France 2 / L'or bleu : Gilbert Traïna évoque son personnage dans ce programme évènement !
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Bonjour Gilbert,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de France 2 peuvent actuellement vous retrouver dans la mini-série “L’or bleu”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, c’était une belle surprise ! Sans dévoiler l’histoire, je la quitte assez vite mais c’était très agréable d’y participer et, surtout, je trouve que c’est assez rare d’avoir, comme cela, une grande saga, très ample, sur trois voire quatre générations. Avec un problème central, celui de l’eau, qui est quand même un problème qui nous concerne tous et qui va nous concerner de plus en plus. Quand j’ai lu scénario, j’avais trouvé vraiment bien également qu’il y ait le point de vue d’une femme par génération. C’est trop rare !
Je suis un des membres d’une des trois familles, je suis Mathias Ravanel, au milieu d’un casting que j’ai trouvé vraiment très bien. J’ai vu les quatre premiers épisodes sur la plateforme, ça fonctionne très bien, ça m’a rappelé, quand j’étais plus jeune, “Les gens de Mogador”, cette grande saga en quatre tomes, ainsi que “Les dames de la côte”. Cela change, je trouve, des séries que l’on a l’habitude de voir, avec un duo de flics et des histoires courtes.
Vous l’avez dit, vous avez pu côtoyer un large casting…
C’était très agréable ! Cela se déroule sur plusieurs générations, c’était plaisant de partager des scènes avec ces acteurs talentueux mais aussi de voir mon personnage plus jeune. Je trouve bien le fait que chacun ait vraiment sa place dans la série, on a le temps de voir tout le monde, c’est bien équilibré !
La sécheresse est le point de départ mais c’est aussi un point d’entrée pour plein d’histoires personnelles et familiales…
Il y a plein de fils à tirer, il y a plein de niveaux différents de lecture, il y a plein d’entrées. Même si le fil rouge est important, parce que c’est, à la fois, la sécheresse, un sujet intéressant, mais c’est aussi la privatisation de l’eau, qui risque d’arriver, il y a toutes les histoires familiales, la recherche d’identité, …Oui, tout le monde peut y trouver son compte, vraiment !
D’ailleurs, quel regard avez-vous porté sur Mathias ?
C’est étonnant, je l’avais oublié en fait, je l’ai redécouvert là, en regardant les quatre épisodes, c’est celui qui fait un compromis et qui, finalement, ne fait pas forcément les bons choix. Pour plaire à son père et pour que les choses avancent, il prend des décisions qui ne sont pas forcément les plus justes. Mais il le fait dans un esprit de compromis…En tout cas, je n’aurais pas fait les mêmes choix dans la vraie vie ! C’est un personnage intéressant à jouer parce que j’ai souvent l’habitude, plutôt au théâtre, de faire des rôles plus gentils, plus conciliants et plus doux…Là, les quelques scènes que j’avais étaient plutôt des scènes un peu droites et dures. Donc c’est toujours plaisant de jouer quelqu’un qui n’est pas complètement soi !
Ce que je trouve bien aussi, dans la série, c’est que les personnages jeunes permettent de comprendre des choses sur les personnages d’aujourd’hui, et inversement. Cela se complète bien…
Au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?
Non, pas là. Je trouvais que c’était vraiment bien écrit, du coup le texte, travaillé en amont, et la situation, le jour J, ont fait le travail pour moi. Je crois que le premier jour était celui du conseil municipal, la salle était pleine, avec quasiment toute la distribution et plein de figurants, et il y avait la tension nécessaire, chacun défendait son point de vue donc il n’y avait pas à chercher plus loin, ça jouait presque tout seul. Je travaille évidemment en amont mais j’aime bien, ensuite, m’appuyer sur le réel, sur ce qui se passe au moment où ça se passe. Je trouve que c’est passé, je l’ai ressenti en voyant les épisodes !
Certainement êtes-vous impatient de pouvoir découvrir les retours du public ?
Bien sûr ! On a envie que ça plaise, évidemment. Avec les réseaux sociaux, on sent assez vite la couleur dans les commentaires et dans les partages. Donc, oui, je suis curieux de savoir ce que les gens en auront pensé…
En complément, vous avez tourné pour Sandra Perrin, sur France Télévisions, dans “La mère et l’assassin”...
J’arrive à la fin des quatre épisodes, dans le rôle du psychiatre, pour une séquence à laquelle la réalisatrice tenait beaucoup. L’intrigue est superbe, c’est un très beau rôle pour Hélène de Fougerolles. C’est l’histoire d’une mère et de son fils problématique, ça va assez loin dans l’aspect dramatique. J’ai hâte de voir le résultat final !
