l’émotion. C’est, effectivement, très chouette à faire, on danse, on chante et on joue la comédie, autant de registres sur lesquels on a été formées à l’école. Donc c’est toujours agréable d’avoir un spectacle qui nous permet de montrer l’étendue de tout ce que l’on sait faire.
Ce que j’aime bien également, c’est que l’on est très à l’écoute. On se connait tellement bien, on connait maintenant tellement bien le spectacle aussi qu’on se permet de tester de nouvelles choses et qu’on ressent des moments de grâce de temps en temps. J’ai des frissons en chantant certaines chansons, on vit des instants suspendus… Je suis vraiment trop contente d’être sur ce spectacle !
Mathilde : Les chansons sont toutes très différentes. Il y en a deux a cappella, une autre est complètement déjantée, type tango, une encore rappelle les années 20… Il y a plein de styles, qui s’adaptent aux époques que l’on aborde au fur et à mesure. C’est aussi un challenge : on touche à tout !
Plus globalement, quels principaux retours du public pouvez-vous avoir ?
Marie : Souvent, les gens nous disent que ce spectacle est leur préféré ! Les spectateurs se font embarquer et ressortent boostés pour la semaine !
Mathilde : On joue également ce spectacle, en tournée, dans des salons de généalogie ou des médiathèques, avec un public pointu. Sans surprise, les gens sont comblés qu’on ait fait quelque chose d’exubérant avec leur passion qui, à première vue, ne semble pas particulièrement drôle et dynamique. Ils sortent ravis et rigolent à des blagues qui leur parlent complètement !
C’est avant tout une comédie drôle et rafraîchissante, qui parle de généalogie. Les gens aiment beaucoup le dynamisme et les chansons. C’est loufoque, ça plaît à tout le monde !
Marie : Les spectateurs se font surprendre et, du coup, ça les met de bonne humeur ! Ils passent un bon moment et en sortent ravis.
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Si l’on revient, Mathilde, à l’origine de ce spectacle, comment en étaient nées l’envie et l’idée ?
Mathilde : Il faut savoir que la généalogie est le troisième loisir préféré des Français. Ma mère a commencé la généalogie quand elle avait douze ans, donc elle baigne dedans depuis toujours. Elle connaît tout sur le sujet et elle écrit depuis des années des guides de généalogie pour aider les gens à faire la leur en autonomie.
Quand j’ai commencé à faire du théâtre, elle a eu l’idée de créer une pièce. Elle m’a d’abord écrit un seule-en-scène sur la mémoire familiale, où je dansais également. Puis j’ai eu envie de partager le sujet avec d’autres personnes et c’est alors que ma mère a écrit cette pièce musicale.
Au moment, Marie, de rejoindre l’équipe un peu plus tard, quelles ont été vos éventuelles sources d’inspiration pour vous glisser dans la peau de ce personnage ?
Marie : En fait, je pense que ça a été assez simple ! Au moment où j’ai intégré l’équipe, ce personnage était pleinement mon emploi : celui de la jeune première. Sur le papier, je suis moins à l'aise dans les rôles très exubérants et comiques comme, par exemple, Clara qui joue Astrid. C’était le rôle le plus facile pour moi et c’est sans doute aussi pour ça que les autres filles me l’ont proposé. Donc ça a été assez facile de m’intégrer à la troupe et de me glisser dans la peau de ce personnage !
Que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette déjà très belle aventure théâtrale ?
Mathilde : On adore jouer cette pièce depuis trois ans maintenant et on aimerait qu’elle ait encore une longue vie ! Elle tourne beaucoup en médiathèques ou en archives mais, comme elle est accessible au grand public, on aimerait que ces spectateurs puissent également la découvrir et qu’ils passent la barrière mentale de la généalogie, en y voyant surtout une simple comédie tout public. Cette pièce est tellement satisfaisante à jouer et tellement sympa à regarder que ce serait dommage qu’elle s’arrête en si bon chemin !
Marie : On joue assez ponctuellement et ce serait un plaisir, pour nous, de la jouer plus souvent, afin de s’amuser encore plus avec le public !
Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Mathilde : Je joue dans “Le loup des archives”, un jeune public qui raconte l’histoire d’une jeune orpheline qui, à minuit, s’introduit dans les archives pour essayer de retrouver sa famille. Elle tombe nez à nez avec le loup qui tient l’accueil des archives magiques ! C’est très sympa, ça dure quarante-cinq minutes, c’est à partir de trois ans et la pièce revient à Paris à la rentrée.
La même autrice s’est lancée dans l’écriture d’une pièce sur la guerre 14-18 qui sortira à la rentrée, “Par-delà les tranchées”. Elle sera d’un tout autre genre puisque c’est un drame. On sera quatre au plateau : deux hommes et deux femmes. Ce sera très touchant, je pense…
Marie : Avec Mathilde et toutes les filles de l’équipe, on est toujours dans la pièce Sortez- moi de là ! qui tourne depuis deux ans maintenant. La tournée continue en province au moins jusqu’en 2027.
Je suis également en train d’écrire une nouvelle pièce avec Éléa… On continue donc à se suivre, on garde le même noyau dur et on a envie de continuer à créer et à travailler ensemble !
Merci à toutes les deux pour vos réponses !