Axelle Masliah nous en dit plus sur sa belle actualité théâtrale !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Axelle,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

La pièce “Louison et Monsieur Molière” sera proposée au festival d’Avignon en juillet prochain, après Versailles et Marseille. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Absolument ! C’est un vrai épanouissement puisque ça raconte aussi mes débuts de comédienne en herbe quand j’avais 7 ans. Ca vient raisonner donc à mon enfance et aussi à mes premiers pas dans la mise en scène donc c’est un ravissement et, en même temps, un bel hommage à toutes ces années passées pour arriver à ce point où je me trouve aujourd’hui.

 

Sans tout en dévoiler, comment présenter cette pièce ?

 

C’est un spectacle tout public, je dirais que c’est une comédie dramatique qui retrace l’histoire vraie de la rencontre entre Molière et cette enfant, qui, grâce à lui, va découvrir sa passion pour le théâtre. De son côté, il va lui écrire un rôle dans “Le malade imaginaire”, sa dernière pièce avant de mourir…Ils vont donc jouer ensemble, tous les deux, sur scène ! Grâce à cette rencontre devenue comme un amour familial, elle va se battre pour s’émanciper et, 10 ans plus tard, entrer à la Comédie-Française.

 

Cela se veut une mise en scène virevoltante, enjouée, tout en n’épargnant pas du tout les sujets graves et en étant très concret et très sérieux. Même dans les moments de grande comédie, c’est toujours, je l’espère en tout cas, appréhendé avec beaucoup de gravité.

 

 

 

 

Vous avez plusieurs casquettes sur ce projet-là. Quels personnages avez-vous le plaisir de défendre ?

 

Je me suis attribué des rôles qui, en fait, ajoutent des ponctuations au récit. Je joue les soeurs Béjart, Madeleine et Armande, je joue Lully, haut en couleur, un peu comme un enfant gâté, je joue Jacques, le premier mari de Louison, qui est un peu spécial, et je joue l’Arlequin, qui est un peu la conscience artistique du spectacle et de Louison, puisqu’elle est tout le temps en complicité avec le spectateur. C’est un personnage que j’ai ajouté au texte original et qui permet, en fait, de rajouter du relief à la petite voix intérieure de Louison, à ce petit moteur intérieur qui l’incite à suivre ses rêves.

 

Je chante aussi, et je joue de la musique. Tant qu’à faire… 🙂

 

Artistiquement parlant, cela vous permet certainement une large palette de jeu ?

 

Oui, oui ! C’est vrai que de pouvoir faire plusieurs personnages est quelque chose qui m’amuse beaucoup. Souvent, ces personnages sont aussi très loin de moi…J’ai autant des choses très concrètes et très proches, comme des choses très éloignées. Je joue parfois un homme, parfois un accent, je me permets plusieurs excentricités grâce à cette palette de personnages très diverse et variée.

 

Si l’on revient à la genèse de ce projet, qu’est-ce qui vous avait donné l’envie et l’idée de le développer ?

 

L’idée m’est venue en 2023, il y a déjà 3 ans. J’avais l’envie d’être à l’initiative d’un projet et je réfléchissais à une mise en scène que j’avais envie de faire. J’avais fini par oublier cette idée et puis, un jour, elle est revenue à moi, elle ne m’a pas lâchée et ça m’a paru comme une évidence, de commencer, pour ma première mise en scène, par le début, par ce texte qui m’a amenée au théâtre il y a un tout petit peu plus de 20 ans maintenant. Il me paraissait assez surprenant qu’il n’ait pas été déjà adapté et j’avais une impatience, je me sentais totalement légitime à raconter cette histoire à ma manière. Si quelqu'un devait le faire en premier, je voulais que ce soit moi ! 

 

Je me suis, après, mobilisée pendant plusieurs mois pour le réécrire, j’ai contacté la maison d’édition qui m’a donné son accord et, de là, j’ai moi-même tout mis en place pour trouver l’équipe artistique, l’équipe de production et l’équipe technique. Toute cette joyeuse équipe est maintenant constituée, je suis assez heureuse et je me sens d’ailleurs très très chanceuse d’être aussi bien entourée.

 

Donc ça vient de là, de ces premiers élans de théâtre à 7 ans, je ne savais pas du tout ce que je désirais faire de ma vie à ce moment-là… Puis voilà où je me trouve aujourd’hui et alors j’ai eu envie de rendre hommage à cette époque-là ! Le théâtre m’a offert énormément de choses. C’est une manière de rendre la pareille, parce que c’est un spectacle qui parle de transmission, je suis aussi dans cette démarche-là, à travers le fait de l’adapter au théâtre pour tous les publics.

 

 

@ Jean-François Verganti

 

 

Même si cela doit probablement être très prenant d’avoir toutes ces casquettes, c’est sans doute aussi très plaisant ?

 

C’est très plaisant parce que tous les corps de métier me passionnent. J’adore passer du temps avec la costumière pour choisir les bons assemblages de tissus et de couleurs. J’adore passer du temps avec le scénographe, qui a des idées absolument formidables et avec qui on a beaucoup peaufiné sur des trucs et astuces très ingénieux. Le créateur lumières a aussi permis un relief très réaliste à l’époque du XVIIè et, du coup, très poétique, donc aussi mystique. C’est cela également qui est intéressant, il y a pas mal de paradoxes qui se complètent bien, on est dans quelque chose de très concret et, en même temps, dans quelque chose de très onirique, à travers les souvenirs que l’on retrace. C’est vrai que j’ai beaucoup apprécié aussi de pouvoir diriger. C’est quelque chose que j’ai vraiment découvert au fur et à mesure de mon expérience professionnelle. Au bout de 4 à 5 années d’assistanat, j’ai voulu mettre à profit mon expérience, c’est un hasard total que je me retrouve à cette fonction-là et c’est un plaisir de pouvoir voir le spectacle de l’extérieur, tout en pouvant aussi l’intégrer et être sur le plateau avec sa troupe. C’est une chance énorme, tout comme d’avoir cette liberté de pouvoir modifier le texte avec les acteurs.

