Festival d'Avignon 2024 : Maureen Park nous parle de la pièce qu'elle interprétera jusqu'au 21 juillet !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Maureen,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous serez sur scène, au festival d’Avignon, au Palais du rire, à 19h 15 (relâche les lundis) dans le spectacle « L’affaire est dans le sac ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, je suis trop trop contente ! C’est un festival dont on entend énormément parler…D’anciens camarades de mon école ont déjà fait ce festival et y ont même joué des pièces qu’ils avaient eux-mêmes écrites. On a toujours eu des retours indiquant que c’est une expérience de folie, que c’était vraiment une bulle où rien ne s’arrête, où on peut exploiter sa créativité à fond, où on peut se lâcher, où on peut essayer des choses que l’on ne peut pas faire lorsqu’on ne joue qu’une seule date. En jouant tous les soirs, on peut tenter des choses différentes et se réajuster pendant le festival…J’ai hâte !

 

 

Plus concrètement, comment présenter cette pièce ? De quoi parle-t-elle ?

Je dirais que c’est une comédie un peu noire, avec du suspens du début à la fin. Les personnages sont très attachants, les deux sont, je trouve, un peu barrés. Il y a une folie qui est jouissive à regarder parce que ce sont des personnages qui sont dans des extrêmes en termes de personnalité et qui sont face à une situation lunaire. En voyant comment ils réagissent et comment ils gèrent la chose, ça les rend hyper attachants…C’est une pièce à voir !

Justement, quelles sont les principales caractéristiques de Cindy, votre personnage ?

Cindy est une fille qui est complètement folle, elle a vraiment une folie de par ce qu’elle aime et de par ses centres d’intérêt. Mais je trouve que c’est un personnage qui est hyper sincère ! Je la perçois en tout cas comme cela : même si elle est complètement barjo, elle est sensible et elle est vraie dans ce qu’elle dit. Ce qu’elle joue n’est pas une façade…Elle est rigolote et, un peu comme les méchants dans Disney, elle est à fond, dans sa religion notamment, et est en marge des personnages plus classiques. Cela la rend un peu fascinante…Elle se retrouve dans une situation où elle revoit Dan, son ex et où elle doit l’aider face à un corps sans vie…Sans doute que les spectateurs se demanderont chacun comment eux auraient géré la situation…Avec ce qu’elle est, ce qu’elle dégage, sa manière de réagir, son côté barré, machiavélique, sans scrupule, détachée de tout, à prendre les gens de haut, elle réussit quand même à gérer à sa façon ce qui se passe et beaucoup seront sans doute surpris par sa méthode.

 

 

Au moment de vous glisser dans la peau de ce personnage, avez-vous mis un peu de vous en elle, notamment sur les traits les plus positifs de sa personnalité ?

Oui ! A l’école, Eva nous a beaucoup appris à nous rapprocher de nos personnages, à comprendre les enjeux, à ne pas jouer au ras des pâquerettes. Elle nous conseillait toujours de savoir de quoi on parle, quels sont les enjeux, quel est l’état du personnage, quelle est la situation…Avec Yannick, mon partenaire de scène, on était dans un réel travail de recherche, on se demandait ce que l’on pouvait chacun apporter à son personnage. Même si cette pièce est une comédie et qu’elle est donc là pour faire rire, j’imagine que Cindy a vécu des choses pas très drôles, qui font qu’elle s’est forgé un caractère, une manière de vivre et de s’exprimer…J’ai, du coup, rapproché cela de moi car, en cours, j’ai eu plus tendance à jouer des rôles assez noirs…! Physiquement aussi, on pourrait imaginer Cindy un peu comme moi, brune et un peu froide. Je sais que, quand je rencontre des gens, je ne dégage pas quelque chose de très solaire, je suis plutôt quelqu’un qui met de la distance. On peut certainement imaginer Cindy être un peu comme cela aussi…Je me suis donc rapprochée d’elle en cela.

J’adore l’univers Disney, j’ai grandi avec et, depuis que je suis petite, mes personnages préférés sont les méchants. J’essayais donc de faire ce parallèle-là et de transposer les situations vécues par Cindy aux Disney d’aujourd’hui. J’ai donc voulu composer avec ma personnalité, avec ce que j’ai vécu, avec ce que je m’imaginais qu’elle avait vécu, pour faire un melting-pot de tout cela afin de rendre Cindy vraie.

