Claire Morin évoque sa belle actualité, devant la caméra et en doublage !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Claire,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Nous pouvons vous retrouver, depuis quelques semaines, dans la quotidienne à succès de France 3, «Un Si Grand Soleil », sous les traits du personnage d’Axelle. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, oui, je suis ravie ! Pour la petite anecdote, il y a six ou sept ans, j’avais fait le callback pour le rôle de Johanna, avec Folco mais c’est finalement Aurore Delplace qui a été retenue, à ma grande déception. Donc j’étais ravie de revenir et de retrouver Folco, que je connaissais donc déjà un petit peu. J’ai aimé arriver sur cette équipe…Moi qui avais déjà l’expérience de la quotidienne avec « Ici tout commence », je savais comment ça allait se passer…Autant, sur TF1, j’avais beaucoup appréhendé le format, le rythme et le nombre de personnes, autant j’avais été très agréablement surprise, tout le monde était hyper sympa, c’était ultra bienveillant et ça s’était super bien passé. Avec les échos de mes copains comédiens à propos de USGS, je savais que ça se passait bien ici aussi donc je suis arrivée, je dirais, assez détendue et ravie de pouvoir interpréter ce rôle d’Axelle.

D’ailleurs, j’ai eu ce dernier de façon assez rigolote. Je venais de tourner un moyen métrage d’une autrice réalisatrice quinze jours avant le casting, où je faisais déjà le rôle d’une menuisière. Pour le coup, avec elle, j’avais eu une journée de formation pour travailler le bois et apprendre à manier les outils donc, quand j’ai reçu le scénario et la proposition du rôle d’Axelle, cela m’a fait rire ! Je me suis dit que cette fonction me collait à la peau…Et j’ai eu le casting ! Je ne sais pas si c’est parce que j’avais déjà interprété une menuisière que j’ai eu le rôle d’Axelle Veton mais, en tout cas, j’étais dans mon élément quand il fallait travailler le bois.

Le cadre de tournage est particulièrement agréable, notamment celui de la ferme…

C’est vrai que j’aime beaucoup tourner à l’extérieur ! A la ferme, en plus, on est au contact des animaux… On a commencé le tournage début septembre, il faisait super beau, c’était hyper agréable parce que, pendant les séquences, on pouvait aller se poser au soleil. C’était très sympa !

 

 

Plus personnellement, quel regard portez-vous sur Axelle, votre personnage ?

Je me suis fait tout un petit scénario sur sa vie justement, cela fait partie de notre métier d’acteur que d’imaginer les backgrounds. J’imagine que, dans son passé, elle a dû avoir pas mal de désillusions amoureuses et de failles qui l’ont un peu blessée, d’où ses réactions peut-être un peu excessives parfois. Elle ne veut pas se faire avoir encore une fois donc elle se méfie un peu de la gente masculine.

J’essaie toujours, aussi, de coller aux personnages que j’interprète un peu de ce que je suis, pour les rendre un peu plus vrais. L’image que je me suis faite d’Axelle est celle d’une personne entière, impulsive mais aussi réfléchie, pleine d’humour et pétillante, qui aimerait trouver l’amour.

Ce rôle vous permet, ainsi, une palette de jeu large et variée, qui doit être très plaisante…

C’est sûr ! Je pense que tous les comédiens aiment bien avoir des émotions toujours différentes à jouer. C’est vrai que, dès les premières scènes, on voit que c’est quelqu’un de professionnelle mais qui, en même temps, peut se laisser perturber par le charme de Ludo. Elle veut y aller mais elle marche sur des œufs parce qu’il est un peu bizarre. C’est vrai qu’il y a pas mal de choses à jouer, également cette phase de séduction et de copinage, c’est assez plaisant !

Au début, on tâtonne car, tant que l’on n’a pas décroché le rôle, on ne sait pas exactement ce que veulent la chaine et les producteurs, c’est alors à nous de faire des propositions de comment on voit le personnage et de ce que l’on a envie d’y mettre. Donc c’est vrai que j’étais contente que ce que je propose ait retenu l’attention. Maintenant que l’on a commencé à tourner pas mal de scènes, c’est plus facile pour moi, je me la suis mieux appropriée, j’ai moins besoin de la chercher.

Quels premiers retours avez-vous déjà pu avoir des téléspectateurs, suite à l’arrivée de votre personnage ?

Forcément, des proches qui m’ont vue m’ont fait des retours. J’ai aussi eu quelques messages sur les réseaux, de bienvenue notamment. Si on peut comparer avec « Ici tout commence », c’est beaucoup moins intense en tout cas, c’était plus léger et plaisant. Sur la série de TF1, il y a une sorte de fanatisme que je n’explique pas : peut-être est-il lié à l’âge moyen du public, qui est plus jeune ? Je ne sais pas…Je n’étais restée que trois mois dans cette série donc je n’ose même pas imaginer ce que ce doit être pour les récurrents…Ce sont de vraies stars, c’est rigolo !

