France 3 / Un Si Grand Soleil : Frédéric van den Driessche évoque l'évolution et le parcours de son personnage !
Bonjour Frédéric,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2025 du festival de la fiction TV de La Rochelle. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous d’être présent ici, à la rencontre du public ?
C’est ça ! J’ai eu la chance de le faire trois fois et, là, ça faisait quelques années que je n’avais plus eu l’occasion de revenir. J’ai toujours senti quelque chose d’extrêmement, d’abord, professionnel parce qu’on rencontre des gens avec qui on a tourné ou que l’on a croisés et c’est toujours extrêmement plaisant. Je ne suis pas forcément fidèle parce que la vie et les rôles nous séparent mais je suis assez corporatiste et j’aime bien. D’autre part, et ce n’est pas de la flagornerie, c’est vrai qu’on rencontre, là, un creuset du public et on a la chance, je dirais même la grande chance, d’avoir un retour d’affection qui est très positif et qui, en fait, nous porte. Je veux le dire, ce ne sont pas des mots, parce que ça nous porte : il y a, dès fois, quand on a un petit coup de fatigue, avec Chrystelle notamment on se dit “Bon, attends, attends, attends, ce soir il y a quand même des gens qui regardent…” et cela nous booste. L’affection des gens est très déterminante pour nos métiers …J’ai eu la chance de faire beaucoup de théâtre, j’ai commencé par cela, le public est immédiatement là et c’est quelque chose qui peut manquer quand on fait beaucoup d’écran. La Rochelle est la vengeance de cela, ça devient notre public du soir!
Votre personnage, tant personnellement que professionnellement, a vécu et vit beaucoup de choses. C’est un chouette cadeau artistique qui vous permet une large palette de jeu et d’émotions…
Vous avez tout dit, je n’ai rien à rajouter…C’est extrêmement juste ce que vous dites ! J’étais un petit peu en perdition, à un moment, et quand je suis rentré dans la famille Bastide à travers Chrystelle, j’ai été extrêmement heureux et je pense que Chrystelle ne me démentira pas, parce qu’on s’est trouvés un accord, je ne dirais pas parfait parce que tout est à travailler à chaque fois et à remettre sur le billot, mais on a une oreille, l’un et l’autre, qui s’accorde parfaitement bien. Quand il y a quelque chose qui ne va pas, quand elle me fait une remarque, elle a tout le temps raison…C’est vrai dans l’inverse, je lui dis, par exemple, “Baisse de deux tons et tu vas être juste”. On s’écoute, ce n’est pas du jugement, on travaille vraiment ensemble, c’est très très agréable !
Pour le personnage, cette rencontre formidable m’a boosté, réellement et j’ai demandé, effectivement, qu’il puisse avoir une autre forme d’amour, qui serait donc la paternité. Donc j’ai eu la chance d’avoir cette fille et ce petit-fils qui sont arrivés, avec qui les choses se sont, en plus, très bien passées. Donc c’est vrai que le personnage s’enrichit à travers les années et j’en suis vraiment tout à fait heureux. Je ne voudrais pas, pour autant, que l’on perde le côté docteur du personnage parce que je dirais que c’est peut-être même la première corde puisque, avant tout, il est docteur…On en parle de temps en temps, je tiens vraiment à ce que ce soit un médecin : c’est un sacerdoce, c’est un homme d’engagement, c’est un homme qui parle aux humains et c’est, pour moi, très important.
Je rebondis sur ce mot, “humain”. C’est une caractéristique que l’on retrouve et professionnellement et personnellement chez lui. Dans son couple, à la maison, on sent, entre les deux, beaucoup d’affect et beaucoup de soutien, notamment le soir, en rentrant de la journée, à échanger de la situation vécue ou même le matin, avant de partir travailler…Ils se soutiennent, ils s’écoutent, ils ne s’entendent pas toujours mais on sent une vraie affection…
Une fois encore, vous avez tout dit…Vous parlez extrêmement bien de ce que l’on souhaite faire ! Cela s’inscrit petit à petit…J’ai la chance d’avoir la production qui me laisse souvent remanier mes dialogues parce que je tiens, véritablement, et Chrystelle est d’accord, elle se laisse vraiment porter par mes propositions, à ce que ce ne soit pas un couple qui fasse la guéguerre, qui s’engueule mochement. Quand ça pète, ça pète parce que ce sont quand même deux tempéraments : bien sûr elle mais lui aussi, au fond, quand on dépasse la limite. C’est formidable parce que ça permet ensuite au couple de se retrouver…Je mets souvent une petite pointe d’affection ou d’humour et c’est ce qui fait que ce couple, je pense, tient la route…Ce n’est pas à moi de le dire, d’ailleurs… Si je m’appuie sur ce que les gens me disent, ils aiment beaucoup ce couple donc ça suffit à mon bonheur ! Mais, pour autant, on ne lâche jamais rien…
Dans le plaisir trouvé, sans doute aussi que le cadre de tournage, dans cette villa, doit être aidant pour vous projeter dans les intentions de jeu ?
