Koh Lanta : Martin revient pour nous sur son départ pour raison médicale !
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Bonjour Martin,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous participez actuellement à la saison de « Koh Lanta, le feu sacré », visible chaque mardi soir sur TF1. La diffusion des images ravive-t-elle certaines émotions et certains souvenirs vécus sur place quelques mois en arrière ?
Oui, oui, complètement ! C’est même impressionnant. Ce qui m’avait surtout marqué, c’était le premier épisode. Je revivais les émotions à travers les images que je voyais à la télé. C’était impressionnant à quel point les émotions étaient les mêmes. Je me rappelle de ce stress quand on est arrivés, qu’on a nagé et qu’on est arrivés devant l’épreuve du parcours du combattant. En fait, tout ce stress que j’avais pendant que j’étais sur place, j’avais le même au moment de la diffusion. Donc, pour le coup, ça m’a retranscrit exactement les mêmes émotions.
Si l’on en revient à la genèse de votre aventure, quelles principales raisons vous avaient incité à candidater ?
Déjà, parce que c’est une aventure que je regarde depuis longtemps. C’est une aventure qui, je pense, correspond beaucoup et bien à mon profil. Je suis quelqu’un d’assez dynamique, qui aime le challenge, qui aime le défi. Cela correspondait bien à ce que j’avais envie de vivre. A force de regarder, d’en parler, j’ai tenté ma chance. Franchement, ce n’est pas plus compliqué que cela….
Les premiers jours d’aventure sont toujours particulièrement intenses, entre la découverte des autres, la construction de la cabane, l’acclimatation,… Comment les aviez-vous vécus ?
Dans le premier épisode, on voit que tout se passe bien, on gagne la première épreuve d’immunité, ensuite on gagne le premier confort. Avant d’enchainer, avec les rouges, trois défaites d’affilée. C’est vrai que, au début, on n’a pas encore trop faim et, comme c’est le début d’aventure, il faut faire bonne impression auprès de ses coéquipiers. Je pense que tout se passe bien à ce moment-là. Après, c’est vrai que j’ai vite un coup de mou, une petite baisse de moral au 4è jour je crois. Ils avaient l’air de nous expliquer que c’était toujours après 3 à 4 jours que le corps commençait à prendre un peu un coup. J’ai pris un coup sur le moral à ce moment-là et, après, j’ai eu des hauts et des bas, je ne m’en cache pas du tout. Il y a des moments où j’allais hyper bien, d’autres où j’allais beaucoup moins bien. Il a fallu faire avec. Maintenant, je pense que, sur chaque épreuve, je me suis donné à 100% voire 200% et, malheureusement, peut-être que c’est aussi une des raisons qui expliquent que mon corps m’ait lâché dans le dernier épisode, à mon grand regret.
Dès le début de l’aventure, Denis annonce à tous l’existence, cette saison, du talisman du feu sacré. Comment aviez-vous alors réagi à cette annonce ?
La première fois, quand on entend parler du talisman, on n’a pas conscience du pouvoir de cette nouvelle arme stratégique et on met du temps avant de comprendre la puissance que cela peut avoir. Aussi bien quand on le détient que quand on ne le détient pas, et les ravages que ça peut faire dans l’équipe adverse. Par chance, on le détient et on ne va pas au conseil. En fait, on met du temps avant de vraiment se mettre dans le bain et de prendre conscience de sa puissance. C’est vrai que, au début, on ne comprend pas du tout. D’ailleurs, ça se voit, si on avait tous tout de suite compris le principal intérêt du talisman, je doute fortement que Nicolas le donne à Rudy après la première épreuve de confort où il apprend qu’il faut qu’il le transmette à l’équipe adverse. Je pense que, au contraire, il l’aurait donné à Christine ou à une autre personne qui aurait pu être en danger d’après lui si on perdait la prochaine épreuve d’immunité.
