France 3 / Meurtres à Concarneau : Guillaume Arnault évoque son personnage, dans cet inédit diffusé le 18 avril prochain !
Bonjour Guillaume,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de France 3 pourront vous retrouver le samedi 18 avril prochain dans “Meurtres à Concarneau”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Carrément ! C’était, pour moi, une première fois en premier rôle sur un “Meurtres à”, donc à faire le policier principal et à mener l’enquête. J’étais accompagné, pour cela, de Raphaëlle Agogué, avec qui j’avais bossé, juste quelques mois auparavant, en septembre, sur un “Cassandre”. On s’était déjà très bien entendus…et je retrouvais pour la cinquième fois la réalisatrice Adeline Darraux. J’ai pleinement confiance en elle, qui cherchait à me sortir un peu de mon jeu habituel. Elle m’avait dit “Je sais que tu es capable de jouer droit, j’aimerais qu’on fluctue un peu, qu’on change un peu ton fusil d’épaule cette fois-ci”. Donc c’était un super exercice pour moi, d’être si bien accompagné et d’être tellement en confiance, que je ne me suis pas posé de questions.
Sans doute que de tourner dans cette très belle ville de Concarneau a été très plaisant et donnera de magnifiques images ?
Je peux d’autant plus en parler que j’ai déjà vu le film…Oui, Concarneau est magnifique, la ville close, le bord de mer, le temps merveilleux que l’on a eu sur le tournage …On a été hyper bien accueillis ! J’avais ma compagne avec moi, je crois que l’on a fait toutes les crêperies de la ville, c’était incroyable, on a hyper bien mangé dans ces 14 ou 15 établissements. C’était super !
J’adore la Bretagne, j’y ai vécu quand j’étais plus jeune, à Rennes et j’avais découvert les alentours…C’est une région que j’apprécie particulièrement !
La collection des “Meurtres à” est historique, avec un succès d’audiences qui ne se dément pas…
Je crois que l’on est le 77è épisode de la collection, qui n’est probablement pas partie pour s’arrêter. Les gens l’aiment beaucoup, elle marche bien, ça fait tourner des jeunes et des moins jeunes, ça met en valeur le patrimoine et la région, avec des plans en drônes. Je sais, d’ailleurs, que c’est dans le cahier des charges du réalisateur…C’est cool, les téléspectateurs découvrent, à chaque fois, une partie de la France.
En termes de travail, on était quand même sur une vingtaine de jours de tournage, c’est un bon exercice. Il y avait beaucoup de texte, de décors, de gens, cela maintient vraiment en forme !
Plus concrètement encore, sans tout en dévoiler, comment pitcher ce programme ?
Un cadavre est retrouvé sur le quai du bac et Gabriel Rivière, officier à la PJ de Brest, est dépêché sur place pour donner un coup de main à Magali Morvan, afin de l’aider à résoudre cette enquête. Sur place, il retrouve aussi son père, qui est un ancien policier, devenu romancier et qui vient, par hasard, dédicacer dans la ville à ce moment-là. Cela va donc aussi tourner autour du passé de son père et de leur passé commun…
Quel regard portez-vous, justement, sur votre personnage, Gabriel Rivière ?
Sur ce genre de projet, où j’ai quand même dix-neuf jours de tournage sur les vingt, c’est un gros truc donc j’ai tendance à faire appel à une coach, avec qui je travaille depuis une dizaine d’années. Je pense que j’ai la chance d’avoir beaucoup d'instinct pour le jeu et elle m’aide à avoir vraiment une vision à plat et une mémoire infaillible. Elle me fait travailler les textes d’une manière incroyable, c’est, après, tellement imprégné en moi que je m’en souviens, je pense, pour les quinze années à venir 🙂.
J’ai appréhendé ce rôle en réfléchissant beaucoup à ses traits de caractère, à d’où il venait, à son rapport à son père, à son rapport à lui. On a interrogé, je ne le fais pas souvent mais c’est très intéressant sur ce genre de rôle, le lui dans le futur et le lui dans le passé. Je n’ai pas l’habitude de faire cela mais, avec cette coach, on va loin !
Professionnellement, en dehors juste du personnage, c’était donc la cinquième fois que je travaillais avec Adeline, elle m’avait spécifié, je le disais, qu’elle voulait qu’on aille ailleurs, par rapport à ce que l’on faisait habituellement. Donc on a bossé sur toutes les palettes de la personnalité de ce gars, on est allés chercher un peu plus loin, on a construit plus en profondeur quelque chose de son passé et de son potentiel futur, pour avoir plus de matière dans les séquences de jeu.
Sans doute, du coup, que, artistiquement parlant, cette interprétation a été particulièrement plaisante ?
