Laura Masci évoque avec passion sa belle actualité artistique !

Publié le par Julian STOCKY

@natacha_lamblin

 

 

 

Bonjour Laura,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous êtes actuellement sur scène, au Grand Point Virgule, dans “Tout va mâle ?”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui, énormément ! C’est vrai, en plus, que je ne m’attendais pas du tout à être prise…On a passé trois tours d’audition, ce qui est raisonnable mais énormément de travail matériel était demandé (deux scènes, trois chansons, avec chorégraphie). Donc, quand j’ai été prise, c’était quand même une reconnaissance ! C’est mon premier vrai rôle en comédie musicale, à Paris, je n’avais jamais tenu un spectacle comme celui-ci, en rôle principal, sur plusieurs mois donc, oui, c’est une forme de revanche un peu sur la vie, peut-être. 

 

 

 

 

Justement, si l’on revient à la genèse de cette belle aventure, qu’est-ce qui vous avait incitée à y participer ?

 

Le côté comédie musicale ! Si cela n’en avait pas été une, je ne pense pas que j’aurais postulé…Je ne me voyais pas refaire du théâtre ! J’ai fait des études de théâtre, au conservatoire de Bruxelles mais j’étais plus attirée par le jeu cinéma, le côté très quotidien et le rapport au réel, très proche du vrai. Je me disais que le théâtre n’était plus pour moi, que c’était un jeu très projeté, trop technique mais le fait que ce soit une comédie musicale lie mes trois passions, avec la danse et le chant, et m’a incitée à postuler.

 

 

@julienjovelin

 

 

Plus concrètement encore, comment présenter ce spectacle ?

 

C’est un spectacle un peu hybride parce que l’on parle de plein de sujets. On parle de la masculinité toxique, des rapports homme / femme dans leur globalité, pourquoi il faut qu’on y reréfléchisse aujourd’hui impérativement et ce que tout cela va impliquer dans notre sexualité. Quand les hommes ont des problèmes d’érection, ça peut être l'andropause mais ça peut être autre chose aussi, ça peut être la pression qu’ils se mettent eux-mêmes. Du coup, c’est un spectacle qui déroule plein de sujets comme ceux-là.

 

Le rôle de Becky, la sexologue, va leader les hommes dans cette réflexion sur eux-mêmes et sur le patriarcat ainsi que sur la société en règle générale. 

 

Comment décririez-vous votre personnage, Becky ?

 

Becky est une sexologue un peu déjantée, qui a mis au point une méthode spéciale, un peu magique pour, justement, faire prendre confiance aux hommes, dans tous ces noeuds de leur approche des relations homme / femme. Elle a mis dix ans à élaborer cela, en tout cas c’est l’histoire que je me suis racontée…C’est son bébé, c’est sa fierté et elle a envie d’un changement profond dans la société. Cela reste une comédie, ça la fait beaucoup rire de voir ces hommes se questionner, être un peu vulnérables, voire ridicules, devant elle.

 

C’est un personnage que j’aime beaucoup, qui a énormément d’empathie et de fermeté à la fois. Elle pose de vraies questions, sur un sujet sérieux, que l’on traite, nous, avec légèreté, sous le filtre du divertissement. Ce thème me tient très à cœur, je pourrais être beaucoup plus féroce que Becky…

 

 

@julienjovelin

 

 

Sans doute que la palette de jeu associée est très large et donc très plaisante à défendre sur scène ?

 

Oui, parce qu’il y a, à la fois, le message, le contenu, le sens, le “pourquoi on défend cela ?”. C’est très important pour moi, je n’aurais pas envie de monter sur scène pour un boulevard, on va dire, classique. Peut-être plus aujourd’hui, maintenant que je me suis prise au jeu…Il y a le côté comédie qui est très précis, très technique, il faut être chirurgical et, en même temps, il y a cette folie que je m’autorise avec le personnage. Donc je peux mettre tout ce que l’on me reprochait au théâtre, notamment mes mimiques. Là, je peux tout m’autoriser, je peux être déjantée, je peux transformer ma voix, pas que dans le chant, aussi dans la comédie donc c’est hyper agréable. Je peux un peu me lâcher !

 

D’ailleurs, au moment de vous glisser dans la peau de ce personnage, avez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?

 

Je me suis inspirée de psys ! C’est vrai qu’avec mon alternante, on a créé un peu une backstory autour d’elle et on s’est dit qu’elle nous faisait penser au personnage de Julian Anderson dans “Sex education”. Je pense aussi à une sexologue belge, qui donne des master class partout dans le monde. Après, c’est vrai que j’ai, moi, un côté très psy aussi, naturellement. Cela fait partie de ma personnalité de m’intéresser vraiment à comment les gens fonctionnent, à leurs failles, à pourquoi ils font cela, à leurs attachements…Il y avait donc déjà une grosse base !

