Fort Boyard : Cédric Burel évoque le retour de Jaba, le personnage qu'il interprète à nouveau cette saison !
Bonjour Cédric,
Quel plaisir d’effectuer cette interview ensemble !
Nous avons pu vous retrouver, il y a quelques jours, dans un épisode spécial de « Fort Boyard », sur France 2, sous les traits du pirate Jaba. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela a dû être pour vous de revenir sur le fort deux ans après ?
Exactement ! C’était un grand bonheur ! J’étais déjà très heureux, il y a deux ans, de pouvoir participer, même si c’était une seule émission…C’était un rêve de réalisé ! Je n’étais pas persuadé de pouvoir y revenir parce que c’était vraiment pour une émission spéciale, « Les fantômes du passé » mais l’équipe avait envie que je revienne donc je m’étais dit qu’ils allaient peut-être trouver une raison. Et ça a été le cas : grâce à l’anniversaire des 35 ans du fort, j’ai pu revenir et, évidemment, c’est une grande joie !
Après les cotons de tige aériens face à Bruno Guillon la première fois, vous avez, cette fois-ci, affronté la redoutable épreuve du précipice extérieur, face à Camille Cerf. Comment avez-vous appréhendé ce duel ?
Ce que je trouve chouette, à « Fort Boyard », c’est qu’il n’y a ni triche, ni préparation…Je suis arrivé, j’ai appris, je pense 45 minutes avant, que j’allais faire cette épreuve, et face à Camille Cerf. Je n’ai pas pu l’essayer, je n’ai pas pu me préparer, rien du tout, j’y suis allé sûrement comme Camille Cerf, un peu d’un coup, sans préparation. Ce qui est bien, c’est que, mentalement, on n’a pas le temps de stresser de la hauteur, on n’a pas le temps d’imaginer quoi que ce soit, on y va. Cela rejoint ma façon de travailler qui est assez instinctive, à me dire « allez, on vit l’instant présent ». C’est agréable parce que ça participe à l’ambiance du fort de se dire « allez, on y va ». C’est comme cela, on ne réfléchit pas, c’est bonne ambiance, l’équipe était là autant pour Camille que pour moi, on s’est harnachés ensemble et on pouvait rigoler tous les deux dix minutes avant, à se dire « bon, ben, c’est parti, on se jette dans le vide ?... Bon, on se jette ! ». J’aime bien cette ambiance au fort.
On peut penser que la tenue du pirate, notamment ses bottes ou encore son œil masqué, n’était pas aidante pour avancer le long de la paroi du fort…
Exactement ! C’étaient de sacrées contraintes. Je pensais que l’œil me gênerait plus mais ce n’est pas sur cette épreuve qu’il a pu me déranger. Quant aux bottes, j’ai eu le droit de poser un pied avant pour être sûr que ça ne glissait pas. Donc j’ai juste posé un pied sur les petits bouts de bois, certainement dans un souci d’équité par rapport à Camille Cerf. Je n’ai pas pu essayer l’épreuve avant, juste poser un pied. Effectivement, c’était une petite contrainte mais on a fait avec et ça s’est bien passé. Il y avait des solutions de proposées si ça dérangeait, évidemment, mais on a conservé cela pour que le costume soit le plus esthétique possible. C’était une bonne idée !
Et vous avez fini par l’emporter…
Camille avait, je pense, une appréhension du vide. Et je sais qu’elle a eu son bébé il n’y a pas si longtemps donc elle n’a pas retrouvé toute sa forme physique, cela joue aussi. Je pense que c’est pour cela que j’ai gagné ! Mais c’était une bonne ambiance, avec Olivier : c’était vraiment, je crois, un amusement pour l’un comme pour l’autre.
Jaba faisant partie des personnages historiques du fort, aviez-vous, en 2022 et/ou cette année, regardé quelques extraits de ses premières années dans l’émission ? Peut-être même aviez-vous encore d’autres sources d’inspiration ?
Quand j’ai appris que c’était une reprise de rôle, ce que j’ai fait, c’est que j’ai regardé sur internet toutes les images de Yann Luc qui l’avait interprété. Je ne voulais surtout pas faire une imitation, je voulais vraiment m’en inspirer, être au plus proche de son énergie mais garder mon interprétation et mes propositions. Ils ont été assez ouverts à mes propositions, c’est chouette ! Donc, oui, j’ai regardé toutes les images de Yann Luc pour en saisir la gestuelle et son énergie. Je parle pas mal d’énergie car, dans mon travail de comédien, c’est un peu de cela dont je me sers, de ce qui émane de lui, de son rythme, d’où il va poser son regard, de la rythmique de sa gestuelle,…Je m’en suis inspiré, je les ai mangés, digérés et, ensuite, je me suis mis dans une posture d’interprétation propre, je me suis dit « allez, tu as digéré tout cela, maintenant tu fais ton truc ». J’ai pris ses outils et ses ingrédients mais j’ai fait quand même mon Jaba, en espérant que ça plaise aux nouvelles générations et aussi aux anciennes, qui, évidemment, ne vont pas retrouver le Jaba d’en temps parce que c’est juste impossible. Donc c’est aussi pour cela que je n’ai pas essayé de l’imiter parce que ça aurait pu être pathétique : je voulais garder l’esprit et faire le mien.