 

A quelques jours des premières représentations, dans quel état d’esprit êtes-vous actuellement ?

 

Un bonheur infini ! Je me sens extrêmement chanceuse, cela me remplit de joie. C’est quelque chose qui m’épanouit terriblement et que je chérie chaque jour depuis que l’on a commencé les répétitions en mars. C’est absolument extraordinaire, on a une chance incroyable d’avoir ces dates dans des cadres inédits, avant d’aller en Avignon, où on sera accueillis par un théâtre absolument magnifique. Je ne pouvais pas rêver mieux, je suis juste dans une grande joie et tous les enjeux que ça incombe ne viennent absolument pas plomber, au contraire, ils mobilisent davantage l’enthousiasme et l’envie d’être à la hauteur de ces évènements.

 

Le festival d’Avignon est la grande fête annuelle du théâtre, le lieu où il faut être…

 

Je n’aurais pas dit mieux. De plus, tout est dans la ligne artistique du spectacle. Que ce soit là-bas, à la Chapelle des Templiers du Petit Louvre, écrin d’histoire, dans la cour de la Grande Écurie de Versailles, qui colle absolument au sujet, ou au pied de la Bonne Mère à Marseille, qui va davantage coller à la partie mystique et onirique de la pièce, on a beaucoup de chance ! 

 

Que peut-on, ainsi, vous souhaiter pour toutes ces représentations ?

 

Ce que l’on aimerait beaucoup, je pense plus que tout, c’est rencontrer notre public et rendre les gens heureux. Je pense que la démarche de cette pièce est d’aller vers les spectateurs, de leur partager de la joie et de l’humanité, tout en étant totalement rêveurs mais, en même temps, très conscients. Je pense que ce n’est pas incompatible…Je souhaite vraiment que les gens sortent heureux de ce spectacle et que ça leur fasse du bien !

 

En parallèle, vous continuez à accompagner des équipes théâtrales à Strasbourg…

 

Mon premier assistanat mise en scène était à la Comédie-Française, j’avais 22 ans et c’est là où j’ai appris, en 3 mois, dix fois plus que ce que j’avais pu apprendre en 3 ans d’école. J’ai eu la chance et l’honneur d’y retourner à 3 reprises en tout et, chemin faisant, j’ai été recommandée, jusqu’à arriver au Théâtre National de Strasbourg (TNS), pour accompagner les artistes. Là, j’ai un plaisir fou à m’occuper d’une équipe franco-roumaine, dont une enfant de 10 ans absolument extraordinaire, qui a le rôle éponyme de la pièce, qui est bluffante et que j’admire énormément. Ce qu’elle fait est absolument hors norme !

 

Donc je les accompagne à travers l’Europe et, peut-être, l’année prochaine, le monde. C’est une chance aussi. Je suis exaltée par cette opportunité, ravie, je savoure ! 

 

En complément, les téléspectateurs de TF1 avaient pu vous retrouver dans “Menace imminente”...

 

J’en garde énormément d’humanité. C’était mon premier gros tournage, une quinzaine de jours, ce qui est énorme pour une première fois sur une série. On me l’a dit, et je l’ai bien ressenti, que c’était quand même assez rare d’avoir une équipe aussi chaleureuse, aussi joyeuse, aussi soudée. J’ai adoré la façon dont le réalisateur m’a dirigée et m’a aussi guidée pour cette expérience étirée. J’ai retrouvé le plaisir d’être actrice pour l’audiovisuel, un de mes premiers amours. C’était, encore une fois, un souvenir joyeux ! C’était une équipe pleine d’amour, c’est très rare. Je pense que le réalisateur, ainsi que le chef opérateur, ont su entretenir cela…Je les remercierai toute ma vie pour ça.

 

 

 

 

Ces 15 jours vont ont permis aussi de prendre le temps de poser et de développer le personnage…

 

C’était un luxe et une manière d’explorer en profondeur ce personnage. C’était très confortable, cela m’a permis de me sentir en confiance.

 

Quels retours du public avez-vous pu avoir ?

 

Il y a eu de bons retours mais je ne sais pas encore ce qu’il en retournera pour la suite…

 

 

 

 

Vu de l’extérieur, toutes vos cordes artistiques pourraient paraître très éloignées les unes des autres. Avez-vous ce même ressenti de l’intérieur ?

 

Je vois un lien dans le fait d’être à la fois au-dedans et au-dehors. C’est toujours pertinent, comme quand on peint un tableau, d’être au détail puis de prendre un peu de recul pour voir le résultat ou, en tout cas, ce qu’on aimerait peaufiner. C’est quelque chose qui m’est important, presque naturel. J’ai besoin d’avoir plusieurs points de vue. Je m’en rends compte aujourd’hui, ce n’est pas quelque chose que je me serais dit il y a 10 ans, quand j’étais pleinement comédienne. Aujourd’hui, je suis aussi pleinement metteuse en scène et je pense que, maintenant, je ne pourrais plus m’en passer. Il faudra voir mais j’apprécie tellement cette expérience… C’est très doux de voir une équipe vous faire confiance, et d’être dans un mouvement collectif très gai. La création s’est faite dans l’amusement pur et la joie, autour d’une histoire qui nous plaît profondément. Chaque acteur.ice a une partition qui lui tient à cœur d’incarner au plus sincère.

 

Merci, Axelle, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Télévision, Théâtre

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