Philippe Candeloro évoque ses nombreuses actualités, et ses projets, riches et variés !
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Bonjour Philippe,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes actuellement en tournée théâtrale, avec la pièce “Ca patine à Tokyo”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui ! Parce que, déjà, ça me permet d’être toujours associé à mon ami Nelson Monfort…Même si on n’a pas le même âge, on est devenus des amis, après avoir travaillé 19 ans pour commenter le patinage. Finalement, dans cette pièce, on se retrouve avec une certaine légèreté et liberté d’expression parce que ça reste une comédie ! On ne va pas dire que tout est permis mais pratiquement, presque. On a un texte à tenir mais, en même temps, on est proches de nos personnalités : on est très très proches de ce que l’on faisait à l’époque pour commenter le patinage mais on exprime en fait ce qui se passe en dehors de ce que les gens pouvaient voir à la télévision. Donc, finalement, c’est plutôt quelque chose qui tombe à pic, ne serait- ce que parce qu’on ne savait pas, à l’époque, qu’on n’allait plus travailler, moi en tant que consultant et lui en tant que journaliste, à France Télévisions. Cette pièce est tombée un peu à point, ce qui nous permet d’être toujours proches et en contact avec notre public, qui nous aime bien.
A la lecture du pitch, on peut imaginer que ce spectacle est plein de rebondissements, pour le plus grand plaisir du public…
Ce qui est amusant au théâtre, qui n’est pas notre métier de base ou d’origine, même si j’ai fait du théâtre sur glace, plus du mime, devant des audiences allant parfois jusqu’à 20 ou 25 000 personnes, c’est que, là, c’est forcément beaucoup plus intimiste et donc beaucoup plus proche aussi du public. Ceux qui viennent voir sont déjà ceux qui nous aiment, parce que, comme je le dis souvent, on ne vient pas faire la première partie de Jul, par exemple, où les gens ne seraient pas avertis que l’on soit là et ça pourrait faire un bide…Là, on a un public qui nous apprécie.
Je pense que, à la base, les gens ne savent pas trop ce qu’ils viennent voir…Ils viennent surtout voir les deux gars qui les ont fait sourire, marrer, tout en regardant un sport très artistique et très beau à suivre. Et puis, à la fin, ils se disent que, finalement, c’était une pièce très sympa et qu’ils ont bien rigolé. Ce n’est pas burlesque, ce n’est pas une pièce de boulevard non plus mais je trouve qu’on s’en sort plutôt pas mal pour des gens qui, à la base, n’étions pas des professionnels de ce métier. Cela nous sort un petit peu de notre zone de confort donc on se met un peu en danger mais, au final, on apprécie parce que, dans le petit quart d’heure ou la demie-heure que l’on passe avec le public après la pièce, on voit bien qu’on a donné aux gens, sur une heure dix de spectacle, bien vingt minutes de sourire et de rigolade.
Chacun rigole à un moment précis, où il va se retrouver, et sentir les choses Donc, ce qui est important pour nous, c’est de continuer à apporter du bonheur aux gens, quand on en a l'occasion.
…et qu’il vous permet une palette de jeu agréable à défendre…
Disons que le théâtre, c’est vrai, est un travail spécifique, c’est technique, surtout à deux, parce que l’on a des répliques, on doit s’écouter, on doit balancer les vannes au bon moment. Et puis, le plus amusant au théâtre, c’est de bien maîtriser aussi son texte, ses intentions, ses intonations, pour qu’on puisse, de temps en temps, sortir du texte et surprendre l’autre. C’est souvent ce qui nous fait rigoler et les gens le ressentent bien, quand on est un peu déstabilisé par l’un ou par l’autre. Alors, c’est vrai que c’est plus souvent moi qui déstabilise Nelson, que l’inverse, comme je le faisais de toute façon lors des retransmissions de télé. On s’amuse beaucoup !
En complément, jusqu’au jeudi 5 mars, les téléspectateurs de W9 peuvent vous retrouver dans “Les Apprentis Champions au ski”. C’est encore un autre exercice dans lequel vous devez certainement prendre beaucoup de plaisir ?
