Inès Ouchaaou évoque son parcours, son actualité et ses projets à l'image !

Publié le par Julian STOCKY

@ Eloise Legay / M6

 

 

 

Bonjour Inès,

 

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

 

Vous avez récemment tourné dans “Entre chien et loup”, pour France Télévisions, sous les traits du personnage de Julie. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui, j’étais trop heureuse parce que je venais tout juste de terminer “Nouveau jour”, qui était une déception, sur le fait que ça s'arrête, alors que j’avais un personnage que j’adorais et que je trouvais cool à développer. J’ai eu cette occasion-là, j’ai passé le casting en me disant “Bon, on verra bien” parce que, finalement, c’est drôle, quand tu travailles pendant un petit temps, tu n’as plus cette pression de te dire “Il faut que je bosse !”. Là où on est souvent dans cette tension, je savais que j'avais fait mes heures et que j’étais tranquille pour un an. Donc je l’ai passé un peu chill…J’ai eu la réponse assez rapidement et, du coup, j’ai vu ce personnage de Julie, un rôle trop cool à jouer. Si je devais la décrire, je dirais qu’elle est un peu brute de décoffrage, attachante mais spéciale…J’ai adoré jouer ce personnage et, surtout, la liberté que j’ai eue dans le travail avec Xavier, le réalisateur, un super gars qui m’a laissé vraiment beaucoup d’espace pour développer ce personnage.

 

Sans tout en dévoiler, dans quel contexte arrive ce personnage à l’image ?

 

Elle travaille dans l’équipe de gendarmerie, son frère travaille avec elle, c’est un peu un duo en mode Tic et Tac donc c’est assez drôle ! Ils sont un peu les bouts en train de l’histoire, ils sont là au moment où, peut-être, ça permet de donner un peu de joie et de drôlerie. Julie n’est pas forcément un personnage qui va faire avancer l’histoire mais c’est un personnage qui vient la colorer un peu.

 

Certainement que la palette de couleurs a dû être très plaisante à défendre ?

 

Je me suis vraiment régalée, c’était super libre et c’est vraiment cool à dire, surtout dans des projets de télévision où, généralement, on n’a pas le temps et où c’est assez cadré. Là, c’était vraiment libre, je me suis vraiment amusée, j’ai vraiment joué ! C’est un tournage que j’ai kiffé ! Les gens avec qui j’ai bossé étaient géniaux. Une partie de l’équipe était belge, les comédiens étaient trop cool aussi, je me suis trop bien entendue avec eux. Je pense notamment à Zouheir, qui jouait mon frère…

 

On a tourné en Lozère, dans un endroit un peu perdu. Je suis arrivée un dimanche, rien n’était ouvert, sauf un bar PMU. J’ai voulu aller boire un café et, en rentrant dans le lieu, la serveuse ne m’avait pas du tout calculée, elle racontait sa vie à un des clients, elle a fini par me servir un café mais que j’avais dû boire dehors parce qu’elle fermait…J’étais donc toute seule sur la terrasse, c’était un autre monde ! Cela annonçait la couleur dès le début du tournage….

 

En tout cas, j’ai kiffé, c’était court mais c’était chouette, c’était une bonne semaine !

 

 

 

 

Au moment de vous glisser dans la peau de Julie, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?

 

Non, pas tant que cela parce que, en fait, je me suis dit que j’allais vachement m’appuyer sur mes partenaires de jeu. Je savais que c’était un personnage haut en couleurs mais que je n’avais pas forcément de cadre précis. Quand je l’ai découvert pendant le casting, et que j’ai lu les didascalies qui lui correspondaient, cela m’a donné une couleur…mais que je n’ai pas forcément prise. Je lui en ai donnée une autre, en me disant que, de toute façon, il fallait juste que ce soit un personnage qui apporte quelque chose. Du coup, j’ai donné à ce personnage la couleur que je trouvais sympa et intéressante. Elle a finalement plu au réalisateur !

 

J’avais déjà joué une flic dans “La disparue de Compostelle” donc j’avais déjà appréhendé tout l’attirail, notamment le flingue. Je savais que je n’aurais pas le temps de faire un stage chez les flics et que ce n’est pas forcément un monde dans lequel je pouvais m’imprégner, mais, en arrivant, en mettant le costume, j’ai retrouvé des tics de jeu. J’avais décidé, en l’occurrence, que ce personnage allait constamment poser son coude sur son flingue, tellement il a la flemme de vivre…Je l’ai fait de façon nonchalante, pour que l’on croit à l’habitude.

 

J’ai aussi cherché à m’adapter à mes camarades. Par exemple, je ne savais pas que Zouheir allait faire deux têtes de plus que moi : il est super grand, je n’ai pas joué du tout la même chose que s’il avait fait ma taille. Cela fait jouer d’une certaine façon…

 

D’ailleurs, si l’on revient à la genèse de cette aventure, qu’est-ce qui vous avait plu ?

