France 3 / C'est qui le chef ? : Alice Daubelcour nous en dit plus sur ce téléfilm inédit !
Bonjour Alice,
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !
Les téléspectateurs de France 3 pourront vous retrouver le 9 juin prochain dans le téléfilm inédit “C’est qui le chef ?”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Ah oui, oui, oui ! J’étais très contente de participer à ce projet qui est extrêmement différent du dernier que j’ai fait. Ce n’est ni le même registre, ni le même format…Là, j’ai eu la chance de découvrir encore une nouvelle profession : précédemment, j’étais une flic, ici je suis une cheffe cuisinière. J’ai travaillé avec Aude Gogny-Goubert, une réalisatrice que j’ai adorée, pour qui j'ai eu un vrai coup de cœur professionnel. J’ai également eu des partenaires de jeu absolument merveilleux, j’ai tourné dans le nord, ma région natale…Bref, il y avait énormément d’éléments alignés qui faisaient que c’était assez évident que ça allait bien se passer. Et ça s’est très bien passé ! C’était intense mais j’étais très heureuse !
Vous l’avez dit, ce projet a été l’occasion de côtoyer un chouette casting…
Vraiment ! Michel était surpréparé, il s’était fait coacher, il avait bossé comme un fou, comme il sait faire et il a été génial…Dès le début, j’ai complètement oublié que c’était un médecin…Bon, je ne l’oubliais pas le matin, quand j’avais toujours un syndrome de quelque chose et qu’il fallait qu’il vérifie cette petite tâche que j’ai dans mon dos… hypocondrie oblige !🙂 mais, sur le plateau, c’était un acteur, ça filait, il était vraiment merveilleux. Donc j’ai été agréablement surprise de son côté professionnel ! Humainement, c’est une pépite. J’étais super contente de le retrouver tous les matins, on a beaucoup ri.
J’ai moins partagé de scènes avec Bruno mais on s’est reconnus très vite dans l’humour. Il est également d’une bienveillance dingue, il est très doux. J’ai été considérée d’égal à égal tout de suite, on était ensemble ! Donc j’ai été très bien accueillie par mes partenaires masculins. Aude, la réalisatrice, est une actrice, ce qui fait la différence à plein de points de vue. Elle sait, elle parle le même langage que nous, elle avait tellement préparé son tournage, elle était tellement armée en commençant que c’était fluide et qu’elle avait de la disponibilité. Et ça c’est très rare et précieux.
On avait d’autres acteurs autour de nous, en plus de notre trio, Céline Ronté qui joue ma mère, Hervé Rey qui joue mon père, Benjamin Cléry et Oudesh Hoop mes acolytes en cuisine…J’ai eu la chance d’avoir une réalisatrice qui a su flairer les gentils donc c’était un peu le monde des bisounours, on ne va pas se mentir.
Avec vos mots, sans tout en dévoiler, comment pitcher ce programme ?
C’est l’histoire d’une jeune fille, Lila, qui reprend le restaurant de son grand-père, en faillite. Elle a besoin de quelqu'un pour sauver le business et elle se retrouve obligée de travailler avec ce gars, d’une autre génération, réac et imbuvable. Qui, lui, est dans un scandale médiatique donc a besoin de se racheter une image. Lila est une battante, obligée de faire des compromis avec cette génération qui est effrayante, génération qui va devoir faire avec elle aussi.
Justement, quel regard portez-vous sur Lila, votre personnage ?
Quand tu fais des rôles comme celui-ci, qui durent sur plusieurs semaines, tu finis très attachée à tes personnages. Il se passe quelque chose à un autre endroit, dans le bide. Donc j’ai une tendresse directe pour Lila. Elle est forte, même quand elle n’y croit plus, elle y croit encore, elle lutte contre les stéréotypes, contre une génération, contre sa famille, contre des idées. Tout en imposant ses ambitions. Je suis très fière de l’incarner ! C’est un peu la seule chose qui peut lier les deux derniers personnages que j’ai faits, ce sont deux jeunes femmes qui n’en démordent pas et qui sont, pour moi, l’incarnation de femmes que j’ai envie, moi-même, d’être et que j’ai envie de montrer. Cela me touche de valoriser ces modèles féminins et si, là-dedans, il n’y a ne serait-ce qu’une seule jeune fille qui s’identifie à mon personnage, j’en serais heureuse !
Sans doute que la palette de couleurs à défendre a été très plaisante ?
Oui, on a eu des scènes hilarantes à tourner. Je me suis éclatée ! Et des scènes qui, je pense, vont me rester longtemps, émotionnellement.
Au moment de vous glisser dans la peau de Lila, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?
Je crois que j’ai regardé tous les documentaires culinaires qui existent au monde, toutes les émissions possibles, des films mais aussi des dessins animés. Je ne m'intéressais pas forcément aux histoires, mais plus aux mains et aux gestes, ainsi qu'au rythme. On est imprégné des personnages que l’on traverse pendant plusieurs semaines donc, même encore maintenant, quand je regarde un film et qu’il y a un passage dans une cuisine de restaurant, je regarde plus les détails qu’avant. Tous ces détails qui m’ont été appris par ce chef qui m’a aidée pendant la préparation… Donc je me suis inspirée de tout ce que je pouvais ! Il y a également eu beaucoup de travail à la table, je décrypte les scénarios pendant de longues heures, je me fais des fiches et des frises dans tous les sens…Donc, au-delà d’une représentation extérieure, j’avais aussi tout un univers à me créer dans ma tête. Un personnage se crée dans les détails. J’ai donc beaucoup discuté avec Aude, j’avais déjà une idée, grâce à ce travail personnel et intime, de la nana que pourrait être Lila.
