RTL2 : Sylvain Alexis évoque sa passion de la radio et l'animation de la matinale du week-end !
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Bonjour Sylvain,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous pouvons vous retrouver chaque week-end sur RTL2, à l’animation de « L’expresso du week-end ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui ! Qu’il vente, qu’il neige, qu’il y ait du soleil, que ma vie personnelle aille super bien ou pas, quand je passe la porte et que je rentre dans le studio, j’ai toujours 15 ans ! Je me dis que, tant que j’ai cela, c’est que la passion et l’amour de la radio sont toujours là. J’arrive tôt, je viens à peine de me lever, parfois la nuit a été courte et c’est vrai que, malgré mes 41 ans, quand j’entre en studio, c’est Disneyland, voire même le Futuroscope, pour être raccord avec ce que nous avons offert à l’antenne il y a quelques joursJ. C’est magique !
Il y a un réel plaisir à retrouver les gens. Les réseaux sociaux font que l’on est assez connectés, on est sur un créneau où il y a beaucoup de lien et de fidélité qui s’installent. Je discute toujours avec plaisir avec certains auditeurs. Je suis systématiquement émerveillé, quand les audiences tombent, d’apprendre le nombre de personnes qui nous écoutent. On est deux dans le studio, avec Raphael, mon assistant et c’est vrai que l’on a nos petites habitudes. On fait ce que l’on a à faire et on est à mille lieux d’imaginer qu’il y a des dizaines de milliers d’auditeurs qui nous suivent. C’est toujours fou !
C’est un métier de passion et je trouve que c’est très beau d’avoir, à mon âge, la même envie que celle qui était mienne à 12 ou 13 ans, lorsque j’ai eu l’envie de faire ce métier.
Le contenu de la matinale est bien entendu principalement musical mais les chroniques proposées ont un côté très populaire, au sens positif du terme. Vous vous raccrochez parfois à des histoires personnelles qui peuvent parler aux gens, la météo n’est pas uniquement celle des grandes villes…
On parle à chacun ! Chaque contenu est pensé pour essayer d’impacter les gens. Sur la météo, je vais essayer de balayer la carte, je vais citer une quinzaine ou une vingtaine de villes et, évidemment, on ne va pas toujours prendre que les énormes villes, on va essayer d’aller chercher les villes moyennes parce qu’elles parlent aussi aux gens de la région concernée. Pendant des années, j’ai enseigné au Studio école de France et c’est la première chose que je disais : il faut aller toucher les gens et, à partir du moment où tu leur envoies des images dans la tête, c’est gagné, tu les as captés et ils restent.
Sur les anecdotes et insolites que l’on fait, à 6h 30 et 9h 30, on essaie vraiment de trouver des choses qui évoquent le quotidien ou des situations qu’on a tous vécues. Quand on peut relier le contenu à ce qui va parler à tout le monde, on le fait car, encore une fois, on crée du lien et, là, tu as gagné ! Les gens se disent « ok, le gars vit la même vie que moi, il a vu et ressenti les mêmes choses que moi, il parle comme moi, très bien je reste avec cette personne parce qu’elle me ressemble ». Le temps de l’animateur star est terminé, les auditeurs veulent écouter des gens comme eux. Plus tu arrives, dans ce que tu racontes, dans ce que tu proposes, dans ce que tu fournis, à montrer que tu vis comme les gens, que tu vois et que tu as vécu les mêmes choses que ceux qui t’écoutent, plus tu es impactant et plus tu crées du lien. Donc, à priori, les audiences peuvent s’en ressentir. Après, je vous rejoins, on est sur un format musical donc la musique est très importante, sans aucun doute plus importante que moi. Même si on a beaucoup de temps de parole et de contenu, je vous prie de croire que si la playlist était pourrie pendant 45 minutes – ce qui n’est jamais le cas sur RTL2 J -, on pourrait faire ce que l’on veut, les gens ne resteraient pas. Je pense vraiment que l’animateur doit être une plus-value et un lien permanent. Il faut créer de l’affect avec une marque et, aujourd’hui, cela dit être antistar…Dans les faits, notre vie ressemble vraiment à celle de nos auditeurs et je trouve que c’est bien de le faire savoir. Jouer l’animateur n’est plus tendance aujourd’hui, les auditeurs veulent de l’authentique et de vrais animateurs. Donc, plus tu es vrai dans ce que tu racontes, plus tu es connecté à la vraie vie, plus tu y gagnes, je pense !
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Les différents contenus sont autant de repères et de balises pour les auditeurs, encore plus en matinale, qui est un peu le prime-time de la radio…
Oui, c’est une analyse qui est extrêmement juste. Avec une nuance quand même : quasiment tous les gens qui écoutent la matinale en semaine vont travailler donc ils sont effectivement à la minute, ils sont ultra rythmés et ont besoin de balises. Nous avons, le week-end aussi, parmi nos auditeurs, beaucoup de gens qui travaillent mais il est vrai également que l’on a beaucoup de gens qui sont en repos. Là, oui, il y a des balises et des contenus qu’ils aiment retrouver mais je pense que les repères sont moins importants les samedis et dimanches car une bonne moitié de notre auditoire est en détente.