En revenant, nous l’avons dit, 2 ans après, peut-être avez-vous abordé votre rôle différemment de la première fois ?
J’ai retrouvé les mimiques, les attitudes et les frasques assez naturellement. Par contre, je ne me suis pas regardé en 2022, je suis juste reparti avec cette même recette qu’est la mienne d’avoir digéré les ingrédients et de faire ce qui vient, avec l’équipe qui est là pour nous diriger. Je sais que, pour les scénettes, c’est Bruno qui nous dirige, je l’ai bien écouté parce qu’il a un bon œil et qu’il connait. Je ne me suis pas regardé, je suis arrivé tel quel, une fois de plus, en faisant confiance à mon instinct et au regard des équipes.
Plus globalement, « Fort Boyard » est une émission emblématique de la télévision française, devant laquelle petits et grands aiment à se retrouver. Plus personnellement, aviez-vous justement en tête quelques images marquantes avant de pénétrer dans ce lieu mythique ?
Oui ! Le fort m’a marqué dans mon enfance avant tout par le film « Les aventuriers » avec Ventura et Delon. Donc, quand j’ai su que j’irai sur le fort, j’ai pensé d’abord à ce film, à la scène de fin où Delon meurt à côté de Ventura tout en haut du fort, avec un plan aérien final magnifique. Cela m’a marqué et mon objectif était de me rendre à cet endroit. Ce que j’ai fait la première journée qui, pourtant, était chargée mais on avait un petit temps au moment du repas, où j’ai pu y aller. C’était vraiment ça pour moi le fort, tout d’abord, et, évidemment, j’ai regardé « Fort Boyard » en famille dans les années 90, j’ai surement dû voir Yann Luc d’ailleurs, sans m’en souvenir précisément. Mais je sais que j’ai regardé les émissions enfant, en famille et c’est empreint de plein d’émotions, quand je repense aux gens de ma famille qui, parfois, ne sont plus là. Donc, oui, c’était beaucoup d’émotion, de par le film et le jeu « Fort Boyard ».
En parlant des petits et des grands, quels retours avez-vous pu avoir du public suite à votre nouvelle participation ?
Pendant l’émission de 2022, j’avais des retours de membres de l’équipe qui regardaient les forums et Twitter. Ensuite, je me suis promené sur des forums de fans parce que mon idée n’est pas de plaire à tout le monde - on ne peut pas - mais c’est juste de me demander si j’ai bien fait mon travail, s’ils ont retrouvé des choses qui leur plaisaient. J’ai vu beaucoup de commentaires positifs disant qu’ils aiment le personnage. Ce n’est pas que mon travail, c’est aussi le costume et ce qui a été écrit. Donc l’aventure d’équipe à laquelle j’ai participé semblait positive, j’étais content là-dessus. Après, il y a toujours des améliorations, je suis assez exigeant quant à mon travail mais on m’a rapporté surtout du positif, les gens étaient contents, c’est un peu tout ce qui compte pour moi.
« Fort Boyard » est vraiment une super aventure, les équipes sont incroyables, c’est une famille qui est très accueillante. Famille au sens large parce qu’il y a aussi les fans et tous ceux qui sont autour…C’est chouette !
En complément, plus généralement, quels sont vos projets ou actualité en cours et à venir ?
Je serai au théâtre à partir du 30 août, jusqu’à fin juin, je jouerai trois pièces différentes, à Nantes, au théâtre Beaulieu. Je vais rejouer la pièce « Je préfère qu’on reste amis », de Laurent Ruquier, elle fonctionne super bien, on avait eu de beaux retours. J’y ai le rôle de Valentin, qui était tenu par Frédéric Diefenthal à l’origine. Je vais aussi jouer « Rupture à domicile », de Tristan Petitgirard et « J’ai envie de toi », de Sébastien Castro. Ce sont des pièces drôles et je suis content parce que c’est populaire et que ça fait rire. C’est ce que j’aime faire et c’est ce que j’aimais, d’ailleurs, dans l’idée de faire « Fort Boyard ». A la base, je ne fais pas beaucoup de caméra parce que c’est ce qui m’attirait le moins, j’aime avoir le public en face de moi, je fais de la rue aussi donc j’aime le public. « Fort Boyard » m’a un peu réconcilié avec la caméra, même si je pense que je ne retrouverai jamais la même ambiance ailleurs. Mais cela m’a donné envie de m’y remettre aussi donc l’été prochain, j’irai sûrement refaire un peu de caméra, on verra…
Je joue aussi dans une compagnie de spectacles immersifs à évocation historique, « Armutan », j’y suis depuis des années et je continue. D’ailleurs, je fais…un pirate…qui est complètement différent de Jaba donc c’est chouette de pouvoir avoir deux univers similaires mais alors pour ne pas faire du tout la même chose.
Merci, Cédric, pour toutes vos réponses !