Aurélie Bec évoque son actualité télévisuelle et ses projets à venir !

Publié le par Julian STOCKY

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Bonjour Aurélie,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous avez récemment terminé le tournage du programme “Les évaporés”, pour France 2, en région nantaise, dans le rôle d’une avocate. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Tout à fait ! C’est vrai que j’ai pris beaucoup de plaisir à incarner cette avocate, pour plein de raisons. Ce rôle était intéressant et le thème traitait des disparitions volontaires, où l’association “Les évaporés” aide des familles à retrouver des gens proches perdus de vue. C’est évidemment une fiction, c’est une série en plusieurs épisodes et ce qu’il faut savoir, c’est qu’en France, on a le droit de disparaître volontairement sans donner de nouvelles…Cela laisse des gens, autour, complètement désoeuvrés et perdus. En France, on estime qu’il y a environ 40 000 à 50 000 disparitions volontaires par an.

 

J’ai eu la chance de tourner dans une équipe vraiment extra, avec la réalisatrice Emilie Grandperret, c’était un chouette moment, j’ai pris beaucoup de plaisir.

 

Ce projet a aussi été l’occasion de côtoyer un chouette casting…

 

C’est vrai ! Il y avait une super ambiance entre nous, ce qui est important. Quand un tournage se passe bien, on rentre forcément dans une dynamique ultra positive. A l’inverse, sur des tournages tendus, on ne prend pas toujours le même plaisir à jouer. Là, c’était très chouette, avec une équipe qui l’était aussi.

 

Quel regard avez-vous porté sur votre personnage, maître Tessier ?

 

Je ne peux pas trop dévoiler l’histoire mais je peux dire que c’est une avocate “victime” de la situation, suite à la disparition d’un de ses clients. Elle-même, d’ailleurs, ne comprend pas son geste. C’est une femme forte mais qui a une forme de fragilité, après s’être faite un peu malmenée. J’aimais bien ce contraste ! 

 

Quand j’ai été castée sur ce projet-là, j’ai fait une selftape, avec plusieurs scènes à interpréter, permettant une évolution du personnage entre le début de la séquence et la fin. C’était vraiment très agréable à explorer, en termes de jeu. J’ai adoré !

 

 

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Au moment de vous glisser dans sa peau, avez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?

 

J’avais bien préparé le background de mon personnage pour être dedans, j’ai aussi été dirigée au plateau, et, finalement, les choses se sont faites assez naturellement. J’avais déjà fait plusieurs propositions en casting, avec plusieurs interprétations et, lors du tournage, j’ai senti qu’on me laissait de la place.

 

On vous imagine impatiente de découvrir le rendu final et les retours des téléspectateurs ?

 

Complètement ! A ma connaissance, c’est un sujet qui n’a jamais été traité en télévision et, oui, ça m’intéressera d’avoir les retours.

 

J’ai déjà vu un petit bout du rendu final, au moment de la post-synchro. J’étais plutôt très contente de ce que j’ai découvert. Donc j’ai hâte de voir le résultat final.

 

Prochainement, nous pourrons aussi vous retrouver sur Netflix, dans “Malin fors”…

 

J’en garde un très fort souvenir. J’ai deux petites séquences dans un épisode de cette série, je joue une femme qui a perdu un bébé et qui est encore dans la douleur de ce deuil. On la voit même, dans la première séquence, traverser le cimetière avec le doudou de son enfant. C’était vraiment très fort parce qu’il a fallu se projeter dans ce personnage-là…Dans ma façon de travailler, j’ai besoin d’aller chercher des choses qui font écho, j’ai besoin de vérité, je travaille beaucoup avec les souvenirs et un peu moins avec l’imagination. Je n’ai pas vécu sa situation donc je suis allée chercher dans mes souvenirs … J’ai malheureusement une amie qui a dû faire face à la perte de son bébé et elle m’a beaucoup inspirée pour cette scène.

 

Je suis donc allée puiser dans des souvenirs qui m’ont bousculée. Il y a des acteurs qui disent que l’on n’est pas là pour se faire du mal, c’est vrai mais on a tous notre façon de travailler et moi, j’ai besoin de rentrer en introspection, de faire appel à des souvenirs pour jouer. Le pendant, c’est qu’après, il faut du temps pour que ça redescende. Mais j’ai beaucoup aimé ce rôle-là. 

 

La deuxième séquence m’a aussi demandé beaucoup de réflexion parce que j’y suis intégralement nue, mon cadavre étant posé sur une pierre tombale, dans le cimetière. J’ai mis du temps avant de me décider à accepter…J’ai été accompagnée par une coordinatrice d’intimité, ce qui était d’autant plus important pour moi parce que, en parallèle, j’interviens sur des formations qui forment de futurs coordinateurs à ce métier-là. En tant que femme et qu’actrice, je trouve super que ce métier soit arrivé en France et je pense que si je n’avais pas fait de la coordination avant, je n’aurais peut-être pas accepté ce rôle-là. J’en parle facilement parce que, sur ce tournage, les choses se sont faites comme il fallait, dans des très bonnes conditions avec beaucoup de délicatesse. En plus, l’image était très artistique, ce n’était pas de la nudité gratuite.

