TF1 / Le diplôme : Julie Sassoust nous en dit plus sur Jen, son personnage dans cette mini-série !
Bonjour Julie,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2025 du festival de la fiction TV de La Rochelle, où vous venez présenter “Le diplôme”, prochainement diffusé sur TF1. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Tout à fait ! Je suis très reconnaissante de cela, de pouvoir défendre ce projet à La Rochelle et de le visualiser avec plein d’autres personnes, qui vont le découvrir. C’est un très beau festival, pour découvrir beaucoup de très très beaux projets et je suis très fière d’en faire partie, en tout cas.
Si l’on en revient à la genèse de ce projet, qu’est-ce qui vous avait incitée à y participer?
Ce sont vraiment, déjà, tous les sujets que l’on aborde, pas que par rapport à mon personnage, qui sont nécessaires, justement, aujourd’hui. Aussi la façon dont ça a été écrit, avec beaucoup de subtilité, de profondeur et de relief. Ce que j’ai vraiment adoré dans le personnage de Jen, c’est tout ce côté où l’on revient à l’adolescence. C’est quelque chose qui est ancré chez tout le monde, je pense, c’est juste que, parfois, en grandissant, à l’âge adulte, on met de côté certains sujets parce qu’on a vécu des choses qui ne sont pas forcément ouf.
Ce qui était super avec Jen, c’est que, justement, on se retourne aussi vers tous ces sujets-là, qui font partie de la vie. Là, en l'occurrence, sur le harcèlement, sur le fait que les gens ne sont pas toujours très cools et que l’humain, malheureusement, n’a pas toujours de bonnes actions envers d’autres êtres humains. On voit aussi comment le personnage évolue, comment Jen va essayer d’aller mieux et de s’en sortir…Comment est-on amené à faire une tentative de suicide ? C’était aussi toute la complexité…Il fallait amener le truc progressivement, pour comprendre et se dire, en fait, que chaque acte peut avoir des conséquences extrêmement graves. Dans la vie de tous les jours, on en entend parler tout le temps et c’est hyper important de pouvoir le visualiser et de comprendre que ce sont des sujets importants…Les actes ont toujours des conséquences, il faut faire attention à ce que l’on dit et ce que l’on fait.
Artistiquement parlant, ce personnage vous a permis une palette large et variée…
Oui, complètement ! Quand on la découvre, elle ne parle quasiment pas…Déjà, il faut savoir exister dans le silence aussi, y trouver de la profondeur, pour qu’on s’intéresse à elle, pour qu’elle ne soit pas antipathique non plus, pour qu’on se dise qu’il y a quelque chose de lourd, qui la dépasse et qui est plus fort qu’elle. Ce travail dans le silence demande beaucoup d’énergie parce que, mine de rien, il faut tout le temps être à l'affût aussi, de chaque action des uns et des autres, et pouvoir jouer “seule” avec eux. Quand le personnage est dans le silence, personne ne s’adresse à lui donc il y avait ce truc-là aussi à trouver…
Après, aussi, sur son évolution, sur savoir à qui elle s’adresse, de quelle façon, à qui elle fait son premier sourire et pourquoi, …Du coup, il y avait un questionnement plus en profondeur que pour d’autres personnages, qui ont sûrement été travaillés différemment. Mais c’était super intéressant ! C’était très intense, du coup j’ai vraiment beaucoup d’amour pour le personnage de Jen, je l’aime beaucoup beaucoup, oui !
Avez-vous eu, parfois, des sources plus personnelles d’inspiration ?
Oui ! Comme beaucoup, j’avais énormément de colère quand j’étais adolescente donc ça m’a permis, un peu, d’y trouver un exutoire. J’ai toujours été fascinée par les acteurs et les actrices car, quand on les voit jouer, on a l’impression de voir qui ils sont réellement et toute leur sensibilité. J’ai encore plus appris sur moi aussi avec ce personnage, sans rentrer dans le cliché de “Je me suis replongée dans des trucs super durs”. Je me suis effectivement replongée dans ces sujets qui traitent de l’adolescence et, aussi, après, j’ai regardé beaucoup de reportages et j’ai écouté beaucoup de podcasts sur les personnes qui ont été victimes de cela et qui, aujourd’hui, ne le sont plus. Parce que ce n’est pas parce que l’on est victime de quelque chose que l’on en est une dans la vie, je tiens à le préciser, parce que c’est important. Il y a des personnes, ça les suit mais toute leur vie. Je regardais, il y a une jeune femme qui va se marier et son mari recevait encore des messages de la part de ses détraqueurs de l’époque. Je me dis que c’est quand même fou ! De voir toute l’émotion chez ces personnes, la sensibilité et l’injustice, cela m’a beaucoup nourrie ! Je pense qu’on a tous vécu de l’injustice dans sa vie, cela m’a parlé et, après, j’en ai fait ma petite tambouille et c’est sorti comme ça devait sortir. Mais, effectivement, toutes ces personnes-là m’ont beaucoup inspirée aussi, avec ces vrais témoignages. Sans oublier ceux des familles : c’est très dur d’entendre les familles, qui ont peur que leurs enfants fassent des tentatives de suicide, elles ne dorment plus et ne vivent plus, elles ont peur tout le temps. Voilà, ce mécanisme de la peur et de l’injustice est quelque chose qui m’a beaucoup nourrie, effectivement !
Le plaisir était sans doute aussi dans le fait de côtoyer ce très chouette casting…
Bien sûr ! Franchement, je suis tellement ravie d’avoir rencontré toutes ces personnes-là, qui ont été d’une bienveillance et d’une chaleur extrêmes. Vraiment, cela a été un réel plaisir de jouer avec elles ! Chacun connaissait tellement bien son personnage, chacun avait tellement travaillé que, en fait, quand tout venait s’entrechoquer avec les dialogues, c’était fou, on se disait que ça fonctionnait et, du coup, j’exagère à peine en disant que l’on n’avait pas besoin de jouer…Quand on voyait l’autre qui est tellement investi avec soi et qui balance une réplique qui vient nous impacter directement grâce au travail fait, alors que je me sentais très stressée au début parce que j’avais envie, je pense, comme beaucoup de jeunes, d’être dans la performance, à un moment, je me suis rendue compte que chacun avait sa place et que chacun se laissait la place d’être qui il était, dans le personnage et en tant qu’acteur ou actrice. Donc je suis très reconnaissante, c’était un bonheur !
Vous avez sans doute hâte de la diffusion et des retours du public ?
Bien sûr, j’ai vraiment hâte ! Je suis très fière de porter ce projet et très fière de porter ces sujets. J’ai vraiment envie, effectivement, d’avoir les retours pour savoir comment ça a été été perçu, si toute la profondeur que j’ai mise dans mon personnage a été perçue de la même façon, comment les gens se sont sentis, si ça les a touchés et, si oui, où est-ce que ça les a touchés exactement, sur quels sujets, comment, pourquoi, par rapport à quoi, à quelle histoire personnelle…Je trouve que c’est toujours intéressant d’avoir des discussions en profondeur avec les gens. Ce projet vient chercher en profondeur chez l’autre et chez le public donc je trouve nécessaire de parler de ces sujets !
En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
J’attends des réponses de castings, je travaille aussi sur des projets que j’aimerais mener et qui me définissent également réellement. Je suis également revenue sur ITC depuis la fin du tournage, avec le personnage d'Anaïs.
Merci, Julie, pour toutes vos réponses !