France 3 / Les mystères des grottes du Régulus : Sacha Vanbockestal évoque ce téléfilm inédit, ainsi que la pièce de théâtre qu'il jouera au festival d'Avignon!
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Bonjour Sacha,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de France 3 pourront vous retrouver le samedi 2 mai prochain, en prime-time, dans “Les mystères des grottes du Régulus”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Exactement ! En plus, c’était mon premier projet télévisuel donc c’était un peu le téléfilm baptême, on va dire. Quand j’ai passé les auditions, en vidéo dans un premier temps, je ne savais pas que c’était Lorie qui allait réaliser donc, quand je l’ai vue en présentiel au call back, j’étais très heureux de découvrir que c’était elle. Quand mon agent m’a appelé pour me dire que j’étais pris, je me réjouissais de partir sur le tournage faire cette aventure !
Je ne connaissais pas encore Shemss ni Antoine, j’étais vraiment comme un jeune acteur qui démarrait dans le milieu de la télé et je n’ai pas été déçu. J’ai été bien accueilli et bien reçu. Antoine, Shemss et Lorie, qui ont une expérience du milieu artistique, m’ont beaucoup aidé sur mes deux jours de tournage. C’était donc un vrai plaisir !
Le cadre global de tournage a certainement dû accentuer le plaisir pris ?
Oui, c’est ça ! On était à Rochefort…J’ai tourné dans un bâtiment désaffecté et dans un commissariat, ce n’étaient donc pas forcément les plus beaux décors de la ville 🙂 mais la production nous avait mis dans un bel hôtel près des bâteaux. C’était très agréable de démarrer la journée en passant devant, c’était vraiment chouette, oui !
Quel regard portez-vous sur Théodore, votre personnage ?
Là où ça a été “facile”, c’est que c’était un peu mon emploi ! On m’associe souvent au côté bad boys, un peu rebelle…C’est un peu paradoxal, je fais souvent des castings de voyou ou…de flic. Du coup, quand j’ai vu que Théodore devait être désagréable, nonchalant et pas commode, cela me parlait tout de suite ! C’est vrai qu’il y a un plaisir à se dire “Ok, avec ce personnage, tu as le droit d’être désagréable et de mal parler”. Lorie, d’ailleurs, m’a bien aidé, elle était très bienveillante, ce qui m’a permis de me sentir bien dans la peau de ce gars-là.
Sans doute que la palette de jeu associée a été plaisante à interpréter ?
En fait, ce qui était très plaisant, c’est de jouer un gars qui pouvait, à l’écran, passer pour le coupable aux yeux des téléspectateurs, mais qui devait se défendre auprès de la police pour convaincre que ce n’est pas lui. Il y avait un peu ce double-jeu, qui était vraiment très intéressant à incarner.
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Avez-vous d’ailleurs eu certaines sources particulières d’inspiration au moment de vous glisser dans sa peau ?
Pour ma part, je dirais qu’il faut jouer simple, ce qui veut dire aussi ne pas trop se tourmenter la tête. Il faut rendre le personnage complexe mais ne pas non plus en faire une équation impossible à résoudre. Quand j’ai vu Théodore, je me suis dit qu’il fallait penser basique donc j’ai pensé vraiment aux petites frappes, dans les films, ces bras droits qui font un peu le sale boulot. En partant de là, j’ai rajouté ma touche personnelle, en y mettant ma sévérité et mon côté pas très sympa. Ce qui m’a amené rapidement à Théodore…Je n’ai pas dû chercher trop longtemps pour y arriver.
Certainement êtes-vous impatient de découvrir le rendu final mais aussi les retours des téléspectateurs ?
Oui, c’est toujours plaisant de montrer un produit au public et d’avoir un retour. Mais j’ai un peu triché : je suis belge, je rentre régulièrement en Belgique et le film est déjà passé sur la RTBF donc j’ai pu le voir. J’étais très content de découvrir le produit fini et ce qui a été joué.
S’agissant d’une de vos premières expériences significatives à l’image, comment avez-vous appréhendé cet exercice de vous voir à l’écran ?
