France 3 / Un Si Grand Soleil : Smadi Wolfman revient sur tout ce qu'a vécu son personnage ces derniers mois !

Publié le par Julian STOCKY

© Fabien MALOT - FTV

 

 

Bonjour Smadi,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2025 du festival de la fiction TV de La Rochelle. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être, pour vous, d’être présente ici, notamment pour rencontrer le fidèle public de la série ?

Oui ! Je ne connaissais pas du tout ce phénomène…C’est la première fois que je fais une quotidienne, je rôle ma bosse depuis trente ans à Paris mais je ne savais même pas ce qu’était la notoriété. En arrivant, en fait, je voulais aller me balader et, tout d’un coup, les gens m’arrêtent…Je suis très surprise ! Déjà à la gare, les gens nous attendaient…Je suis la première hypra surprise, à me demander ce qui se passe. C’est très très drôle !

Le public est adorable et, parmi les six acteurs de la série présents aujourd’hui, je suis celle qui est arrivée le plus récemment donc c’est vrai que je ne mesurais, en vérité, pas du tout. A mon avis, la rencontre, demain, avec le public va être dingue ! Ça va être la folie !

En tout cas, oui, j’ai trouvé que ce premier contact était très très sympa !

 

© Guilhem CANAL - France Télévisions

 

Votre personnage, ces derniers mois, a vécu beaucoup de choses, personnellement et professionnellement. C’est un très beau cadeau artistique, avec un registre de jeu très varié…

Carrément ! On se dit très souvent, avec une actrice sur la série que j’aime beaucoup, Nadia Fossier, qui joue Alix, « mais quel cadeau ! ». Je trouve que c’est un cadeau que des auteurs écrivent des rôles pour des femmes qui ont dépassé 50 ans : la femme de 50 ans existe et, dans le public qui nous regarde, il y a des femmes comme cela. Donc, tout à coup, qu’elles se reconnaissent en nous, qu’elles nous voient, que ce soit Nadia, Catherine, Chrystelle ou Sophie, c’est un cadeau inouï.

On m’écrit des situations tellement fortes, notamment là, ce que j’ai pu vivre, avec la descente aux enfers de la prison…Je passe par toute la gamme par laquelle un acteur peut passer et je trouve cela exceptionnel. C’est vrai, quand même, quand on regarde un tout petit peu la fiction française, qu’il y a beaucoup de rôles de flics dans des commissariats mais nous avons la chance de jouer autre chose. Bien sûr, il y a l’intrigue policière qui est toujours ici, évidemment ils sont là et ils jouent très bien leur jeu mais nous ne faisons pas partie de l’intrigue policière…et on nous trouve des trucs à jouer et à faire ! C’est un cadeau extraordinaire pour un acteur de plus de 50 ans et encore plus pour une actrice !

 

© Fabien MALOT - FTV

 

Dernièrement, votre fils, joué par Jules, qui s’était éloigné, s’est à nouveau rapproché de votre personnage, comme ce peut être le cas dans beaucoup de familles…Le trio familial se reforme dans votre maison qui a l’air dingue…

La maison est incroyable ! Petit secret de diffusion et de décor : en fait, on a perdu le décor de la maison Laumière qui était dingue et on a, là, cette villa Laumière II, mais ils ont apporté toute la déco, ils ont fait un effort sur la lumière, sur les matériaux, sur l’atmosphère, sur le climat et je trouve, alors que les deux maisons n’ont rien à voir, que l’on est vraiment restés, pour moi, dans la maison Laumière. C’est comme si elle était un quatrième personnage de la famille, elle a carrément son rôle à jouer. Là, on a même gagné parce qu’il y a un parc hallucinant autour de la maison…C’est une des seules familles qui est encore en décors réels, c’est un cadeau, c’est juste fabuleux et très agréable de tourner dans un vrai décor ! C’est clair que la maison joue vraiment son rôle... En tournage, on enquille un peu toutes les scènes de la famille Laumière et on a vraiment l’impression de faire du cinéma, on est vraiment une unité de décor. Et les équipes sont extras…

C’est vrai qu’avec Boris, c’est toujours un peu les montagnes russes. Dans mon arche et aussi dans ce qui suit après, c’est vrai qu’il y a des choses très intéressantes à jouer. Ce que j’adore, c’est qu’avec Jules, c’est complètement différent de ce qui se passe avec Léa, qui joue Laurine. Donc j’adore la relation que j’ai avec tous les deux !

