Un Si Grand Soleil : Yvon Back nous parle avec passion du commissaire Becker !
Bonjour Yvon,
Quel plaisir de nous entretenir à nouveau avec vous !
On se retrouve pour l’édition 2022 du festival de la fiction TV de La Rochelle. A titre personnel, on imagine que ce doit toujours être un plaisir pour vous de participer à ce genre d’évènement ?
Oui, oui ! En plus, La Rochelle particulièrement. J’en ai fait quelques-uns, de festivals. Mais j’aime bien la ville, la région, c’est déjà ça. Il fait beau et ça permet, en revenant régulièrement, de revoir plein de gens que je n’ai pas revus depuis très longtemps et c’est très cool. Pour parler très franchement, on n’a pas forcément envie de venir au début, on se dit que ça va être chiant, avec tous ces gens à qui il faut parler de soi…Je déteste cela ! Et puis, en fait, très rapidement, dès mon arrivée, j’ai revu plein de vieux potes, dont certains que je n’avais pas revus depuis très longtemps. Donc c’est très sympa, c’est très cool ! Globalement, les gens nous accueillent bien, personne n’est méchant avec nous…
C’est aussi l’occasion de rencontrer le public de la série…
Oui, oui, oui ! On a une image un peu anonyme de tout cela et, là, ça s’incarne ! C’est étonnant de voir tous ces gens qui regardent ce programme et certains ont une certaine émotion de nous voir en vrai, c’est un peu étrange !
Globalement, quels retours vous fait le public sur la série et sur le personnage ?
Sur « Un Si Grand Soleil », comme mon personnage est un commissaire un peu erratique, je les impressionne un peu donc les gens me laissent plutôt tranquille. La plupart du temps, c’est pour me dire qu’ils adorent ce que l’on fait, qu’ils adorent la série, que je suis leur personnage préféré… ou pas. C’est plutôt cool ! Les gens sont toujours très étonnés, il y a souvent de l’émotion et c’est troublant. On peut être touchés et gagnés par l’émission que l’on génère chez les autres…Il m’est arrivé de rencontrer des gens qui étaient super émus, qui avaient du mal à parler. C’est globalement sympa !
Votre personnage, le commissaire Becker, vous permet plusieurs palettes de jeu : une très structurée, au travail et une autre plus douce via sa relation amoureuse. Cela vous offre un panel de jeu très large…
Absolument ! Plus on a de partenaires et d’interconnexions différentes, plus c’est intéressant ! Il y a un truc de confiance qui s’est installé, je les ai amenés un peu dans l’humour, l’ironie, la dérision et la distance. Apparemment, les auteurs sont friands de cela, ça leur plait donc on creuse un peu ce sillon-là dans sa relation avec son entourage. Oui, il y a plein de choses à faire…
En plus, au commissariat, on voit l’équipe s’étoffer de plus en plus…
Tout à fait ! Et avoir des relations, en fonction des flics qui dirigent, personnalisées, c’est très cool ! On s’amuse entre nous, même si ce n’est pas écrit, à inventer un relationnel, un passé, ….C’est plutôt marrant à faire.
Sa stature le veut, Becker est très droit mais on le sent aussi très proche de ses équipes…
Bien sûr ! C’est un légaliste et un humaniste. Vraiment, c’est plutôt sympa à faire. Je suis content qu’ils aillent dans cette direction-là.
Vous avez rejoint le programme fin 2018 en tournage. Après 3 ans, votre personnage se rapproche-t-il en partie de vous ?
Oui, bien sûr ! Je crois que, quand on est dans une quotidienne et que l’on fait un feuilleton, c’est quasi obligatoire. Je ne sais pas comment finira ce personnage, ce n’est pas écrit, je pense que les auteurs ne le savent pas non plus. Au départ, ce que l’on a comme matière pour construire un personnage, ce n’est pas grand-chose. Quand on arrive, on a deux à trois sessions à venir mais ça ne suffit pas pour caractériser un personnage. Du coup, au début, on essaie de jouer tout droit, on ne sait pas très bien et, à un moment donné, la solution est d’apporter un peu de nous, de ce que l’on est. Donc, forcément, il y a pas mal de moi en Becker et, en même temps, Becker n’a rien à voir avec moi. J’ai essayé d’amener un peu de distance, un peu d’ironie – l’idée que l’on puisse se moquer un peu de lui me plait-, un peu de maladresse. Le mec est sans doute un peu pince sans rire. Ces propositions-là ont dû plaire aux auteurs car, maintenant, ils m’écrivent des choses qui vont dans ce sens. Oui, il y a un peu de moi là-dedans.
Dans les studios de Vendargues, on retrouve une vraie finesse pour chaque décor, ce qui doit être très aidant pour vous…
Bien sûr ! Il y a des commissariats comme cela : en termes d’équipements et de qualité de peinture sur les murs, il y a du boulot. On est dans quelque chose d’un peu défraichi, c’est un vieil établissement, ça mériterait une petite réhabilitation. Mais les commissariats sont comme ça…Quand on voit parfois avec quoi travaillent les mecs, on peut se dire, sans déconner, qu’il y a un problème. Un pote me racontait qu’il avait porté plainte pour une effraction sur sa bagnole et qu’il s’était retrouvé face à un flic dont l’ordinateur ne fonctionnait pas et qui n’avait pas de réseau. C’était très compliqué ! Donc, oui, sur les infrastructures, il y aurait peut-être un petit budget à prévoir…
Cette qualité de décor concerne en tout cas tous les tournages sérieux, cela participe au réalisme de ce que l’on tourne.
Après trois ans d’image, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette aventure ?
Qu’il arrive plein de trucs à Becker, auxquels je ne m’attends pas, qu’il me surprenne, comme les auteurs savent le faire. En général, ils aiment bien nous emmener dans certaines zones…C’est comme à « Fort Boyard », pour l’avoir fait une fois, où on nous demande au début ce que, surtout, on n’aime pas ou que l’on n’a pas envie de faire…il ne faut surtout pas leur dire ! On m’avait prévenu et je ne leur avais pas dit que je n’aimais pas les insectes… Pour être sûr de ne pas y être confronté. La seule chose que j’avais dite, parce que c’est vraiment quelque chose que je ne supporte absolument pas, c’est que je suis claustrophobe. Bien évidemment, très rapidement, j’ai été en prison et j’ai dû faire des épreuves de claustrophobie auxquelles je ne voulais pas être confronté. Peut-être que les auteurs sont un peu comme cela aussi, je pense et j’ai l’impression qu’ils aiment bien emmener les personnages dans des zones qui ne sont pas de confort et c’est très bien, c’est ça qui nous réveille un peu.
Merci, Yvon, pour toutes vos réponses !