Koh Lanta : Sophia nous raconte son aventure à l'autre bout du monde, qui s'est terminée par une défaite lors d'une épreuve éliminatoire !

Publié le par Julian STOCKY

@ A.ISSOCK/ALP/TF1

 

 

Bonjour Sophia,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

La saison de « Koh Lanta – La tribu maudite » est actuellement diffusée chaque mardi soir sur TF1. Justement, le visionnage des images a-t-il ravivé en vous certains souvenirs et certaines émotions vécus sur place quelques mois en arrière ?

Ah oui, c’est sûr ! L’aventure est longue et on a eu la chance d’avoir une diffusion assez rapprochée du tournage donc on avait des souvenirs qui étaient quand même assez nets. Mais il y a plein de petites choses dont on ne se rappelait pas…C’est vrai que, au fur et à mesure de l’aventure, comme on n’est plus tout à fait lucide non plus, dès fois on dit des choses dont on ne se rappelle plus vraiment après. Pour le coup, le cerveau fonctionne un peu différemment. C’est assez surprenant dès fois mais, en même temps, une deuxième aventure commence…La diffusion est une seconde aventure !

Si l’on en revient à la genèse de votre aventure, quelles principales raisons vous avaient incitée à candidater ?

En fait, je suis fan du concept de « Koh Lanta ». Je ne suis pas une énorme fan dans le sens où je n’ai pas suivi toutes les saisons hyper régulièrement, je connais les épreuves mais pas toutes par cœur. C’était pour le challenge, pour le concept de survie, pour le fait d’être coupée du monde, de dépasser ses limites sur les épreuves…Je voulais me découvrir dans une certaine vulnérabilité que je n’avais pas encore connue jusqu’ici. Je ne connaissais pas du tout la survie, il y avait ainsi le goût du challenge. Les épreuves m’attiraient, je suis quelqu’un de compétitrice, je suis sportive. Au-delà de ça, je voulais gagner, c’était le but principal. J’avais un projet très précis avec les 100 000 € : pouvoir financer une partie d’une maison pour mes parents, afin de les remercier de plein de choses. Je me sens hyper redevable par rapport à eux et les remporter de cette manière-là, en y mettant toute ma force et tout mon cœur, était, je trouvais, un beau cadeau pour eux.

Le début d’aventure a été riche en rebondissements. Comment aviez-vous réagi en voyant débarquer sur la plage, le premier jour, Ugo et Frédéric, deux anciens vainqueurs ?

Comme je le disais, je ne connais pas toutes les saisons donc je ne les connaissais pas plus que cela…Du coup, je n’étais pas hyper impressionnée ! Mais, par contre, j’ai trouvé l’idée super, je me suis tout de suite dit qu’eux connaissent et que, donc, ils allaient pouvoir nous aider. J’ai, ainsi, surtout vu le côté positif de la chose, dans le sens où on aura une personne référente, qui pourra nous donner ses petites astuces, son feedback par rapport à ce qu’eux avaient vécu précédemment.

Si l’on en revient à l’épisode de cette semaine, le jeu de confort a été le témoin de la venue des proches. Certainement que, à ce stade-là de l’aventure, ces quelques minutes ont été précieuses pour le moral ?

Oui et non, en fait ! On le voit, je suis hyper émue, je suis hyper reconnaissante de voir ma meilleure amie mais, quand on perd ce confort, c’est quand même assez terrible…On sait que nos proches ont fait tout ce voyage pour nous, pour nous voir que cinq minutes et, là, on culpabilise pas mal. Surtout que, cette année, malheureusement il a fait beau tout le temps sauf au moment où ils sont arrivés. En fait, on les imaginait dans leur hôtel, sous la pluie, après avoir fait tout ce voyage et après ne pas nous avoir vus performer. Dans mon cas, en vérité, cela n’a pas forcément été très bénéfique dans le sens où ça m’a ravivé de suite des souvenirs de parler de ma fille et d’avoir des nouvelles sans en avoir. Non, ça n’a pas bien tourné pour moi, ça n’a pas eu l’effet escompté en tout cas.

Vous le disiez, les jours suivants ont vu une pluie battante ne pas cesser de tomber, jour et nuit. On le voit à l’image, la fatigue et la privation des 37 premiers jours d’aventure se font encore plus ressentir, vos corps sont tous très marqués…

Oui, effectivement ! On avait eu la chance de ne pas avoir de pluie mais ces 48h que l’on a passées…J’ai lu beaucoup de commentaires disant que «ça va, c’est juste 48h de pluie, on a eu de la chance par rapport à d’autres « Koh Lanta » » mais, très sincèrement, même Ugo qui a vécu quand même plus de 100 jours de « Koh Lanta » a dit que c’était la pire nuit de sa vie sur ce « Koh-Lanta »-là. Donc ce n’était vraiment pas rien, c’était non-stop, on était pétris par le froid, on n’a pas dormi. En fin d’aventure, comme cela, le corps est déjà hyper affaibli de base, qu’il pleuve ou non, mais, plus la météo et plus les proches que l’on a vus sans les voir, ça faisait beaucoup d’éléments quand même pour le mental. En fait, les derniers jours se sont joués vraiment sur ce côté mental…On ne voyait pas le bout du tunnel. Quand je revois les images, c’est vrai que l’on se dit « on est sur la fin, je pensais à abandonner ou quoi… ? » mais, en fait, on ne voit pas la fin, on se dit que personne ne va venir nous chercher…Le cerveau ne fonctionne plus de la même façon, on a l’impression que l’on va mourir ici. Alors que pas du tout…C’est assez difficile à expliquer quand on ne le vit pas en fait mais on a une notion du temps qui est complètement différente, chaque minute est longue à ce moment-là.