 

© Guilhem CANAL - France Télévisions

 

D’ailleurs, les récentes épreuves familiales et professionnelles ont montré que, parfois, des deux, votre fille est un peu plus la mère que ne l’est votre personnage…

Complètement ! C’est très très drôle ce qui se passe avec Laurine : dans la vraie vie, j’ai une fille qui s’appelle Ana, Léa est un peu plus âgées mais, maintenant, j’ai d’ailleurs l’impression d’avoir deux filles ! C’est vrai qu’Ana me dit « C’est fatiguant, je joue ta mère, je joue ta mère ! » et, avec Laurine, je retrouve un peu ce que j’ai dans la vraie vie : les jeunes femmes d’aujourd’hui sont très matures, elles savent très vite et très tôt ce qu’elles veulent…Si la femme de 50 ans, tout à coup, a ses états d’âme et se perd, c’est la jeune femme, entre 20 et 25, qui prend le dessus et qui joue la mère de la maman. Je trouve cela très drôle et c’est vrai que je le vis dans ma propre vie perso donc c’est très très marrant que ça se retranscrive à l’écran de cette manière-là ! C’est vrai que ce que j’adore, dans cette écriture et cette série, c’est que ce sont des situations qui pourront nous arriver. C’est pour cela que je trouve ça vraiment génial : ce n’est pas extraordinaire, je m’y retrouve complètement !

 

© Guilhem CANAL - France Télévisions

 

Professionnellement parlant, les divergences dans le conseil d’administration de votre entreprise sont aussi le reflet de la réalité…

Tout à fait ! C’est vrai que c’est un déchirement pour Boris, il le dit « Elisabeth m’a tout donné professionnellement et, là, de l’autre côté, j’ai ma mère et la famille ». La valeur famille, chez les Laumière, est très très importante donc de le voir comme cela, déchiré, est, je trouve, très intéressant. Aussi que l’on ait réussi à se retrouver…Bon, pour se séparer peut-être bientôt…De toute façon, ce ne seront que des montagnes russes.

Ce que je trouve chouette aussi dans cette série, c’est qu’il y a, il me semble, une volonté de centrer les histoires sur les familles. C’est super intéressant, on rentre vraiment dans l’intimité de chaque famille ! Ce que j’adore aussi dans l’écriture, c’est son côté choral… Là, j’avais une arche très forte et je vais disparaitre pendant trois à quatre mois, pendant qu’un zoom sera fait sur d’autres personnages. Je trouve cette manière d’écrire hyper riche !

 

© Guilhem CANAL - France Télévisions

 

Plus globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?

Il faut l’avouer, Catherine Laumière n’est pas quelqu’un que l’on aime, non ! Elle n’est pas faite pour qu’on l’aime, contrairement à Alix que l’on adore, malgré toutes ses magouilles. Elle est peps et dynamique, on l’aime, on achète. Catherine, elle, est faite pour être détestée… Mais elle est descendue très très bas donc, en fait, ma fille, qui s’occupe de mes réseaux, m’a dit à quel point les réactions étaient dingues par rapport à l’arche où on me traine dans la boue, où je pleure, où ce qui m’arrive est horrible. Je ne crois pas que l’on puisse descendre plus bas pour mon personnage et, du coup, le public s’est mis à avoir un peu plus d’empathie à mon égard. Quand je croise des gens, ils me demandent si je vais m’en sortir et je trouve cela trop sympa en fait de jouer un personnage que l’on ne déteste pas forcément. Là, en ayant vécu des choses très dures, j’ai plus de sympathie de la part du public. Bon, ça va vite se retourner parce que je continue à être une peau de vache…mais, là, la petite descente aux enfers a été très sympathique et chaleureuse, point de vue auditoire, ce qui n’est pas toujours le cas pour moi.

 

© France Télévisions

 

En complément, vous étiez sur scène, en Avignon 2024. Avez-vous d’autres projets sur les planches ?

J’adorerais, moi qui suis née sur scène ! Mais, pour l’instant, non car faire du théâtre sur Paris serait dur avec le rythme de la quotidienne. « Un Si Grand Soleil » est, pour l’instant, mon choix numéro 1, tellement je trouve que c’est un cadeau de la vie !

Par contre, j’ai réalisé déjà deux courts-métrages et je veux vraiment passer à la réalisation, cette fois-ci en payant les gens qui travaillent avec moi. J’ai fait une formation pour devenir réalisatrice et c’est grâce, encore une fois, à la série et à France Télés, au fait qu’ils aient fait rentrer plein de femmes réalisatrices…Tout d’un coup, j’ai vécu quelque chose de très spéciale avec ces femmes réalisatrices et j’ai trouvé cela génial d’avoir des femmes face à moi. J’avais des scénarios que j’avais écrits étant plus jeune et je me suis dit « Tiens, et si je réalisais ? ». Mon rêve le plus grand, inouï, serait de réaliser sur cette quotidienne parce que je sens que je la connais par cœur, parce que j’adore tous les personnages, parce que je connais tous les rouages et que je vois comment c’est fait …Cela aurait été, je trouve, tellement riche mais la direction ne veut pas L donc, pour l’instant, je préfère rester à ma place que j’adore. Mais j’ai un projet d’unitaire pour la télé et d’un film pour le cinéma, que je vais essayer de développer !

Merci, Smadi, pour toutes vos réponses !

 

© Fabien MALOT - FTV

 

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Publié dans Télévision

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