Prime Video / Culte : Lila Guennas évoque Laure, son personnage dans cette série évènement !
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Bonjour Lila,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Le 18 octobre prochain, nous pourrons vous retrouver sur Prime Video, dans la série évènement « Culte », sous les traits du personnage de Laure. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Complètement ! C’est Gaëtan Allain qui m’a contactée suite à un premier casting que j’avais passé avec lui un an auparavant…Je me souviens très bien de l’objet de son mail, « Petit rôle série Amazon ? ». Je l’ai appelé et j’ai compris alors que c’était une série sur le « Loft »…J’avais grandi avec ce programme, j’étais complètement fan de cette saison 1, je la regardais vraiment tous les jours en sortant des cours…Sur le moment, je craignais que la série ne soit qu’autour du loft, un programme où il ne s’agirait que de rejouer les scènes du loft, mais pas du tout en fait…Quand Gaëtan m’a vendu le projet, j’ai tout de suite été hyper emballée ! Mais je n’étais pas sûre de correspondre au rôle de Laure, j’avais les cheveux longs, bouclés, je tire plus vers le châtain très clair que le très brun et, surtout, je n’ai pas son parler. J’en ai parlé à Gaëtan qui m’a rassurée, a évoqué une certaine ressemblance que je ne percevais pas, les grands yeux, mais aussi le gabarit – je suis petite et très fine, et j’ai fini par me présenter au casting. J’avais deux jours pour me préparer et, vraiment, pendant ces deux jours, j’ai « mangé » des vidéos de Laure, je n’ai fait que regarder ses passages, pour chopper sa manière de parler, son phrasé, son « accent ». Ça a été le plus dur pour moi, de parvenir à avoir son accent un peu bourgeois, un peu aristo, sans tomber dans la caricature. Donc c’était excitant dès le casting, où je me suis éclatée en fait ! J’en suis sortie euphorique, c’était très drôle à faire, à jouer, j’espérais vraiment être prise. Je me disais que le tournage serait fou, le cas échéant. Et tout est allé crescendo…
Le tournage était effectivement dingue, j’étais dans le décor du loft et j’ai fait un bond de 23 ans en arrière. C’était magique ! Jamais je ne me serais imaginée être dans ce cadre, entourée des lofteurs…Quand on y était tous ensemble, on réalisait tous à quel point c’était fou, presque irréel… Même pour les acteurs qui n’avaient pas connu l’émission, tant ce programme est culte.
Quand j’ai vu les images à la projection, c’était encore mieux que ce que j’imaginais ! La réalisation est brillante, on voit vraiment l’envers du décor, que l’on n’imaginait absolument pas, ni à l’époque, ni aujourd’hui…C’est hyper feuilletonnant, on est pris par l’intrigue, c’est presque un thriller mais sur une télé-réalité. Faut une bonne dose de génie pour réussir à faire ça…Donc je suis heureuse et même honorée de faire partie de ce projet ! J’ai fait de belles rencontres, ça a marqué ma vie ! C’est vraiment le plus beau tournage que j’ai fait…C’était hyper excitant, c’est un projet hallucinant, un projet unique en France.
Ce programme de M6 était, à l’époque, précurseur et la série, au-delà de l’aspect artistique que vous venez d’évoquer, permet de mieux comprendre le phénomène de société que ça avait créé…
Exactement ! En fait, je pense que c’est impossible, pour la génération d’aujourd’hui, de réaliser l’impact qu’a eu « Loft story » à l’époque. Même pour ceux qui, comme moi, l’ont vécu en temps réel d’ailleurs… Je n’avais pas vu tous les enjeux qu’il y avait derrière le programme, que l’on découvre, en l’occurrence, grâce à la série « Culte » : le parcours d’Alexia Laroche-Joubert, comment le projet s’est monté, la difficulté à le monter…Personne n’en voulait à l’époque, c’était vu comme quelque chose d’hyper trash, de vulgaire, c’était la décadence absolue. Ceci avant même la scène de la piscine…On ne réalisait pas tout cela alors !