Alors, c’est un exercice un peu différent pour moi parce qu’on est venu me chercher pour que je sois coach d’une équipe de personnalités issues de la téléréalité. Nelson se retrouve toujours dans cette position de journaliste qui commente mais il est avec Benoit, la personnalité de téléréalité donc il a pris un peu ma place dans le duo avec Nelson et c’était une volonté de la production de me mettre plus en tant que coach parce que, en face, on avait Surya Bonaly. Chacun de nous avons une équipe à gérer…J’entraine de temps en temps mais Surya est plus assidue dans ce métier-là parce qu’elle enseigne beaucoup aux Etats-Unis. Manager des gens qui n’ont pas forcément le niveau, alors qu’on n’a pas quinze heures d'entraînement par jour pour les rendre plus sportifs, est un exercice difficile et compliqué mais assez marrant et assez sympa à vivre. Parce que c’est là que l’on voit la capacité que l’on a à motiver une équipe. On a essayé de faire ce que l’on a pu…C’est un tournage qui a duré dix jours : aujourd’hui, c’est très découpé parce que le programme veut que ce soit la téléréalité qui prenne le pas sur les exploits sportifs…Il y a un thème général, où on réunit des personnalités de téléréalité ensemble et, avec Surya, on est très à l’écart, on va dire, de 70% du programme et on n’intervient que sur les épreuves sportives, qui ne sont pas toujours les nôtres, parce qu’il y a du ski et du curling…En patinage artistique, on sait la difficulté que c’est de rendre les gens potablement regardables dans une prestation donc on n’est pas là pour se prendre au sérieux…
Ce qu’a bien fait W9, déjà, c’est que c’est une émission où ils ont mis beaucoup de moyens, la qualité de tournage est quand même très propre. Après, on adhère ou on n’adhère pas au concept de la téléréalité…Avec Nelson, je crois que l’on a tous les deux le même but, un c’est de continuer à nous voir tous les deux ensemble, même si on n’a pas le même rôle prédéfini que l’on a vécu pendant 19 ans et, deux, ça nous rajeunit, auprès d’une population qui ne nous connaît pas. Les gens qui regardent la téléréalité ne connaissent pas forcément, déjà maintenant, le Philippe Candeloro ou la Surya Bonaly que l’on a été il y a 25 ou 30 ans.
Prochainement, vous serez aussi le président du jury Sport 2026 du “Multi screen grand prix”...
Effectivement ! Vous savez, dans une carrière, on rencontre des gens, on ne les voit pas peut-être pendant 4 à 5 ans et, puis, l’organisateur a pensé à moi. Étant encore une personnalité du sport français, je reste encore assez populaire pour certains et un nom qui est encore connu aujourd’hui. Je trouve cela très bien parce qu’étant parti pour la présidence de la fédération française des sports de glace, ça pourrait me donner que plus de crédibilité encore pour faire comprendre aussi aux électeurs, que sont les 159 présidents de clubs français, ma personnalité, qui est la mienne, et que je ne vais pas non plus foudre à la poubelle du jour au lendemain, parce que c’est ce qui m’a rendu populaire.
Tous ces petits éléments, que ce soit W9 ou cette présidence du jury, me font, en fait, toucher une catégorie de personnes qui vont venir, finalement, élargir encore mon spectre de connaissances et de reconnaissance aussi, et peut-être d’appréciation. Mine de rien, je vois bien qu’aujourd’hui, il faut arriver à me séparer de cette image de sexiste qu’on veut me donner alors qu’en fait, je n’ai pas l’impression d’être insultant envers les femmes. J’ai eu un rôle d’ambassadeur pour le patinage qui a tenu pendant plus de 19 ans donc ça veut dire qu’à la base, il y a 19 ans, France Télévisions est venue me chercher aussi parce que j’avais cette personnalité de pouvoir sortir un petit peu des phrases, des “Candeloettes”, comme disait Nelson. Cela n’a jamais été méchant, c’était plus par valorisation aussi pour mon sport, ce qui a amené de la notoriété pendant plus de 19 ans. Si Nelson et moi n’avions pas été là, peut-être que ça ferait 10 ou 15 ans que nous n’aurions pas eu de patinage en télévision. Aujourd’hui, c’est vrai que cette image me colle un peu à la peau, malgré moi, parce que je n’ai pas l’impression d’avoir fait du mal…Sauf que, quand on me traite de sexiste, j’ai l’impression qu’on m’insulte et qu’on m’empêche, demain, de pouvoir travailler parce que c’est ça ma personnalité. Même si, aujourd’hui, je comprends qu’il faille éliminer un certain nombre d’éléments de langage, qui continuent finalement à faire rire 90% des gens dans la rue, le problème est que ces 10% sont peut-être une minorité dans certaines catégories et font du mal. Et ceux qui veulent me faire du mal pour m’empêcher de devenir président de fédé s’en servent contre moi…On est rentrés dans un jeu politique mais, maintenant, j’espère que les présidents de clubs ne seront pas dupes et qu’ils verront, à travers ma candidature, finalement un avenir plus vertueux et plus médiatique pour cette fédération qui, aujourd’hui, n’est pas à la hauteur, en fin de compte, de l’aura qu’elle peut dégager. Quand on voit les audiences en patinage lors des Jeux Olympiques de Milan, on se dit que ça ne devrait pas arriver qu’une fois tous les 4 ans mais plutôt tous les ans.
