France 2 / Dans de beaux draps : Amaury de Crayencour évoque Gauthier, son personnage dans cette nouvelle mini-série !
Bonjour Amaury,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de France 2 pourront vous retrouver, à partir du 10 septembre prochain, dans la nouvelle mini-série, « Dans de beaux draps », sous les traits du personnage de Gauthier Gouget. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, oui ! Déjà, ce sont des retrouvailles avec Stéphanie Pillonca, avec qui j’avais fait « Le souffle du dragon », ce sont aussi des retrouvailles avec Gil Alma, qui est mon ami, avec qui j’ai fait 5 ans de « Nos chers voisins » et 7 ans de « César Wagner » et de le retrouver a été génial. D’ailleurs, quand tu arrives sur un tournage, tu te poses plein de questions, surtout quand on n’a pas pu faire de lecture avant : en comédie il y a un ton qui est donné et il y a toujours une prise ou deux où on se demande où placer le curseur…Là, je suis arrivé et, de suite, Gil m’a dit « C’est « Nos chers voisins » ! »…Sous-entendu, on y va, on peut vraiment s’amuser.
Stéphanie Pillonca est géniale, elle adore ses acteurs et nous laisse libres mais dans une certaine limite et dans quelque chose de précis. Elle nous laisse nous amuser mais tout en connaissant très bien les personnages, où ils doivent aller et où ils ne peuvent pas aller. Donc on a l’occasion d’essayer des choses et elle gomme ou pas.
Donc, oui, ça a été une belle et grande cours de récré ! C’était aussi, un peu, une troupe de théâtre : entre Nicolas Briançon, Stéphanie Bataille, Charlie Bruneau, Gil Alma, Arié Elmaleh, Eléonore Bernheim, Axel Lauriant et Kinsley Camachee…On était beaucoup à devoir tourner avant d’aller jouer au théâtre le soir….Cette équipe et cette distribution sont dingues !
Gauthier est le trésorier du club dans lequel les personnages d’Eléonore et de Gil essaient de rentrer. Qui dit club, dit monde donc c’étaient beaucoup de scènes de groupe, c’était très choral donc le tournage était vraiment très joyeux !
Le tournage a eu lieu entre Lille et Roubaix, une belle région, accueillante…
Je suis à moitié belge, j’ai vécu 8 ans à Bruxelles et j’ai retrouvé cet esprit, de détente. Même architecturalement, avec des maisons en briques rouges…Les immeubles assez serrés dans Lille m’ont rappelé ceux de Bruxelles… Donc c’était cool de retrouver cette ambiance !
Parmi les figurants, un belge est venu me voir, il s’occupe d’une association autour de Marguerite Yourcenar, qui est mon arrière grande tante, donc c’était familial !
Forcément, quand on est tous dans le même hôtel, il y a un côté colo, du petit déjeuner le matin aux verres du soir. Lille est une ville chouette pour cela, c’était très agréable !
Le tournage a duré longtemps, on est passés par le froid, par la maladie, par des rhumes et, mine de rien, quand ce n’est pas que facile, cela crée des liens…Je me souviens de la scène de tennis, où on avait vraiment froid. On était en short et en t-shirt, on n’était pas en extérieur mais c’était presque pire, on était dans une bulle : le peu de soleil qu’il y avait ne pouvait pas réchauffer l’intérieur…Donc il y a eu une sorte de lutte contre les évènements, qui participe aussi à la cohésion du groupe.
Plus concrètement, avec vos mots, sans tout en dévoiler, comment pitcher cette mini-série ?
Les personnages de Gil et d’Eléonore ont deux enfants, cette joyeuse famille vit dans un cadre très bourgeois et veut s’y intégrer. Lui a un super boulot mais qu’il perd, très rapidement…Donc comment faire, sans rentrée d’argent, pour paraitre ? C’est, en fait, une série sur le paraitre social, sur comment on veut faire croire que l’on est quelqu’un d’autre, pour ne pas perdre son statut social…
C’est très intéressant, c’est une comédie mais qui a un fond assez sérieux, sur les masques sociaux et sur comment on a envie de s’en sortir financièrement et socialement, sans perdre la face. Donc cette famille va se retrouver dans de beaux draps, en essayant d’intégrer ce club très fermé, où sont tous les bourgeois et notables de la ville.
Là-dedans, je fais le trésorier : c’est un personnage haut en couleurs, très agréable à interpréter, c’est quelqu’un qui est très imbu de sa personne, issu d’une grande famille bourgeoise du nord, qui a de l’argent et qui a bien l’intention de le montrer, jusque dans ses vêtements…Le costumier s’est vraiment éclaté : je me souviens d’une veste dorée incroyable…J’avais vraiment de très beaux costumes, dignes de ceux d’un mariage.