 

 

@julienjovelin

 

 

L’alternance que vous évoquiez permet sans doute de garder une certaine fraîcheur ?

 

Oui, c’est très formateur ! Maintenant, les choses sont un peu plus fixées mais c’est vrai que le fait de devoir jongler avec les partenaires fait tourner la balle. 

 

Sans doute aussi que mêler jeu, chant et danse doit être très grisant ?

 

Oui ! Je suis un peu perfectionniste donc, au tout début, j’avais beaucoup de mal à être contente de ce que je faisais. Les chansons sont assez techniques, difficiles et exigeantes donc c’était difficile, pour moi, d’être contente. Je n’ai pas eu, de suite, le plaisir, je me flagellais un peu, j’ai énormément travaillé et, là, enfin, depuis un ou deux mois, je m’amuse. Cela m’a pris du temps, c’est vraiment personnel, c’était le temps de me détendre et de me lâcher.

 

 

@julienjovelin

 

 

Pendant les chansons, il est important, en plus, d’être particulièrement audible, pour permettre au public de bien comprendre les paroles, qui font le lien avec l’histoire…

 

C’est ça ! Il y a énormément de jeux de mots, en plus…Le vocabulaire est parfois alambiqué donc il faut être très carré, sinon la vanne tombe.

 

Quels retours du public avez-vous déjà pu avoir ?

 

Les gens sont ravis, ils ne sont pas du tout avares en compliments : “C’est incroyable!”, “C’est vous qui chantez, c’est votre vraie voix ? Ce n’est pas du playback ? Oui, madame !” donc c’est assez grisant et plaisant. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi enthousiaste. 

 

Plusieurs directrices de casting ont trouvé cela top donc c’est cool aussi d’avoir enfin une reconnaissance du métier. Après, la reconnaissance du métier est une chose mais nous le faisons avant tout pour que les gens passent un bon moment, apprennent des choses et soient touchés.

 

Récemment, on a eu une femme avec les yeux humides, alors que c’est plutôt une comédie, même s’il y a des moments qui sont un peu plus touchants. Elle nous a expliqué qu’on l’avait faite pleurer trois fois, on était hyper étonnés. J’ai un autre souvenir très précis : dans la pièce, on aborde vraiment très rapidement le sujet du chemsex et une femme est venue nous dire, à la fin, “Mon mari est décédé du chemsex il y a quelques temps, merci d’en parler”. On était tous choqués qu’elle nous ait fait cette confession, comme cela. 

 

Je pense que, quand le spectacle commence, les gens se demandent “C’est quoi cet ovni ?” et, qu’après, ils sont agréablement surpris. C’est un parti-pris de parler de cela avec de l’humour, c’est un style, c’est le prisme d’Alex Goude. C’est un code à honorer et tant mieux si les messages passent comme cela.

 

 

@julienjovelin

 

 

Que peut-on, du coup, vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

 

On peut nous souhaiter que ça remplisse toujours plus, encore plus, que ce soit complet tous les soirs. On espère peut-être une tournée et, oui, qu’on continue à trouver le plaisir d’être ensemble sur scène et de défendre cela pendant encore longtemps.

 

En parallèle, vous avez récemment sorti trois chansons et deux autres vont arriver prochainement…

 

J’ai un alter-ego pour la musique, qui s’appelle Niki Grace. C’est un projet à l’initiative de Marc Collin, qui est derrière le groupe “Nouvelle vague”, mondialement connu. On a fait un petit objet de cinq titres, avec une reprise de Genesis, “I can’t dance”, et quatre titres originaux. Trois titres, dont cette reprise, sont déjà disponibles sur Spotify et les autres le seront en avril puis en mai. C’est un projet 80s, ce n’est pas du tout dans la mouvance actuelle de ce qui se fait mais c’est rétro et assez dance. Les textes et arrangements sont de Marc, je suis à l’interprétation. J’y parle beaucoup d’amour…Cela m’a permis de me lâcher, de faire un projet à côté, où je pouvais oser faire un personnage un peu extravagant, pas toujours dans ce côté cadré, lisse, un peu froid de la comédienne. J’ai pu me faire plaisir !

 

 

@studioclotis

 

 

Au-delà de ces premiers titres, quelle suite aimeriez-vous donner ?

 

On verra ce que ça donne, en fonction des écoutes notamment…Je gribouille des petites choses de mon côté mais ce sont des esquisses. En tout cas, les premiers retours sont assez cool, cela me fait plaisir !

 

Merci, Laura, pour toutes vos réponses !

 

 

@emi.visions

 

Publicité

Publié dans Théâtre, Musique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article