Mélanie Page nous parle en détails de son actualité sur scène et à l'image !
Bonjour Mélanie,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous serez sur scène cette semaine à Antibes, avec votre spectacle « Ce qui ne nous tue pas ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui ! C’est ça, le théâtre, on a envie que ça bouge, on a envie d’aller voir les gens. Là, il se trouve que le directeur du théâtre m’a demandé très tôt, quand je venais de commencer à Paris, si je pouvais venir jouer ce seule en scène, j’ai dit oui avec grand plaisir. On a un peu échangé ensemble sur les dates possibles et le faire en début de saison est cool. J’y suis du 19 au 24, je suis vraiment ravie d’y aller. En plus, je sais qu’il va y avoir du monde, c’est chouette !
Plus je joue ce spectacle, plus je pense qu’il se bonifie. Quand je m’arrête de le jouer et que je le reprends, c’est encore mieux parce qu’il a continué à voyager un peu dans ma tête. Un seule en scène est quand même une aventure assez dingue ! J’ai travaillé avec Nicolas Briançon, c’est une expérience assez inoubliable. J’ai adoré et, à la fois, c’était très dur ! Mais ce qui est sûr, c’est que j’ai grandi et beaucoup appris…
Ce qui est difficile avec un seule en scène, c’est que, avant de le posséder, il faut laisser passer du temps…Au début, on est un peu en panique et on n’est pas en pleine possession de ce que l’on pourrait donner au public. C’est pour cela que, plus je le joue, mieux c’est et plus je prends du plaisir donc, à présent, on est plus dans la partie plaisir : je l’ai en moi maintenant, je suis libre de pouvoir le jouer un peu comme ça me vient et c’est comme cela qu’il faut faire avec un seule-en-scène.
Donc je livre vraiment cette histoire au public…Ce qui est génial aussi, c’est de parler aux gens : ça commence vraiment comme un stand-up, même si ce n’est pas aussi comique : il y a beaucoup d’humour mais il n’y a pas que ça, c’est vraiment une histoire de vie, je parle de la vie, de la mort et de tout ce qu’il y a entre les deux.
Je me souviens d’un énorme pépin technique à Avignon, je n’avais plus de lumière, les gens attendaient en bas. Le régisseur du lieu m’a demandé si on annulait, ce que je trouvais impossible et j’ai alors demandé s’il était possible d’avoir un plein-feu qui me suive au fur et à mesure. J’ai quand même raconté cette histoire, c’était assez dingue, ça a créé une proximité supplémentaire avec le public et ça a été, au final, l’une des meilleures représentations. Je vous raconte cette anecdote mais il m’est arrivé tellement de choses sur ce spectacle…Toutes ces expériences me donnent une force de dingue pour jouer autre chose, je pense que je peux tout vivre et ne jamais m’effondrer. Donc ça me rend plus forte !
Ce spectacle est l’adaptation française d’une histoire vraie, l’auteur est venu me voir spécialement de New-York, cela m’a beaucoup touchée. C’est la première fois que son spectacle était repris par quelqu’un d’autre, il était hyper ému, il a adoré et, surtout, il m’a dit avoir tellement aimé ma façon de raconter cette histoire qu’il m’a proposé d’écrire ce que j’avais envie de jouer…C’est la première fois que l’on va m’écrire une pièce sur-mesure.
Je trouve que c’est beau ! Etre acteur, c’est aussi prendre possession de ce métier, ne pas être passif ni attendre le désir des autres, il faut aller vers ce que l’on veut faire ! D’autant plus que c’est encore plus gratifiant d’être à l’origine d’un projet…
Plus globalement, quels principaux retours du public avez-vous pu avoir sur ce spectacle ?
Ils m’ont beaucoup émue ! Je n’avais jamais eu autant de retours intimes de la part des gens. C’est vrai que j’ai davantage joué de franches comédies où c’était gratifiant de savoir que les gens avaient passé une bonne soirée. Là, j’aborde des thèmes assez profonds, qui parlent à beaucoup de monde…Ça parle du fait de s’empêcher dans la vie, de se mettre soi-même des bâtons dans ses propres roues, à cause de choses que l’on nous a dites ou fait croire sur nos incapacités. Donc c’est sur le fait de prendre confiance en soi et, surtout, sur le fait de faire, de prendre le risque de vivre. Parce qu’on s’empêche souvent de vivre…On vit à 20% de nos capacités sans prendre de risque. Comme le personnage de cette histoire passe très très près de la mort, elle réalise qu’en fait, elle passait à côté de sa vie… et elle a un déclic. C’est vrai que plein de gens aimeraient avoir ce même déclic, sans avoir évidemment à passer à côté de la mort…Donc ça parle beaucoup au public.
Je parle aussi des camps de concentration et d’une histoire assez méconnue d’une héroïne, qui a créé une école illégale dans le camp de Therezin : en fait, elle a réuni les enfants pour leur apprendre à dessiner et à s’exprimer à travers l’art. Avant de partir du camp et de se faire gazer, elle avait caché les dessins dans des valises retrouvées des années plus tard.
