Un Si Grand Soleil : Aurélie Bargème évoque le retour à l'image de son personnage dans la série quotidienne de France 2 !
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Bonjour Aurélie,
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !
Vous serez prochainement de retour dans la série quotidienne de France 2 « Un Si Grand Soleil », sous les traits de votre personnage, Béatrice. A titre personnel, on imagine la joie que cela doit être pour vous ?
Enorme joie, oui, d’y retourner ! A chaque fois que j’y vais, ce ne sont jamais les mêmes personnes, puisque le principe de cette série est qu’il y a énormément de comédiens, et que ni les réalisateurs ni les techniciens ne sont les mêmes. Par exemple, pour l’intrigue sur laquelle je suis revenue, je crois que la cheffe coiffeuse est la seule personne que j’ai retrouvée. Il y a tellement de turnover que l’on a assez peu de chance, à un an et demi d’intervalle, de retrouver les mêmes. Cela dit, c’était un grand plaisir, oui, absolument ! C’est une organisation extrêmement bien rodée avec des gens très sympathiques. C’est, je crois, de tout ce que j’ai tourné, le meilleur rapport professionnalisme et qualité de l’ambiance, vraiment. Ça se passe de façon très chaleureuse, tout en travaillant très bien. Comme je suis assez impatiente et que je n’aime pas perdre mon temps, ça me correspond : ça bosse.
En plus, le cadre de tournage est particulièrement agréable, aidant sans doute à la qualité finale…
Oui, on arrive là-bas, il fait beau, les gens sont sympas, on est dans de chouettes hôtels, l’ambiance est, effectivement, vraiment détendue. On travaille dans de très bonnes conditions et c’est sûr que ça joue. Cela joue sûrement aussi sur la qualité finale de l’image ! L’image est, il faut le signaler, particulièrement belle : c’est un vrai souhait de la chaine et de la production de faire de la très bonne qualité de fiction. Effectivement, il y a toute la technique qui va avec, ils ont un système de tournage particulier, avec des capteurs partout, qui est extrêmement perfectionné, et qui permet très rapidement d’avoir une bonne qualité de rendu. J’avais, cette session, pas mal de scènes à l’hôpital, et ils ont fait des lumières sur ces scènes qui étaient magnifiques, le tout en dix minutes. Il y a une vraie recherche de qualité de lumière à laquelle on ne s’attend pas sur une quotidienne. Donc il y a beaucoup d’exigence, ce qui est vraiment appréciable.
Nous l’avons dit, vous incarnez le personnage de Béatrice, qui est de retour 18 mois après. En quelques mots, qui est-elle et dans quel contexte avions-nous pu la découvrir la première fois ?
Béatrice Gagnier est esthéticienne, elle a son propre salon. On l’avait vue il y a un an et demi, c’est une amie d’Alix et elle avait participé à son business d’escort boys, en ayant une aventure avec Ludovic. Alix avait essayé de convaincre Béatrice de blanchir l’argent de son business d’escort boys via l’institut de beauté. Béatrice avait pris le temps de la réflexion, était alors arrivé un maitre-chanteur, ce qui l’avait fait hésiter.
Je reviens donc 18 mois plus tard, toujours en tant qu’esthéticienne, mais, cette fois-ci, sur l’intrigue de la vente de compléments alimentaires par Thais, Kira et Cathy. Comme je suis esthéticienne, je vais devenir cliente, je vais acheter les valises de compléments alimentaires pour mon business, car elles peuvent intéresser mes clientes. Je ne veux pas spoiler, mais j’ai un petit problème médical, qui fait que je vais moi-même utiliser ces compléments. Mais cela ne va pas forcément bien se passer… et je vais être le déclencheur de beaucoup de péripéties…
Pour cette nouvelle intrigue et forte de votre premier passage il y a 18 mois, avez-vous abordé votre personnage différemment cette fois-ci ?