Comment avez-vous vécu l’expérience des cours de cuisine ?
J’ai adoré ! Ce n’est pas la première fois que je fais un film où j’ai de la formation en amont, où je découvre tout un univers avec des professionnels. C’est une vraie chance ! J’adore ces préparations et, effectivement, je suis venue quelques semaines avant pour travailler avec un chef, José, qui a été d’une patience folle. J’ai littéralement fait, je pense, 13 000 choux à la crème 🙂 pour pouvoir avoir le bon geste et la bonne technique. On n’a évidemment pas appris à faire des recettes entières mais c’était très minutieux, pour que les gestes et les instincts soient crédibles. J’ai adoré ce tricotage !
Les premiers jours, c’était Alice qui venait prendre des cours de cuisine et, au bout de quelques jours, c’était Lila qui rentrait, je balbutiais mon texte, tout en manipulant. Il était important de transmettre ce rythme fou d’une cuisine de restaurant, il fallait réussir à être à la hauteur de ce rythme tout en étant crédible.
Michel, mon partenaire de jeu, avait déjà un très bon bagage dans ce domaine, donc il fallait que je rattrape un peu le retard. J'appréhendais pas mal ces rushs de cuisine et je crois que ça s’est bien passé, grâce à cette préparation.
Plusieurs projections ont déjà eu lieu en public. Quelles ont été les réactions de la salle ?
C’était génial, j’ai adoré ! Déjà, j’avais beaucoup aimé le film, même si c’est difficile de se regarder…Je vois mon jeu, mon double menton, mon nez retroussé et tout ce que je n’aurais pas dû faire, à ce moment-là, avec mes sourcils…C’est donc très difficile d’être réceptif pendant une projo équipe mais, tout d'un coup, quand il y a un public, tu dézoomes un peu de ta propre personne…Tu es alors dans une ambiance collective, tu es dans les rires que tu avais espérés et qui arrivent, ou dans ceux qui arrivent à d’autres moments. Tout le monde était au rendez-vous de l’émotion, j’ai pu redécouvrir le film différemment. Au début, on s’était dit qu’on resterait en dehors de la salle mais, en fait, on est tous re-rentrés et restés car on avait envie d’être avec les gens. Le film a été hyper bien reçu, ça a été très chouette, j’ai eu de très beaux compliments, je crois que tout le monde y a cru et s’est laissé embarquer dans notre histoire.
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En parallèle, vous continuez votre podcast…
J’ai un parcours un peu particulier par rapport aux mots. Je suis très dyslexique, j’ai été diagnostiquée un peu sur le tard, à 12 ou 13 ans. Cela m’a posé de gros problèmes de lecture et, tout d’un coup, j’ai 30 ans, je me retrouve à écrire, à faire des podcasts sur la littérature, à être comédienne et à apprendre des textes. Un twist s’est fait, qui a rendu tout un peu plus merveilleux et je me suis retrouvée complètement passionnée. Je pense que le théâtre et la lecture m’ont permis de me réconcilier un peu avec les mots, avec l'orthographe, avec ma dyslexie et de l’assumer…Je prends un peu plus de temps à lire, je fais un peu plus de fautes mais ce n’est pas si dramatique au fond. Donc mon podcast (“Bougies”, disponible sur toutes les plateformes) a un goût de revanche ! Chaque épisode que je fais et qui plaît, chaque auteur qui me répond, c’est un peu plus de confiance récupérée dans ce domaine-là. Donc, oui, je suis très fière de “Bougies”, c’est quelque chose qui me maintient dans une nourriture artistique constante. Que j’ai du temps ou pas, je sors chaque mois un nouvel épisode, qu’il faut donc préparer, lire les textes de l’auteur choisi, faire mes recherches, etc. C’est une discipline que je me suis imposée mais qui est devenue très précieuse. J’en suis très contente !
Cela commence à avoir un petit essor, de plus en plus d’auteurs m’écrivent, c’est génial pour moi. Je suis aussi fière de ma carrière de comédienne que de celle de podcasteuse, cela a une valeur un peu sentimentale !
Toutes ces casquettes artistiques se nourrissent sans doute les unes les autres ?
Complémentaire est le bon mot ! Chaque discipline se nourrit d’une autre : mes lectures m’aident inévitablement dans mon jeu, mon jeu m’aide dans l’incarnation de mes lectures, les films que je regarde font écho à des lectures, qui font écho à d’autres choses encore…
Pour terminer, et boucler la boucle, que peut-on vous souhaiter pour la diffusion à venir de “C’est qui le chef ?” ?
On est trop heureux, on a hyper hâte, j’ai bu un café avec Aude, la réalisatrice, il y a quelques jours, on était à deux doigts de se faire un Festival de Cannes à nous deux 🙂, à mettre de belles robes en attendant la diffusion 🙂 donc c’est beaucoup de joie ! On espère que ça va plaire aux gens, que ça va faire un petit peu d’écho, que les téléspectateurs seront au rendez-vous, que l’on soit tous ensemble et que le public ressente toute la joie que l’on a eue à faire ce projet !
Merci, Alice, pour toutes vos réponses !