 

 

Vous l’avez dit, certainement que les spectateurs se demanderont comment eux auraient réagi face à la situation mise en avant dans la pièce…

Ce qui est sympa à Avignon et que je n’ai pas encore eu l’occasion d’expérimenter, c’est justement l’échange avec le public après la pièce, pour savoir ce que les gens en auront pensé. Oui, comme c’est une pièce où les personnages doivent faire des choix, ce sera l’occasion d’avoir les réactions des gens : Auraient-ils fait comme cela ? Sont-ils surpris ? Sont-ils d’accord ? Il me tarde d’avoir leurs retours !

Je n’ai encore jamais joué cette pièce, du coup je ne sais pas comment les gens réagissent à ce genre d’humour ni à ce genre d’intrigue…Je ne sais pas à quoi m’attendre !

La salle accueille une cinquante de places. Certainement que ce petit cocon sera appréciable et aidant pour votre premier festival d’Avignon ?

A l’école, j’ai fait plein d’auditions, en comédies musicales, pour des répertoires classiques ou contemporains. Parfois, des pros étaient invités et il y avait alors un enjeu un peu plus important. Sinon, la plupart du temps, nous invitions nos proches, nos amis ou des anciens camarades… Il y a donc toujours eu ce cadre un peu intime. Pendant deux années, on a même joué au théâtre des Mathurins, un très grand théâtre, avec des inconnus pour nous dans le public mais on savait que c’était bienveillant ! Là, de savoir que l’on va jouer dans un théâtre de 50 places, c’est rassurant : on sait que ce sera calme, que ce sera chill donc je ne me mets pas une pression énorme.

J’ai hâte, en tout cas, de créer ce lien avec un public différent tous les soirs, lien que je n’ai pas eu l’occasion d’avoir avant.

 

 

Parmi les autres moments importants du festival, le tractage en journée pour aller à la rencontre du public sera un rendez-vous incontournable…

Comme on reste du début à la fin, du 29 juin au 21 juillet, je pense qu’on ne voudra pas s’épuiser dès le début. Je n’ai jamais fait Avignon, je ne sais pas comment je vais gérer ce rythme-là donc je pense que l’on va tracter le matin et que l’on prendra, l’après-midi, du temps pour nous, pour se reposer, pour sa charger de ce qu’il faut pour jouer le soir.

Je sais aussi que l’excitation prendra le dessus dès le début, je sais très bien que je vais tirer Yannick par le bras, tellement j’aurai envie, en tout cas au début, d’aller tracter avec entrain tous les jours. Ça va être super ! Moi qui ai d’habitude du mal à aller vers les gens, je sais que l’ambiance du festival sera aidante et facilitante…

A quelques jours de la première, quels sensations et sentiments prédominent en vous actuellement ?

Il y a de l’excitation, j’ai hâte d’y être ! Après, il y a aussi de la fierté, je suis très contente de faire partie de ce projet. Je le ressens un peu comme un accomplissement de 4 ans pendant lesquels je me suis donnée à fond pour les cours. Ces années m’ont énormément appris mais m’ont couté beaucoup en énergie donc, là, c’est un peu ma récompense ! Je sais aussi que je serai entre de bonnes mains, Yannick étant une personne hyper bienveillante. On se connait bien maintenant, on s’est beaucoup rapprochés à force de travailler ensemble, je sais que je peux lui parler de tout. Je crois que si je l’avais fait avec quelqu’un d’autre, ça aurait été différent…Donc je suis sereine ! Je pense que le stress va venir le jour J, je suis quelqu’un qui stresse au dernier moment, lorsque je suis en costume et maquillée.

En résumé, de la fierté, de la joie mais aussi de l’émotion car c’est la première fois que je fais un vrai projet dans ce métier qui m’anime tant. Je sais que, dans un autre emploi, je ne serais pas heureuse…Faire ce festival est quelque chose de concret pour moi, mais aussi pour Yannick car il défend sa pièce…Tout cela génère de l’émotion…Je me dis que c’est le début de ce que je veux vraiment faire dans ma vie.

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour votre premier festival d’Avignon ?

Du succès, que la salle soit complète tous les soirs, que ça se passe super bien et que, à la fin, on ait envie de recommencer pour emmener cette pièce un peu partout en France. J’aimerais bien également que l’on me fasse des retours, c’est important, je trouve ! C’est comme ça que l’on se construit et que l’on peut réajuster sa manière de jouer, d’aborder les choses.

Merci, Maureen, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Théâtre

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