Ces 4 500 dessins sont exposés dans le musée de la ville et c’était un peu sa façon de rendre immortels ces enfants voués à la mort eux-aussi. Ce qui est dingue, c’est de leur avoir donné une petite échappatoire, une façon de s’exprimer et une possibilité de laisser une trace, tant qu’ils étaient vivants. Je trouve extraordinaire qu’au milieu de l’horreur, cette femme ait pensé aux autres, ait pensé aux enfants.
Une spectatrice m’a dit être venue avec son ado qui n’avait pas vraiment envie de faire grand-chose et qu’en rentrant, sa fille lui avait demandé de faire des recherches sur la shoah. Dans le spectacle, en parlant de cette histoire, je fais le parallèle avec l’importance de la création dans la vie et cela touche beaucoup les gens. Franchement, pour la première fois de ma vie, je me suis sentie utile dans l’intimité des gens, au-delà du simple divertissement.
Des spectateurs m’ont dit qu’ils allaient reprendre ce qu’ils avaient arrêté, un peu comme s’ils remettaient leur vie en cause après le spectacle. Je trouve cela fou d’avoir cette influence sur les gens grâce à l’art et au message que l’on veut faire passer.
Donc, clairement, ce spectacle est le premier où j’ai eu des retours des spectateurs aussi gratifiants pour moi !
En complément, vous reprendrez, en janvier prochain, au théâtre La Bruyère, la pièce « Je m’appelle Georges »…
Pour le coup, on est beaucoup plus dans le divertissement. Après le seule en scène, j’avais envie d’une petite soupape, qui est aussi très qualitative. C’est très bien écrit, c’est original, c’est très drôle. On est une bande, une équipe, j’avais aussi besoin de retrouver des acteurs, tellement cet esprit de troupe m’avait manqué. On est 5, on s’entend super bien, on s’éclate, on se marre. À Avignon, les gens nous ont dit avoir passé un « vrai bon moment », je trouve que c’est bien de pouvoir leur faire passer 1 heure 30 d’un vrai bon divertissement. C’est une comédie romantique donc il y a ce côté « on a envie qu’ils soient ensemble ». À la fin, j’ai un monologue et j’entends alors le public réagir par des « ohhhh » et des « ahhhh ». C’est super, ça montre que les gens sont avec nous : ils rient et, en même temps, sont touchés.
A l’image, vous commencerez fin septembre le tournage d’un épisode de « Léo Mattei – Brigade des mineurs », pour TF1…
On est sur autre chose ! Le rôle m’a plu, celui d’une maman à qui il arrive quelque chose à son enfant. La peur d’un parent pour son enfant est quelque chose que l’on connait tous à partir du moment où on a mis un enfant au monde. Pour le coup, je n’avais jamais joué cela, je trouve ça intéressant à explorer et, en plus, l’équipe de comédiens me plait beaucoup.
J’y retrouve, par hasard, 2 amis, c’était la cerise sur le gâteau…Bénabar va faire mon mari, on se connait depuis très longtemps avec Bruno, c’est vraiment un ami, je pense qu’on va bien se marrer. Arthur Jugnot fera un copain de mon personnage. Il y aura aussi Natasha Saint-Pier et Natacha Regnier, pour qui j’ai beaucoup de sympathie ! Donc, vraiment, j’ai hâte !
Cette série est un super programme, qui véhicule des messages et des valeurs fortes, sur l’enfance. Elle peut aussi permettre un dialogue dans les familles, ce qui est super !
Pour terminer, toujours à l’image, nous pouvons vous retrouver régulièrement sur France 2 dans « Tout le monde a son mot à dire »…
Je suis tellement contente à chaque fois de tous les retrouver. On a créé une famille au fil des années, Sidonie et Olivier sont vraiment devenus des potes pour le coup, les sociétaires sont aussi mes amis à présent. J’ai même fait rentrer des copains dans la bande, comme Virginie Lemoine par exemple. Collégialement, on a réussi à créer cette bande de potes hyper contents de se retrouver. Donc, quand on se vanne, c’est toujours hyper bienveillant…On se marre 10 fois plus quand on est avec des potes, on ne fait pas semblant…
J’adore gagner donc, forcément, j’adore jouer et le faire avec des potes est encore plus agréable. Je crois d’ailleurs que les gens le ressentent. Cette bonne humeur non feinte et cette amitié entre nous font le succès de la case horaire !
Quand on tourne cette émission, on doit brancher notre cerveau… Cela demande de la concentration ! Mais on essaie tout le temps d’être à fond pour le candidat…On s’attache facilement aux champions qui restent d’une émission à l’autre. C’est un vrai moment d’amusement exigeant pour les neurones !
Merci, Mélanie, pour toutes vos réponses !