Notre génération se souviendra à jamais du « Loft »…Ceux qui participent aujourd’hui à une téléréalité ont des attentes, ils le font pour avoir la notoriété qui en découle, il y a beaucoup de « personnages » alors que « Loft story » n’avait pas tout cela, c’était vraiment le flou total, tant pour les participants que les téléspectateurs ou les producteurs…Tout le monde se lançait dans l’inconnu, il y avait une naïveté et une sincérité super belle chez les lofteurs parce qu’ils étaient vraiment eux-mêmes pour le coup : c’était une première et ce sera une dernière, ça n’arrivera plus…Cette naïveté, cette pureté, étaient trop belles à jouer ! Je suis contente que « Culte » mette un coup de projecteur sur tout cela, la série montre d’où c’est parti et aussi comment ça s’est transformé.
En parlant de transformation, certainement que la tenue et le maquillage ont été aidants pour vous projeter pleinement dans le personnage de Laure…
Tout à fait ! Au début, j’ai eu un peu peur de la transformation physique : cheveux courts, lisses, que j’ai dû teindre en noir corbeau, maquillage -outrancier- des années 2000…Je n’étais pas la plus gâtée, mais la plupart d’entre nous étions finalement logés à la même enseigne et ça nous faisait beaucoup rire de tous nous découvrir comme ça ! On était d’ailleurs choqués quand on s’est ensuite retrouvés plus tard avec nos « vrais physiques » !! Au final, ce que je redoutais s’est avéré être une des plus belles parties du travail ! Quand on est comédien, c’est génial d’avoir à faire une transformation physique…qu’elle plaise ou non n’est vraiment pas important… Cela aide beaucoup dans la création du personnage, d’autant plus qu’il s’agissait cette fois d’une personne qui existe réellement. Et comme je viens de l’évoquer, de voir autour de moi les autres lofteurs m’a vraiment aidée! Ajouté à cela qu’on a tous été très soudés, on s’est vraiment tous très bien entendus. Je suis obligée d’évoquer Marie Colomb, qui joue Loana, elle est entrée dans ma vie grâce à ce projet et ça a été un coup de foudre immédiat, avant même le tournage, dès les préparations. Elle est aussi adorable que talentueuse, et elle était tellement Loana que, quand je lui donnais la réplique, j’étais plus facilement Laure, j’arrivais vraiment à me remettre dans le programme. Enfin, les décors, eux-aussi, nous ont été très utiles. Tout était là pour qu’on arrive vraiment à incarner nos personnages pendant des semaines. Le tournage s’est étalé sur plusieurs mois, du coup, parfois, c’était un peu compliqué de me remettre dans le personnage et de retrouver ses mimiques, ce phrasé si spécifique, sa gestuelle…
Un grand merci aussi aux costumières qui ont fait un travail dément…Je revoyais vraiment les tenues de Laure et des autres lofteurs…C’était génial de porter toutes ces tenues, qui, vous allez le voir, sont assez dingues !
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Au moment d’arriver pour la première fois dans le décor reproduit du loft, certainement que cela a été fou pour vous…
Oui, ça l’a été pour tout le monde, pas uniquement les acteurs : les auteurs, Nicolas Slomka et Matthieu Rumani, le réalisateur, Louis Farge, les techniciens, toutes les équipes en fait...A partir du moment où on a passé la porte du loft et jusqu’à la dernière scène, on n’arrivait pas à s’y faire tellement c’était magique ! Il y avait la piscine bien entendu, mais même l’enclos des poules ! J’étais tellement heureuse et impressionnée d’être dans ce lieu qui a marqué mon adolescence… J’ai évidemment pris un milliard de photosJ. Fanta Kaba, la photographe, a pris des photos officielles qui sont exceptionnelles… Je me répète, mais je suis vraiment heureuse d’avoir pu tourner dans ce décor-là ! J’ai vécu un rêve : j’ai vécu le « Loft » sans l’avoir fait !
