France 3 / Un Si Grand Soleil : Sarah Jague évoque Emma, son personnage dans cette belle quotidienne !

Publié le par Julian STOCKY

© Fabien Malot - France Télévisions

 

 

Bonjour Sarah,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Les téléspectateurs de France 3 peuvent vous retrouver régulièrement dans la série quotidienne Un Si Grand Soleil, sous les traits d'Emma. À titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, je suis très heureuse de l'évolution d'Emma. J'ai commencé avec un personnage discret, sans beaucoup d'intrigues autour de moi, et peu à peu, elle a trouvé sa place. Ce qui me plaît dans ce personnage, c'est de pouvoir défendre une figure de femme sensible, forte autrement. J'ai à cœur qu'elle soit inspirante, à sa façon.

Quel regard portez-vous à présent sur Emma, votre personnage ?

C'est difficile de parler d'elle comme si elle était quelqu'un d'autre. Elle vient en partie de l'imaginaire des auteurs, mais ils s'inspirent aussi de ce que je leur renvoie. Il y a un mélange entre elle et moi. Même si je n'ai pas vécu ce qu'elle traverse, je ressens ses émotions très fort. J'ai beaucoup de tendresse pour sa résilience.

Emma, au travers de tout ce qu'elle a vécu, a mûri, elle a pris des responsabilités qu'une personne de son âge ne doit pas forcément assumer...

Oui, c'est vrai. Elle a dû grandir trop vite, comme beaucoup de gens. Et ces personnes-là, paradoxalement, malgré leur maturité précoce, restent au fond des enfants plus longtemps. Je vois Emma comme une femme-enfant. J'aime ça chez elle. Elle est forte sans être dure. Dans le monde dans lequel on vit, la douceur est une vraie force selon moi.

 

© Fabien Malot - France Télévisions

 

En fonction des interlocuteurs qu'elle rencontre, votre palette de jeu change-t-elle aussi ?

Oui, je m'inspire de ma propre vie. J'adore jouer la colère, par exemple. Ça me fait du bien, ça ne me fait pas peur. Les scènes plus contenues, où l'émotion est intérieure, me demandent plus de travail. Mais plus je joue, plus je me découvre. Je me sens évoluer avec elle.

Votre personnage étant amené à interagir avec beaucoup d'autres, cela doit être, pour vous, très enrichissant professionnellement et humainement ?

Complètement. Avec Bertrand Farge (Victor), une vraie complicité s'est installée avec le temps, à la fois dans le jeu et humainement. J'aime notre lien à l'écran, il n'est jamais forcé. Avec Jules Cherbonnier (Lucas), nous avons tourné des scènes de couple amoureux très tôt, dès son arrivée. J'ai été impressionnée par son aisance sur le plateau. Nous avons dû créer un lien très vite, et moi qui suis plutôt pudique et un peu sauvage dans la vie, j'ai trouvé ça très enrichissant. J'apprends beaucoup à leur contact. Je me sens chanceuse.

 

© France Télévisions

 

Plus globalement, quels retours pouvez-vous avoir des téléspectateurs sur votre personnage ?

J'ai été très touchée. Dès le départ, malgré une présence légère à l'écran, les retours ont été chaleureux, bienveillants, protecteurs même. Ça fait chaud au cœur.

Vous évoquiez la paillotte : ce lieu de tournage est quand même incroyable...

Oui, c'est une chance. On arrive parfois tôt, au lever du soleil, on respire, on voit la mer... C'est un décor magique. Je me souviens que, tout au début de la série, j'étais tombée sur le programme à la télé en allant voir ma grand-mère Éliane, et une pensée m'avait traversée, juste comme ça, furtivement : "Je me vois bien dans ce décor". Et aujourd'hui, j'y suis. C'est fou.

 

© Fabien Malot - France Télévisions

 

Vous tournez aussi parfois dans les studios de Vendargues, qui sont à la pointe de la technologie...

Oui, c'est très impressionnant. Immense.

Le rythme de tournage est très intense. Avez-vous adapté votre méthodologie de travail ?

Ça demande une vraie réactivité. J'essaie d'apprendre mes textes dès que je les reçois, pour rester disponible au moindre changement. On travaille avec des équipes très pros, donc j'ai envie d'être à la hauteur, de ne pas freiner le mouvement. Plus je suis prête, plus je peux profiter du moment de jeu - et plus je me sens légitime vis-à-vis de la confiance qu'on me porte.

Aimez-vous regarder le rendu final, notamment pour capitaliser sur votre jeu ?

Oui, même si ce n'est jamais simple de se voir. Je regarde avec un œil technique, pour comprendre ce qui fonctionne ou pas. Sur le moment, je ne pense ni à la caméra ni à la diffusion, alors parfois je me dis que j'aurais pu faire autrement, "aider" plus la technique, par un regard ou une intention. Mais je me force aussi à ne pas trop réfléchir, pour garder ma sincérité.

 

© Fabien Malot - France Télévisions

 

À l'image, votre personnage est particulièrement présent en ce moment. On a pu le voir sur deux arches en même temps. Ces prochaines semaines permettront-elles d'en savoir un peu plus ?

Oui, Emma vit un nouvel amour, et il va se passer des choses. J'étais contente de voir qu'elle faisait le lien entre plusieurs intrigues. Je trouve ça beau qu'elle soit vue comme fragile mais capable de réactions fortes. C'est bien écrit. Et ça va continuer !

 

@ Jean-Christophe Lejeune

 

Pour terminer, quels sont vos projets en cours ?

Je travaille sur un documentaire pour donner la parole à des gens qu'on ne voit pas assez. J'écris aussi, je participe à un atelier théâtre chaque dimanche, et j'ai des projets de photos et de vidéos pour les réseaux, avec un peu d'humour, d'autodérision... Ce qui relie tous ces projets, c'est une quête : rester sincère et libre, tout en explorant ce qui me dépasse. C'est ce qui me nourrit, ce qui me guide. Comme Emma, finalement : une femme sensible, forte autrement, qui essaie de transformer la fragilité en force.

Merci, Sarah, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Télévision

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