Juste avant l’épreuve d’immunité, Denis annonce son caractère éliminatoire pour le dernier. Sans doute que cela met un stress supplémentaire, à quelques heures de la mythique épreuve de l’orientation ?

Oui, tout à fait ! Après, on avait quand même calculé, on savait que l’on était assez nombreux pour une fin d’aventure donc on se doutait qu’à un moment donné, il y aurait une épreuve comme celle-ci, éliminatoire. Mais, effectivement, l’enjeu est double, le stress monte complètement et on se dit que ça serait dommage de partir sur une épreuve. En même temps, mon côté sportif me dit que c’est bien aussi qu’il y ait cela…Je ne suis pas contre les épreuves éliminatoires, je me dis « que le meilleur gagne ». Donc, que ça arrive avant l’orientation est difficile mais c’est juste !

Avec le recul, qu’est-ce qui vous a manqué sur cette épreuve à l’aveugle ?

On ne le voit pas forcément sur les images, vous savez, il y a des bouts sur les planches, des bouts pointus et des bouts plats et, en fait, je me suis concentrée uniquement sur les chiffres et je n’avais pas calculé qu’il y avait des différences sur les bouts. C’est cela qui m’a fait perdre en fait… Cécile l’a compris au dernier moment, on le voit, à la fin elle touche les extrémités et, à partir du moment où elle comprend cela, ça va tout seul…Mais, moi, tant que je n’avais pas cette information, en fait je ne comprenais pas pourquoi mon schéma n’était pas bon alors que les chiffres l’étaient. C’est juste qu’il y avait un problème sur les extrémités…Après, il y a aussi le fait que mon cerveau ne fonctionnait pas super bien et que j’étais fatiguée…C’est un petit détail mais qui a fait toute la différence dans la réflexion sur le jeu !

Le fait de ne pas sortir sur les votes de vos camarades attenue-t-il quand même un peu la déception de partir à ce moment-là de l’aventure ?

Oui, totalement ! En fait, ce que je me dis à ce moment-là, c’est que ma flamme n’a pas été éteinte par Denis et que j’ai eu zéro vote contre moi…Tout au long de l’aventure, jamais personne n’a mis mon nom sur un bout de papier. C’est une victoire en soi pour moi ! Comme je vous ai dit, je suis quelqu’un de sportive donc je sais accepter la défaite…Je sais que je ne peux m’en vouloir qu’à moi-même et que, au final, le meilleur gagne. Dans le social, j’ai tout gagné et dans la stratégie, je n’ai pas été mauvaise…Je me console par rapport à cela. C’est sûr qu’au niveau de l’égo, ça blesse. On m’attendait beaucoup sur les épreuves, je sais que j’ai un physique qui peut faire penser que, sportivement, je vais tout cartonner…Mais « Koh Lanta », ce n’est pas que du sport et, surtout, on n’est pas dans les mêmes conditions qu’à l’entrainement en France, à Paris, où tout va bien, où on mange, où on dort. J’ai quand même pris un petit coup à l’égo, on ne va pas se mentir…C’est compliqué, moralement, de se dire que, alors que je suis sportive et que l’on m’attendait sur les épreuves, je pars sur une épreuve…

Plus globalement, quel bilan tirez-vous de votre parcours ?

Maintenant, avec le recul, je me dis que je n’aurais pas dû me mettre autant de pression pour absolument vouloir gagner des épreuves…Parce que ça a été contreproductif. Je pense que toute la pression que je me mettais pour absolument performer s’est retournée contre moi. Ce dont je ne me rendais pas compte quand j’étais là-bas et dont je me rends compte maintenant, c’est que j’ai quand même joué mon rôle dans la stratégie, que j’ai réussi aux ambassadeurs à sauver mon équipe qui était en infériorité numérique et que, quelque part, grâce à moi, grâce à quelques coups stratégiques, il y a quand même quatre jaunes qui arrivent en finale. Il y aurait même pu y en avoir cinq si je ne m’étais pas auto-éliminée on va dire. Donc je tire quand même un bon bilan de tout ça parce que là où je pensais être la plus mauvaise, c’est-à-dire en stratégie, je me suis retrouvée plutôt bonne je trouve. Socialement aussi, tout s’est super bien passé, j’ai réussi à arrondir les angles avec un petit peu tout le monde, avec tous les caractères, même s’il y en avait des pas faciles…C’est quand même une fierté !

Quels resteront d’ailleurs vos plus beaux souvenirs ?

L’un de mes plus beaux est la venue de Francesca, même si l’après-coup a été très compliqué. Mais le fait de savoir que ma meilleure amie a fait tout ce chemin juste pour moi, juste pour quelques minutes, c’est quand même un acte d’amitié incroyable. Donc, oui, la venue de Francesca a été folle ! Après, les conforts que l’on a vécus…Notamment celui avec Ilyesse, Charlotte et Jacques, à être au plus près de la population, à pouvoir danser avec les enfants…Cette image de nous en train de danser avec les enfants restera, je pense, gravée à jamais. C’est un très très beau souvenir !

Pour terminer, seriez-vous prête à refaire votre sac pour repartir à l’aventure, si l’opportunité venait à se présenter ?

Bien sûr ! Je pense que, sur l’ile, on se dit tous que jamais plus on ne refera cela mais ce qui est drôle, c’est qu’une fois qu’on a mangé, qu’on a le ventre plein, qu’on est au chaud et que tout va bien, on n’a qu’une seule envie, c’est d’y retourner et de faire mieux en fait. Maintenant que l’on a l’expérience, que l’on sait où on a foiré et où on a performé, on n’a qu’une envie, c’est de faire mieux…Donc, oui, bien sûr !

Merci, Sophia, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Télévision

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