France 3 / A priori : Stéphanie Dussine évoque le guest qu'elle interprète, et nous en dit plus sur ses autres actualités !
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Bonjour Stéphanie,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de France 3 pourront vous retrouver ce mardi 31 mars dans le deuxième épisode de la nouvelle saison de “A priori”. On imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, je suis très heureuse ! C’est un format de 10 épisodes et il y en aura 2 par soir, tous les mardis. Le tout dans un très joli cadre de tournage, à Sète, et, surtout, avec une très chouette équipe. Celui qui concerne mon personnage, c’est le deuxième. Il y a deux réalisateurs sur cette série, j’ai été dirigée par Sébastien Perroy, qui est vraiment génial ! C’est très agréable d’être sur son plateau et il se trouve que l’équipe, autour, était super aussi, donc que de la joie !
Ça fait partie des tournages, où l’on ressent de manière flagrante que tout le monde est content d’être là…
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Quel regard portez-vous sur votre personnage ?
Ce qui m’a plu, c’est que, dans l’épisode, on en voit différentes facettes. Elle se fait assassiner et on découvre les flashbacks de ce qui lui est arrivé. En termes de jeu, c’était une palette d’émotions à traverser.
Ce personnage essaie de bien faire, je crois que c’est sa particularité… donc je n’étais pas sur un rôle de composition où j’aurais dû aller chercher quelque chose que je ne connais pas, une personnalité atypique. Elle est assez facile à comprendre, c’est une personne dynamique, qui est dans le positif, qui se bouge pour ses convictions. Ce sont plutôt les scènes qui étaient différentes, en termes de jeu mais, dans sa continuité à elle, elle est cohérente.
Même si un guest n’a pas de lien direct avec les précédents épisodes, vous étiez-vous quand même (re)plongée dans les diffusions, pour mieux encore vous imprégner de l’atmosphère ?
Je trouve, même quand on n’arrive que sur une intrigue, que c’est important de connaître le programme. Il y a eu quelques changements artistiques et de casting, entre la saison 1 et la saison 2… donc il ne fallait pas non plus se concentrer à fond sur la première mais, en même temps, on ne peut pas non plus intégrer une série sans la connaître… Ce serait absurde, il y a quand même une continuité artistique sur le projet. Il y a beaucoup de séries policières et chacune à sa particularité, ici c’est un registre de comédie, même si ça ne concerne pas directement mon personnage, c’est fondamental de savoir dans quoi il s’inscrit.
Vous avez déjà pu découvrir le rendu final…D’ailleurs, est-ce un exercice facile pour vous ?
Non, je n’éprouve pas de grand plaisir à me regarder… J’aime plutôt faire, c’est joyeux d’être dans un rôle, de jouer ces situations-là, puis de les partager, mais de se regarder, c’est autre chose…Ce n’est ni plaisant ni déplaisant, c’est le résultat d’un travail et avec le temps, on apprend surtout à être plus doux avec soi-même. Mais c’est un apprentissage… Aujourd’hui, en casting, on nous demande beaucoup de vidéos selftape (ce qui heureusement n’était pas le cas pour ce rôle), et je pense que, pour beaucoup d’entre nous, c’est surtout là qu’est la difficulté à se regarder. Avant, après avoir passé une audition, on rentrait chez nous et on ne se questionnait pas, on avait donné ce que l’on avait à donner. Mais maintenant, comme nous devons souvent nous filmer nous-mêmes, ces images-là sont dures parce qu’on se retrouve à juger notre propre performance avant de l’envoyer... Ce n’est pas évident ! Alors que, sur le plateau, il y a d’autres personnes qui ont choisi pour nous : il y a quelqu’un qui nous a coiffé, il y a quelqu’un qui nous a habillé, éclairé, cadré, dirigé… ce ne sont pas nos choix personnels donc ce que l’on découvre, c’est le regard qu’a porté sur nous un ou une metteuse en scène. Et c’est ça qui est enthousiasmant à découvrir dans un rendu, et non pas soi-même à l’image.
J’étais contente, aussi, de visionner l’épisode par rapport au montage. Même si je l’avais lu, je l’avais oublié en me concentrant sur la chronologie de mes scènes, j’ai donc eu l’impression de redécouvrir comment ont été organisés les flashbacks. J’ai redécouvert aussi certains dialogues de mes partenaires de jeu, donc j’ai eu la sensation d’être en train de regarder l’enquête pour la première fois 🙂 !
On vous imagine, à présent, curieuse des retours du public ?
Carrément, je suis très curieuse ! Je suis une très bonne téléspectatrice de séries policières… je regarde assez peu la télé mais, si j’ai le malheur de tomber sur un épisode, c’est fini : il faut que je sache comment ça se termine. Cette saison d’”À priori”, je la trouve lumineuse, créative et rigolote. Le projet est chouette, donc oui, je suis impatiente de voir comment il sera reçu.
En parallèle, vous serez, en juillet prochain, au festival d’Avignon avec “Le voyage d’Alice en Suisse”. Comment pitcher cette pièce ?
