France 3 / C'est qui le chef ? : Aude Gogny-Goubert évoque sa première expérience en tant que réalisatrice d'un unitaire !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Aude, 

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous ! 

 

Les téléspectateurs de France 3 pourront retrouver le mardi 9 juin prochain le téléfilm inédit “C’est qui le chef ?”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ? 

 

C’est merveilleux ! C’est ma première réalisation d’unitaire, j’avais fait des séries avant mais jamais un projet de bout en bout. Donc, évidemment, c’est un énorme investissement, à la fois professionnel et émotionnel…Du coup, je suis heureuse de le partager avec les gens. Surtout, c’est un film qui fait beaucoup de bien et dans la période dans laquelle on vit, je suis assez fière de participer au fait que les téléspectateurs puissent passer une bonne soirée, sourire, rire et, normalement, être heureux en voyant cette petite brigade…

 

Si l’on en revient à sa genèse, comment vous est venue cette envie de passer à la réalisation d’un téléfilm ? 

 

En fait, cela faisait déjà plusieurs années que je réalisais des séries pour la télé et c’est la productrice, Gabrielle Gerin, qui avait entendu parler de moi, qui est venue me chercher pour me proposer le projet. Je dois dire qu’en l’espace d’une demie-heure, on s’est tellement comprises, tellement appréciées et on a eu tellement envie de travailler ensemble autour de ce projet, que c’était parti. 

 

Pourquoi ce projet-là en particulier vous a-t-il conquise ? 

 

En premier lieu, c’est la comédie ! Je viens de là et c’est vraiment une musique que je connais bien, que j’aime travailler et avec laquelle je me sens à l’aise. Il y avait aussi le défi de la comédie culinaire : c’est quand même assez compliqué de filmer la cuisine, la préparation et la nourriture…C’est une gestion, sur le plateau, donc il y avait un vrai défi. La troisième chose est l’ancrage dans le Nord : je suis née là-bas, j’y vis encore, le film se passe à Lille, et on a tout ancré autour de la gastronomie des Hauts de France. C’était une jolie façon aussi, de sortir des poncifs que l’on peut avoir sur cette région.

 

 

 

 

Quel regard avez-vous porté sur cette belle histoire ? 

 

La première chose qui marque, en fait, est le conflit de générations. On y parle de réconciliation entre une vieille génération, qui a eu des privilèges, qui a pris des habitudes, dont une certaine façon de parler et d’exploiter le travail des autres, et d’une jeune génération, qui a envie un peu de bouleverser tout ça, qui a envie de changer tous ces codes, la façon de faire et de collaborer, en étant, en cuisine comme on pourrait être dans la société, dans une version moins verticale des rapports humains. C’est bien ça le sujet : la réconciliation autour d’un sujet de crispation qui plane sur notre société. 

 

Quelles étaient, d’ailleurs, vos principales intentions et attentions ? 

 

Il y a tellement de choses…J’ai un crédo, vraiment, qui est de faire en sorte que mon plateau soit toujours très exigeant mais très joyeux. Donc j’essaie de veiller à ce que tout le monde soit heureux, à l’aise, ait un espace de création dans lequel, là-aussi, il n’y ait pas de verticalité. On essaie de bosser ensemble, c’est un travail d’équipe ! Un film, ce n’est pas uniquement un réalisateur ou une réalisatrice, c’est la somme de tous les talents du plateau, au service d’une histoire. Mon rôle n’est pas plus important qu’un comédien, qu’une assistante caméra ou qu’un accessoiriste. On travaille tous ensemble et, sans tous ces maillons de la chaîne, ça ne pourrait pas se faire. Donc, en premier lieu, c’est de créer un espace où tout le monde est heureux de travailler et de se donner à fond pour le plateau. 

 

Après, vis-à-vis de ce scénario, c’était la gestion du culinaire parce qu’évidemment, on travaille dans une industrie qui a un impact carbone ! Nous avons voulu y porter une exigence particulière. D’ailleurs, on a été récompensés du label eco production trois étoiles, ce qui arrive très rarement, parce qu’on a mis en place des mesures particulières. J’ai retravaillé avec un chef toutes les recettes pour que ce soit de la haute gastronomie végétarienne…On ne le dit pas dans le film, ce n’est pas le sujet, mais en tout cas, je ne voulais pas que l’on gâche de viande sur le plateau. Il fallait aussi gérer le nombre de prises au nombre d’assiettes, pour ne pas faire de gâchis de nourriture. 

