Festival d'Avignon 2023 : Marion Manca évoque son spectacle, à l'affiche à 20h 40 !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Marion,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, dans le cadre du festival d’Avignon 2023, avec « Quand on veut, on peut ! », à la Marelle des Teinturiers, à 20h 40. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, oui, j’aime beaucoup ce festival ! Il y a une part de tractage très importante, qui peut s’avérer parfois un peu fatiguante mais qui, pour moi, est un moment que j’apprécie énormément parce que l’on est en contact direct avec les gens. Je vois peu d’endroits où l’on peut faire cela. D’ailleurs, il m’arrive, quand je joue dans des petites villes, d’aller tracter sur les marchés pour retrouver cette ambiance et ça remplit très bien les salles. Je préfère être en face à face avec les gens, c’est un outil idéal de communication. Beaucoup de personnes me racontent des choses, on ne parle pas uniquement de mon spectacle d’ailleurs. En général, je reste jusqu’à 15 minutes à discuter avec chacunJ.

Avec vos mots, comment présenter votre spectacle ?

C’est un spectacle qui, à la base, raconte mon parcours de vie, un parcours d’enseignante qui est devenue comédienne et, là, aujourd’hui, avec ce spectacle, humoriste. Le fond même de ce que je défends et de ce que je veux que l’on retienne, c’est que ce n’est pas un humour clivant, ce n’est pas un humour où rien n’est tout blanc ni tout noir. Mes personnages sont rigolos, font des bêtises mais sont-ils vraiment à côté de la plaque ?

Mon dernier sketch, un peu collector, est celui de la cagole, qui ne sait pas se tenir dans un train, qui parle fort là où tout le monde parle bas, qui échange avec une maman bobo qui semble éduquer son enfant d’une manière beaucoup plus dans l’air du temps. Mais, quand on voit le chute du sketch, on se demande qui est la plus toxique en fait des deux ? Celle qui est bien vivante et qui demande à son gamin de bien se tenir, avec des mots peut-être un peu too much mais qui comprend qu’un enfant a envie d’aller aux toilettes ? Ou l’autre qui engueule son enfant, sans comprendre son besoin ? Pareil sur le sketch de l’humour noir, où le personnage fait des vannes un peu cassantes, dans un moment tragique. Mais, au final, on s’aperçoit que cette personne a sacrifié sa vie pour son frère. J’aime bien ces doubles lectures et le fait d’être dans le folklore marseillais m’aide à cela. L’accent aussi !

J’aime bien parler de sujets universels et fédérateurs, qui parlent aux hommes, aux femmes, aux petits, aux grands, aux jeunes, aux moins jeunes,…

Ce spectacle vous permet du coup une palette de jeu très large et très variée…Vous nous emmenez dans des thèmes auxquels on ne s’attend pas forcément au début.

J’aime bien la surprise ! En réalité, quand j’étais enseignante et que je n’avais pas du tout l’envie de devenir comédienne, mon loisir était de faire de l’improvisation théâtrale. J’ai été musclée à cela, ce fut ma première école. En impro, il faut se surprendre, c’est vraiment le switch qui garde en haleine, pour aller là où on ne nous attend pas. Je pense que j’ai gardé ce muscle et j’essaie de le réintégrer dans mon spectacle. Je sais que c’est cela qui maintient l’attention ! Les deux premiers sketchs sont un peu du format stand-up, les suivants sont sans interaction mais variés, avec différents personnages.

 

 

Votre parcours personnel et professionnel nourrit également le contenu…

Oui, je suis partie d’anecdotes rigolotes où, en général, c’est moi qui suis un peu le dindon de la farce. Je trouve cela plus drôle dans ce sens car, en réalité, le public est là pour me voir me gaufrer. C’est comme le clown, on a envie qu’il prenne la peau de banane. J’aime bien passer un peu pour une andouille, je trouve cela intéressant, c’est jouissif pour le public et pour moi. C’est vrai que mon expérience, et les situations cocasses dans lesquelles je me suis retrouvée et où je ne savais plus comment m’en sortir, aident au développement du spectacle.

Le fait d’être comédienne aujourd’hui, alors que j’étais institutrice avant, m’apporte beaucoup parce que, dans mon précédent métier, j’étais indispensable à la société. Maintenant, je suis quand même dans un métier très égocentré et très narcissique mais je sais que ce sont ceux qui ne sont pas en lumière qui tiennent les rênes. Là, je prends les choses avec recul : quand les gens me disent bravo, je garde les pieds sur terre.

A noter aussi que l’interaction avec le public est régulière…

Oui mais toujours avec bienveillance ! Je suis comédienne et je joue normalement avec des partenaires. Quand j’ai commencé le one, je voulais raconter des choses mais ce n’était pas dans mon ADN, je me sentais seule au monde. En fait, j’ai compris que mon partenaire était alors le public. C’est pour cela que le lien reste et que je suis très à l’écoute des gens parce que je joue avec eux. Souvent, je vais balancer quelque chose et quelqu’un, dans le public, a une vanne bien meilleure que les miennesJ. Je me marre !

Quand le public sort, j’adore voir que les gens me parlent comme si j’étais leur copine et que l’on avait passé un bon moment. Je pense qu’ils me perçoivent comme si on avait été au resto ensemble et que, simplement, j’avais plus parlé qu’eux ! C’est en tout cas cette proximité que j’aime instaurer avec le public.

D’ailleurs, lors de cet échange avec le public à la sortie de la représentation, quels principaux retours pouvez-vous avoir ?

« Quelle énergie ! Vous dormez quand ? Vous prenez quoi ? » : L’énergie revient régulièrement.  Souvent, le folklore marseillais fait bien rire les gens. Ensuite, j’ai aussi des retours de spectateurs que je n’attendais pas vraiment, notamment que je sais jouer plein de choses, que je suis une véritable comédienne qui a des choses profondes à défendre. Récemment, un couple de lyonnais m’a même dit que « je suis la nouvelle Foresti marseillaise » : on ne pouvait pas trouver quelque chose de plus gentil !

Que peut-on vous souhaiter pour la suite du festival ?

Beaucoup d’autres programmateurs ! J’en ai déjà eu plusieurs, avec des premières promesses d’achat. Je suis aussi preneur d’un grand producteur qui voudrait miser sur le bon chevalJ.

A la base, c’est mon agent, lors de notre première rencontre ensemble, qui, à la vue de mon parcours, m’a suggéré de me tourner vers le one-woman show. Ce spectacle a donc aussi une visée de carte de visite, pour être vue et repérée pour d’autres projets, de télé notamment. En tout cas, je suis déjà ravie de tout ce que je fais aujourd’hui et, s’il y a du plus, je suis preneuse, bien entendu !

Merci, Marion, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Théâtre

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