C’est l’histoire d’une jeune femme qui est atteinte d’une maladie incurable, et qui décide de partir en Suisse pour faire un parcours de suicide assisté. Elle va être accompagnée d’un médecin et, au fur et à mesure des consultations, ils vont tomber amoureux…
Au sein de la compagnie Esbaudie, je développe des spectacles qui abordent des thématiques sociétales et qui permettent, à la fin, de faire des débats et un échange avec le public. L’idée est, par le biais du théâtre, et d’une histoire, d’ouvrir à la réflexion… Autour du sujet de la fin de vie, il y a beaucoup à dire…Au-delà de “Je suis pour” ou “Je suis contre”, il y a “Dans quelles conditions ?”, “Pour qui ?”, “De quelle manière ?”, “Pratiquée par qui ?”. En fait, ça balaie beaucoup de problématiques et c’est ce que j’ai trouvé beau avec ce texte, c’est que, justement, il n’en oublie aucune. Quand j’ai lu cette pièce, je me suis dit que c’était exactement ce que je cherchais, une histoire originale et profondément humaine.
Malheureusement, dans le cadre du festival, on ne pourra pas faire de débats mais, en tout cas, c’est comme cela que j’aimerais qu’il soit diffusé. Je trouve que ces discussions sont des moments passionnants !
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Quel personnage avez-vous le plaisir de défendre ?
J’ai un petit rôle dans la pièce, je suis l’assistante du médecin, même si je dirais que c’est une pièce chorale. J’aime quand un groupe raconte une histoire, quand ça joue ensemble et que tout se mélange. C’est l’histoire d’une jeune femme, et celle du médecin, mais tous les personnages ont des rôles importants et sont des figures majeures. Je pense qu’on ressort du spectacle en emportant un peu de chacun d’entre eux…
Cette assistante est dans une démarche très engagée et elle va découvrir ce qu’est ce parcours-là, ce que c’est que de travailler à cet endroit-là, sur le terrain. Et réinterroger ses convictions. Finalement, son parcours est également mon parcours à moi, quand je me suis plongée dans ce sujet et quand j’en ai saisi l’ampleur civilisationnelle.
Quels premiers retours du public aviez-vous déjà pu avoir en septembre dernier, lors des premières dates à Paris ?
Je me suis rendue compte, et c’était mon but, que c’est une thématique difficile à aborder, je ne vais pas m'en plaindre vu que c’était justement ma volonté, mais ça a suscité de vives réactions. Comme le projet de loi autour de la fin de vie était censé passer au Sénat en octobre, je pensais que ce serait un peu dans l’air…Et j’ai été très surprise parce que ça n’était pas le cas. J’ai remarqué que la plupart des personnes qui venaient me parler après les représentations, en tant que metteuse en scène, ne connaissaient pas le sujet, et avaient beaucoup de questions ! Cela m’a beaucoup étonnée, je m’en doutais un petit peu mais pas à ce point. Il faut dire aussi que la rentrée dernière était très mouvementée, et disons que ce n’était pas le sujet le plus bouillant…
Nous relançons des répétitions le mois prochain et je pense que, sur les choix de jeu et de direction, je prendrais en compte ces discussions. D’ailleurs, au fur et à mesure déjà de l’exploitation, on avait modifié des éléments, on distribuait même une feuille de salle, pour que les spectateurs puissent lire, avant que le spectacle commence, les différentes pratiques existantes dans différents pays et comprennent mieux certains mots de vocabulaire. Cela nous semblait nécessaire ! Le projet de loi est d’ailleurs encore reporté et n’est toujours pas passé au Sénat.
D’autres personnes sont venues me voir pour me dire “J’ai traversé ce parcours-là, j’étais très sceptique avant de venir et, finalement, je suis content que ce soit abordé de manière ouverte, sans tabou”. Ces retours nous ont fait chaud au cœur, désacraliser la mort était très important pour nous, tout comme que l’art puisse donner la possibilité de transcender nos blessures.
Le fait d’être au festival d’Avignon doit être une grande source de fierté ?
Oui, c’est un endroit merveilleux quand on aime le théâtre ! C’est la grande fête annuelle du spectacle vivant, c’est rentrer dans les remparts et, tout d’un coup, découvrir des performances, partout… Évidemment ce n’est pas que ça, c’est aussi le nerf de notre industrie, mais je continue de trouver ce festival fabuleux. Chaque année, je me fais un plaisir à dénicher la pièce la plus singulière et improbable possible…Il y a quelques années, j’avais vu une compagnie japonaise, qui proposait “Huis clos” de Sartre…mais dans l’espace, avec des tenues de cosmonautes. Je trouve que le festival a cette magie-là aussi, d’accueillir des propositions originales du monde entier.
Pour terminer, vous écrivez actuellement une pièce, sur un thème qui vous tient particulièrement à cœur, à titre personnel…
Oui, j’avais envie que la compagnie évolue vers des propositions originales, même si je trouve qu’il y a plein d’auteurs fabuleux, que j’aimerais mettre en scène. L’année prochaine, j’ai envie de développer des projets d’écriture sur des thématiques qui me touchent.
J’ai choisi de commencer par me questionner sur ce que signifie être binational, car c’est une réalité qui me touche profondément et, je pense, beaucoup d’autres personnes. J’avais envie d’explorer comment cette double appartenance façonne l’identité d’une personne. C’est une démarche que j’aime : partir de l’intime pour observer ce qu’elle révèle à l’échelle de la société. Nous sommes nombreux à nous interroger sur nos racines, notre ancrage, sur l’endroit où l’on peut vraiment se dire : “Là, je suis chez moi.”
Merci, Stéphanie, pour toutes vos réponses !