Sud Radio / But football club : Lionel Rosso nous en dit plus sur cette émission, qu'il présente chaque jeudi soir !
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Bonjour Lionel,
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !
Vous animez chaque jeudi soir, de 20h à 21h, sur Sud Radio, l’émission « But football club ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie et le plaisir que cela doit être pour vous ?
Absolument ! Je pensais que je n’allais pas avoir un plaisir aussi important…J’ai fait, pendant très longtemps, des émissions de talk avec une bande, sur Europe 1, jusqu’à il y a deux ans maintenant, cela durait trois heures donc c’était assez lourd. J’étais un peu émoussé et c’est pour cela que j’avais arrêté pour me consacrer vraiment à la télévision, à CNews notamment. L’été dernier, j’ai même voulu arrêter les médias pour me consacrer pleinement au cinéma et c’est Michel Moulin qui a eu envie de faire cette émission, pour promouvoir le site « But ! Football club », un site historique et, à l’origine, un journal que je lisais quand j’étais adolescent notamment. Comme j’avais de bonnes relations avec Patrick Roger, le directeur général de Sud Radio, cela s’est assez vite fait finalement.
J’ai, en effet, retrouvé des automatismes, des réflexes et le plaisir du contact, de la tchatche en direct, des échanges parfois un peu animés avec beaucoup de mauvaise foi. C’est quelque chose qui ne m’a pas surpris mais qui m’a remis de suite dans le bain. J’avais l’impression de revenir à la maison, tout simplement…
Vous êtes entouré d’une belle bande, aux profils variés, ce qui permet de diversifier les points de vue et d’enrichir les échanges…
Complètement ! On est partis du principe qu’il fallait deux forts en gueule, que sont Michel Moulin et Karim Zeribi, avec des tempéraments assez différents. On a voulu y associer, ensuite, deux autres tempéraments pour apaiser, parfois, les situations. Même si je suis chargé de faire ce genre de chose, il est possible que ça m’échappe et m’appuyer sur Jimmy Algerino notamment, l’ancien joueur du PSG, ou sur Benjamin Danet, le patron du site « But ! Football club », permet d’apporter un autre contenu encore. Jimmy par rapport, bien sûr, à son expérience de joueur et Benjamin par sa grande expérience de journaliste. Cet ensemble, finalement, fait qu’il n’y a jamais la même résonnance, on a des propos qui sont riches, fluides, denses mais contradictoires, dans un débat.
Surtout, ce qui est intéressant, c’est qu’on dit des vérités. Ce n’est pas parce que l’on fait cette émission tous les jeudis que je dis ça, c’est parce que c’est un vrai constat : en fait, il y a des choses dites dans cette émission qui ne sont dites nulle part ailleurs ! Certains dirigeants doivent trembler, je pense, chaque jeudi, en se demandant ce qu’ils vont encore prendre dans la figure le soir. Ce ne sont pas des agressions gratuites, ou des attaques gratuites, c’est basé sur des propos, des postulats et des situations existantes. Par exemple, ce qui se passe actuellement à la Ligue sur les droits de la Ligue 1 est quelque chose dont nous avons parlé et qui nous a alerté il y a déjà plusieurs semaines. Michel Moulin avait notamment expliqué alors le rôle du président de la Ligue. Lui qui avait été candidat à la FFF il y a quelques années se rend compte qu’aujourd’hui, le football marche sur la tête. C’est un peu cela que l’on décrit en disant des vérités que beaucoup d’émissions et de journalistes n’osent pas dire mais qu’ils savent. On n’a pas d’exclusivité particulière mais, en revanche, on dit les choses sans filtre et c’est ce qui fait le succès de cette émission.
Humainement parlant, échanger avec ces intervenants-là doit être aussi très enrichissant…
Oui, parce que c’est de la co-construction, on s’envoie des messages ou on se parle tous tout au long de la semaine sur les sujets qui nous intéressent alors. Souvent, j’ai des coups de gueule de Michel Moulin, qui râle sur la manière dont fonctionne le foot, ce qui nourrit ma réflexion pour déterminer les thèmes évoqués le jeudi soir. Avec Jimmy, cela a toujours été comme cela aussi, notamment à Europe 1. C’est quelqu’un que je connais depuis plus de trente ans maintenant parce que, quand j’étais journaliste à France 3 à Epinal, lui y était joueur, en prêt de Monaco. On s’était rencontrés, on avait sympathisé et on est toujours restés en contact, c’est donc devenu un ami. Il a toujours une très belle réflexion, bienveillante, sur le football mais sans occulter les problématiques qu’il peut y avoir. Voilà pourquoi il est un peu le juge de paix de cette émission et qu’il amène beaucoup de choses dans ses contacts, dans son expertise et dans le choix des thématiques.
