France 2 / Tropiques criminels : Hindra Armede évoque le personnage guest qu'elle interprète dans cette nouvelle saison !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Hindra,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Les téléspectateurs de France 2 pourront prochainement vous retrouver dans “Trois rivières”, un nouvel épisode inédit de la série “Tropiques criminels”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Déjà, rien que le fait de revenir à l’écran depuis « OPJ » ! Entre-temps, j’ai commencé les cours Florent, donc, pour le coup, c’était une vraie pause. Et revenir dans les mêmes conditions, sur une île, mais dans un autre environnement, pour faire quelque chose que j’aime profondément, ça m’a fait, c’est vrai, très, très plaisir !

 

En plus, c’était inattendu, parce que j’étais persuadée d’avoir raté le casting. J’en suis sortie avec un gros sentiment d’échec, en me disant que ce n’était peut-être pas ma place, pas l’endroit où je devais aller, et qu’il fallait peut-être arrêter de jouer. Oui, j’en étais à ce stade-là… J’étais dans une phase un peu compliquée !

 

Après tout, ce métier nous fait constamment douter, et le fait d’être dans une école en parallèle nourrit aussi cela : on est dans une étape où l’on travaille beaucoup, où l’on apprend. Et quand on apprend, on est vulnérable, on se questionne énormément, sur tout, et forcément, le doute s’installe.

 

Et c’est « marrant » de voir à quel point ça peut biaiser le regard que l’on porte sur les événements. Parce que le casting s’est très bien déroulé : il y avait une bonne ambiance, la directrice de casting était vraiment super sympa, c’était chaleureux. J’ai passé un bon moment, et pourtant, j’en suis sortie avec ce sentiment désagréable, convaincue de ne pas être à ma place. Comme quoi, c’est bien de se fier à ses ressentis, mais il faut savoir distinguer les bons des mauvais.

 

Donc oui, j’étais très surprise et très contente !

 

Après “OPJ” à la Réunion, vous avez tourné, cette fois-ci, en Martinique. A chaque fois, le cadre et les décors sont très plaisants…

 

Complètement ! Je viens de Nouvelle-Calédonie, donc le fait de tourner sur des îles me ramène un peu à la maison, à l’environnement que j’ai toujours connu. Et c’est, je trouve, une manière douce de s’insérer et de découvrir le milieu. J’aurais pu commencer directement à Paris, avec un environnement et des codes qui m’étaient inconnus. Le job reste le même, mais sur une île, l’ambiance et les rapports sont, pour moi, différents : il y a quelque chose de détendu, de convivial, de chaleureux, de familial, de réconfortant. Personnellement, je m’y sens à l’aise. Donc c’est vrai que tourner en Martinique avec Sonia et Béatrice a été génial ! Un retour comme celui-ci, c’est vraiment chouette !

 

C’est vrai qu’un tel projet est l’occasion de côtoyer un chouette casting de récurrents et de guests…

 

Oui, oui ! Et puis même l’équipe technique… J’ai rencontré de très belles personnes sur ce plateau. Je pense notamment au réalisateur, Julien Séri : il est génial, très solaire, il accompagne et sait te mettre à l’aise. C’est toujours agréable de découvrir de nouvelles personnes avec qui travailler.

 

Le fait de tourner avec une autre équipe, et des personnes que je ne connaissais pas du tout, c’est rafraîchissant et valorisant. 

 

Par définition, un guest n’a pas forcément de lien direct avec les précédents épisodes. Pour autant, en amont du tournage, vous étiez-vous (re)plongée dans les derniers épisodes pour mieux encore vous imprégner de l’atmosphère ? Ou aviez-vous préféré garder une certaine fraîcheur ?

 

Oui, et puis je connaissais déjà le programme. « OPJ » et « Tropiques criminels » sont quand même très similaires. Je me souviens qu’avec ma copine Marielle, qui joue Kelly dans « OPJ », on s’amusait, dans la chambre d’hôtel, pendant le tournage, à regarder la série pour voir comment ils faisaient par rapport à nous. 