Mon personnage est là pour donner des clés de compréhension, dans une scène assez longue et très dialoguée. Il tente d’expliquer la vie de ce jeune garçon et pourquoi il a pu en arriver là. Donc c’est une séquence que j’ai vraiment aimé jouer.
C’est la troisième fois que l’on se croise avec Sandra, c’est vraiment très agréable d’être rappelé et c’est vraiment un plaisir de la retrouver. Je sens qu’elle me fait confiance et qu’elle me donne de plus en plus de texte.
Il y a quelques semaines, vous êtes apparu sur TF1, dans la quotidienne “Ici tout commence”. Quels souvenirs en gardez-vous ?
J’étais très content d’être pris, vraiment, pour ce rôle de papa mais aussi de grand-père. C’est la première fois que l’on me confiait cela…D’habitude, j’ai beaucoup de rôles à fonction, médecin, banquier, notaire, président de tribunal, …Là, c’était un rôle sensible donc j’étais très content !
J’y suis allé un peu sur la pointe des pieds parce que je n’avais jamais fait de quotidiennes et je savais que le rythme y est très différent. Mais, en fait, grosse surprise, d’abord parce que j’ai la chance de tomber sur des partenaires vraiment géniaux, surtout les deux actrices qui font ma fille et ma petite fille, Laurence Facelina et Elsa Bois, et également Frédérique Marlot qui joue mon épouse. C’est un vrai exercice parce que le rythme est très soutenu…Moi ça va, j’ai été épargné mais elles avaient parfois plus de dix séquences par jour, ce qui est vraiment énorme. Il faut être assez efficace tout de suite et, en même temps, il faut essayer de rester fin et sensible.
Ce que j’ai trouvé intéressant, sans que ce ne soit évident pour autant, c’est de changer de réalisateurs et de réalisatrices. J’ai eu, je crois, quatre jours avec, au total, trois réalisateurs différents, avec des regards et des façons de travailler qui le sont aussi. C’était un super exercice, cela demande d’être dans le présent et très très adaptable. Donc, à ma petite surprise, c’était une super aventure et j’espère que le personnage reviendra !
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La palette de couleurs à défendre a été plutôt large…
Oui, c’était une histoire quand même assez lourde, avec un gros secret que l’on tenait avec ma femme depuis très longtemps. Dans cette petite arche, il a fallu l’avouer donc ça a donné des scènes qui demandaient beaucoup de concentration et d’intensité. C’était profond mais très agréable parce qu’on jouait cela en petit comité, où tout le monde était à fond dans l’histoire. Donc c’était vraiment plaisant d’y croire !
Certainement aussi que les décors étaient aidants pour vous projeter dans les intentions de jeu…
Oui, ce sont de très beaux lieux de tournage, que ce soit le château ou les salins…Ces endroits sont absolument sublimes, je n’ai pas arrêté de prendre des photos. C’était génial d’être dans des endroits pareils et ça crée, de suite, des environnements qui nous aident à croire à la situation dans laquelle on est.
Pour terminer, ces différents tournages sont, à chaque fois, l’occasion de vous glisser dans des peaux très différentes…
Oui, c’est le bonheur de ce métier, que je fais maintenant depuis bien longtemps. Même si c’est très court, on vit toutes ces vies et, à chaque fois, on se plonge dans une autre histoire. L’intérêt est de savoir comment, moi, je suis dans cette histoire, avec ces gens et avec ce costume. J’accorde d’ailleurs beaucoup d’importance à ce dernier. C’est, je trouve, 50% du travail du comédien. Très vite, c’est à chaque fois une nouvelle planète.
Avant, au théâtre, il y avait vraiment les emplois (les jeunes premiers, la servante, le notable… etc) mais le théâtre contemporain s’est un peu éloigné de ça, il n’y en a plus vraiment, on parle davantage de soi, on est très proche de nous-même donc j’ai l’impression d’avoir toujours été moi sur scène, alors que c’étaient des histoires différentes. A l’inverse, sur les tournages, je trouve que l’on revient aux emplois… Ça joue sur les clichés, sur le physique et ça peut être un inconvénient, voire une limite mais, en même temps, ça permet de s’amuser à rentrer dans des personnages vraiment différents, ce qui est super et agréable !
Merci, Gilbert, pour toutes vos réponses !