Guillaume Piau, qui dirige cette antenne, m’a dit, quand il m’a confié cette tranche : « bien sûr qu’il faut des repères mais n’oublie pas que tu as beaucoup de gens qui ont connu toute la semaine un rythme à la minute, avec un boss qui les a embêtés et qui sont là pour souffler. Donc on ne met pas de pression, on ne donne pas de leçon, on divertie ». Je trouve qu’il a parfaitement raison. Tous ces gens qui sont en week-end viennent chercher un côté léger, un côté bonne humeur, en étant moins soucieux du timing, qu’ils ne le sont la semaine.
Consciemment ou inconsciemment, vos mots, votre rythme et votre ton sont-ils différents que ce qu’ils pourraient être la semaine ?
Cela m’arrive même de faire la semaine, en tant que joker du « Double Expresso » ou l’été. C’est un autre rythme, on a une clientèle 100% travail donc ça va un petit peu plus vite et le package timings et interventions types est beaucoup plus succinct. Il y en a davantage mais c’est plus court. Le week-end, c’est assez magique : quand on est par exemple sur un insolite sympa et que l’on a envie de parler pendant 2 minutes, on peut le faire ! Le côté plus cool des samedis et dimanches : on est moins à la seconde.
Plus globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir des auditeurs ?
Nous sommes des personnes extrêmement bienveillantes et je pense que les auditeurs ressentent toute cette bienveillance que nous avons à l’antenne, ainsi que le côté simple et accessible. Donc, quand ils nous écrivent, les gens sont eux-aussi simples et cools. Les retours que j’ai sont principalement de gens qui me contactent sur Facebook et c’est toujours sympa. Ils rebondissent parfois sur une petite info ou sur ce que l’on a pu dire, sans jamais aucune méchanceté. Il ne faut pas non plus tout s’attribuer, je pense que c’est aussi cette force et cette image de marque de RTL2 où, quand on discute avec n’importe qui, elle est vue comme sympa, avec un format fixe depuis longtemps, donc avec une promesse produit claire. C’est une berline qui roule tranquillement sur l’autoroute. La force des gens qui font la stratégie de RTL2 est qu’ils ont gardé cet ADN, tout en amenant de la nouveauté et de la fraicheur, depuis 4 à 5 ans. J’ai fait plusieurs radios mais je suis marqué par l’affect qu’ont les gens pour RTL2, ils écoutent la station depuis 15 à 20 ans, ils sont attachés à la marque. C’est une radio chouette avec des auditeurs super chouettes ! Le lien est permanent et j’en suis super fier.
En studio, vous êtes multi casquettes, derrière le micro mais aussi à la réalisation…
Oui, c’est vrai ! J’écris tous les contenus, je travaille seul dessus et Raphael m’aide pour les illustrations sonores. En fait, je lui envoie une liste de sons et il monte tout en amont. On s’entend bien, c’est un jeune qui ne prend jamais mal les choses, il sait que je le conseille toujours avec bienveillance. Je le mets un peu à la réalisation le dimanche, il fait les deux premières heures depuis quelques semaines maintenant. Pour lui, le but est de devenir très polyvalent. C’est l’une des nombreuses forces de RTL2 : nous sommes une quarantaine, ce qui est finalement relativement peu pour une radio nationale et tout le monde doit savoir faire plein de choses. C’est une radio extraordinaire, il y a un bon état d’esprit et on nous laisse faire, on nous fait confiance, ce qui est important. C’est en lien avec l’ADN de la marque que j’évoquais précédemment, une marque de proximité, accessible, sympa. On est comme cela, même entre nous, quand il faut former des plus jeunes qui ont l’envie et la capacité de travail. On a un boss qui s’astreint à ce que personne ne se la raconte, ni se prenne pour plus indispensable qu’il ne l’est.
J’aime cette polyvalence à la radio et en dehors. Je suis passionné par plein d’autres choses, l’écriture notamment. Comme beaucoup dans ce métier, je suis dopé à cette adrénaline et à cette passion.
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Vous l’avez dit, la radio est un métier de passion. D’où vous vient-elle ?
J’avais 12 ans et j’ai découvert la radio grâce à un pote de collège qui m’a parlé d’une émission qui passait le soir sur Fun. J’ai alors pris une déflagration. A l’époque, vous m’auriez dit que je ferai ne serait-ce que le quart de ma carrière, j’aurais signé avec les mains…et les pieds ! Jamais je n’imaginais en faire à un niveau pro et encore moins sur toutes ces radios. C’est aussi ça la magie. La passion fait, en tout cas, que tu bosses plus que pour autre chose. Je suis heureux, j’ai 41 ans et ça fait 20 ans que j’ai l’impression de ne pas aller travailler. Cela n’a pas de prix, c’est extraordinaire !
Merci, Sylvain, pour toutes vos réponses !