Dérapage(s), à l'affiche au théâtre La flèche : Interview croisée avec Laura Charpentier et Barbara Castin !
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Bonjour Laura, bonjour Barbara,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous deux !
Vous êtes actuellement sur scène, chaque mercredi, au théâtre La Flèche, dans “Dérapage(s)”, pièce que vous avez écrite, Laura. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Laura : Tout à fait ! C’est un plaisir de se retrouver, déjà, entre nous. Je suis super contente parce que, sans faire trop l’historique du projet, c’est une joie de retrouver ces comédiens qui sont tous des amis, et des artistes que j’apprécie aussi professionnellement. Donc c’est joyeux ! Et puis, évidemment, on est contents de retrouver le public…Pour le moment, on a fait deux salles pleines, on est heureux !
Barbara : Oui, c’est un bonheur de se retrouver parce qu’on s’entend tous très bien, on s’aime autant artistiquement qu’humainement. On avait déjà travaillé avec Laura sur un projet mais c’était au moment du Covid et j’avais déjà énormément aimé ce travail ensemble, où je faisais la mise en scène. Là, c’est la première fois que je collabore avec elle en tant que comédienne, donc cette nouveauté est chouette aussi !
J’avais travaillé également avec Etienne et j’adore le côté famille qu’a le théâtre, j’adore retrouver des gens.
Laura : C’est une super équipe ! Véronique, qui joue avec nous, et Sophie, qui fait la mise en scène, sont des amies que j’ai rencontrées en stage, je suis très heureuse de les avoir sur ce projet. J’avais rencontré Barbara et Etienne en cours de théâtre, il y a quelques années maintenant, et Guillaume est mon compagnon. Un belle troupe !
Plus concrètement, sans tout en dévoiler, comment pitcher ce spectacle ?
Barbara : C’est une enquête policière : un homme est retrouvé mort, assassiné et on va essayer de comprendre ce qui s’est passé, en suivant un enquêteur, Laurent Cape, et son assistante, Elisa Parx. Il y a deux figures féminines, Laura joue Rose, et moi qui joue Fanny, qui vont être suspectes…
Laura : Je rajoute juste que c’est un thriller psychologique, sous forme d’enquête. Une spectatrice a écrit sur les réseaux : “C’est difficile de vous en parler mais c’est une véritable immersion”. Je trouve cela hyper intéressant, c’est vrai que c’est difficile d’évoquer la pièce sans trop en dévoiler.
Un mot chacune, si vous le voulez bien, sur votre personnage ?
Laura : Je suis Rose, une prostituée, dont l’amant vient d’être assassiné. Je pensais que c’était l’amour de ma vie et qu’on allait finir nos jours ensemble…Sauf que, malheureusement aussi, il était marié !
Barbara : Marié avec Fanny, mon personnage ! Je joue donc la femme de la victime, une grande bourgeoise, fille à papa, qui s’est mariée et qui a un petit garçon avec cet homme là. Mais leur couple se délite gentiment….
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Sans doute que la palette de jeu associée doit être très plaisante ?
Barbara : C’est une super belle partition que Laura m’a offerte ! Déjà, parce qu’il y a quand même de la composition, ce qui est sympa ! En même temps, cette femme est présentée sous plein de jours différents, pour qu’on essaie de la comprendre.
Laura : Il faut dire que plusieurs scènes sont rejouées, en fonction des points de vue des personnages. Donc ces derniers changent selon la vision et, du coup le prisme du public change également.
Barbara : C’est génial à faire, cela m’amuse énormément, j’adore ça ! Cela me fait penser un peu à la série “The affair”, où on suit le vécu d’un personnage avant de revivre la scène avec un autre point de vue.
Laura : C’est vrai que cela offre une palette de jeu qui permet de s’amuser, à l’intérieur d’un personnage, de plein de manières différentes et d’aller explorer tous ces endroits.
Barbara : Tout en cherchant quand même à être, bien sûr, à un endroit de sincérité et de vérité. C’est périlleux mais passionnant à faire !
Si l’on en revient à l’origine de ce projet, Laura, comment vous en sont venues l’envie et l’idée ?
Laura : Je n’en ai aucune idée ! Je crois qu’il n’y a jamais d’idées nouvelles, il n’y a que des idées qui sont reprises. Pour tout vous dire, je faisais partie d’un groupe d’écriture de nouvelles que l’on postait, sur un site, chaque jour. C’est comme cela que j’avais écrit la première version de cette histoire, qui n’est pas du tout la même que l’actuelle. La première partie était le point de vue de la prostituée, qui a été gardé et, d’ailleurs, on suivait l’histoire de cette femme qui avait perdu son amant, on voyait comment, devant la police, elle devait faire face à cette situation, alors qu’elle était, elle-même, plutôt mal vue. Puis ça a évolué !