Jimmy est d’ailleurs au micro comme il est dans la vie, posé et calme, ce qui s’inscrit très bien dans votre émission…
Exactement ! C’est l’eau et le feu, avec des gens au tempérament méditerranéen et un Jimmy, même s’il est toulousain, qui arrive à être un peu plus calme, un peu plus apaisé, sans tergiverser, avec une opinion très tranchée. C’est cela ce qui est intéressant….On ne cherche pas le buzz, en revanche on cherche à ce que la vérité sur ce que l’on pense puisse éclater à tout moment quand on est en train de la raconter.
Le créneau du jeudi est particulièrement stratégique, faisant le lien entre les soirées européennes de Ligue des Champions et, le lendemain, les premières rencontres du week-end de Ligue 1…
Oui, on est très très bien placés dans le calendrier, on est au sortir des soirées de Ligue des Champions et on s’approche des matchs de Ligue 1. C’est un entre-deux qui nous permet d’être soit en réaction, soit en approche d’un évènement du week-end notamment. Mais on ne s’interdit pas de parler de sujets un peu plus froids, c’est-à-dire de sujets, toujours polémiques bien sûr, qui peuvent être installés dans le temps. On n’est alors pas forcément sur l’actualité pure, on n’est pas là pour décortiquer une rencontre, d’autres le font très bien, on est plus sur du débat sociétal footballistique, avec tout ce que l’on peut aller chercher dans les entrailles de ce sport. Les thèmes sont aussi choisis en fonction de la présence des gens dans l’émission.
Il est vrai que l’actualité sociétale du ballon rond est tellement riche qu’elle doit être une source d’inspiration très grande chaque semaine…
Oui ! Il y a la coulisse, bien sûr, avec tout ce qui peut se passer avec les dirigeants mais il y a aussi le jeu, les matchs, le foot, avec toujours des sujets qui reviennent inexorablement : Paris, Marseille, Mbappé sont incontournables…On a parfois le sentiment de traiter les mêmes thématiques en priorité mais il y a toujours des ramifications, des choses que l’on peut aborder autour de ces sujets qui font de toute manière l’unanimité et qui intéressent la plupart des auditeurs.
Sur cette tranche horaire de 20h à 21h, la programmation de Sud Radio met en avant dès le lundi soir des émissions sportives. La vôtre s’inscrit ainsi dans la continuité du début de semaine…
C’est une cohérence de grille, c’est un mix entre le foot et le rugby. Sud Radio est très implantée dans le rugby depuis de nombreuses années, elle fait la part belle à ce sport, on dit même que c’est la radio du rugby. Depuis cette saison, en effet, le foot est venu s’inviter parce qu’il est incontournable et qu’il reste le sport numéro un. Il y a une émission le mardi, une le mercredi et la nôtre le jeudi, ce sont des talks de foot qui traitent de l’actualité et des mêmes thématiques que nous mais avec des tons différents, parce que la personnalité des invités permanents est différente. Ce qui est très bien, cela permet d’être dans un spectre beaucoup plus large et d’avoir des avis dissonants, en tout cas des musicalités radiophoniques différentes en fonction de qui sont les gens en studio avec nous.
Plus globalement, quels principaux retours des auditeurs pouvez-vous avoir sur votre émission hebdomadaire ?
