Adèle Esseger évoque son actualité et ses projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Adèle,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous avez une belle actualité en cours ou à venir. Vous êtes en tournée théâtrale, avec deux pièces que vous aviez déjà pu jouer sur Paris précédemment. Un mot, peut-être, sur chacune d’elles ?

 

La première que l’on a montée a été “L’ordinaire histoire d’Ernest Boubouroche”, c’est un Courteline qui a été réécrit par le metteur en scène, Geoffrey Lopez. Tout a été un peu réarrangé pour que ça colle plus à la modernité actuelle. C’est plus actif, ça s'enchaîne davantage…On l’avait jouée au théâtre de Nesle et au Montmartre Galabru, nous avions même été nommés aux Cyrano 2024 pour la meilleure mise en scène. 

 

C’est l’histoire d’un bourgeois qui est un peu naïf. Il a des amis à qui il paie des repas tout le temps, sans dire que c’est problématique, juste par gentillesse. Il a, depuis 8 ans, une compagne, mais avec laquelle il ne vit pas…Il lui paie son logement et ses affaires mais elle vit avec son amant, qui se cache dans le placard quand son mari arrive chez elle. La situation finira par être découverte mais cette femme va réussir à retourner la situation à son avantage. 

 

Cette pièce est intéressante, dans le sens où, de base, elle a été écrite comme un drame mais qu’elle a été montée comme une comédie. Il y a donc les deux pendants, on creuse dans les méandres des sentiments humains, avec des partitions incroyables pour nous. 

 

La deuxième pièce est “Burn baby burn”, de Carine Lacroix, que l’on a jouée au théâtre du Petit Gymnase. Je trouve que c’est un spectacle incroyable, qui raconte l’histoire de deux jeunes femmes qui se retrouvent dans une station essence désaffectée. L’une vit là-bas et l’autre veut juste de l’essence, elle qui fait la transition pour vendre de la drogue pour son petit ami. Ces deux femmes sont donc inadaptées au possible à la société et cette dernière ne les aide pas non plus, elles sont vraiment laissées à l’abandon, personne ne les aime. En fait, en une seule journée, elles se trouvent et voient chez l’autre ce qu’elles n’ont pas. Tout va exploser à l’arrivée d’un jeune homme, livreur de pizzas. Comme elles n’ont pas de quoi payer, elles vont le braquer avec une arme et ça va mal finir…C’est un peu un roadtrip immobile, qui est incroyable !

 

 

 

 

La tournée doit être sans doute très différente mais, quelque part, très complémentaire des dates sur Paris…

 

C’est ça ! On est dans une troupe donc on est contents de partir entre copains. C’est épuisant parce qu’on fait tout nous-mêmes mais c’est génial ! On se rend compte que le public de province n’est pas le même qu’à Paris, il ne rigole pas aux mêmes choses, il ne réagit pas aux mêmes endroits donc, en fait, l’un dans l’autre, les deux sont super intéressants mais il faut s’adapter en fonction de là où on joue. 

 

Plus globalement, vous êtes une artiste aux nombreuses cordes artistiques. Vous avez aussi tourné pour TF1, dans “Demain Nous Appartient”. Quels souvenirs en gardez-vous ?

 

J’ai tourné quelques jours à l’été dernier, pour une diffusion deux mois plus tard. J’ai eu deux équipes différentes, j’ai connu deux réalisateurs différents et je ne tournais pas non plus avec les mêmes acteurs. Donc, vraiment, c’étaient deux mondes totalement différents et c’est là qu’on se rend compte que tous les réalisateurs ne sont pas pareils, qu’ils ne dirigent pas de la même manière. Personnellement, j’ai préféré tourner avec la deuxième réalisatrice, c’était une femme qui dirigeait beaucoup plus. Elle savait ce qu’elle voulait et comment me guider. Cela m’a clairement aidée…En plus, j’ai adoré jouer avec ma partenaire, pendant l’interrogatoire de police, parce qu’elle est très douée mais aussi très gentille. Cela passait crème, c’était vraiment très agréable, il y avait de l’écoute et des échanges, c’était un vrai jeu entre nous. Donc je garde un super souvenir de ce moment-là ! J’ai beaucoup appris en la regardant…

 

Tourner à Sète a dû être très plaisant aussi…

 

Il y a pire comme endroit 🙂. De plus en plus, ils tournent en studio, où ils étaient en train de créer le marché, qui est trop stylé ! Le voyage jusqu’à Sète est long mais ce n’est pas grave, tellement la ville est agréable. 