Sans doute que ce personnage vous a permis une palette de jeu plaisante à défendre ?
Oui, j’étais hyper heureux que Stéphanie ait pensé à moi pour le rôle ! Le mec se la raconte vraiment énormément et veut séduire le personnage d’Eléonore…Donc, ce qui était drôle pour Gil et moi, c’est qu’on avait vraiment un rapport de rivaux tous les deux, voire même de jalousie pour lui car mon personnage sait tout faire : de l’escrime, du tennis, des arts martiaux, de la danse,…Il est très à l’aise partout, même dans la vente aux enchères qu’il anime. C’est quelqu’un qui a le verbe haut, qui parle bien, qui présente bien donc, forcément, au moment où il drague le personnage d’Eléonore mais qu’il ne faut pas le vexer car il est le trésorier du club, ça rend dingue le personnage de Gil. Ces scènes sont vraiment très drôles !
Jouer un personnage comme cela, un peu façon James Bond, qui sait tout faire très bien, est jouissif ! Dans la vraie vie, je suis vraiment nul au tennis, du coup c’était très drôle de voir les triches de cinéma. Gil est vraiment fort mais nous étions filmés chacun de face, avec un professionnel de tennis hors champ, qui envoyait les balles là où il fallait, pour donner l’illusion. Je tapais comme un sourd, je n’en mettais pas une dedans mais je jouais comme si je gagnais : je frappais dans la balle et, après, je criais « Yes », comme si j’étais en finale de Roland-Garros…Avec le montage, ça marche : la magie du montage me fait bien jouer au tennis, ce qui est cool !
Pour l’escrime, Eléonore et moi étions doublés au moment du combat. J’ai fait, personnellement, de l’épée pendant un an mais, là, c’était du sabre. Donc, pour les postures, je pouvais faire semblant...La danse était très amusante également ! Dans la scène des arts martiaux, je fais carrément n’importe quoi, j’enchaine les positions ridicules…Je pense que les vrai amateurs vont se marrer et pousser des hauts cris…Je me suis éclaté ! Avec des partenaires bienveillants, à l’œil rieur, avec une réalisatrice preneuse des propositions, c’est très agréable !
Sur certains traits du caractère de votre personnage, avez-vous eu des sources plus personnelles d’inspiration ?
J’ai un peu grandi dans l’univers des rallyes, j’étais dans des écoles privées donc c’est vrai que, autour de moi, dans mon enfance, j’ai vu ce genre de personnes-là, qui sont uniquement dans le paraitre et dans la démonstration sociale, ou encore dans les signes extérieurs de richesse.
A partir de 11 ans, quand mes parents ont divorcé, j’ai eu accès à des écoles publiques et à une vie plus populaire disons. Du coup, c’est à ce moment-là que j’avais pu prendre du recul sur les gens que j’avais croisés précédemment. Aujourd’hui, je fais souvent des personnages de châtelains, j’aime beaucoup, ça me fait marrer parce que j’aime bien refaire ce snobisme-là, que j’ai beaucoup observé.
On vous imagine, du coup, curieux et impatient des retours du public ?
Oui, vraiment, parce que c’est très original ! Ce n’est pas une série que l’on a l’habitude de voir, c’est une vraie comédie drôle et audacieuse, les curseurs sont vraiment poussés pour réellement divertir les gens. J’adore cela ! Je trouve aussi noble de faire du drame que de la comédie et j’étais très heureux, quand je tournais « Nos chers voisins », de faire, en même temps, « Le bureau des légendes ». Je ne fais pas de différence ! Il y a un vrai snobisme qui existe dans ce métier mais j’ai la chance de pouvoir brouiller les pistes, en ayant fait du cinéma et de la télévision, en ayant fait du théâtre publique et du théâtre privé. Je ne pense pas avoir tellement d’étiquettes sur le front parce que je vais partout où on me veut. J’en suis heureux ! J’adore varier les registres et passer d’un univers à un autre…Donc j’ai hâte que les téléspectateurs découvrent cette série audacieuse et pleine d’humour.
Spécialement dans mon personnage, il y a des moments assez surprenants et il me tarde des retours des gens. Les premiers commentaires, pour ceux qui ont déjà vu le programme sur la plateforme de France.tv, sont très bons…Le public semble ravi de me retrouver en face à face avec GillesJ. Plus globalement, c’est la drôlerie de la série qui ressort, elle est marrante, les personnages sont hauts en couleurs et on rit ! La rentrée n’est jamais une période facile et je crois que c’est une série qui peut faire du bien…
Merci, Amaury, pour toutes vos réponses !