En conclusion, on peut penser que ces différentes actualités, combinées à toutes vos activités, sont très complémentaires ?
Oui ! En fait, ce qui me permet, aujourd’hui, de dire que j’ai la compétence et que je pense être un des candidats capables de gérer une fédération, c’est que je connais le spectre à 360 degrés de tout ce que ça représente. J’ai acquis toute cette expérience et cette expertise, d’abord en démarrant en tant que scolaire. J’étais un champion de patinage, j’ai eu des médailles olympiques, donc j’ai cette expérience-là. Ma mère était présidente de club, j’ai été moi-même élu dans certains comités donc j’ai vadrouillé. J’ai été un homme de spectacle, je suis consultant pour concevoir des patinoires et je crois que je me sers beaucoup de l’expérience, comme un Alain Prost, qui avait dit, un jour : “J’ai gagné de l’argent avec mon sport, la Formule 1, donc je me sens redevable de réinvestir toute cette connaissance et tout ce que je peux apporter financièrement à mon sport. C’est mon devoir de le faire parce que c’est ce qui a finalement rendu ma vie agréable”. Donc, aujourd’hui, à 54 ans, si je peux transmettre…Il faut essayer de prendre le taureau par les cornes et se dire “Est-ce que je laisse crever mon sport ? Ou le laisser linéaire jusqu’à tant que cette fédération tombe en croûte?” ou “Bon, ma qualité de sportif, en étant devenu entrepreneur, de spectacle ou général, peut aider”...Être président de fédé, c’est aussi aller chercher des partenariats, augmenter la capacité financière à pouvoir élaborer des projets, …S’il n’y a pas d’argent, il n’y a pas d’aide possible…Les clubs, c’est pareil : on ne peut pas les aider si la maison mère est une coquille vide, financièrement parlant donc on ne peut pas vivre sur les subventions de l’état, parce qu’il y en aura de moins en moins.
Et puis, surtout, il y a l’enjeu des Jeux Olympiques de 2030. Oui, là, on a fait une très belle moisson de médailles en général, puisque l’on a augmenté notre nombre de médailles mais il y a deux choses qu’il ne faut pas oublier : déjà, il y a plus de sports mixtes qui sont apparus dans ces JO de Milan et il n’y avait pas les russes, ni les biélorusses. Donc ça veut dire que, quand ils vont revenir, la moisson sera peut-être encore plus difficile à atteindre. Quand on fait le bilan, sur la cinquantaine de médailles en sports de glace que l’on pouvait ramener à la France, on n'en a ramenée qu’une…Cela veut dire qu’il y a du potentiel…Je ne vais pas critiquer le bilan de notre présidente actuelle mais, quelque part, si on veut être gentil, on dit “Super, on a une médaille d’or, elle a été extrêmement belle” et on reste à s’endormir avec le soir mais, si on veut être méchant, ou réaliste, le bilan n’est pas non plus si fabuleux que cela ! Maintenant, c’est de savoir ce que l’on veut faire d’ici 2030 parce qu’en fin de compte, on ne peut pas critiquer les athlètes. Ils sont venus pour essayer de faire leur boulot le mieux possible, certains sont passés à côté, d’autres ont réussi leurs objectifs personnels mais, pour 2030, on a un enjeu colossal, comme l’on fait les italiens, à avoir trois ou quatre fois plus de médailles que les olympiades précédentes ! Je crois que les jeux en France doivent être une source de motivation pour l'État et pour les investisseurs, qui pourraient être des partenaires privés. On en est là aujourd’hui, on a quand même 7 sports olympiques à défendre et on en a 12 en développement donc si on ne sait pas développer ces disciplines, dans ces cas-là, il faut peut-être revoir la gestion générale de la fédération, face au peu de moyens financiers que l’on a…
Merci, Philippe, pour toutes vos réponses !