Pauline Bression évoque sa belle et riche actualité artistique, sur trois supports différents !
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Bonjour Pauline,
Quelle joie de vous retrouver pour cette nouvelle interview !
Votre actualité est riche et variée, sur grand écran, sur petit écran et sur les planches. Ce mercredi 12 avril sort en salle « Une histoire d’amour », d’Alexis Michalik, dans la droite lignée du succès de la pièce de théâtre jouée quelques mois en arrière…
Oui, c’est une aventure incroyable que cette pièce se transforme en film. En fait, pour la petite histoire, à partir du moment où on a commencé à jouer, en janvier 2020, dès les premières représentations des gens du métier, notamment des producteurs, sont allés voir Alexis en lui disant qu’il fallait en faire un film. Lui répondait qu’il verrait…On connait tous la suite, deux mois après on est tous confinés donc, comme tout le monde, il a du temps et il en écrit une première version du scénario. Vraiment une adaptation et non pas du théâtre filmé. S’en sont suivies maintes et maintes réécritures. Il s’est dit que, pour faire quelque chose d’un peu foufou, il faudrait garder le même casting que pour la pièce. Car on avait tous vécu des choses exceptionnelles ensemble.
Mais, au cinéma, quand vous allez voir des diffuseurs ou des gros producteurs, leur première question concerne le casting car ils veulent des têtes d’affiche. Malgré plusieurs refus, Alexis ne s’est pas démonté et voulait vraiment poursuivre l’aventure avec le casting originel. Sauf qu’il nous cachait tout cela…Il nous disait qu’il voulait faire un film mais il ne nous disait pas que c’était avec nous. Il nous avait même clairement dit l’inverse : « vous savez comment marche le ciné, ce ne sera pas vous mais ce n’est pas grave ». C’était même un peu traitre d’ailleurs car il nous faisait faire quand même des lectures de ses adaptations, pour les entendre.
Au final, Alexis a carrément monté sa boite de production, avec ses associés. En décembre, juste avant Noel, ils nous ont annoncé que l’aventure allait démarrer. On a tourné du coup en 2021, c’était absolument merveilleux...et quelle aventure : une création théâtre, des représentations à la Scala, en tournée, à Avignon et maintenant le film. C’est une belle aventure ! On aura fait le tour de cette histoire qui est merveilleuse. Je la trouve toujours aussi jolie, même au cinéma.
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Justement, en quelques mots, comment présenteriez-vous l’histoire ?
Katia est une homosexuelle assumée et rencontre Justine, pour l’instant hétéro. Elles tombent amoureuse, c’est un coup de foudre, une passion, elles vivent une merveilleuse histoire d’amour. Justine veut un enfant et elles font une insémination d’un donneur anonyme. Katia tombe enceinte mais Justine part…On découvre aussi William, le frère de Katia. Douze ans plus tard, Katia est très malade et on se demande alors ce que l’enfant va devenir. William s’inscrit ainsi dans la réflexion. Je joue sa femme, mon rôle est un peu compliqué à pitcher donc il faut aller voir le filmJ.
Ce n’est pas une seule histoire d’amour, ce sont des histoires d’amour. C’est un petit peu comment survivre après une histoire d’amour si forte. A partir du moment où une histoire d’amour a été très forte mais qu’elle s’arrête, que fait-on après ? Comment vit-on ?
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Artistiquement parlant, le fait d’avoir joué la pièce tant de fois a-t-il rendu le tournage plus facile ?
Il y a évidemment des petits dangers, il fallait faire attention à ne pas aller dans certaines habitudes que l’on avait peut-être pu prendre sur scène. Mais, sinon, globalement, cela a rendu la chose encore plus facile. C’est génialissime, on était à l’aise, on connaissait par cœur nos personnages, avant même de mettre un pied sur le plateau. C’était une chance pour tout le monde, même pour Alexis qui voulait tourner très vite, avec beaucoup de décors en peu de jours. Tout le monde était au taquet et connaissait tout, fort de 150 représentations déjà effectuées alors.
Le film propose-t-il certaines différences quand même comparativement à la pièce ?
Il dure 1 heure et demie, comme la pièce. Evidemment, il y a des petits changements parce qu’on inscrit l’histoire dans des décors un peu plus réalistes. Aussi parce qu’il y avait des scènes qui marchaient au théâtre et qui ne marchent pas à l’image, parce que trop théâtrales ou trop expliquées. Je me permets de citer Alexis : « Au théâtre, on dit les choses parce qu’il faut les expliquer. Au cinéma, on les montre ». Ce n’est pas faux. Du coup, c’est assez génial, c’est clairement exactement la même histoire mais avec des scènes différentes, permettant d’inscrire certaines choses différemment. Mais ça marche tout aussi bien ! Il y a forcément un tout petit peu moins d’humour, même si on rit franchement. Parce que tout est un petit peu plus intimiste et qu’on ne peut pas se permettre des gags flagrants que permet la scène.
A quelques jours de la sortie, dans quel état d’esprit êtes-vous ?
