Koh Lanta : Elodie nous raconte son départ lors d'une épreuve éliminatoire !
/image%2F1552669%2F20230319%2Fob_9281da_koh-lanta-le-feu-sacre-1-1.jpg)
Bonjour Elodie,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous participez actuellement à la saison de « Koh Lanta, le feu sacré », visible chaque mardi soir sur TF1. La diffusion des images ravive-t-elle en vous certains souvenirs et certaines émotions vécues sur place quelques mois en arrière ?
Alors, oui, bien sûr, quand on regarde la diffusion, on parle toujours de la troisième aventure. La première étant le casting, la deuxième le tournage, l’émission en tant que telle et la troisième la diffusion. C’est clair que je me sens un petit peu plus mal aujourd’hui qu’il y a trois mois, quand j’étais dans ma petite vie pépère et que j’avais oublié cette élimination. Donc c’est clair que le fait de revoir ces images ravive les souvenirs et les émotions. C’est pour cela que, d’un côté, je suis contente parce que je sais qu’il y a trois mois, comme je vous le dis, j’avais repris ma petite vie pépère donc dans quelques mois, je la reprendrai aussi tranquillement vu que, du coup, je ne fais plus parti du jeu.
Si l’on en revient à la genèse de votre aventure, quelles principales raisons vous avaient incitée à candidater ?
« Koh Lanta » et moi a toujours été une histoire d’amour. Comme j’aime toujours à dire, j’ai vraiment eu un coup de foudre pour cette émission. J’ai vu tous les épisodes parce que, avant d’être une participante, j’étais une fan. Je connais toutes les saisons par cœur, ça fait vingt ans et, un jour, j’ai eu le déclic de postuler, après être partie en sac à dos toute seule à l’autre bout du monde pendant trois mois. En revenant, j’avais pris assez de maturité, j’avais pris l’habitude de dormir dans des endroits insalubres. J’étais à la fin de mes études et je me suis dit qu’il était plus que temps de postuler. Là, j’ai envoyé ma première candidature, cinq s’en sont suivies, j’en ai envoyées six au total et la sixième fois a été la bonne.
Voilà, ce qui m’a attirée dans « Koh Lanta », c’est le dépassement de soi, ce sont les épreuves sportives, la survie. J’ai fait les mouvements de jeunesse étant plus jeune, ça a toujours été un truc qui m’attirait. J’adore la simplicité, quand je voyage, je cherche tout sauf des hôtels all-inclusive, je ne supporte pas cela, je cherche à dormir dans des endroits complètement incongrus, en fait à être loin de mon confort d’origine. Parce que ça fait partie de ma personnalité et j’aime être confrontée à des choses que l’on n’aurait pas dans notre quotidien, j’aime aller au bout de mes limites. En fait, cette émission, pour moi, représentait tout ce que je recherchais. Je parle au passé parce que, évidemment, je ne suis plus dedans.
Les premières minutes de jeu ont été le théâtre de l’annonce par Denis de l’existence du talisman du feu sacré. Comment aviez-vous réagi à cette information ? Aviez-vous compris de suite les impacts que cela pourrait avoir ?
Je vais être honnête avec vous et je pense que je ne suis sûrement pas la seule à vous parler de cela, c’est vrai que quand on nous a expliqué les règles du talisman, on était un peu perdus. Au bout de quelques conforts, quand on a eu à nouveau l’explication par Denis, on a commencé à comprendre. Là, je me suis dit deux choses. D’abord que ça allait bouleverser toutes les stratégies parce que si des décisions sont prises et que, après, quelqu’un de l’équipe qui a le talisman décide de protéger une personne pour laquelle on allait voter…Je trouve que c’est encore plus puissant qu’un collier d’immunité. Donc je me suis dit que ça allait complètement bouleverser les stratégies. D’un autre côté, j’espérais qu’il n’allait pas passer de main en main, toujours aux mêmes personnes et que ça n’allait pas faire un peu ping-pong. Donc j’étais partagée et j’avais hâte de voir ce que ça allait nous réserver. Du coup, pour mes dix jours sur « Koh Lanta », en toute honnêteté, je n’ai pas trouvé qu’il avait été vraiment utile pour le moment. Puisqu’on voit que Rudy se protège pour rien lors du premier conseil des rouges, on voit que Tania, lors du deuxième conseil des rouges, protège Christine alors qu’elle n’a aucun vote contre elle. Pour la suite, sur le dernier épisode, on voit que Gilles protège Quentin, qui n’est pas du tout sur la sellette. Donc, pour le moment, on va dire que le talisman n’a pas été vraiment un outil stratégique redoutable mais j’ai hâte de voir la suite des épisodes, tout comme vous, pour voir si mon avis change sur la question.