Là où ça a été plus facile, c’est que je suis créateur de projets. Pendant mes trois ans de cours, j’ai eu la chance de rencontrer un très bon ami, Adrian Vanouche, qui, d’ailleurs, a gagné le Nikon Film Festival l’année passée et, ensemble, on avait envie de faire. Donc on tournait beaucoup et, du coup, dès le début, je me voyais déjà à l’image. Je suis donc habitué à avoir ce regard sur moi-même, du coup ce n’est pas nouveau, déstabilisant ou inconnu, pour moi, de me voir sur un écran. C’est toute cette expérience de faiseur de projet qui me permet de ne plus voir uniquement mes défauts…Non, je sais que je suis un personnage, je sais qu’il faut faire confiance au réalisateur et je suis donc très à l’aise avec cela, clairement.
Ce projet vous a-t-il donné envie de faire toujours et encore plus d’image ?
Bien sûr ! L’acting est un vrai plaisir…Tous les acteurs et actrices vous le diront, le chemin est très difficile mais, une fois que l’on a touché au plaisir de la caméra, on en redemande ! Si je continue à faire mes propres projets, c’est aussi pour avoir le plaisir de continuer à jouer…
En parallèle, vous serez sur les planches du festival d’Avignon, en juillet prochain…
C’est une pièce sur Jeanne d’Arc, qui raconte l’histoire de son procès. Ce spectacle dénonce l’injustice, qu’il peut encore y avoir aujourd’hui, de ces faux-procès, comme on les appelle et qu’elle a subi. C’est, en fait, un ancien avocat, qui s’est reconverti dans la mise en scène de théâtre, qui a écrit cette pièce. Lui qui connaît les rouages de la justice, avait envie de raconter cette histoire mais de façon décalée, en version comédie. Du coup, on suit Jeanne d’Arc depuis son arrestation jusqu’à sa fin tragique, dans tout le chemin qu’elle a dû traverser, en passant par un avocat, des experts, des gendarmes…
Je joue divers personnages qui accompagnent cette aventure : un avocat, un des experts, un juge d’instruction. C’est surtout de la comédie mais qui n’enlève en rien le fond dramatique. Certaines scènes le rappellent, on est un peu dans la veine de “Kaamelott”.
On sera en plein air, à la cour de la Reine, au théâtre du Roi René, à 20h55, en Avignon.
L’exercice artistique, pour vous, doit être imposant…
Exactement ! C’est ultra plaisant mais ultra difficile parce que, quand on sort d’une scène, qu’on est en plein dans un personnage et que, dix secondes après, il faut y retourner pour en faire un totalement opposé, c’est de l'entraînement et de la concentration. Il faut, pour autant, garder une sincérité, tout en changeant d’univers de personnage…sans surjouer.
Au début des répétitions, mes personnages n’étaient pas encore assez marqués. Du coup, j’ai dû apprendre à mettre des gros traits pour démarquer chaque rôle. Mais c’est vraiment super plaisant à travailler !
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D’ailleurs, vous êtes-vous documenté aussi sur le contexte de l’époque, pour mieux encore le maîtriser ?
Même quand on me donne, lors d’exercices, une scène issue d’un film, je ne regarde jamais ce dernier avant. Sinon, je sais que ça peut m’influencer…Ici, évidemment, je me suis renseigné sur l’époque et sur, notamment, la façon de parler mais je ne me suis pas plongé non plus à 100% dans le chemin suivi par Jeanne d’Arc, pour les mêmes raisons. En plus, la pièce est très informative… J’ai donc préféré créer de moi-même, avec l’appui et les conseils du metteur en scène.
A quelques semaines de la première, que peut-on vous souhaiter pour cette belle aventure naissante ?
Une cour bien remplie chaque soir, que les gens se marrent et apprennent ! On peut également nous souhaiter que l’on arrive à s’amuser quotidiennement sur scène pour que le public s’amuse aussi et qu’il demande à nous revoir, afin de jouer encore, encore et encore.
L’idéal serait que des directeurs de théâtre soient intéressés et nous programment à Paris. D’ailleurs, avant Avignon, on sera à l’Apollo théâtre, les 6, 11, 20 et 27 mai prochains, à 19h30.
Merci, Sacha, pour toutes vos réponses !