France 2 / Comme une ombre : Cédric Appietto évoque Mickael, son personnage dans ce nouveau programme, et en profite pour aborder ses autres actualités et projets !
Bonjour Cédric,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de France 2 pourront vous retrouver le mercredi 28 janvier dans “Comme une ombre”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Bonjour et merci de me recevoir. Oui, je suis content parce qu’avant tout, ce fut un réel plaisir parce car on était toute une équipe composée de gens avec qui j’avais déjà travaillé et pour qui j’ai beaucoup d’affection. J’avais croisé Marie Denarnaud sur des courts-métrages, c’est quelqu’un que je connais depuis très longtemps, j’ai vu commencer Foed Amara, Sara Martins je l’ai connue au Théâtre. Tiphaine Daviot, Moise Santamaria et Elsa Blayau la réalisatrice, c’était la première fois. Elsa est venue me trouver pour ce projet, le sujet me faisait envie, cela me plaisait de m’inscrire dans un thriller comme celui-ci, avec cette histoire de serial killer. Le personnage m’intéressait parce que c’est le personnage que l’on risque de détester : c’est toujours pareil, on va essayer de faire qu’au final, les gens l’aiment un minimum. Voilà, pour toutes ces raisons, j’ai vraiment apprécié faire ce projet et je suis heureux qu’il soit montré au public. C’était très en détente, dans la bonne humeur, et ça reste de beaux souvenirs de tournage ! J’ai hâte de voir l’audience qu’il fera…
Le tournage a eu lieu à Lyon, dans un cadre très agréable…
Beaucoup de tournages se font dans cette région, l’année dernière j’ai tourné dans une série qui devrait sortir très bientôt sur Apple TV…Chut..! On était en Savoie, vers Albertville et Chambéry mais on a aussi eu des prises de vue en région lyonnaise. Pour l’anecdote, le premier jour de « Comme une ombre », je me suis retrouvé exactement dans le même décor de carrière de Granulats que mon dernier jour de tournage sur la série Apple. J’avais enchainé les deux tournages donc c’était très bizarre de me retrouver dans ce même décor, deux mois après. Avec, en plus, quelques gens de l’équipe en commun…C’était assez schizophrénique ! On avait l’impression de se retrouver sur le même tournage, puisqu’il y avait les mêmes personnes et que l’on était au même endroit…C’était une sensation très très très bizarre ! Comme c’était le premier jour pour le nouveau projet, il fallait en plus se mettre dedans, c’était même la scène d’ouverture, où on découvre les cadavres, où il y a toute l’équipe donc c’est toujours un moment particulier.
Votre personnage, Mickaël Nicoulot, vous a certainement permis une palette de jeu plaisante à défendre ?
Oui…En tout cas, à traverser ! Je n’ai pas besoin de défendre intellectuellement un personnage, il faut déjà essayer de le traverser et comprendre ses motivations, pourquoi il est comme cela, lui accorder du crédit, ne pas le juger…C’est plus ça la démarche. Je pars du principe que, pour n’importe quel personnage, il faut partir avec cette démarche-là, sinon, si on juge un personnage, on va le caricaturer, on va le réduire. Il faut donc l’épaissir au maximum, c’est mon avis. Il a sa pulsation, sa respiration, sa vie, son âme, son énergie…Je pars de ce principe-là… dans mon travail en tout cas.
Du coup, avez-vous parfois des sources particulières d’inspiration ?
La vie, ce qu’il y a autour de moi….J’adore me mettre à une terrasse de café et regarder les gens passer. C’est cliché, mais c’est vrai, c’est comme cela, il y a des démarches, des actes,....Surtout dans des grandes villes et encore plus dans les quartiers populaires, où plein de gens, de différents horizons, sont là les uns avec les autres. Je me sers beaucoup de cela ! Évidemment, j’ai aussi des références cinématographiques qui, même inconsciemment, doivent m’accompagner. Des références musicales également…J’adore travailler en musique : quand je crée un personnage, j’ai toujours une playlist que j’écoute en boucle et qui m’accompagne pendant tout le tournage. Ça me met dans une rengaine.
Après, il y a plein de sources d’inspiration : les animaux peuvent en être une. Beaucoup d’acteurs s’en servent….Pour m’y être intéressé, le rapport à l’instinct primaire peut se révéler intéressant pour certains personnages.
En complément, vous allez être prochainement président du jury d’un festival, en Corse…
Oui, le Festival du Cinéma Italien de Bastia. C’est un honneur, quelque part, d’être sollicité pour prendre la présidence du jury, dans un festival du bassin méditerranéen, qui est quand même assez important. C’est la trente-huitième édition, c’est donc un festival qui a son ancienneté, son histoire, qui a reçu les plus grands. Je vais “délibérer” avec d’autres personnes, donc, j’imagine, avec d’autres visions artistiques. Ce sera un moment enrichissant ! En plus, ça se passe en Corse, dont je suis originaire et à laquelle j’ai un attachement particulier. Oui, il y a une forme de consécration, d’honneur et de fierté à être à ce poste-là ! C’est la reconnaissance des pairs… de la région ! Je remercie d’ailleurs les organisateurs et leur président Batti Croce.
Quels sont les autres projets en cours ou à venir dans lesquels nous aurons plaisir à vous retrouver ?
Une grosse série va sortir très prochainement mais je ne peux pas trop en parler…J’attaque le tournage d’un film sur Badinter réalisé par Pierre Godeau. Ensuite, j’enchaine avec “Le diable noir” de Ladj Ly, tiré d’un roman d’Alexandre Dumas avec Théo Christine, Cassel, François Civil et Omar Sy, notamment. J’ai aussi deux courts-métrages qui vont se glisser au milieu de tout cela. Pour l’instant, l’emploi du temps est plutôt bien rempli, ce qui est très bien, quand on commence une année. On en veut toujours plus, évidemment, mais je ne vais pas me plaindre, surtout que je sais que la conjoncture actuelle est compliquée pour beaucoup d’artistes, et de techniciens aussi. Aujourd’hui, un acteur qui travaille régulièrement comme moi s’en “sort” mais il a toujours une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Donc le but est d’avancer, d’être tenace, de persévérer et de lutter !
Justement, quelles seraient vos envies pour la suite de votre déjà très beau parcours artistique ?
Il y en a plein ! Je fais aussi de la musique, j’aime beaucoup la scène donc de monter un groupe solide…J’aimerais bien produire un album également. La pédagogie m’attire beaucoup, j’aimerais bien ouvrir une structure en Corse et, éventuellement, y faire venir des intervenants, pour donner des cours à des amateurs ou à des gamins. Cela me plairait ! Après, évidemment que l’écriture et la réalisation me titillent un peu…J’ai déjà écrit quelques textes mais qui sont restés des écrits…Pourquoi pas réaliser un court-métrage, mais il faut que je trouve vraiment le sujet, afin d’avoir l’envie de le faire pour les bonnes raisons.
Merci, Cédric, pour toutes vos réponses !