On le sait, le début d’aventure est toujours particulièrement intense, avec tout à faire et à découvrir. Sans oublier la privation de nourriture. Comment l’aviez-vous vécu ?
Pour moi, les premiers jours à « Koh Lanta » ont été l’euphorie complète, je suis arrivée sur mon ile de rêve, j’ai l’habitude de voyager dans des contrées très lointaines donc en voyant ces eaux bleues cristallines, j’étais complètement illuminée et transcendée. Au niveau de la faim, je ne vais pas cacher que les trois à quatre premiers jours ont été les plus compliqués pour moi. En discutant avec les autres, je pense que c’est un peu l’avis général de tous. Après, je n’ai pas été au-delà du dixième jour mais c’est vrai que le corps s’acclimate assez facilement. Bon, bien sûr, on a faim, c’est très compliqué d’aller s’endormir avec cette sensation plus même que de faim, cette sensation d’estomac qui rentre continuellement, …on fait un pas devant l’autre, on a la tête qui tourne,…juste se lever pour boire de l’eau et pencher la tête en arrière, c’est juste un supplice, tellement nos corps sont faibles. Quand on fait les épreuves, je n’en ai pas faites beaucoup mais il y a une espèce d’adrénaline qui fait que l’on n’est plus vraiment fatigué. Le plus dur est vraiment la faim, sans compter que la nourriture est un peu vitale, c’est l’essence de la vie. Donc c’était vraiment très compliqué…
Mais sinon, pour le reste, niveau hygiène, je m’en foutais. Oui, il faisait humide mais je m’y attendais. Le plus dur, pour moi, a vraiment été la faim. Je n’ai pas trop ressenti le manque de mes proches. Je pense que j’étais une des seules à avoir plein de bleus sur mes jambes, quand j’allais pêcher je revenais avec des hématomes énormes, on me disait de me désinfecter mais je m’en foutais en fait. On est à « Koh Lanta », on s’en fout un peu…
C’est vrai que les premières impressions étaient très positives, j’étais très heureuse d’être là. Faire des cabanes était quelque chose auquel j’ai toujours rêvé, j’en avais faites déjà chez moi dans mon jardin, quand j’étais plus jeune. Voilà, les premiers jours étaient très très bien. Même si la faim était alors compliquée, comme je le disais, le corps s’est habitué…
Vous avez été presque abonnée à la boule noire, vous privant régulièrement de participer aux différentes épreuves. On imagine toute la frustration que cela a dû générer pour vous ?
Oui, bien sûr, je suis complètement frustrée et déçue, d’ailleurs on le voit dans le troisième épisode où je pette complètement un câble. Les gens se demandent pourquoi je m’énerve comme ça mais ils ne sont pas au courant du contexte, j’avais une revanche sur la vie à prendre, j’ai eu beaucoup de problèmes de santé avant de passer le casting et je voulais me prouver à moi-même que j’étais capable. Dans ma vie, je ne supporte pas l’abandon, j’ai toujours été très persévérante, déterminée et c’est vrai que les gens m’ont traitée de parano mais ils ne sont pas au courant de tout le contexte qu’il y a autour. Cela fait des années que je m’entraine à la salle de sport et je vais à la salle de sport uniquement parce que ma finalité était d’aller à « Koh Lanta ». Donc, voilà, je tire ces boules noires, pour moi c’est un « Koh Lanta », j’ai presque envie de dire, raté, même si c’est très très dur de dire cela. Je n’ai pas fait le « Koh Lanta » que je souhaitais, j’ai énormément de déception, de frustration, je venais faire les épreuves et je n’en fais presque aucune. La seule que je fais n’est pas une épreuve sportive, il y avait besoin de beaucoup de mental, alors que le mien était déjà en berne depuis quelques jours suite à cette avalanche de boules noires.