On a beaucoup de retours d’auditeurs très satisfaisants mais qui sont, j’ai envie de dire, assez basiques, sans que ce ne soit péjoratif : « Enfin une émission de football qui dit les choses », « enfin des gens qui n’ont pas leur langue dans leur poche », « enfin des gens qui ne sont pas de mauvaise foi »,…Après, on a une catégorie d’auditeurs qui est assez critique, cela arrive toujours, dans toutes les émissions, personne ne faisant l’unanimité, où ils estiment que l’on évoque toujours les mêmes personnages et les mêmes clubs. On essaie de leur expliquer, quand c’est possible, que, malheureusement, parler de ceux que l’on appelle les petits clubs ou de sujets un peu plus mineurs pourrait faire fuir la plus grande partie de l’auditoire. Voilà pourquoi on a quand même créé aussi un rendez-vous avec le football amateur, dans notre émission du jeudi, à 20h 45 : on donne alors la parole à une présidente, à un président, à un dirigeant, à un acteur du foot amateur, pour expliquer quelles sont leurs problématiques. Ils représentent de nombreux licenciés, c’est donc important de les mettre en avant.
On évoque aussi les actions sociales de clubs : cette semaine, on a reçu un club de football humanitaire, qui fait des actions à destination de causes internationales. La présidente est d’ailleurs une ancienne internationale marocaine…C’est donc une découverte de personnalités à travers toute la France, qui permet de prendre le poult de ce qu’est le football en général. Ce coup de projecteur nous a aussi permis de fédérer et de récolter de nouveaux auditeurs.
Que peut-on, ainsi, vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?
De continuer, tout simplement, avec la même liberté car on a beaucoup de chance. Le slogan de Sud Radio est « Parlons vrai », il n’y a pas de doute là-dessus, on parle vrai. Donc on peut nous souhaiter de continuer avec ce rythme hebdomadaire qui nous va très bien. S’il y a plus, why not mais, en tout cas, cette petite fenêtre nous va bien à tous. Je dis « nous » parce que, certes, je présente l’émission mais celle-ci est faite vraiment par une équipe et par des gens qui, lorsqu’ils prennent la parole, disent des choses que je ne m’autoriserais pas à dire. C’est cela aussi qui fait le sel de l’émission !
En parallèle, vous l’avez évoqué, vous continuez à développer d’autres projets artistiques, notamment en acting, devant et derrière la caméra. C’est, là, une nouvelle corde à votre arc, que l’on ne vous connaissait pas…
En effet, cela fait maintenant cinq ans que je me suis lancé dans cette aventure parce que j’avais envie de faire cela depuis toujours, sans jamais oser le faire et aussi parce que j’étais engagé dans une carrière journalistique qui me prenait tout mon temps. Un moment donné, je me suis dit que l’on n’avait qu’une vie et qu’il fallait tenter de le faire…Donc je me suis lancé, j’ai pris des cours de théâtre, j’ai fait des stages, j’ai activé mes contacts pour essayer de commencer à tourner dans des petits rôles, ce qui m’a permis de me retrouver dans des films de Fabien Ontoniente, notamment « 4 zéros » récemment ou encore « Les enfants des justes » il y a quelques temps. J’ai aussi pu tourner avec Jean-Pascal Zadi, dans la série « En place ». En y prenant gout et en me rendant compte, même quand on a un agent, ce qui est mon cas, qu’il est difficile de trouver des rôles et de réussir des castings, je me suis dit qu’il pourrait être intéressant d’essayer de développer des idées pour m’attribuer des rôles plus intéressants et plus consistants. Pour cela, il faut du temps et il faut aussi pouvoir s’investir presque à 100%...C’est alors que j’avais décidé, l’été dernier, d’arrêter toutes mes activités médiatiques…Bon, je n’ai pas tenu ma promesse puisque je suis sur Sud Radio mais c’est moins chronophage que ça ne l’était avec CNews ou avec Europe 1.
Je suis, ainsi, en train de développer un projet de comédie, un road trip politique avec Gérard Lanvin. J’avais eu la chance de tourner avec lui il y a quelques années, on est devenus très amis, on a échangé et je lui ai proposé une idée qui lui a plu. L’écriture est en cours, le tournage aura lieu dans quelques mois, avec une date de diffusion encore indéfinie.
Avec la radio d’un côté et l’acting de l’autre, deux domaines qui pourraient paraitre différents, certainement que vous y trouvez quand même une complémentarité ?
Ils sont très similaires : c’est toujours du travail d’équipe, du travail de bande, de l’échange, de la communication,…Dans les deux cas, on raconte des histoires, la radio étant un média formidable pour cela. Donc on est vraiment dans le même univers : le support change mais, pour moi, la démarche reste la même !
Merci, Lionel, pour toutes vos réponses !