Ce qui est drôle, c’est qu’il y a eu énormément de réécritures mais une grosse a été faite après notre lecture au Lucernaire, où j’ai tiré un fil qui n’apparaissait pas dans la première version…Aujourd’hui, ce fil est devenu la thématique principale de la pièce ! Je ne vous en dis pas plus, pour ne pas tout dévoiler. Donc je pense que les idées sont venues avec le temps, avec les retours et grâce à Sophie, notre metteuse en scène, qui écrit aussi, et qui m’a apporté son regard. Elle m’a vraiment accompagnée tout au long de ce projet.
Barbara : Elle t’a posé les bonnes questions mais tu étais hyper disponible à cela aussi, ce qui n’est pas le cas de toutes les personnes qui écrivent. On est toujours vulnérable dans cette situation mais Laura a cette force assez admirable. Tu étais très claire sur là où tu voulais aller mais tu savais aussi prendre les retours et en faire quelque chose de constructif.
Laura : Ce que tu me dis me fait plaisir ! Quand on écrit, c’est très personnel et je pense que, quand on fait appel à quelqu’un, il faut arriver, ce n’est pas facile, à accepter que l’autre fasse des retours qui ne sont pas que positifs sur notre écriture et à les corriger. J’ai essayé, justement, d’accepter…Ce n’est pas toujours simple mais c’est pour le bien du spectacle !
Barbara : Même tardivement, lors des répétitions, tu as accepté nos remarques…Tu as hyper bien géré cela, tout en tenant sur ce qui t’importait.
Laura : Je l’ai beaucoup dit, je pense que ce qui m’a également beaucoup aidée, c’est que je n’ai pas fait la mise en scène, ce qui m’a permis de me concentrer sur le jeu. Je n’étais « que » comédienne, cela me permettait aussi, quand les autres comédiens me posaient des questions sur l’écriture, d’avoir du recul.
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D’ailleurs, quels premiers retours avez-vous déjà pu avoir du public ?
Barbara : Que la fin est dingue ! Mais on n’en dira pas plus…
Laura : Les gens sont très emballés par l’histoire, par la façon dont elle est construite, par la façon dont on arrive au dénouement. Les spectateurs nous disent qu’ils vont faire venir du monde. Mais aussi que c’est émouvant !
Certainement que vous continuez à peaufiner et à affiner votre jeu, représentation après représentation ?
Laura : On va peaufiner encore certains endroits. Globalement, ça marche très bien mais il y a des moments où on pourrait resserrer le jeu et quelques endroits d’écriture. Donc on va les retravailler. C’est du spectacle vivant donc, oui, on sera toujours amenés à peaufiner.
Barbara : On a beau répéter des semaines voire des mois une pièce, il faut qu’il y ait l’autre partie, à savoir les spectateurs…Cela révèle toujours des choses, que l’on ne peut pas voir avant, malgré l’exigence et l’intensité que l’on met dans le travail de répétitions. Donc c’est hyper normal de faire ces modifications. En plus, comme on joue une fois par semaine, ça nous donne aussi l’opportunité de s’en reparler d’une fois sur l’autre. On est très attentifs à ça !
Au-delà des premières dates jusqu’au 3 juin prochain, probablement que l’envie est grande de prolonger l’aventure ?
Laura : Tout à fait ! On est à la naissance de ce spectacle et l’idée serait d’avoir une exploitation plus longue l’année prochaine, puis de jouer en Avignon pour organiser une tournée.
En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Barbara : Il y a des spectacles que je tourne depuis quelques temps maintenant et qui ont encore des dates. Notamment “Danton, les derniers jours du lion”. J’avais aussi écrit un seule-en-scène sur l’écologie, “La beauté sauvera le monde” et j’ai des ateliers suite à des représentations.
Laura : J’ai vu ces deux spectacles, ils sont très beaux !
Barbara : J’ai deux projets d’écriture en tête, un toute seule et un autre où je serai accompagnée.
Laura : Je vais faire la 150è de “Fake news” dans quelques jours, toujours avec Pascal et Didier. D’autres dates sont déjà prévues, notamment à Strasbourg. J’ai aussi un autre projet en cours, qui devrait se concrétiser, je pense, en 2027. On a déjà fait une lecture…C’est l’adaptation de “La dame au petit chien” de Tchekhov, mise en scène par Jean-Pierre Bouvier.
Je suis également sur un autre spectacle, on a déjà fait plusieurs résidences. C’est une adaptation de “La petite sirène” en conte musical moderne pour adultes, et ça s’appelle “Le chant des possibles”. C’est mis en scène par Albin Duvert, l’équipe est assez géniale, tous sont chanteurs…sauf moi donc c’est très drôle de me retrouver à chanter.
Merci à toutes les deux pour vos réponses !