France 3 / Mort d'un berger : Nadia Fossier évoque son personnage dans cet unitaire diffusé le 23 janvier !
Bonjour Nadia,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous pourrons vous retrouver le mardi 23 janvier prochain, en prime time, sur France 3, dans le téléfilm inédit « Mort d’un berger », sous les traits du personnage de Marion Fuchs. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui ! Surtout, ce qui m’a plu, c’était de défendre une femme mariée avec un maire, joué magnifiquement bien par Soren Prevost. C’est un duo qui n’en est plus vraiment un, leur couple est complètement en fin d’histoire, sans pour autant se séparer. Elle est plongée dans un système d’alcoolisme, elle essaie de s’en sortir…Et l’autre sujet qui m’a amenée à accepter le rôle, c’était le paradoxe entre les hommes et les animaux, tout simplement. Le sujet est souvent traité et je trouve que, là, il l’est différemment, par le biais d’un meurtre. Une femme, jouée par Anny Duperey, perd son fils, elle va faire elle-même son enquête, va se retrouver face à des villageois et face à un paradoxe énorme : pour les trois quarts des gens, c’est le loup qui a tué et, de l’autre côté, pour la maman qu’elle est, ce n’est pas cela.
Marion, je crois, a tout à fait compris que c’était un leurre. Le sujet me plaisait aussi pour cela, afin de défendre ce paradoxe.
En amont du tournage, aviez-vous lu quelques extraits du roman duquel est inspiré le téléfilm ?
Tout à fait ! Je trouve que l’adaptation est très bien faite. Il y a évidemment quelques petits changements car, en fiction, on ne peut pas tout faire à l’identique : pour des questions de compréhension, une lecture d’un roman n’est pas du tout la même que la lecture d’un film. C’est un très joli unitaire mais, pour moi, c’est aussi un très joli film !
Plus globalement, ce téléfilm est un mélange d’émotions et d’humanité, malgré la situation rencontrée par les protagonistes au début de l’histoire…
C’est chouette de pouvoir voir cela en images, après l’avoir vu déjà à la lecture. Mon rôle est intéressant parce qu’elle est à côté, qu’elle a des soupçons mais qu’elle ne peut rien dire. Elle est sous l’emprise de son mari. On voit bien, quand elle quitte la cuisine, qu’il la fait sortir d’une certaine manière, on peut comprendre exactement ce qui se passe. Il y a beaucoup de non-dits entre eux, il est le maire du village et ils doivent se comporter d’une certaine façon. Elle est en prise avec l’alcool et avec son mari auquel elle n’ose rien dire. Donc elle est dans un silence permanent, qui est intéressant : dans le silence, on peut mettre beaucoup de choses. Notamment la scène de la cuisine, où les chasseurs et le maire se positionnent sur l’origine du drame, alors que mon personnage a un regard vis-à-vis de la mère qui a perdu son fils. Parce qu’on parle bien de ça : on n’est pas en train de se demander qui a fait cela, pour les autres, ce sont automatiquement les loups alors que sa propre mère a un doute…A un moment donné, on se regarde et tout passe : dès fois, le silence marche plus que le reste. Tout est en suspens dans ces moments-là !
Il est aussi l’occasion de magnifiques images, dans ce lieu reculé, au plein cœur de l’Auvergne, dans le massif du Sancy…
Oui, ces paysages sont sublimes et la région est magnifique. Les images accompagnent et font des liens avec les personnages. La nature est un personnage en lui-même, la région fait partie intégrante de l’histoire.
Vous avez également la chance d’être entourée d’un chouette casting, de renom…
Oui, oui ! En plus, avec Anny, on avait déjà tourné ensemble sur « Les secrets du château », c’était l’occasion de se retrouver, même si nous n’avons pas beaucoup de séquences en commun. Je ne connaissais pas personnellement Soren mais je connaissais l’acteur, j’avais très envie de jouer avec lui, je le trouve remarquable. Il est très agréable en travail, c’est un très bon partenaire de jeu, très bienveillant et très à l’écoute. Oui, j’ai eu beaucoup de chance !
