Dans l’ombre de Marlow : Margaux Pecharman évoque ce long-métrage, actuellement en salle !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Margaux,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Le film « Dans l’ombre de Marlow » est sorti dans les salles le 3 septembre dernier. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Totalement ! Vraiment, je suis très très heureuse. Je voulais faire du cinéma depuis toute petite et c’est vraiment un rêve d’enfant qui se concrétise ! J’ai commencé, bien sûr, comme tout le monde, à faire des petits spectacles à la maison, pour la famille puis du théâtre à l’école, avant de participer à des courts-métrages étudiants. Seulement ensuite, j’ai osé envoyer des messages, via les réseaux sociaux, aux réalisateurs…avant de passer des castings.

Là, je suis à l’affiche de mon premier long-métrage, c’est aussi mon premier rôle principal…Avant cela, il y a eu tout un cheminement, où il a fallu se battre, démontrer, prouver, c’est énormément de travail et de persévérance. Plusieurs fois, en écoutant des personnes qui incitent à faire un autre métier, j’aurais pu abandonner mais, en fait, il faut plutôt s’écouter soi…J’ai persévéré et j’ai bien fait !

D’ailleurs, quelles principales raisons vous avaient incitée à participer à ce beau projet ?

Ce qui m’a plu, c’est l’originalité de tourner dans un désert. Aussi l’histoire du personnage : souvent, quand j’accepte un scénario, c’est avant tout parce que je suis touchée par le personnage et que quelque chose parle en moi. Ensuite, ce qui m’a également fascinée, c’est comment les réalisateurs parlaient de leur projet et comment ils m’ont présenté le film.

J’ai été dirigée par deux réalisateurs, ce qui est très rare…Ils ont travaillé ensemble pendant six ans sur ce film, c’est long et on aurait pu s’attendre à un déséquilibre mais pas du tout, ils étaient très complémentaires : Aurélien Harzoune était plutôt derrière la caméra et Bertrand Mineur faisait davantage la direction d’acteurs. Ils étaient en totale harmonie, ce qui m’a beaucoup plu !

Au cinéma, on raconte des histoires aux gens : on les prend avec nous, on les emmène vivre des émotions, que ce soient la joie, la peur ou la tristesse, on les sort un peu de leur quotidien… Souvent, le public va dans les salles pour cela, pour sortir un peu du train-train quotidien. Pour moi, cette histoire méritait d’être racontée, du fait des thématiques pas forcément évidentes qui sont abordées et qui me touchent. Notamment tout ce qui est lié à l’enfant, au père, aux violences faites aux plus petits, aux traumatismes, à la résilience,…

Avec vos mots, sans tout en dévoiler, comment présenter ce film ?

Cela parle de Marlow, mon personnage, qui, suite à un drame, sombre dans le coma. Pendant celui-ci, elle va devoir affronter les zones les plus obscures de son père...

 

 

Vous y interprétez, justement, Marlow. Quelles sont ses principales caractéristiques ?

Mon personnage est une fille normale, qui n’a rien de plus que les autres mais qui se bat avec ce qu’elle a et ce qu’elle est. Elle arrive, elle est perdue dans un désert mais elle y va, elle continue d’avancer malgré les obstacles qu’elle rencontre.

Elle a une certaine foi, comme les enfants peuvent avoir…Quand on a du mal à réaliser la dure réalité des choses, on essaie de l’enjoliver. Quelque part, dans ce coma, on retrouve beaucoup de choses liées à l’enfance, il y a beaucoup de parallèles avec les vrais souvenirs.

Marlow a tendance à voir d’abord le beau, avant de voir le sombre. C’est quelque chose que je partage avec elle : j’essaie toujours de voir le positif puis de constater le négatif, mais y réinjectant du positif dedans, pour le rendre peut-être moins pénible.

C’est une baroudeuse : en tout cas, au tout début, je l’ai jouée comme quelqu’un qui était dans une quête, comme une enfant qui était dans une chasse au trésor. On le voit dans la bande annonce, j’ai ma longue vue et ma petite sacoche…On a tous fait cela, à la maison, de partir dans le jardin vérifier s’il n’y avait pas un trésor enterré.

C’est une fonceuse, c’est une aventurière dans l’âme. Quand on la voit, elle n’a pas le physique d’Angélina Jolie mais elle a ses propres armes, qui sont mentales, ce qui est beau. C’est aussi un personnage qui évolue, ce qui était très attrayant pour moi. Je pense que ce sera très agréable aussi pour les spectateurs, qui pourront s’identifier. Marlow va grandir, permettant au public d’en découvrir plus sur elle et sur son passé.

Sans doute vous permet-elle, d’ailleurs, une palette de jeu large et variée ?

Totalement ! En fait, mon personnage est entre deux eaux. Il fallait que je joue en ayant conscience de quelque chose qui n’était pas encore dévoilé…Mais en faisant prendre conscience que quelque chose était caché, que j’incarnais dans mes actions. C’était un vrai challenge !

J’ai pris beaucoup de plaisir à jouer une femme enfant, quelqu’un de très spontanée et impulsive. Après, j’ai eu plaisir à effectuer quelques « cascades », où le personnage se salit. Marlow n’est pas figée, elle bouge, en plus dans le cadre magnifique du désert.

En étant dirigée par deux réalisateurs qui ont bien leurs idées en tête, j’ai dû trouver ma place…Mais cela s’est fait très naturellement et avec beaucoup de bienveillance. Ils ont été géniaux et m’ont fait confiance pour porter leur film, ce qui est juste incroyable.