 

 

 

 

On peut penser que vous avez effectué un gros travail de préparation… 

 

Je le fais, quel que soit le projet. J’analyse vraiment tout en amont, aucune de mes journées ni de mes séquences n’est improvisée. Je fais un découpage très précis, qui est envoyé à tous les gens concernés avant le tournage, ce qui fait que, jamais, sur mon plateau, quelqu’un peut dire qu’il ne sait pas ce que l’on fait. Au contraire, tout le monde sait ! Ce qui me permet d’être à 100% avec mes comédiens, de diriger, d’être dans le jeu, dans l’émotion et de leur offrir le cadre sécurisant qui les libère eux-mêmes de la technique. 

 

…tout comme les comédiens ont suivi des cours de cuisine, pour maîtriser les bons gestes… 

 

Absolument ! Michel Cymes avait déjà fait un CAP cuisine par ailleurs, pour son plaisir, parce que c’est quelqu’un de très travailleur, de curieux et d’hyper actif. Pour la préparation du tournage, ils ont toutes et tous travaillé avec le chef José Ferreira, qui est venu leur donner des cours. Très rapidement, il a évacué des gens comme Michel qui avaient déjà les bons gestes et il a passé plus de temps avec Alice, Benjamin et les autres. Il les a vraiment accompagnés : quand on doit filmer de la cuisine, il faut que la caméra bouge vite, qu’elle chope tout et qu’elle se promène rapidement, donc il ne faut pas que l’on fasse semblant, sinon ça se voit et ça casse toute la magie. Donc c’était très important pour moi que ce soit impeccable. 

 

Ensuite, José était là sur le plateau, avec nous, pour confectionner les assiettes avec un visuel hyper gastro mais aussi pour corriger les gestes et être le garant de la crédibilité. 

 

Ce projet a été l’occasion de collaborer avec un chouette casting… 

 

Le projet est arrivé avec Michel Cymes et Bruno Solo, avec qui on s’est tout de suite très bien entendus. Ensuite, j’ai eu la joie de pouvoir composer avec ma directrice de casting, Anne Barbier, l’intégralité de cette joyeuse troupe. Effectivement, au-delà du talent indéniable des gens que j’ai retenu, j’ai également choisi l’humain : « Je ne sépare pas l’Homme de l’artiste »…Un comédien fabuleux mais qui se comporte mal, qui parle mal aux gens ou qui est désagréable, ne viendra pas sur mon plateau, quel que soit son talent. Pour moi, c’est tout aussi important que les gens soient tout à la fois hyper forts et super gentils. Vraiment, j’élève la gentillesse en valeur cardinale ! 

 

 

 

 

Quels retours du public avez-vous pu avoir lors des premières projections en public ? 

 

C’était extraordinaire de venir présenter le film avec une grande partie des comédiens. Nous venions faire la présentation puis participer à un échange questions / réponses mais il s’est trouvé que l’on est tous restés dans la salle pour regarder le film, alors qu’on le connait par coeur, parce qu’on était hyper heureux d’entendre les gens rire aux éclats et comprendre la moindre petite subtilité qu’on voulait faire passer. On sentait que le public était totalement avec nous…Aux questions / réponses, on était très émus et touchés parce que les spectateurs évoquaient le fait que c’est un film qui rend très heureux et qui, je pense, décomplexe certaines personnes d’avoir des conflits avec des générations qu’elles ne comprennent pas. D’un coup, c’était, pour elles, une petite bouffée d’oxygène, tellement ce film est une bulle d’amour. On a eu le sentiment que la salle l’a ressenti… 

 

Cette première réalisation d’un téléfilm a déjà été suivie d’une deuxième, “Le train perdu”… 

 

Tout à fait ! Alors, là, on est à l’opposé du spectre…Cela s’est enchaîné très vite : j’ai rendu mon film, après la post-production, au mois de septembre et, dès octobre, j’étais déjà sur le pont. Cela n’était pas forcément prévu, ça s’est déclenché en deux secondes… et nous ne sommes plus dans la comédie ! C’est un polar sombre et mystérieux, tourné à la montagne. 

 

 

 

 

2025 a été une année géniale pour moi, j’ai fait mon premier film puis mon deuxième film dans la foulée, avec deux ambiances totalement différentes ! 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour cette diffusion du 9 juin prochain ? 

 

Je souhaite que le plus de gens possible voient le téléfilm. Si ça peut les rendre heureux, je serais vraiment au comble du bonheur. En tout cas, si les téléspectateur.ices ont autant de plaisir à le regarder que nous avons eu à le faire, ce sera gagné ! 

 

Merci, Aude, pour toutes vos réponses !

 

 

 

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Publié dans Télévision

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