Tout à fait ! Encore une fois, vous êtes très juste parce que l’acteur se nourrit de son texte, c’est certain, de ses partenaires c’est évident, mais également d’un costume, d’un décor, je dirais même d’un élément. J’ai eu la chance d’en avoir pas mal, dans ma vie, à tourner : le sable chaud d’un désert, la neige en Suisse, …Les éléments - l’eau, la terre, le feu - sont très très porteurs…J’ai besoin de me transformer physiquement, je trouve que ça nourrit l’intérieur d’un personnage.
Là, je ne sais pas si c’est plus simple ou plus compliqué : comme, physiquement, il n’y a pas de transformation, c’est vraiment intérieurement. Je suis content que vous ayez accroché sur le mot “humain”, je pense que le personnage, au plus il va, au plus il s'inscrit dans une forme d’humanité, de sagesse je dirais, qui, peut-être aussi, me caresse de loin au loin, vu l’âge que je commence à avoir.
Cette sagesse se retrouve aussi dans le duo avec Yvon Back, avec qui, souvent, vous vous retrouvez en balade à vélo. Au-delà de ces vues aériennes très dépaysantes pour les téléspectateurs, ils sont confidents et conseils sur des sujets qu’ils ne peuvent pas évoquer chez eux, à la maison, en couple…
Encore une fois, vous parlez très bien de ce personnage, c’est très agréable d’être interviewé par quelqu’un qui regarde…Alors, je dirais que c’est encore une corde du personnage et sans doute pour Yvon, est-ce la même chose. D’abord, on se connait bien, on a tourné pas mal de fois ailleurs ensemble et j’ai toujours eu beaucoup de plaisir à tourner avec lui. C’est très juste ce que vous venez de dire, c’est-à-dire que ça permet à l’un de subitement lâcher un peu et d’être un peu plus comme un jeune mec ou un garnement, qui déconne un peu…Là, il va y avoir une histoire de chalet….Ce sont deux hommes qui rêvent un peu, l’un s’emportant avec l’autre, se confiant l’un et l’autre…Une fois, c’est lui qui va venir chez moi, une fois c’est moi qui vais chez lui…C’est vrai qu’il y a beaucoup de soutien de sa part et il a le mien. C’est très agréable de jouer ça et de jouer de ça, surtout avec Yvon, qui a toujours cet œil qui frise un peu. Cela me permet d’aller vers un petit peu plus d’humour et c’est tout à fait charmant.
En complément, parmi vos autres actualités, il y a eu la diffusion de la mini-série “Dans de beaux draps”, tournée dans le nord de la France, avec un autre registre, un autre décor, un autre personnage, dans une ambiance très chorale. Là aussi, cette alternance doit être très plaisante…
Vous avez, encore une fois, totalement raison….Figurez-vous que, au départ, je m’étais dit que, non, ce personnage ne me plaisait pas…et puis, on a insisté pour que je le fasse, j’y suis allé avec une sorte de colère. Je m’étais dit que j’allais me foutre du personnage et j’ai déconné, en fait…J’ai été pris pour cela, j’en ai parlé avec Stéphanie Pillonca, elle m’a dit “Je veux absolument que tu fasses ce que tu faisais”...Alors, ça m’a boosté ! Effectivement, on ne me propose pas ce genre de personnage un peu cocasse et dur…Hors, j’ai beaucoup de plaisir à faire cela, beaucoup…J’espère que le public me suivra…Peut-être que ça peut le dérouter, à un moment, par rapport à ce que je fais habituellement mais je suis plein de cela aussi. Au théâtre, la dernière pièce que j’ai jouée était véritablement une pièce comique, drôle et c’est très difficile, c’est ce qu’il y a de plus dur que de faire rire les gens. Je peux vous dire que c’est extrêmement nourrissant quand on entend une salle éclater de rire parce que vous faites l’imbécile sur le plateau…C’est très très agréable ! Donc j’ai pris beaucoup de plaisir ! Je souhaite à tous les acteurs de croiser cette réalisatrice, Stéphanie, qui ne met pas dans un carcan, c’est très dirigé mais elle vous laisse une liberté d’action. On s’est promis que l’on referait des choses ensemble parce que j’ai pris vraiment énormément de plaisir. J’étais loin d’être le seul, d’ailleurs et j’ai rencontré, à cette occasion, Nicolas Briançon, on fait une paire de vieux ringards, dans cette histoire, et on s’amuse énormément. Donc, oui, j’ai pris beaucoup de plaisir à faire cela.
D’autre part, je ne sais pas quand ça va sortir, j’ai revu ma camarade Florence Pernel, avec qui j’étais son duc de Nevers il y a quelques années, j’avais beaucoup aimé travailler avec elle et, là, j’ai fait un épisode de “Enquête parallèle”. Un autre personnage encore, un peu différent je pense. J’espère que le public sera au rendez-vous !
Merci, Frédéric, pour toutes vos réponses !