Je dirais que, sur une quotidienne comme celle-ci, il n’y a pas beaucoup de composition de personnage. On nous prend vraiment pour ce que l’on est. Les dialogues sont finalement très quotidiens. Ce qui est surprenant, c’est que, un an et demi plus tard, j’ai retrouvé mon portant avec mon nom, mes vêtements, mes bijoux, mon sac à main… Le fait de retrouver mes affaires m’a permis de me remettre dans les chaussons du personnage en un instant. Mais ce qui est sûr, c’est que ce personnage n’est pas si loin de moi. Ils m’ont un peu rajeunie J mais c’est une femme assez élégante, qui fait très attention à elle, qui porte des bijoux, avec un côté un peu sophistiqué, qui peut ressembler à une partie de moi dans la vie. C’est quelqu’un qui a plutôt eu une bonne éducation, qui est mariée, avec un bon niveau de vie, mais elle est aussi autonome, puisqu’elle est sa propre patronne. Tout cela pourrait, finalement, être mon propre parcours, donc je n’ai pas fait un travail spécifique de composition de personnage. J’ai juste essayé d’être la plus naturelle possible car, dans une quotidienne, c’est le naturel des personnages qui est recherché.
Avant de revenir sur le tournage, vous êtes-vous (re)plongée dans les épisodes en cours de diffusion pour vous réimprégner du contexte et voir les évolutions depuis la dernière fois ?
Oui, il est évident que, au moment où j’apprends mon texte et avant de tourner, je regarde tous les épisodes. Parce qu’il y a, effectivement, une façon de tourner et de parler qui constitue, je dirais, l’ADN de la série. Le fait de regarder fait que, naturellement, on va rentrer assez facilement dans ce moule-là. Ma méthodologie est assez simple : j’apprends mon texte très longtemps avant. Sur USGS, on nous le donne un mois avant, en nous disant que ce n’est pas la version définitive, que l’on recevra 10 jours avant. Certaines personnes préfèrent attendre la dernière version pour l’apprendre, ce qui n’est pas mon cas : j’apprends la première version et je répète mon texte un grand nombre de fois. On peut dire que j’apprends « en multicouches ». Je crois que, pour être libre dans son jeu, il faut être libre de son texte. Là, j’ai ce luxe de pouvoir prendre le temps de l’apprendre donc je le fais extrêmement bien, je me le mets en bouche pour ne plus y penser du tout et en être dégagée.
Quand une scène me plait et que je la sens musicale, je ne me prends pas trop la tête. Par contre, c’est arrivé que des scènes ne me plaisent pas, parce que je trouvais, par exemple, que mon personnage se répétait ou qu’il était infantilisé. Dans ce cas, je note les phrases qui me posent problème pour, une fois sur place, dire, notamment à la coach, ce qui ne va pas dans le texte ou dans l’humeur. Parfois, je vois cela avec les autres personnages avec qui je joue. Je pense notamment à Frédéric Van Den Driessche, formidable comédien, avec qui, tout de suite, j’ai pu librement m’exprimer sur la scène à venir : une scène où il devait me faire la morale et où j’avais l’impression d’être une enfant qu’on gronde. Le dialogue ne coïncidait pas avec mon personnage de femme autonome et expérimentée… Il en a tout à fait convenu et on a trouvé une façon de jouer la scène un peu différemment. Grâce à ses propositions, la version finale est bien plus intéressante, on se parle d’égal à égal. Mon travail est donc plutôt dans l’affinage des scènes et des humeurs que dans la composition de personnage.
Cette maitrise du texte est d’autant plus importante que le rythme de tournage d’une quotidienne est soutenu…
Oui, même si ce n’était pas forcément mon cas, puisque j’avais des scènes assez légères en texte. Mais c’est vrai que les récurrents tournent non-stop, avec des textes souvent chargés. Mais ce qui est assez formidable, je trouve, pour, à la fois, alléger le travail des comédiens et donner plus de naturel, c’est que, en règle générale, ils ne nous demandent pas d’être au mot près. Tout dépend des réalisateurs, mais je suis tombée sur des personnes très souples là-dessus, qui attendaient surtout de nous que l’on respecte le sens.
A la somme de vos passages dans la série, vous avez collaboré avec 7 réalisateurs différents. Est-ce si facile de se réadapter au fur et à mesure des interlocuteurs ?