On est surexcités, on est impatients. Après, ce qui est chouette, c’est que l’on a fait beaucoup d’avant-premières, du coup on a déjà eu des premiers retours, dont on est globalement très contents. Les gens s’attachent aux personnages, s’attachent à l’histoire, c’est un vrai mélodrame, on en fait peu en France d’ailleurs. Vraiment, c’est réussi ! Après, on a forcément, comme tout le monde, des inquiétudes, on se demande si oui ou non les gens vont aller au cinéma, si oui ou non ils vont aller le voir. Je pense que l’on a plus d’inquiétude en termes de chiffres parce qu’on n’est pas connu de ce milieu et qu’il ne se porte pas non plus hyper bien. Mais les retours étant bons, je me dis qu’on a une chance d’emporter les gens avec nous.
En complément, samedi 22 avril prochain, vous serez en prime-time sur France 2 dans l’unitaire « Lame de fond ». On vous imagine très heureuse d’avoir participé à cette nouvelle aventure télévisuelle sur le service public ?
Tout à fait ! J’étais hyper heureuse, j’étais super contente que France Télévisions pense à moi pour ce rôle. C’est un vrai rôle de capitaine, un tout petit peu plus âgée que ce que l’on me confiait avant, avec plus de responsabilités et un peu plus de choses sur les épaules. Elise, mon personnage, est plus sérieuse dans ce qu’elle représente donc j’étais évidemment très contente. Elle mène l’enquête seule, elle a plein de binômes au fur et à mesure du film, avec sa sœur (Eléonore Bernheim), avec son amoureux d’enfance (Antoine Hamel) qui va l’aider à l’enquête, avec certains suspects (Stéphane Freiss notamment), avec son collègue (Akim Omiri). Mais elle est le liant, c’est elle qui mène l’enquête. Donc j’étais évidemment très flattée et j’espère que ça plaira aux gens.
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Quel regard portez-vous d’ailleurs sur votre personnage, Elise Vignon ?
Pour moi, c’est une capitaine qui veut très bien faire son travail. Elle vient d’arriver à Dinard, elle revient chez elle, où elle a grandi. Cela lui tient à cœur de ne plus être vue comme la petite Elise, la petite sœur, la petite du groupe de jeunes de l’époque. Elle n’est plus petite, elle a grandi, elle a fait des études, elle a pris de l’expérience et elle revient forte de tout cela, elle veut être prise au sérieux et elle le sera. Après, elle est quand même assez introvertie, elle n’est pas hyper expansive et rigolote, elle a vraiment à cœur d’être prise au sérieux. On découvrira, c’est ce qui est toujours un peu chouette dans ces personnages, en grattant quelques couches pourquoi elle n’est pas si expansive…
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Le cadre de tournage est particulièrement agréable, aidant à la qualité et au rendu final du programme…
Au-delà des images qui sont effectivement très jolies parce que les paysages le sont tout autant, c’est aussi et surtout parce que ça s’inscrit dans un cadre bien particulier, celui du festival de Dinard, le festival annuel du film britannique. On a tourné juste après la clôture, pour profiter encore de toutes les décorations, affiches et banderoles dans la ville.
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A partir de juin, vous serez sur la scène du théâtre de l’œuvre puis en Avignon en juillet, avec « Smile », une pièce que vous avez déjà jouée avec beaucoup de succès…
On a fait notre dernière le 3 avril à la Nouvelle Eve, on est très heureux de cette fin qui a été concordante avec l’annonce des nominations aux Molières. La pièce est nominée dans deux catégories, la création sonore et visuelle, ainsi que la révélation masculine pour Alexandre Faitrouni. On était surexcités, très contents, le climat de la dernière était donc très joyeux et très chouette. C’est un bon signe pour le spectacle, on espère que les gens seront encore plus curieux de venir découvrir cette pièce qui, je le rappelle, est en noir et blanc, sur un rendez-vous de Charlie Chaplin qui a changé sa vie avant qu’il ne devienne Charlot. On espère donc que les gens seront au rendez-vous, au théâtre de l’œuvre du 2 juin au 30 juillet, ou à Avignon, au théâtre des béliers.
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Quels principaux retours aviez-vous pu avoir des spectateurs à l’issue des représentations ?
On était très contents des retours, on ne savait pas trop comment ça allait être accueilli. Tout le monde nous a dit que l’effet noir et blanc est assez incroyable, c’est chouette ! Les gens se sont fait chopés, à la fin plein étaient en pleurs, ils pleuraient et riaient en même temps. Vraiment, c’était très émouvant ! On a joué quand même 73 dates et ça s’est globalement hyper bien passé, on a fini sur des complets. On espère le même engouement, voire plus, à la reprise.
En conclusion, ces différentes actualités sont sans doute l’occasion pour vous de proposer des palettes de jeu très variées ?
Totalement ! Le fait d’avoir ces 3 actualités sur 3 supports différents était clairement mon rêve, on ne va pas se mentir. C’est exactement le pourquoi je fais ce métier…donc c’est génial ! Surtout, c’est très rare d’accéder au support du cinéma, c’est une bataille menée par Alexis mais qui n’est pas encore gagnée, les réseaux étant différents. En tout cas, être en même temps sur les 3 supports permet de montrer, je trouve, à tout le monde que c’est le même métier, ce qui est hyper agréable. C’est une jolie période artistique !
Merci, Pauline, pour toutes vos réponses !