Quelques temps plus tard a eu lieu une recomposition des équipes, orchestrée par Rudy. Comment se sont alors passés, pour vous, les premiers jours avec vos nouveaux camarades de l’équipe jaune ?
C’était dur. Je comprends parfaitement parce que les ex-jaunes étaient sur 3 victoires d’affilée et on leur annonce que les équipes vont être recomposées. Forcément, je me mets à leur place et je me dis que c’est un peu chiant car, au final, on a réussi à trouver une cohésion de groupe, on arrive à faire en sorte que ça fonctionne sur les épreuves et, là, maintenant on met un coup de pied dans la fourmilière et on doit repartir à 0. Forcément, eux ne sont pas contents, moi je ne le suis pas non plus, dans le sens où je m’étais attaché à mon équipe, j’étais bien implanté, je pense que je ne risquais pas grand-chose à ce moment-là du jeu. J’arrivais à faire bonne figure aussi bien sur le camp que dans les jeux, même si on ne les gagnait pas. Je pense que l’on était tous à fond et j’arrivais bien à montrer que j’étais motivé à travers les épreuves. Une fois que les équipes sont recomposées, je fais vite le calcul, je me rends compte que nous sommes 3 ex-rouges dans une équipe composée de 5 ex-jaunes et, en plus de cela, on va chez eux. Donc, là, franchement, dur car on doit repartir de 0, on sait que l’on est sur un siège éjectable si on perd une épreuve d’immunité. Raison pour laquelle je me dis dans ma tête qu’il n’y a qu’un seul mot d’ordre, de ne pas perdre une épreuve. Si on peut gagner les épreuves de confort, ça fait toujours bien au moral et si on peut ne pas perdre une épreuve d’immunité, ça permet de rester 3 jours de plus. Donc, quand les équipes sont recomposées, je me dis simplement « mon vieux, il n’y a pas moyen, on ne perd pas une épreuve d’immunité ».
Concernant l’épisode diffusé cette semaine, on l’a vu, l’équipe jaune a remporté brillamment l’épreuve de confort, ce que vous a ensuite permis de profiter pendant quelques heures d’un cadre et de conditions particulières agréables à ce stade-là de l’aventure…
Alors, ça, c’est sûr, c’est une sorte de parenthèse idyllique, qui nous permet de sortir du camp. Il faut bien comprendre que l’on est 85% du temps sur le camp et donc 15% du temps sur les épreuves. Donc, à un moment, on ne peut plus voir le camp ! Je le dis d’ailleurs dans l’épisode, on pète un plomb à un moment dans la tête, on n’en peut plus de voir ce camp et on n’a qu’une envie, c’est d’aller juste passer 1 ou 2 heures ailleurs, juste pour nous faire penser à autre chose et nous sortir de là. Accessoirement, je me fais mal sur l’épreuve mais, dans ma tête, il n’y avait qu’un mot, il fallait remporter ce confort. Juste pour le mental et le moral, ça ferait un bien fou. Et ça a fait un bien fou ! A ce moment-là, j’ai réussi à profiter à presque 90% de mon confort, même si j’avais un peu peur pour ma cheville. Malheureusement, j’avais un bon pressentiment.