Non, je dirais que c’est la grosse difficulté de ce tournage, et le revers de la médaille. Ce qui est formidable, c’est la multiplicité des interlocuteurs : personne ne prend la grosse tête, le travail est collaboratif, tout le monde est au même niveau, chacun se remet en question en permanence. Mais la difficulté est que, sur une même intrigue, on est dirigés par des réalisateurs qui n’ont pas forcément la même vision du personnage ni la même vision de l’histoire : ils nous donnent parfois des directions qui ne nous paraissent pas forcément cohérentes avec celles des autres. Il s’agit alors de trouver nous-même une cohérence, au milieu des injonctions contradictoires. Dans ces moments-là, je me dis parfois que les êtres humains sont pleins de contradictions dans la vie réelle. Donc le fait que nos personnages soient un peu contradictoires par moments peut, finalement, les rendre plus humains et réalistes.
Votre personnage, au global, passe par des situations et des émotions larges et variées, ce qui vous permet sans doute, en tant que comédienne, une palette de jeu qui l’est tout autant…
Oui ! L’humeur était plutôt coquine dans la première intrigue, et cette fois, c’est moins léger, puisqu’il m’arrive des soucis médicaux. J’ai eu à jouer une scène que je n’avais jamais eu à jouer et qui était intéressante, techniquement, à faire. C’était nouveau pour moi et pas si simple au final, je n’en dis pas plus… Ce qui est sûr, c’est que j’ai un personnage qui peut être facilement transversal, puisque Béatrice travaille dans un cabinet d’esthétique. Cela peut être arrangeant de m’avoir dans des intrigues différentes, donc on verra bien par la suite…
Avez-vous aussi pour habitude de regarder le rendu final, afin de capitaliser sur votre jeu ?
Comme beaucoup de gens, j’ai toujours détesté me regarder. Cela ne s’améliore pas avec l’âge, soyons clairs… Donc je ne me regarde que rarement à l’instant T, en revanche, il y a toujours un moment où je le fais. En général, il y a un temps nécessaire de digestion. Pour mon premier passage, j’avais attendu environ 6 mois. Ce qui me permet de tout voir d’un seul coup. C’est là, effectivement, que je capitalise, dans un sens comme dans l’autre, c’est là que je note ce qui s’est bien passé ou ce que je peux améliorer.
Aimez-vous aussi être curieuse des retours des fidèles téléspectateurs du programme ?
Je regarde la page Facebook officielle de la série. C’était amusant d’ailleurs de voir à quel point les gens s’étaient faits du souci pour mon personnage quand on la faisait chanter. Cela m’a touchée, j’ai trouvé ça émouvant. Mais en général, je suis maintenant assez détachée de tout cela. Cela me fait toujours extrêmement plaisir quand je reçois des retours positifs du public, mais je ne les attends pas. Pour moi, l’important est de faire le travail le mieux possible, il n’est pas dans la gratification que j’en tire au moment de la diffusion. La seule chose qui compte est que l’on me rappelle, ce qui veut dire que l’on m’a trouvée bien !
En revanche, il est important pour moi que ça se passe bien sur le tournage. Je veille à ce que mes collègues comédiens aient du plaisir à tourner avec moi. C’est heureusement le plus souvent le cas ! J’ai aussi besoin que le réalisateur soit content de sa journée… C’est là ma source de plaisir, plus que dans la diffusion…
En tout cas, le dicton « Jamais 2 sans 3 » pourrait peut-être s’appliquer à votre personnage, d’ici quelques mois…
Je ne vais pas présager de l’avenir, mais c’est effectivement envisageable. Déjà, parce que je suis toujours vivante à la fin de cette saison ! Et également, parce que ça s’est toujours bien passé jusqu’ici. Enfin, je l’ai déjà dit, parce que le rôle peut être facilement transverse. Donc je pourrais tout à fait être rappelée une fois de temps en temps, ce qui me conviendrait très bien. Croisons les doigtsJ.
Merci, Aurélie, pour toutes vos réponses !