Mathilde Mosnier nous en dit plus sur sa belle et diversifiée actualité artistique!

Publié le par Julian STOCKY

@ Bernard Pitet

 

 

Bonjour Mathilde,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Votre actualité est particulièrement riche en ce moment, avec notamment un moyen-métrage qui connaît un beau chemin…

Oui, oui, cela s’est fait avec une très belle équipe des Hauts de France ! Les “Histoires En Hauts” ont gagné un concours qui a permis aussi la concrétisation de son scénario en film. C’est un moyen-métrage très amusant avec un univers joliment décalé ! 

Je l’ai découvert en passant une audition pour jouer une fée puisque c’est une nouvelle histoire de “Cendrillon”, mais avec beaucoup d’humour, de comédie et de rêves. Je ne vais pas dévoiler l’intrigue mais Cendrillon fait des siennes…et, heureusement, elle a sa marraine. C’est très important, dans la vie, d’avoir des figures référentes qui nous aident à ne pas faire d'erreurs ou à apprendre à ne plus les faire. Ce n’est pas évident d’être jeune, aujourd’hui plus particulièrement donc c’est pour cela que je me dis que des figures d’appui peuvent avoir beaucoup de sens. Ce film en parle d’une manière très jolie, comme il parle de plein d’autres choses, avec vraiment beaucoup d’humour et un univers visuel incroyable. Je crois que le pari est réussi !

Il y a des décors incroyables et des effets spéciaux, il y a également plein de clins d'œil à l’univers, je dirais, pop d’aujourd’hui, avec des inspirations multiples. Notamment de personnages pouvant s’apparenter aux Marvel ou aux contes de fée, et même à des transcriptions, au cinéma, de contes. Pour mon rôle de la bonne fée, j’y ai vu une inspiration, aussi, de Delphine Seyrig dans “La fée des Lilas”. Donc c’est très riche ! On avait des costumes splendides…J’étais bien servie, j’avais un costume cousu main, avec des cristaux. C’était tellement beau !

Surtout, c’est très bien écrit, c’est très vif, il y a un très bon rythme. L’équipe de tournage aussi était super, on était très bien encadrés. La production a eu également à cœur de montrer des lieux de cette région, beaucoup d’acteurs et de techniciens locaux étaient présents, pour en valoriser les richesses. Maintenant, quand je pense aux Hauts de France, je pense à ces images-là et il y a beaucoup de beaux souvenirs, de tendresse et d’humour. Un merci d’ailleurs à cet effet à Kevin Bénard et Julien Fremont, respectivement à la réalisation et au montage. J’espère que ce film va rayonner et qu’il va être diffusé au maximum, parce qu’il fait du bien ! Je pense que la production a beaucoup d’autres super scénarios dans les tiroirs, donc j’espère que l’aventure sera longue. 

En parallèle, à l’autre bout de la France cette fois-ci, vous avez tourné pour un autre projet…

“Moi, Laure de Sade”, du réalisateur Jean-Luc Piacentino, s’est tourné en grande partie dans le sud-est, notamment dans le Vaucluse, avec des paysages superbes. Jean-Luc est originaire de cette région et avait appris que cette fameuse Laure était la muse de Pétrarque, un poète ayant vécu dans le coin au XIVème siècle, à la toute fin du Moyen-Age. Par son humanisme, son esprit d’ouverture et son désir de connaissance, il est déjà un homme de la Renaissance. En fait, il fait le lien entre les deux époques. Il est l’un des premiers à avoir écrit de la poésie dans la langue commune et pas en latin ni en grec. Du coup, il avait démocratisé la poésie et était adoré pour cela ! D’autant qu’il proposait une poésie très moderne et nouvelle pour l’époque où l’on exprimait son ressenti intime, ses émotions, sa sensibilité. Il est, encore aujourd’hui, étudié à l’école, en Italie, son pays d’origine. 

Il avait écrit tout un livre d’amour sur, selon toute vraisemblance, Laure de Sade, qui était très connue, à cette époque, pour sa beauté, sa gentillesse et son caractère doux. Elle a inspiré beaucoup d’artistes de cette période, dont on peut voir certains tableaux sur les fresques d’Avignon. Cette Laure avait épousé l'aïeul du Marquis de Sade et, chose étrange, ce dernier, dont on sait tout ce qu’il a écrit, qui a inspiré le sadisme, avait une dévotion pour cette aïeule qu’il n’a jamais connu, plusieurs siècles les séparant, et pour Pétrarque. Il a passé une grande partie de sa vie en prison et avait deux livres, qu’il lisait et relisait sans cesse, notamment celui de Pétrarque évoquant son amour pur et désincarné pour Laure. C’est donc un paradoxe énorme ! 