Malheureusement, vous vous blessez et votre situation physique ne s’améliore guère dans les heures qui suivent. Pour autant, que ce soit pendant l’épreuve, où votre cheville est encore chaude ou plus tard, on sent que vous vous battez et que vous ne lâchez rien, dans l’espoir que votre état s’améliore…
Complètement ! Il y a une petite voix dans la tête qui vous dit que, même si vous vous êtes fait mal, l’aventure va continuer et que ce n’est pas grave, ce n’est qu’un bobo. Mais je dois quand même admettre qu’il y a un moment où j’étais sur le camp et où j’ai quand même baissé les bras. C’était juste après l’épreuve de confort individuelle pour savoir qui allait récupérer le talisman, où il fallait empiler les boules. Là, le médecin me dit que mon épreuve est compromise et que je risque de ne pas pouvoir y participer. Donc, là, j’étais au courant, avant l’épreuve, que je n’y participerai certainement pas. C’est pour cela que j’arrive assez effondré et la raison pour laquelle je suis en larmes avant cette épreuve, ce n’est pas parce que je ne peux pas y participer, c’est parce que je me rends compte que, là, mon aventure est vraiment compromise. Mais, à ce moment-là, je reste encore dans l’aventure et je retourne sur le camp. C’est vrai que, alors, j’ai encore une baisse de moral, j’ai un peu un moment où je n’y crois plus trop. J’ai pu y croire avant mais, là, je voyais difficilement comment je pouvais continuer mon aventure. Mais vous savez, même si vous baissez les bras, même si vous avez un petit coin dans votre tête qui vous dit que ça ne sent pas bon, vous vous dites que, temps que vous êtes là, il y a toujours une possibilité que ça puisse continuer. Même si c’est vrai que les chances étaient un peu minimes…
Moralement, est-il plus simple ou plus compliqué de partir sur blessure que sur votes lors d’un conseil ?
Si vous me posez la question à moi, je réponds oui. Si vous la posez à quelqu’un qui s’est fait éteindre son flambeau sans qu’il ne s’y attende et qu’il a pris un coup de massue, il vous dira qu’il aurait préféré sortir sur blessure. Franchement, il n’y a pas de réponse exacte. J’ai le sentiment de ne pas avoir été au bout de mon aventure, j’ai le sentiment que, quand on fait « Koh Lanta », on accepte les règles et que les règles sont qu’on a 16 chances sur 20, plus ou moins, de se faire éteindre son flambeau à n’importe quel moment si on perd une épreuve d’immunité. Voilà, c’est le jeu…Par contre, à aucun moment, vous vous mettez dans les conditions d’imaginer sortir sur blessure. Même si c’est quelque chose qui peut arriver, vous n’y pensez pas. J’aurais préféré sortir de façon digne, en me faisant éteindre mon flambeau, en me disant que j’aurais fait mon aventure à fond, que je n’aurais peut-être pas été bon dans une stratégie, que j’en aurais lancé une qui n’aurait pas fonctionné,…Peu importent les raisons des votes contre moi, j’aurais préféré sortir comme cela. Maintenant, c’est vrai que j’ai ce goût d’inachevé en moi qui est difficile à avaler. Mais il ne faut pas oublier que « Koh Lanta » est un jeu, je ne vais pas vivre avec cela toute ma vie, il faut aussi savoir faire la part de choses.
Quand Denis officialise votre abandon, le moment, c’est normal, est rempli d’émotions…Notons que Denis glisse à tous un mot gentil vous concernant, rappelant notamment votre impact souvent décisif sur les épreuves précédentes…
Alors, je vais vous dire, cela je ne m’en rappelais pas avant de le voir à l’écran. Je sais que je l’écoute parce que je le vois à travers les images, je vois même que je lui réponds, en gros « Merci Denis pour ce que vous me dites » mais j’avais complétement oublié qu’il m’avait dit cela. Vous êtes tellement dans une phase où vous ne pensez qu’au fait de quitter l’aventure dont vous avez rêvé toute votre vie, qu’elle est finie, que vous mettez une croix dessus. D’ailleurs, dans les médias, tout le monde parle « d’abandon » mais non, c’est sur décision médicale.
Bref, je ne pense alors qu’à un truc, au fait que mon aventure s’arrête. Comme je vous l’ai annoncé, même si j’avais un peu baissé les bras et que je pouvais m’en douter, tant qu’on ne me le dit pas, j’espérais encore un petit peu dans un coin de ma tête malgré tout. Il faut savoir que j’apprends que je quitte l’aventure en même temps que tout le monde. Je vois le médecin avant, qui ne me dit rien, je me dis alors qu’il y a peut-être une chance que je participe à l’épreuve, si on n’a pas besoin de courir. Je me dis « cool, peut-être que j’ai une chance de continuer » mais non…
Plus globalement, quels resteront vos plus beaux souvenirs de cette aventure ?