 

 

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Sur grand écran, vous avez également tourné dans deux longs-métrages. Un mot, si vous le voulez bien, sur chacun d’eux ?

 

J’ai tourné dans “Il faut tuer maman”, d’Albert Dupontel, où je suis dans le souvenir d’un des personnages. Qui dit souvenir, dit quelque chose de pas vraiment réel et de pas vraiment visible. Donc on va m’entendre mais pas forcément me voir de façon distincte.

 

Dans “Scammers”, je joue le rôle de Posh Lady, une bourgeoise qui engage une femme de ménage chez elle, d’origine philippine.  Mais, le jour de sa venue, elle décide finalement de ne pas l’embaucher car elle sait que c’est une voleuse…On me dit souvent que je suis quelqu’un de plutôt doux donc d’aller chercher un personnage désagréable comme celui-ci m’amuse parce que, pour y arriver, il faut que je force et que j’aille trouver autre chose. Cela me met dans une zone d’inconfort qui est intéressante et j’aime bien explorer ce genre de rôle.

 

Prochainement, vous allez également tourner dans plusieurs courts-métrages, ce qui doit être très grisant pour vous ?

 

Début juin, j’aurai un rôle très intéressant d’une femme qui vit dans un monde dont on ne sait pas vraiment si c’est celui de l’imagination, du rêve ou vraiment de la réalité. Toute la subtilité du jeu est là : elle paraît très normale mais, au fur et à mesure, on va se rendre compte que des choses quand même très étranges sont en train de se passer…

 

Sans trop en dire, cette femme vit avec son fils et les amis de ces derniers viennent se réfugier chez elle. On est dans un monde un peu apocalyptique qui, à la lecture du scénario, m’a fait penser à la période vécue pendant le Covid. Elle ne sort jamais, du fait de l’insécurité à l’extérieur et ce sont son fils ainsi que ses amis qui vont chercher à manger. 

 

J’ai plutôt l’habitude de travailler sur des projets très réels, ils me correspondent plus donc, là aussi, c’était un challenge et j’ai voulu y aller. Je vais explorer vraiment autre chose, qui n’est pas du tout mon univers…C’est bien d’aller aussi regarder ce qui se passe de ce côté-là !

 

En parallèle, dans un autre court-métrage, je jouerai le rôle d’une mère, dont sa petite fille de dix ans a été assassinée par un pédophile. On revient, là, dans des choses malheureusement très réelles et très concrètes. C’est un rôle qui me tient vraiment à cœur : j’ai lu le scénario d’une traite, j’en ai eu le souffle coupé et je me suis dit que j’avais envie d’être cette maman-là, le temps de ce film-là. Il y a des choses très fortes à raconter et à jouer !

 

 

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Vous donnez aussi des cours à des élèves. Sans doute que ces différentes cordes artistiques sont, pour vous, très complémentaires ?

 

Complètement ! Depuis que j’enseigne, j’ai un autre regard sur mon métier d’actrice, ce qui est essentiel pour moi. Le fait de pouvoir être aussi bien devant que derrière la caméra, et de diriger des acteurs, me fait prendre beaucoup de recul sur mon propre métier. Quand je dirige mes élèves, j’ai l’impression qu’ils savent de quoi je parle parce que, moi aussi, je suis à leur place ! Il y a un rapport d’égalité entre nous. Je trouve qu’en termes de crédibilité vis-à-vis d’eux, c’est chouette : je sais ce qu’ils vivent parce que je passe aussi des castings, je suis aussi derrière la caméra, je rate parfois aussi une scène, je réussis également quelque fois. Quand ils sont sur le plateau, en position de fragilité, je comprends ce qu’ils peuvent ressentir et ils le savent. Donc ça les sécurise beaucoup, en fait ! 

 

Dans ma façon d’enseigner, j’ai sans doute un côté très maternant et j’ai envie de partager tout ce que je peux, pour qu’ils avancent dans leur futur métier d’acteur. C’est une profession difficile, il faut s’accrocher, y croire, ne rien lâcher donc si je peux les aider à avoir le maximum de bagages en sortant de l’école, je me dis que j’aurais servi à quelque chose.

 

A l’inverse, quand je suis sur le plateau, je pense parfois à eux, au travers des conseils que j’ai pu leur donner. 

 

Je voudrais aussi rajouter que j’ai la chance d’être accompagnée par une agent artistique extrêmement présente et bienveillante. Dans ce métier, on est souvent très seul, c’est important d’être bien entourée. Je partage avec Sandra chacun de mes projets. Et j’ai besoin d’avoir son avis, son aval, un regard objectif et extérieur.

 

Merci, Aurélie, pour toutes vos réponses !

 

 

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Publié dans Télévision

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