 

On le sait, le rythme de tournage sur une quotidienne est particulièrement soutenu. Justement, comment avez-vous relevé ce défi ?

 

Il faut être prêt en amont, il faut vraiment bien travailler, avant, son texte et ses intentions. J’avais mes textes à l’avance et, du coup, pour ne pas bloquer l’équipe, je me suis dit qu’il fallait que je travaille beaucoup et bien ce que j’avais à faire. Heureusement, les textes étaient relativement “simples” à apprendre, ils étaient comme dans la vie de tous les jours. 

 

 

 

 

D’ailleurs, avez-vous eu certaines sources plus personnelles d’inspiration au moment de vous glisser dans la peau de votre personnage ?

 

Ce personnage était une mère de famille qui n’avait même plus la garde de sa fille donc, oui, j’ai dû aller chercher un peu plus loin que moi…J’ai été obligée de creuser autre part, de regarder un peu les gens autour de moi, pour comprendre le mécanisme du personnage : comment a-t-elle pu perdre ce gamin, alors qu’elle l’aime ? qu’est-ce que ça fait si on lui dit que c’est une mauvause mère ? Donc j’ai beaucoup observé et posé des questions à mon entourage. 

 

Sur ce programme, ou sur un autre, aimez-vous regarder le rendu final, aussi pour capitaliser sur votre propre interprétation ?

 

Là, oui, j’ai regardé et c’est marrant parce que, pour certaines scènes, j’ai été surprise de la prise retenue. Je laisse faire, c’est le métier du monteur, pas le mien. Plus globalement, je fais toujours confiance aux autres, chacun étant un professionnel dans son domaine.

 

Mais ça fait toujours bizarre de se voir à la télé, c’est étrange ! On ne s’y fait pas, je crois…

 

Pour terminer, quels sont vos projets en cours ou à venir ?

 

Une pièce de théâtre que l’on va créer, si possible, en coproduction France - Corée. C’est pour cela que l’on est, actuellement, aussi en recherche de partenaires en Corée, ce qui est beaucoup moins facile à faire car moins accessible. On voudrait que ce soit une grosse création, on a envie qu’il y ait réellement une coopération culturelle, on ne veut pas faire ça dans le vent, on veut un vrai lien et un vrai pont entre deux pays. Je crois que ça fait 140 ans qu’il y a des relations officielles entre les deux, dans tous les domaines et on a vraiment envie que ce soit mis en place artistiquement, au niveau du théâtre parce que je n’ai pas l’impression qu’il y en ait énormément non plus. On est en contact, pour cela, avec la chambre de commerce et de l’industrie, on espère avoir le théâtre national, ce serait splendide ! Nous avons casté aussi des acteurs coréens, le but n’étant pas de faire une pièce franco-française, mais d’aller, si possible, jouer à l’autre bout du monde. C’est tellement intéressant car chaque pays a un jeu différent…L'équipe sera composée de Sulgyeom Kim, Eva Lapasin, Jordan Lambertoni, Hira Park et moi-même.

A plus long terme, une personne avec qui je suis en partenariat, étudie un scénario de série franco-coréenne. Là aussi, ce serait une belle coopération mais, du coup, il faut des autorisations de partout, et des visas notamment. Cela prend un temps monstrueux ! En faisant tout cela, j’apprends plein de choses mais c’est beaucoup de travail en dehors uniquement de mon jeu d’actrice, en fait. De toute façon, de nos jours, on n’a pas le choix que de créer…Et, quand on est acteur, on n’est aussi que l’interprète d’un texte de quelqu’un d’autre donc c’est aussi intéressant, artistiquement, d’être à l’initiative d’un projet. C’est chouette un artiste qui crée !

 

Merci, Adèle, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Théâtre, Télévision

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