Oui, oui ! J’ai la chance d’avoir une excellente mémoire et je pense que je me suis beaucoup reposé sur mes acquis, pendant très longtemps, par rapport à mon instinct. Donc j’avais tendance à arriver sur le plateau en ayant appris le texte un peu à l’arrache. C’était pareil en casting, parce que cela me permettait d’avoir une sorte de naturel, sans maquillage. Là, le fait de bosser vraiment en amont, d’apprendre tous les textes, de me mettre au travail finalement, m’a permis d’avoir une autre lecture des scènes, le moment venu parce que j’y ai compris des choses supplémentaires. Donc le kiff de jouer en ayant tous les niveaux de lecture te permet, finalement, de les oublier quand tu joues, parce que tu redécouvres et tu vas plus loin. Dans mon corps, il s’est passé encore plus de choses que d’habitude. La connexion avec les autres a été totale, j’ai vraiment regardé les gens dans le fond de l'œil, je les ai vraiment écoutés. Ce qui s’est mis en place était hyper agréable et très très cool !
On vous imagine, à présent, impatient de découvrir les retours des téléspectateurs ?
Oui, impatient de voir ce qu’ils en pensent, par rapport à ce que j’ai fait avant. Aussi curieux de voir ce que ma famille et mes proches en pensent : est-ce qu’ils voient une différence ? C’est intriguant de voir ce que l’on va penser de toi… sans pousser le vice très loin, moi qui ne regarde pas trop les commentaires, chacun ayant son avis.
J’ai hâte de savoir comment ce “Meurtres à” va être reçu. Dedans, il y a un très beau casting mais Raphaëlle et moi, en tant que têtes du programme, ne sommes finalement personne pour France Télévisions. Même si ça fait longtemps que l’on bosse, on n’est pas non plus des têtes d’affiche…Je pensais que, dans chaque “Meurtres à”, il y avait quelqu’un de connu, avec quelqu’un de pas connu donc est-ce que cet épisode va être aussi bien accueilli que les autres ? Je ne sais pas, on verra…
D’ailleurs, sur ce projet ou sur un autre, est-ce, pour vous, un exercice compliqué de vous voir à l’image ?
Il y a deux choses…Déjà, sur le plateau, je ne vais jamais derrière le combo, si on ne m’y a pas invité. Si on ne me demande pas de venir voir pour corriger quelque chose, je ne suis pas très curieux de savoir quelle gueule j’ai. De toute façon, je n’ai pas de contrôle là-dessus. Cela rejoint un peu tout le travail dont je parlais : je viens comme artisan, au service du personnage et de l’équipe ! Le réalisateur a une vision de son projet et je viens mettre mes outils à disposition, pour qu’il les malléabilise au mieux de ce qu’il veut, lui, à la fin.
Après, quand je regarde le rendu final, forcément, la première fois, je suis plus attiré par ma personne que par le reste. J’essaie de prendre un peu de recul quand même mais je n’ai pas de difficulté à me voir jouer, cela ne me pose pas de problème particulier. De toute façon, je pense que l’on a tous une vision un peu biaisée de soi-même et de sa voix donc, quand je regarde, j’essaie de me détacher et de voir le projet comme si je n’y étais pas. Je découvre la vision du réalisateur, c’est pas mal et je vois aussi ce qu’il a fait de moi, c’est cool !
En complément, toujours à l’image mais sur grand écran, au début de l’été, deux films autour de De Gaulle vont sortir. Cela vous a permis de vous frotter à un autre registre encore…
Là, j’ai eu la chance d’interpréter Daniel Cordier, le secrétaire de Jean Moulin, dans la deuxième partie de “La bataille de Gaulle”. Pour cela, j’ai lu en entier deux biographies, la première, “Alias Caracalla”, fait 900 pages et la deuxième, “La victoire en pleurant”, en fait 323…C’était passionnant !
Au début, j’avais passé les essais pour le général Leclerc, j’étais motivé, plus que jamais, pour avoir ce rôle, parce que je suis petit fils de militaire, en particulier de compagnon de la libération. Mon grand-père était en Angleterre et faisait partie des premiers soldats sous les ordres de de Gaulle, après l’appel du 18 juin donc, personnellement, c’était hyper important que je fasse partie du projet. Finalement, ça n’a pas marché pour ce rôle-là mais on m’a rappelé trois à quatre mois plus tard, afin de passer les essais pour Daniel Cordier. J’avais absolument envie de les avoir et ça s’est fait donc j’étais refait ! On est dans une époque qui me plait, moi qui suis passionné d’histoire. Donc tout se mêlait : mon travail, ma famille et ma passion !
Le fait de jouer, sur ce projet ou sur un autre d’ailleurs, un personnage d’époque implique-t-il certaines adaptations particulières ?
J’avais fait une série, “Et la montagne fleurira”, de feu Éléonore Faucher, ça se passait en 1848 et donc, oui, j’avais fait attention aux élisions et aux phrases. De toute façon, à partir du moment où on te met un costume complet sur le dos, tu rentres forcément un peu plus dans cette époque et dans ce moment-là, ainsi que dans les souvenirs que tu as de ce que tu as vu à la télévision. C’est très sympa à faire, j’aime beaucoup ! C’est revenu un peu à la mode, après être tombé en désuétude pendant un temps.
Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
J’ai été confirmé sur une future série de Stéphanie Pillonca, pour France Télévisions, qui s'appellera “Temps mort” et qui sera tournée en Camargue. Ce sera un 4x52 minutes, le tournage commencera mi-avril.
Merci, Guillaume, pour toutes vos réponses !