Personnellement, mon défi a été de tenir la réplique face à des acteurs et actrices tels que Bruno Salomone, Armelle Deutsch, Thierry Desroses, …Ce sont mes débuts, alors qu’eux ont pas mal de bouteille…J’ai pu prendre ce qu’ils me donnaient, eux qui ont été très généreux en termes de propositions et de partage. L’ambiance était très familiale, j’ai été mise très vite à l’aise, j’ai pris plaisir, vraiment, à jouer avec eux et ça a été incroyable !

 

 

Au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu certaines sources plus personnelles d’inspiration ?

Je fais partie de ces comédiennes et comédiens qui, pour jouer, mettent toujours un peu d’eux dans ce qu’ils font. Les réalisateurs, aussi, ont mis des choses qui leur parlaient, notamment des clins d’œil aux westerns, qu’ils adorent.

Au départ, pour le regard et la contemplation, je pensais à Claudia Cardinale, en sortant du train, face à l’immensité du far west. On a tous des modèles, j’aime beaucoup aussi Romy Schneider, que je trouvais très fascinante, avec un charisme dingue. Avant de commencer le tournage, j’écoutais ses entretiens sur la profession, sur son vécu, sur les pièges dans lesquels il ne faut pas tomber, sur les attentes que les gens avaient d’elle. C’est toujours très formateur d’écouter ce que d’autres ont vécu avant soi parce que, tôt ou tard, on y est confronté nous-même. Je trouve Julia Roberts aussi très lumineuse, très solaire et très présente. Ou encore Nathalie Portman…

Par contre, je ne cherche pas à faire de mimétisme : copier quelqu’un est un danger, il faut être soi et apporter sa singularité, tout en se nourrissant de l’expérience des autres. Et, tout simplement, quand je dis que j’ai pris de moi-même, j’ai essayé de me rappeler comment j’étais, enfant, comment je regardais les choses…Tout cela a nourri mon personnage, en même temps que je prenais des notes sur le scénario et que j’avais des discussions avec les réalisateurs. Après, c’est de l’instant : je joue beaucoup à l’instinct, avec mon cœur…Je ne cherche pas à raisonner une scène, j’essaie surtout de la jouer avec des intentions. Il faut être très à l’écoute, aussi, de ses partenaires.

Pour incarner un personnage, mon outil principal est l’empathie : sans elle, on ne peut pas se mettre à la place du personnage ni comprendre ce qu’il va vivre. Donc il faut prendre de soi puis s’oublier, pour être à l’écoute du personnage. En tout cas, c’est ma méthode de travail !

 

 

Peut-être avez-vous déjà eu de premiers retours de la part du public ?

On a fait pas mal d’avant-premières cet été, à Vierzon ou encore Coulommiers et Angoulême, là d’où sont originaires les deux réalisateurs, respectivement Aurélien et Bertrand… Le film avait même été projeté, pour la première fois, l’année dernière, au festival d’Angoulême, ce qui avait été une belle reconnaissance. La salle était grande et bien remplie.

Les retours sont bons, le film plait énormément, notamment aux jeunes. On nous parle souvent de la scène du cow-boy ou encore de celle avec Bruno, qui est un peu l’apothéose du film. J’ai adoré la tourner, elle restera même gravée dans ma mémoire.

Les gens sont touchés, ce qui me bouleverse : voir les spectateurs nous dire merci, en ayant la larme à l’œil, fait appel à des choses qui m’ont parlé et c’est la plus belle des récompenses. Donc j’espère que ça va continuer et que plein d’autres spectateurs le découvriront.

Ce que les réalisateurs voulaient faire avec ce film, c’est de le faire survivre en dehors de la salle de cinéma, par le débat qu’auront les gens en rentrant chez eux. Cela a été le cas : on a eu des messages de spectateurs qui nous ont dit s’être couchés tard parce qu’ils en avaient reparlé à la maison… Il y a même des personnes qui ont eu besoin de revoir le film, avec une autre vision et une autre perspective. C’est plutôt sympa !

Je n’oublie pas mon prix d’interprétation aux Red Movie Awards en tant que meilleure actrice, ni celui de Bruno Salomone pour le meilleur acteur dans un second rôle. Notre film a remporté deux prix lors de cette belle cérémonie !

 

 

Plus personnellement, comment avez-vous appréhendé l’exercice de la projection en salle, sur grand écran, en public ?

Je me rappelle de la première projection : j’angoissais un peu, c’est humain ! A chaque fois, on reste dans la salle, avec les gens, pour les accompagner dans cette découverte et, à la fin, on aime échanger avec le public. J’adore répondre à leurs questions sur le tournage…

En tout cas, ça fait bizarre de se voir pour la première fois sur grand écran : au départ, on ne réalise pas, on se voit un peu trop mais, en fin de compte, à chaque fois, je ressens de la nostalgie de ce qui s’est passé et de ce qui a été partagé pendant le tournage. A chaque scène, je me rappelle des coulisses et de l’amont. Puis, au fur et à mesure de la projection, je ne me vois plus, je vois en fait le personnage…Tant mieux pour moi ! Du coup, je commence alors à réagir un peu comme les spectateurs…Je suis, ainsi, détachée, c’est avant tout du partage avec le public !

En complément, quels sont vos autres projets et actualités en cours ou à venir ?

Je vais participer à un autre long-métrage, des mêmes réalisateurs ! Ce sera un rôle et une ambiance totalement différents, cela n’aura rien à voir… J’adore déjà le scénario et mon personnage ! Cela m’enthousiasme beaucoup parce que c’est vraiment un rôle que j’attendais. Donc je me donne les moyens pour m’y préparer…Je fais notamment beaucoup de recherches, je me renseigne, je lis, … J’apprends énormément de choses hyper intéressantes, qui vont m’aider à nourrir ce personnage. Donc j’ai hâte de pouvoir vous le partager !

Merci, Margaux, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Télévision

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