Danseuse retraitée : Marie Yahmi évoque son spectacle, actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Marie,

 

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

 

Vous êtes actuellement sur scène, chaque jeudi soir, au théâtre Le Bout, dans “Danseuse retraitée”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui ! C’est vrai que j’ai eu beaucoup de chance, alors que ce spectacle est tout récent, d’avoir un créneau où je peux jouer chaque semaine. C’est un jeune spectacle, il a encore besoin d’être rodé et le fait d’avoir une régularité me permet de le peaufiner à chaque fois. Chaque semaine, je peux tester les changements et je sens vraiment, depuis que j’ai commencé en février, qu’il évolue encore, ce qui est chouette !

 

Si l’on en revient à l’origine de cette aventure, comment vous en sont venues l’envie et l’idée ?

 

Il y a eu plusieurs temps, je dirais. Alors que j’étais encore danseuse, j’avais voulu faire un stage de clown et, au premier jour, je me suis fait une entorse au genou, qui m’a arrêtée pendant deux mois. Frustrée de ne pas avoir pu faire ce stage, je me suis inscrite à celui de stand-up, sur 12 jours intensifs. Cela a été une révélation ! 

 

J’avais toujours beaucoup aimé l’humour et le stand-up mais je ne m’étais jamais lancée, je n’avais jamais osé passer le cap. Là, c’était le moment, d’autant plus qu’une amie m’avait incitée en ce sens. Je me suis éclatée, j’avais même commencé à écrire des sketchs. Suite à cela, j’ai eu l’opportunité d’intégrer l’école…Rapidement, j’ai pu jouer 30 minutes sur scène, déjà au théâtre Le Bout, dont l’école est partenaire. C’est là, alors, que le lieu m’a proposé de faire une heure pleine de show ! Cela me correspond bien, je m’éclate encore plus qu’en participant à des plateaux…

 

En tout cas, je ne regrette pas du tout de m’être lancée. Ce n’était pas forcément le chemin traditionnel mais je m’y plais !

 

Plus concrètement encore, comment pitcher ce seule-en-scène ?

 

J’essaie de faire vivre aux spectateurs un instant de ma vie, où je suis perdue. J’ai voulu arrêter la danse parce que j’étais arrivée au bout de ce que je pouvais donner là-dedans, sans aigreur mais par choix. Comme je le dis dans le spectacle, “j’aime trop la danse et je la respecte trop pour la faire à moitié”. C’est quelque chose que je pense vraiment : si je ne suis plus en phase, si je n’arrive plus à me donner artistiquement à 100%, cela ne m’intéresse plus…Je voulais donc évoquer mon quotidien, maintenant que je ne danse plus et comment je m’en sors à 34 ans, après avoir changé de vie, moi qui ai dû tout réapprendre, notamment à me gérer toute seule. J’explique comment tout a changé, sans avoir, pour autant, l’impression d’une totale volte face.

 

 

 

 

Après ces premières représentations, quels principaux retours avez-vous déjà pu avoir ?

 

Les gens me disent que c’est touchant et, pour ceux qui me connaissent, que l’on me reconnaît bien, que c’est assez fidèle à ce que je suis. Oui, ce n’est pas que drôle, je ne suis pas totalement dans les codes du stand-up, les gens y voient un fil rouge et une histoire. Le public trouve que ça passe vite car il ne s’attend pas à ce que ça se déroule ainsi. Les spectateurs passent un bon moment ! Quelqu’un m’a écrit, et j’aime beaucoup, que “je fais genre d’être en surface mais pas superficielle” : c’est léger mais je vais tout de même titiller des choses de la vie de tous les jours, quand on est un peu entre deux…Tout est dans la nuance !

 

Plus personnellement, ce spectacle est-il, quelque part, thérapeuthique ?

 

Carrément ! Je n’aime pas trop ce terme de “thérapeutique” mais, en soi, il y a quand même une part de réalité. Après, je ne pense pas que j’en souffrais ni que c’était quelque chose que j’avais besoin d’exprimer absolument sur scène…C’est vrai que de me prendre la tête sur certaines choses m’a aidé à ne plus les faire : typiquement, en sortant de chez moi, c‘était seulement après avoir fermé les verrous que je me demandais si j’avais bien coupé ma plaque de cuisson…Je faisais de nombreux allers retours, alors que tout était OK…De l’avoir écrit et dit sur scène m’a aidé, dans le sens où, maintenant, je vérifie mes plaques avant de sortir 🙂. 

 

En tout cas, je pense que ça m’a permis de n’avoir aucune aigreur à arrêter la danse…Je ne le vis pas mal, alors qu’il y a des spectacles que j’aurais encore adorer faire et que je n’ai pas pu faire, comme “Notre Dame de Paris”. C’est ça, la vie : on prend d’autres voies, auxquelles on ne pensait pas et ce sera tout aussi bien…Sans pour autant que ce que l’on a réalisé avant n’ait été fait pour rien. Cela me permet d’être assez en phase avec moi-même et de relativiser plus facilement les moments plus difficiles. 

 

 

 

 

Artistiquement parlant, ce projet est l’occasion de développer une corde supplémentaire à votre arc …

 

Bien sûr ! J’ai toujours aimé la danse, j’ai toujours aimé danser mais je pense que, au fond de moi, j’avais le sentiment de ne pas être totalement à ma place. Je savais que j’aimais la danse mais je ne me suis jamais trouvée belle danseuse, je détestais me voir, je n’avais aucun recul sur moi-même. Là, je reste critique parce que c’est important mais je trouve que j’ai plus de recul et je me sens davantage à ma place ! D’être autrice et interprète est une nouvelle corde qui, au final, me correspond encore plus que celle de mes 12 ans de danse. En tout cas, j’espère que ça m'amènera encore d’autres cordes supplémentaires, ce serait génial ! 

 

Pour terminer, au-delà des dates parisiennes, vous serez, en juillet prochain, en alternance à 13h15 au festival d’Avignon, ce qui doit être encore une autre grande joie pour vous ?

 

Oui, j’ai vraiment hâte ! J’ai l’impression que je serai comme un poisson dans l’eau pendant trois semaines, moi qui adore le spectacle vivant ! Je sais que c’est fatiguant mais, pour l’instant, je ne vois que du positif. Cela va me permettre de rencontrer plein de gens, d’autres comédiens, des producteurs, des directeurs artistiques,...Ça va être super !

 

Merci, Marie, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Théâtre

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