J’en ai deux principaux. D’abord, la toute première victoire en équipe chez les rouges, quand il fallait faire monter les boules le long d’un tableau avec des requins pour les mettre dans des trous, afin de les faire tomber. Ce souvenir du premier épisode me rappelle toutes les émotions connues après cette victoire. Ensuite, ce sont des souvenirs sur le camp au quotidien : le fait d’être allé pêcher au harpon, ce que je n’avais jamais fait de ma vie, le fait de ramener des poissons pour ma tribu, j’en étais tellement fier, tellement heureux, j’avais pu aussi réaliser un rêve d’aller pêcher dans d’aussi beaux et fantastiques fond-marins, j’ai pu aller m’éclater et profiter de ce moment, le fait de faire le feu, c’est tout bête, je n’avais jamais essayé de ma vie de faire du feu avant « Koh Lanta », je ne m’étais pas entrainé, à aucun moment. Julie avait essayé de frotter des bambous pendant super longtemps, peut-être 24 heures et, à un moment, elle vient me voir et me demande si je peux essayer : je frotte et ça fonctionne ! C’est un énorme coup de chance, j’en suis conscient mais ce n’est pas grave, au final, on a eu le feu avant les jaunes et, pareil, c’est un moment d’émotions qui était tellement beau. Des moments forts comme cela, j’en ai beaucoup : toutes les victoires en équipe étaient des moments extraordinaires. Même, je vais vous dire, pour moi un des pires moments de mon aventure, c’est l’épreuve de confort que l’on perd quand on a les 3 kilos de riz qui nous passent sous le nez où, justement, il fallait marcher sur les plateformes et où, au début, je tombe un paquet de fois. On la perd de peu d’ailleurs et ça a été la pire défaite pour moi. Maintenant, avec le recul, même si je me rappelle être parti dépité, c’est quand même une belle image que je garde. Il faut savoir se nourrir des défaites pour être plus fort après. D’ailleurs, on a trois défaites d’affilée et, moi, chez les jaunes, à part l’épreuve du radeau que l’on perd parce qu’il se prend dans le ponton de Denis alors que l’on est à un mètre des rouges, et que je considère dans ma tête comme si on l’avait gagnée, au final, on a quasiment toujours tout gagné. Voilà, ce ne sont que des souvenirs extraordinaires de cette aventure et c’est une aventure humaine que je recommande à tout le monde.
Pour terminer, votre sac est-il déjà prêt pour repartir à l’aventure ?
Je n’ai absolument pas de sac qui est prêt. J’ai vu énormément sur les réseaux sociaux de messages de soutien, qui m’ont fait super plaisir, me disant que, d’après eux, j’avais quand même un peu marqué le début de l’aventure. Beaucoup me disent espérer me voir dans un autre « Koh Lanta ». Je vais vous dire, si la prod me rappelle, c’est sûr et certain que je repars parce que j’ai besoin de terminer ce que je n’ai pas pu achever. En revanche, je pars du principe que « Koh Lanta » ne se vit qu’une fois et je n’ai pas envie d’attendre sur le fait qu’on me rappelle parce que je pense qu’on ne peut qu’être déçu. J’ai vécu cette aventure, pour moi « Koh Lanta », c’est « Koh Lanta, le feu sacré ». Si la prod considère que j’ai un profil qui les intéresse et qu’ils veulent me revoir, avec grand plaisir ! Maintenant, je ne me mets aucune pression sur cela, j’attends de voir ce qui se passe et j’attends surtout de voir la suite de l’aventure qui, je pense, nous réserve des belles surprises !
Merci, Martin, pour toutes vos réponses !