Ainsi, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette aventure télévisuelle qu’est « Un Si Grand Soleil » ?

Que mon rôle devienne un gros récurrent dans la série ! J

 

 

En parallèle, vous qui êtes une artiste aux expériences variées, vous faites énormément de doublage, avec pas mal de projets et d’actualités en cours ou à venir…

J’enregistre actuellement un des rôles principaux d’une nouvelle série médicale qui va arriver sur les chaines. Je me dois de taire le nom car je suis encore sous confidentialité, c’est une nouvelle série un peu dans la veine de « Good doctor » ou même « Doctor House », c’est un très beau programme, avec beaucoup d’humilité et de condescendance, dont je suis assez fière.

Bientôt, sortira aussi un film au cinéma, avec Natalie Portman, où je double Eisa Gonzalez, une actrice que je retrouve régulièrement. La saison 1 de la série « Andor » est visible sur Disney+, je double aussi une comédienne que je fais très très régulièrement, Adria Arjona. Je l’aime beaucoup, c’est une super actrice !

Pour comparer, je trouve que le doublage et les tournages sont très complémentaires, le jeu reste l’essence même mais la technique est complètement différente. En fait, c’est comme quand on conduit, il faut vraiment avoir digéré la technique pour être libre dans le jeu. Je compare vraiment cela aux quatre fois où j’ai passé le permis : j’étais complètement terrorisée parce qu’on m’observait, je perdais alors tous mes moyens et, dès que j’ai commencé à automatiser la technique de la conduite, j’ai pu me libérer de ce trac du regard de l’autre…C’est tout à fait ça aussi dans le doublage : tant qu’on n’est pas libéré de la technique, on ne peut pas vraiment incarner le personnage que l’on voit à l’écran. Cela m’a pris beaucoup de temps, il y en a qui disent que ça arrive de suite mais j’ai mis un moment à ne plus penser à la technique, pour pouvoir être libre dans mon jeu. Même mes parents ne me reconnaissent pas, maintenant, sur certains personnages, ils pensent que ma voix a été aggravée alors que non, j’ai simplement trouvé, avec les années de pratique, l’instinct.

C’est vrai que c’est très complémentaire des tournages et vice versa en fait. En doublage, on nous demande aussi d’être très rapide dans les intentions : tout va très vite, on arrive, on voit la boucle une fois, on nous donne une intention et on y va, le cerveau est à 10 000 à l’heure, il faut être à 400% ! Du coup, en tournage, cela nous permet d’avoir cette immédiateté de jeu et, souvent, on m’a fait la remarque que je captais très vite…C’est grâce au doublage ! A l’inverse, je dirais que les tournages nous permettent de garder le naturel que l’on peut apporter pendant un doublage : si on ne fait que du doublage, on peut vite avoir des tics de jeu qui ne sont pas forcément naturels alors que garder les deux nous permet de sauter du naturel à la technique et d’avoir une bonne élocution. Donc les deux sont très complémentaires, je trouve !

On peut donc dire que vous êtes une artiste, qui ouvre et referme des tiroirs selon les domaines de travail …

C’est complètement le même métier ! Beaucoup de gens pensent qu’avec une belle voix, on va cartonner en doublage mais, même pour un comédien, ce n’est pas si évident. Le doublage demande une technique, une rigueur et une discipline acharnées. Notamment pour poser sa voix, pour être synchronisé et pour garder les intentions.

Un comédien de doublage n’est pas un doubleur, c’est un comédien ! Je suis persuadée qu’un très bon comédien de doublage sera un très bon comédien partout mais qu’un très bon comédien d’image ne sera pas forcément un bon comédien de doublage, surtout si sa technique n’est pas ancrée. Je pense même que, quand on est comédien, on devrait forcément faire au moins un stage de doublage, pour maitriser notamment sa postsynchronisation sur un film…

Le doublage reste un métier essentiel qui, je l’espère, ne se perdra pas avec les IA. C’est un autre sujet…

 

 

Pour terminer, que ce soit à l’image ou en doublage, aimez-vous regarder le rendu final, aussi pour capitaliser sur votre propre travail ?

Oui, j’aime bien regarder ce que j’ai fait pour, justement, voir ce que je peux améliorer mais j’ai un œil quand même très critique sur moi-même, je ne vois que les défauts. Après, ce sont peut-être des défauts que d’autres ne voient pas mais c’est vrai que je suis très perfectionniste et que je cherche toujours à m’améliorer pour les prochaines fois.

Merci, Claire, pour toutes vos réponses !

Publicité

Publié dans Télévision

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article