A titre personnel, on vous imagine curieuse de découvrir le rendu final et de lire aussi les retours des téléspectateurs, à l’issue de la diffusion ?
Tout à fait ! Normalement, on aurait dû avoir une projection avant mais la diffusion est arrivée plus tôt que prévue donc je vais découvrir le téléfilm en même temps que tout le monde. Il me tarde de le voir…
Les retours des téléspectateurs m’intéressent avant tout, ils sont notre repère. J’espère que les gens regarderont ensemble et que cela permettra des discussions et des débats entre eux.
En parallèle, on peut notamment vous voir régulièrement dans la quotidienne de France 2 « Un Si Grand Soleil », où vous interprétez le rôle d’Alix Dardel…
Alix Dardel est un personnage haut en couleurs, c’est de la comédie pure ! Elle est là pour égayer les choses et les faire à sa manière. Elle est juste géniale, j’adore ! Pour moi, « Un Si Grand Soleil » est une famille, c’est un joli bateau, on est 280 à tourner par jour, c’est une énorme aventure dans laquelle je suis depuis 3 ans et qui me rend très heureuse. Ce rôle est fascinant, j’attends actuellement l’écriture pour le prochain tournage, les auteurs me font énormément de surprises et de cadeaux : Alix est toujours en contre-situation, ce qui amène la comédie. Elle a un phrasé très particulier, c’est un costume que j’aime bien porter pour faire rire les gens. J’ai construit Alix comme cela, je voulais qu’elle soit un petit médicament homéopathique pour les gens, qu’elle amène de la douceur et du sourire chez les téléspectateurs. Je tiens beaucoup à ce personnage ! Avec elle, je suis en mode pépète, avec les talons, la gentillesse qu’on lui connait, le franc-parler, le dynamisme, la rapidité dans le phrasé.
C’est une production assez exceptionnelle dans le monde de l’audiovisuel. On suit les odyssées de tant de personnages en si peu de temps ! C’est une vraie entreprise, on a 4 plateaux par jour, c’est quelque chose d’assez unique dans son genre. C’est une vraie famille qui perdure, qui dure, qui va durer.
C’est vrai que ces deux rôles différents vous permettent des palettes de jeu variées, ce qui doit être particulièrement plaisant…
Ce métier nous permet de faire tous les métiers du monde. Un jour, je suis boulangère, le lendemain galeriste,…Je dois interpréter régulièrement des métiers que je ne connais pas, ce qui m’incite à travailler en amont, à regarder des films, à lire des livres, à rencontrer des gens. Quand je jouais une policière avec Olivier Marchal, j’avais fait une semaine de stage avec de vrais policiers. Là, je commence un autre tournage, qui s’appelle « A qui profite le doute ? », réalisée par Stéphanie Tchou-Cotta, où je ferai une commissaire. Je me suis ainsi mise en contact avec une femme lieutenante, on travaille ensemble pour être au plus près de la vérité. C’est très nourrissant, c’est vraiment fascinant. On doit refléter la société mais avec un décalage… Contrairement à Alix, ce personnage sera tout en retenue, le phrasé sera très dilué, très calme, je change d’univers !
La semaine prochaine sera diffusé l’épisode de la série « Le voyageur », auquel j’ai participé pour France 3. Chaque personnage a son fil rouge, on rentre dans une matière, on rentre dans une histoire, on doit raconter, en très peu de temps, l’essence même d’une vie entière. On part de l’imaginaire pour raconter quelque chose ensuite ! Pour « Mort d’un berger », c’était même un peu différent car c’est une adaptation d’un roman, il faut donc veiller à son univers. C’est génial, artistiquement. Quand on a la chance de faire des unitaires, c’est exaltant artistiquement, c’est vraiment fascinant de passer d’un univers à un autre, c’est très intéressant. C’est toujours l’occasion de rencontrer de nouveaux partenaires…Je travaille surtout en fonction de mon partenaire.
Merci Nadia pour toutes vos réponses !