Donc c’est très très difficile et clairement, c’est mon plus regret, ce sont ces boules noires et le fait que je n’avais pas du tout anticipé de ne pas faire les épreuves. J’avais anticipé plein de choses, partir la première, partir sur blessure, être éliminée aux ambassadeurs,…j’avais anticipé plein de choses mais de ne pas faire les épreuves, j’avoue que je ne l’avais pas anticipé. Surtout pas être éliminée sur une épreuve éliminatoire…En plus, je m’étais exercée à faire du feu…ok, ça a l’air drôle mais je vous assure que je m’étais exercée à la maison, avec une autre technique. J’ai tout donné mais, finalement sans rien donner parce que je n’ai pas pu montrer ce que je valais pendant les épreuves. Je pense que ça restera la plus grande frustration de ma vie. Quand vous vous entrainez pendant des années et des années, qu’au final vous y êtes et qu’on vous empêche de participer, que le destin vous dit non, vous vous demandez ce que vous avez fait au bon dieu pour mériter cela. J’ai déjà eu assez de soucis donc stop, en fait…Je n’ai pas pu prendre ma revanche sur la vie, c’est terminé, je la prendrai autrement.
Lors de l’avant-dernier épisode, on voit que vous êtes sauvée de l’élimination à une voie seulement. On a ensuite la sensation, au travers des images de mardi, que vous y voyez là presque l’opportunité d’un nouveau départ…
Oui, tout à fait ! En fait, je me réveille en me disant dans ma tête « ok, Elodie, tu as trois jours de plus sur cette ile merveilleuse, tu as trois jours de plus pour faire tes preuves, il va y avoir deux épreuves avant une prochaine élimination ». Je ne pense qu’aux épreuves, quand je me réveille je ne pense qu’épreuve, je ne pense même pas à manger, je pense aux épreuves. Dans ma tête, on partait pour cette épreuve de confort et, en fait, j’étais de très très bonne humeur. Surtout que, la veille, après le conseil, j’avais discuté avec Martin, Julie et Christine, qui avaient voté contre moi. Ils m’avaient dit les raisons, à savoir mon côté négatif et je les ai remerciés : « Honnêtement, vous m’avez mis un bon coup de pied aux fesses, dorénavant j’arrêterai de râler et, même s’il y a la boule noire, je continuerai à avoir le sourire ». En fait, oui, j’ai vraiment cru à tort que j’allais être éliminée à la place d’Alexandre, du coup je suis partie dans une frustration, me disant « mince, je voulais faire les épreuves et je ne les ai pas faites ». Du coup, au dixième jour, je me réveille pleine d’ambition en me disant « cool, j’ai encore deux épreuves qui m’attendent…allez, le destin ne va pas être si cruel avec moi, il va me laisser participer ». Et puis, Bam, ça tombe sur une épreuve éliminatoire. Donc je peux vous assurer que, au niveau émotions, c’est un peu les montagnes russes pour moi.
Avec le recul, qu’est-ce qui vous a manqué justement sur cette fameuse épreuve éliminatoire ?
Il m’a manqué de la chance, voilà. Pourquoi ? Parce que je pense que j’ai allumé mon feu avant Christine, comme on le voit sur les images mais qu’elle a mis beaucoup plus de combustibles. J’en ai mis aussi mais ils ont cramé tout de suite et je me retrouve avec que du bois et je ne peux plus alors embraser autant mon feu. Donc je pense que ce qui m’a manqué, c’est peut-être un peu plus de chance. J’étais un peu stressée par rapport à ce que j’avais eu avant, je voyais mon feu qui prenait mais cette corde qui ne brulait pas. Oui, je crois qu’il m’a manqué de la chance, que le feu de Christine était plus agressif, là où le mien était beaucoup plus calme. Il aurait peut-être duré sur la longueur mais il fallait que ça pète un bon coup. Voilà, j’ai manqué de puissance au niveau de mon feu. Après, j’ai quand même allumé mon feu et je suis contente de me dire que je l’ai quand même fait et que ça s’est joué à quelques secondes.