 

Après, je n’ai pas spécialement regardé les dernières saisons. Je ne m’y suis pas replongée davantage parce que, en soi, mon personnage n’a pas d’impact sur l’évolution globale du projet : c’est plus une pièce rapportée… Donc, avec cette idée en tête, j’avais envie d’arriver comme le personnage arrive.

 

Plus concrètement encore, comment pitcher l’épisode dans lequel votre personnage intervient ?

 

C’est une enquête comme les autres, où je suis l’une des suspectes, si ce n’est la criminelle… on ne sait pas 🙂. Ce qui est drôle, c’est que je suis née et ai grandi en Nouvelle-Calédonie, mais ma grand-mère est guadeloupéenne et mon grand-père martiniquais… Et c’est grâce à « Tropiques criminels » que je suis allée, pour la première fois, en Martinique !

 

Dans cet épisode, un lien générationnel est abordé pour mon personnage. Et, à travers le rôle et toute cette expérience, j’étais en train de me reconnecter à mes racines sans même m’en rendre compte ! En plus, j’ai constaté qu’un des techniciens portait le même nom de famille que moi… Si ça se trouve, on est peut-être de la même famille !

 

Justement, comment avez-vous abordé l’interprétation de Stacy, votre personnage ?

 

Petite parenthèse : après « OPJ », quand je suis venue m’installer à Paris, j’ai vu à la Fnac, pour la première fois de ma vie, alors que c’est très courant, une rangée de 23 Stabilo pastel, avec différentes nuances… Et j’ai adoré, parce que ce sont des couleurs légères, pas brutes, qui permettent la transparence.

 

Sachez qu’ils sont maintenant posés sur mon bureau comme décoration et qu’ils sont exclusivement destinés à mes futurs rôles. Chaque Stabilo est réservé à un personnage, parce que chaque personnage a sa propre couleur. Je me suis donc donné pour objectif d’avoir 23 rôles ! Et pour l’instant, j’ai déjà utilisé deux Stabilo ! 

 

Pour Stacy, j’ai utilisé une couleur entre le jaune et le vert… Honnêtement, je ne sais pas pourquoi, mais c’est la couleur qu’elle dégage. Pourtant, elle n’était pas particulièrement solaire, mais le fait qu’elle soit nuancée montre, pour moi, qu’elle est en train de mûrir.

 

Donc ma première étape est d’abord de choisir le Stabilo. Ensuite, je lis tout l’épisode et je note toutes les informations que je peux avoir sur mon personnage et son environnement, même lorsqu’il n’est que vaguement mentionné. À partir de là, je me fais un parallèle entre lui et moi… Pour mes scènes, je crée des sous-textes : comment est-ce que, moi, j’aurais dit cette réplique ? Qu’est-ce que je veux vraiment dire par cette réplique ? Tout ça pour comprendre la psychologie du personnage et me l’approprier.

 

Dans les moments où je ne me sens pas proche du personnage, ce qui n’était pas le cas ici, je passe d’abord par le corps, en trouvant une posture et une démarche pour que, peut-être, la psychologie suive ensuite. Je fais encore plus de parallèles avec ma vie personnelle : est-ce que j’ai vécu des situations similaires ? Comment ai-je réagi à ce moment-là ? Et j’incorpore cela au personnage, en fonction de ce qu’il me donne. C’est un véritable échange entre lui et moi, finalement !

 

Certainement avez-vous hâte de découvrir le rendu final ?

 

Complètement ! J’ai déjà vu des extraits parce que, pour la première fois, j’ai fait de la post production, ce qui était génial. Je me suis doublée moi-même, c’est vrai que c’était étrange mais j’ai adoré, c’était très chouette. Donc j’ai hâte de voir les images finales et comment ça rend…

 

Jusqu’à présent, je ne me suis vue qu’à travers le rôle d’Agathe dans “OPJ” et, là, de visionner ce nouveau personnage me permettra de voir aussi ce que je peux faire d’autre. Parce que Stacy n’est pas du tout comme Agathe…

 

D’ailleurs, aimez-vous regarder le rendu final, notamment pour capitaliser sur votre propre jeu ?