 

@ Michaël Guichard

 

Le réalisateur est parti de ce paradoxe-là pour en faire un film. C’est l’histoire d’un réalisateur, qui est connu pour avoir fait pas mal de documentaires et à qui on en commande un sur ces personnages-là. Ce réalisateur a, dans sa vie personnelle, des problèmes, il est malade et il y a ce lien avec la mort, comme un bilan de sa vie, entre l’amour et la mort. Ce film va avoir un écho, à travers ses recherches, par rapport à ses problématiques…Ce réalisateur va avoir comme assistante une jeune femme, Constance qui, à la base, est plutôt actrice mais qui a aussi travaillé comme journaliste, à qui il trouve une ressemblance avec Laure. Elle a aussi vécu des drames dans sa vie personnelle, qui vont faire écho avec ceux de ce réalisateur. Le fait de travailler sur ce film, qui va devenir un docu-fiction dans lequel il va lui faire jouer le rôle de Laure, va vraiment avoir un impact sur leur vie et ça va également les amener à en dépasser les épreuves. 

C’est un très beau film, où il est aussi question de transmission et de cette réflexion, au travers de l’art et de la littérature, du rôle que ça peut avoir sur nos vies. 

Les téléspectateurs de TMC avaient également pu vous retrouver dans la série ‘“Les mystères de l’amour”...

Oui, j’ai joué Astrid, une fille qu’il ne vaut mieux pas contrarier. C’est un personnage que j’ai eu beaucoup de plaisir à interpréter parce qu’il a un côté très mystérieux. On l’a découvert d’abord par sa silhouette, puis par ses gestes et, enfin, par son visage. Elle faisait du vaudou sur Pierre, avec qui elle était sortie et comme elle n’avait pas supporté qu’il la quitte, elle s’est vengée…Mais comme c’est une série où tout va bien qui finit bien, elle n’a pas pu aller au bout de ses méfaits… 

Toujours pour le groupe TF1, vous avez récemment participé, à Bordeaux, à un nouvel épisode de “Petits secrets entre voisins”...

Autant le personnage d’Astrid était tourmenté, autant là, Lise est lumineuse et généreuse. Ce tournage à Bordeaux a vraiment été un plaisir, dans cette très belle ville. Lise est une journaliste, encore une 🙂, qui s’est mise en couple depuis un an avec un médecin, c’est le parfait amour et de nouveaux voisins vont s’installer…dont un, vraiment flippant et bizarre, qui prend Lise pour quelqu’un d’autre. Cette dernière va enquêter sur cette jeune femme avec qui son voisin la confond, qui lui ressemble étrangement et qui est morte dans des conditions très mystérieuses. Elle va finir par découvrir la vérité et comprendra que ça met en cause ses proches…

 

@ Michaël Guichard

 

Ces différents projets vous permettent des palettes de jeu qui le sont tout autant…

C’est exactement cela et c’est génial ! En plus, les univers stylistiques étaient tellement différents…Ce sont des séries télévisées aux publics larges, c’est un film d’auteur, c’est un univers totalement décalé, ce sont des personnages très lumineux ou mystérieux à jouer…Donc, oui, pour une actrice, j’ai été servie ! J’ai tout joué, de la victime au bourreau, de la femme de grand cœur à la femme tourmentée, …C’est beau et c’est une chance, je le reconnais ! 

Les rôles, quels qu’ils soient, ont, à chaque fois, plusieurs couches donc plus on a de couleurs, plus les mélanges sont subtils. D’explorer tous ces univers est aussi un moyen, à chaque fois, de rajouter des couleurs à sa palette, pour encore mieux servir les personnages à venir.

En parlant de palette, j’ai récemment collaboré avec le domaine de Saint Cloud où, dans le cadre de leur exposition sur de célèbres artistes du 20ème siècle ayant peint le domaine, ils ont fait intervenir des comédiens pendant un week-end. J’avais collaboré à l’écriture et j’ai eu plaisir à jouer deux de ces artistes, dont une, Renée Aspe, que ma grand-mère a connue et dont j’avais entendu parler, quand j’étais petite. C’était une belle émotion pour moi ! 

C’est ma deuxième collaboration avec ce lieu, j’étais déjà venue il y a un an pour interpréter des lettres de la princesse Palatine. Et j’avais déjà joué une autre peintre sur scène, Suzanne Valadon, j’avais même eu la chance d’aller jouer le spectacle « Je te veux » d’Elyane Antagnague, qui retrace sa vie et sa rencontre passionnée avec Erik Satie… en Corée du Sud dans le cadre d’un beau festival international. L'accueil avait été super et l’expérience géniale !

Votre palette est très large, vous chantez aussi…

Exactement ! Je suis comédienne chanteuse, j’ai fait un album, qui me tient particulièrement à cœur, avec une équipe toulousaine, ville dont je suis originaire. Ces artistes sont magnifiques…J’ai réalisé cet album avec Georges et Pierre-Marie Baux. On a voulu faire une déclaration d’amour au cinéma, avec un style jazzy-pop. L'album s’intitule “Avant-Première” et il suffit de lire les titres pour comprendre qu’ils font tous plus ou moins référence au cinéma…Il y en a même un qui s’appelle “7ème art”, on ne peut pas être plus explicite… 

 

@ Bernard Pitet

 

Merci, Mathilde, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Télévision, Musique

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