Comment avez-vous vécu le fait de sortir dans ces conditions, plutôt que lors d’un conseil ?
Je le vis très mal actuellement, je l’ai très mal vécu et je le vivrai mal jusqu’à la fin des temps, sauf si, un jour, j’ai la chance de pouvoir revenir sur l’ile. Mais c’est un échec, c’est le plus gros échec de ma vie. J’en ai eus pas mal dans ma vie mais celui-là est vraiment le number one, je ne vois rien d’autre au-dessus de celui-là. Voilà, c’est un très gros échec…Après, je décide de partir la tête haute puisque j’ai assez râlé dans les précédents épisodes. Si je dois vous ouvrir mon cœur, c’est clair que c’est un échec, un vrai échec…je n’ai pas d’autre mot.
Au global, quels resteront vos plus beaux souvenirs de cette aventure ?
L’arrivée sur notre ile des rouges, que j’ai trouvée complètement merveilleuse. Et notre premier nuit sur le camp, où on était tous ensemble, jaunes et rouges. Et aussi la deuxième nuit, la première avec les rouges. J’ai pu chanter et chacun a parlé de lui, de ses passions. C’est là qu’on a vu que je chantais un peu d’opéra. C’était vraiment un moment de partage, c’était très très bien, il n’y avait pas d’alliance à ce moment-là, on s’aimait tous. Je pense que ça restera mes plus beaux souvenirs, avec le casting : même si ce n’est pas l’aventure, ça fait partie des prémices. Oui, je retiendrai ces moments-là.
A l’inverse, qu’est-ce qui aura été plus compliqué à appréhender ?
Rien du tout ! Personnellement, ce qui était le plus dur pour moi, ce sont les boules noires et de ne pas pouvoir participer aux épreuves. Parce que, pour le reste, je me sentais encore très en forme, je n’étais pas fatiguée parce que je ne faisais pas d’épreuve. Je n’ai pas envie de vous mentir en vous disant que la survie a été difficile. Pour moi, je trouvais que ça allait, j’étais vraiment bien. Oui, je me suis beaucoup ennuyée sur le camp, je n’attendais qu’une seule chose, c’était de faire ces épreuves. C’est mon plus grand regret, c’est de ne pas en avoir fait mais c’est la vie, c’est comme ça.
D’ailleurs, sur le camp, quelles activités/tâches aimiez-vous plus particulièrement faire ?
J’aimais bien aller chercher du manioc, même si j’ai juste trouvé deux petits bouts à terre et que je n’ai pas ramené un pan. J’ai ramené un peu de canne à sucre, au neuvième jour, celui où je suis très énervée, même si on n’a pas vu cette action. Donc j’aimais bien aller chercher de la nourriture. Après, je n’en trouvais pas beaucoup, je trouvais quelques cocos mais pas grand-chose. On va souvent chercher à manger pendant des heures et on revient bredouille, avec pas grand-chose. C’est en tout cas ce que je préférais faire. Aussi consolider la cabane…J’adore les nœuds donc dès qu’il y en avait à faire….J’oubliais, aller pêcher, je fais beaucoup de plongée dans ma vie privée, j’adore nager en fait, j’allais toujours le faire sans palme mais en baskets. Mais c’était très frustrant, ça demande beaucoup d’énergie et souvent on en dépense plus que ce que ça rapporte donc je ne sais pas si le ratio est très intéressant. Quand on revient, on est complètement éreinté et on a deux à trois poissons, que l’on va devoir partager avec les autres coéquipiers. Ce qui est compliqué…J’avais cependant l’impression d’être comme un poisson dans l’eau. J’aimais bien ce moment-là, j’avais l’impression un peu d’être en vacances et je sentais moins, bizarrement, la sensation de faim quand j’étais dans l’eau qu’en dehors. Et j’ai quand même harponné un poisson, je tiens à le dire, même si on ne l’a pas vu. C’est déjà ça !
En conclusion, votre sac est-il déjà prêt pour une nouvelle aventure ?
Ah mon sac est déjà prêt, bien sûr ! Parce que j’ai une revanche à prendre, c’est sûr et certain qu’il est prêt ! Je ne peux pas être plus claire….
Merci, Elodie, pour toutes vos réponses !