 

Je déteste ! C’est une vraie épreuve de se confronter à soi. Je me souviens qu’à la sortie de la première saison de « OPJ », alors qu’on se préparait pour la deuxième, j’étais obligée de regarder le rendu et j’étais très mal à l’aise, au point d’avoir les larmes aux yeux de gêne…Accompagnée, c’était plus simple : du coup, je le faisais uniquement avec la coach.

 

C’est quand même étrange, car moi qui fais de la danse à côté, je me vois très souvent danser, et bizarrement, je suis beaucoup moins gênée. Je ne sais pas pourquoi…

 

En parlant de “OPJ”, vous faites un petit retour, dans la prochaine saison, plus sous forme de clin d'œil…

 

Oui ! Et puis entre la saison 3 et la saison 7, je pense qu’Agathe a mûri aussi. Quand je l’ai quittée, elle avait 18 ans et était une post-ado en crise. Je ne sais pas si l’on verra réellement ce qui a changé chez elle, mais c’était cool, en tout cas, de la retrouver, tout comme de retrouver les copains réalisateurs. C’était chouette !

 

En parallèle, vous suivez les cours Florent et c’est l’occasion, pour vous, de diversifier vos cordes artistiques, notamment en vous lançant dans la création…

 

Tout à fait ! Bien que je n’aie pas encore énormément d’expérience dans l’acting, je pense que c’est un passage obligatoire et nécessaire pour sa construction personnelle et professionnelle. Comme je le disais, c’est un chemin plein de doutes et de remises en question… Et parfois, quand on écoute trop ses doutes, on se renferme et on n’avance plus. Quand ça arrive, je pense qu’il faut simplement sortir et prendre l’air : quitter un temps son statut d’acteur, se tester à autre chose, porter une autre casquette. ça peut donner un nouveau souffle à sa pensée et à son regard : ça permet d’être plus doux avec soi-même, plus indulgent. Mais en plus, ça permet de se découvrir. Et moi, j’ai découvert que j’aimais écrire ! 

 

Et quand tu portes à nouveau ta peau d’acteur, ton regard est différent, rafraîchi. Par exemple, en faisant ce processus, j’ai compris que lorsque tu passes des castings, c’est le rôle qui te choisit et pas l’inverse. J’aime cette idée : il y a une dimension sacrée, presque spirituelle. Maintenant que j’écris et que je crée moi aussi des personnages, je comprends ce qui les rend précieux : créer des personnages, c’est comme créer des âmes en quête d’incarnation.

 

Du coup, c’est vrai que maintenant, avec cette vision, quand je vais au casting, je ne me mets plus la pression pour obtenir le rôle à tout prix, parce que c’est indépendant de ma volonté.

 

Peut-être même que ce spectacle pourrait poursuivre son chemin au-delà du cadre des cours Florent ?

 

Oui je l'espère ! Pour créer ce projet, je me suis inspirée de “Nos amis les humains”, de Bernard Werber. J’aimerais beaucoup qu’il vienne le voir une fois terminé…

 

Plus globalement, quelles seraient vos envies pour la suite de votre parcours ?

En termes de jeu, j’adorerais avoir un rôle qui puisse me challenger dans ma recherche et dans le travail que demande sa préparation, qui pousse ma réflexion. Parce que ce que j’aime profondément dans ce métier, c’est tout le travail en amont avant d’incarner le personnage. C’est cette quête pour trouver le point de rendez-vous entre le personnage et moi, c’est faire sa rencontre. Et plus le personnage est éloigné de moi, plus le travail est minutieux. Et, bien entendu, j’espère utiliser mes 23 Stabilo !

 

J’aimerais également poursuivre l’écriture et la création, pas uniquement pour des pièces de théâtre, mais aussi, par exemple, pour de l’animation. J’ai eu la chance de m’essayer au doublage lors d’un casting, et j’ai adoré l’expérience : ça m’a beaucoup inspirée. J’avais aussi commencé à écrire un roman, et l’objectif serait de le terminer. Mais dans l’idée, j’aimerais créer des opportunités plutôt que de les attendre.

 

Merci, Hindra, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Télévision

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