Vous l’avez dit, vous avez déjà pu voir les premiers épisodes, avec le reste de l’équipe…
Je n’ai vu, pour le moment, que les deux premiers épisodes donc je n’ai encore vu ni mon décor, ni mes scènes, je suis impatiente de découvrir tout ça ! En tout cas, dès les deux premiers épisodes, j’ai eu un vrai choc : c’était une partie que je ne connaissais pas donc j’ai découvert un autre envers d’un autre décor, qui est hyper excitant : celui de la genèse du projet…C’était encore mieux que ce que je m’imaginais : le montage est top, très rythmé, ça commence très fort dès les premières secondes, c’est hyper happant … On est donc surpris de A à Z !
Certainement êtes-vous curieuse bien sûr de découvrir les quatre autres épisodes mais aussi les retours des téléspectateurs…
Oh oui ! Les retours presse sont dithyrambiques, il me tarde d’avoir aussi ceux de ma famille et de mes amis…Quand j’ai vu les deux premiers épisodes, je n’avais qu’une hâte, découvrir la suite…et pas parce que je suis dedans. Il me tarde de voir les images, de voir le montage, de voir comment tous ont réussi à retranscrire ce phénomène, de voir mes scènes avec les lofteurs. On s’est éclaté sur le plateau, on était heureux et j’ai envie de savoir si cela est visible à l’image. Je pense en particulier à une scène dans le salon, au moment de l’élimination d’Aziz, où on a eu un fou rire interminable… On était devenu une bande, c'était peu de jours tous ensemble au final, mais on s’éclatait à chaque fois, c’était génial et j’espère que ça se verra à l’écran. En tout cas, je pense que je serai émue en découvrant les images…
Ce tournage est comme une boucle bouclée pour vous qui suiviez quotidiennement le programme sur M6 à l’époque. Peut-être aussi que, maintenant, vous en avez un autre regard ?
C’est tout à fait ça… Je l’avais vu avec mes yeux d’ado, en plus à l’époque, Laure m’agaçait profondément !! Et là, c’était drôle, en revoyant les rushs, je l’ai trouvée attachante, je l’aimais bien. Maintenait que je l’ai incarnée, j’ai un affect particulier pour elle…
Avec ce tournage, j’ai maintenant l’impression de faire partie de l’aventure du « Loft » : dans mon esprit, ce n’est plus uniquement l’émission de 2001, c’est aussi ce tournage ! J’étais déjà marquée à vie par l’émission de M6, à présent je le ressens au quintuple !
En complément, vous serez sur les planches, à partir de fin janvier prochain…
Oui ! C’est un très beau projet, dont je suis vraiment fière. C’est le premier projet au théâtre de Kheiron, qui s’était d’abord fait connaître grâce au stand-up, puis en tant qu’acteur et réalisateur. « Alba et Sadaf » est l’adaptation sur scène d’un film qu’il avait écrit mais qui n’avait pas trouvé de distributeur. C’est une histoire importante, tirée de faits réels, qui dénonce les conditions des femmes en Iran et au Salvador. Je suis vraiment heureuse de travailler avec cet artiste engagé, et de faire partie d’un projet essentiel, qui parle de sujets lourds, comme l’avortement qui est puni par la loi au Salvador.
Je jouerai Sadaf en Iran et Denise au Salvador….Sadaf est passionnée de foot, elle veut juste se rendre au stade mais c’est interdit d’accès aux femmes en Iran…Je suis très fière de pouvoir défendre ces rôles dès le 25 janvier prochain au théâtre des Mathurins, à 21h. Je serai sur scène en alternance une fois sur deux. Il faut absolument aller voir cette pièce, elle est bouleversante !
Merci, Lila, pour toutes vos réponses !