 

Tout ce qui avait été proposé du personnage dans les didascalies, en termes de couleur et d’énergie, m’avait beaucoup motivée. Dans “La disparue de Compostelle”, c’était vraiment un rôle d’écoute, mon rôle permettait d’avoir comme un regard extérieur. Là, ce n’est pas du tout ça, c’est limite une nana qui n’écoute pas donc c’était vraiment tout dans ce qu’elle est, elle. 

 

Certainement êtes-vous impatiente de découvrir le rendu final et curieuse des retours des téléspectateurs ?

 

Oui, très curieuse des retours et de savoir comment ça va matcher à l’écran. Je sais que l’image est magnifique, j’en ai vues quelques-unes lors de la post synchronisation, je les ai trouvées très belles. J’ai hâte également de savoir ce que les gens vont en penser mais je crois que ça marchera. 

 

En complément, les téléspectateurs de M6 avaient pu retrouver, pendant quelques mois, dans la quotidienne de M6 “Nouveau jour”. Quels souvenirs en gardez-vous ?

 

Du kiff et des rencontres ! On s’est revus à Paris il y a un mois parce qu’on a tous finalement gardé contact, alors que l’on était des centaines. Je me suis vraiment fait des amis. C’était tellement drôle, qu’est-ce que l’on a rigolé ! Les techniciens nous disaient également qu’ils s’amusaient beaucoup sur cette quotidienne. C’était un peu le mot d’ordre : on ne sauve pas des vies, on est là pour prendre du kiff, faire du bon travail et avancer. Nous étions en mode machine, avec je ne sais combien de séquences par jour. Ca allait tellement vite et, finalement, là-dedans, même si j’ai mis bien trois mois, on arrivait à comprendre le mécanisme, et à quel endroit on pouvait prendre du temps et s’amuser dans le travail. Il m’avait fallu ce temps pour me sentir à l’aise et à ma place parce que je n'avais pas fait de projet qui allait aussi vite…

 

Humainement, cela a laissé quelque chose de génial mais il reste un petit goût amer, pour tout le monde…

 

Artistiquement parlant, cela vous avait permis de développer un personnage sur la longueur…

 

C’est trop spécial comme travail ! Je n’avais jamais fait cela…Au tout début, je me disais que je ne connaissais pas grand-chose de mon personnage, vu qu’il n’avait pas d’histoire écrite. J’avais des idées de ce qu’il était mais je ne savais pas trop comment le construire…On m’avait dit qu’elle était solaire, à l’aise avec ses formes, qu’elle avait plein de potes mais ce n’était pas non plus, pour moi, comme une histoire que tu lis de A à Z. Oui, c’était spécial mais, en même temps, tellement cool de se dire que c’est un kiff ! Contrairement à un film, je ne savais pas combien j’avais de séquences ni ce que j’allais tourner deux mois plus tard, tellement c’est aléatoire. Je me suis laissée surprendre tous les jours mais, dans tout ça, il fallait veiller à garder une cohérence…Du coup, j’étais constamment en train de réécrire et de retravailler mon personnage ! 

 

 

@ Eloise Legay / M6

 

 

Aimiez-vous regarder le rendu final, notamment pour capitaliser sur votre propre jeu ?

 

Je n’ai pas tout regardé mais j’ai regardé les scènes que j’avais besoin et envie de voir…Je me suis assez vite rendue compte que je n’avais pas du tout la main sur mon travail mais ce que j’ai vu était positif : il y avait des séquences où je pensais ne pas être au bon endroit mais, à l’écran, qui passait très très bien. En tout cas, il fallait faire en sorte, en instantané, que toute la matière que l’on offre soit la plus qualitative possible, pour que, peu importe ce qui est pioché, je sois contente. J’ai donc compris que n’importe quelle prise pouvait être utilisée et, du coup, j’avais envie de me donner à fond sur toutes. 

 

Je me suis également rendue compte d’à quel point, pour une séquence, ils prennent quatre à cinq prises différentes. J’ai trouvé cela fou ! Donc cette série m’a appris beaucoup de choses sur la rigueur et sur le fait d’être carrée sur mes textes, sur mes déplacements, sur mon travail. J’ai presque appris un nouveau métier, que je ne connaissais pas, à être à la virgule près. Les répétiteurs m’aidaient aussi beaucoup, notamment au début, où cela m’angoissait à mourir. Il était important, pour moi, de revenir aux bases, à un texte carré, connu par cœur.

 

Pour terminer, quelles seraient vos envies pour la suite de votre parcours artistique ?

 

Je suis en train d’essayer d’écrire une mini-série sur les addictions, visibles ou invisibles, sans jugement et sans morale. Je ne sais pas encore ce que j’ai envie que ça devienne, notamment si je vais la tourner à l’Iphone avec les moyens du bord, ou si je vais faire appel à une production. J’espère pouvoir faire lire d’ici début juillet les sept premiers épisodes. Je veux faire quelque chose de factuel et de sensoriel, où on voit des gens qui essaient de combler des manques dans leur vie, par X ou Y choses. 

 

Après, j’espère des projets dans lesquels je puisse m’amuser et travailler. Je ne demande qu’à bosser, en fait parce que c’est ce qui me plait le plus.

 

Merci, Inès, pour toutes vos réponses !

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Télévision

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