Virgin Radio : Paul évoque son émission quotidienne, ainsi que celle du dimanche soir !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Paul,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

On peut vous retrouver en quotidienne sur les antennes de Virgin Radio, de 9h 30 à 12h, sans oublier le dimanche soir, avec « Le lab » à 20h. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être pour vous de retrouver à chaque fois le micro et les auditeurs ?

Oui, c’est clair ! On est évidemment dans des métiers de passion donc c’est super de pouvoir faire ce métier-là. D’en vivre, c’est assez fou ! Cela s’est fait petit à petit, c’est quelque chose de fort, je trouve, de pouvoir parler chaque jour à tant d’auditeurs. Ce n’est pas commun.

Justement, en quelques mots, d’où vous vient cette passion de l’antenne ?

C’est venu assez vite, à la base c’est une passion pour la musique, mon père est musicien et chanteur donc j’ai toujours un peu grandi là-dedans. J’ai vraiment commencé et découvert la radio au lycée, j’étais dans une radio associative, comme beaucoup ont peut-être eu la chance de le faire. J’avais une émission le dimanche, de musique électronique, que je faisais avec deux à trois copains. Je venais chercher de la musique à Paris, je venais enregistrer les radios sur minidisques à l’époque. Ce qui me plaisait dans la radio, ce n’était pas forcément l’animation, même si j’en faisais, c’était plutôt de construire en fait l’émission et d’en faire l’habillage. Sur mes minidisques, j’avais mes jingles que je faisais sur mon ordi. Quand j’ai commencé à vouloir faire de la radio, l’idée était d’être producteur, de faire de l’habillage, de créer du son, des jingles, des pubs, des promos. C’est par là que j’ai commencé, je suis arrivé à Radio FG comme producteur. Pendant longtemps, je suis resté producteur et animateur en parallèle, avant de faire la matinale, avant d’être obligé par le temps que ça prend de devoir lâcher la production. Mais c’était mon premier métier et ma pression passion que de travailler le son.

Pour en revenir à vos émissions sur Virgin Radio, comment préparez-vous ces deux programmes ainsi que vos interventions à l’antenne ?

Le programme du 9h 30-12h est ce que l’on appelle, en radio, du flux. Donc c’est essentiellement de la musique et un accompagnement autour. Il peut y avoir des opérations avec des jeux, on aime bien être généreux et faire gagner les auditeurs. Dans ces cas-là, on a des axes, on sait de quoi on va parler dans l’émission parce que l’on a une opération, des choses à faire gagner, des calendriers faits autour de cela. Mais l’idée est de faire quelque chose le plus vivant possible, dans un cadre assez court. C’est un peu le défi du flux, ce sont des interventions qui sont courtes, qui doivent donc être efficaces et il faut faire de l’impactant avec une musique qui peut être la même tous les jours pendant une certaine période et, pareil, des opérations de jeu qui peuvent parfois courir sur deux à quatre semaines. Dans cela, il faut réussir à se renouveler à chaque fois, à trouver le petit mot, la façon d’apporter la chose, la liaison avec le titre d’avant, avec le titre d’après. En effet, cela demande de la préparation. Avant de passer en direct, on est là au moins une heure avant en général, pour écrire, préparer, positionner l’emplacement des speaks. Et, après, c’est parti, on appuie sur le bouton…

Pour « Le Lab », il n’y a, dans une émission d’interview, et vous le savez, pas de limite de durée de préparation. Après, c’est vraiment propre à chacun, chacun définit sa propre limite. J’ai du mal à ne pas connaitre parfaitement le sujet avant de me lancer, j’aime vraiment que l’artiste sente que je sais exactement quel est son projet, quel est son univers. En général, pour une interview, je consacre une demi-journée de préparation. Si j’ai envie de participer avec l’artiste, il peut m’arriver de préparer un titre au piano et, forcément, ça prend plus de temps. Ma méthode est, déjà, de faire le tour des réseaux sociaux, notamment Instagram, pour comprendre l’univers de l’artiste. Ensuite, évidemment, j’écoute l’album ou l’EP, c’est important pour le comprendre. Sortir des sons est essentiel à la radio, pour écouter au moins quinze à trente secondes d’une grande partie des morceaux, afin que l’invité puisse nous en parler. Il y a plein d’auditeurs qui vont écouter l’interview, parce que l’on est sur un grand média populaire, sans forcément connaitre l’artiste au départ et donc c’est aussi notre rôle de diffuser des extraits également de concerts ou de covers. J’aime bien, en tout cas, récupérer un maximum de sons autour de l’artiste et ça prend du temps…

Au-delà du contenu, les horaires de diffusion de ces deux programmes différent : une quotidienne qui accompagne les gens jusqu’à la pause déjeuner, une hebdo pour finir le week-end. Du coup, adaptez-vous le ton ou encore la forme en conséquence ?

Evidemment, il y a une plus grande liberté le dimanche soir. En semaine, les émissions se doivent obligatoirement d’être très efficaces sur la durée des interventions. Qui sont évidemment plus courtes. On est sur de l’accompagnement de gens qui sont au travail, qui sont sur la route et qui ont choisi Virgin Radio, une radio musicale, pour avoir de la musique. Le dimanche soir, c’est différent, l’horaire est moins stratégique, on accompagne des gens qui vont être en voiture, de retour de week-end, qui vont avoir une oreille plus disponible pour découvrir des choses. Les études montrent que plus la journée avance, plus les gens sont aptes à avoir de la nouveauté et à entendre des choses qui ne sont pas déjà dans leurs habitudes. Donc le matin est toujours très rassurant, avec des repères, avec des titres que les gens connaissent. Plus on avance dans la journée et la soirée, plus on peut se faire plaisir et plus les auditeurs vont accepter de découvrir des choses. « Le Lab » est de 20 heures à minuit, autant vous dire qu’on peut se faire un peu plaisir, surtout en fin d’émission.

Elle est construite en trois moments. La première pour l’interview, trois titres sont enregistrés en live avec les artistes et les musiciens et, autour, on échange pour découvrir l’univers du chanteur. Ensuite, il y a une partie de quota français, c’est une règle en radio. Plutôt que de le faire un peu bêtement, on le fait en découvrant un maximum d’artistes et de nouveaux talents. Donc, comme son nom l’indique, c’est une émission laboratoire. Avant qu’un artiste ne passe éventuellement dans le 9h 30-12h, il est travaillé, testé le dimanche soir, on fait découvrir un nouveau titre et on voit si ça prend. Dès fois, des morceaux restent sur cette tranche, d’autres, à l’inverse, basculent très vite dans les playlists de journée. C’est aussi l’intérêt de cette émission, que de découvrir des morceaux et artistes qui ne sont pas joués le reste de la journée. Enfin, à partir de 22h 30, on a complètement carte blanche avec Mickael, le programmateur de la radio. On laisse d’ailleurs une partie de cette carte blanche aux auditeurs, à 23h, ce sont eux qui choisissent les morceaux. On peut faire découvrir plein de choses, écouter des morceaux de concerts, des moments de live, …C’est vraiment très différent, les espaces de liberté et d’expression ne sont pas les mêmes entre mes deux émissions.

Justement, cette différence doit sans doute être aussi très complémentaire ?

Exactement ! Ce sont deux exercices dans lesquels il y a vraiment moyen de s’amuser parce que, certes il y a plus de liberté le dimanche soir mais le flux, je trouve, est quelque chose de très intéressant parce qu’il est plein de contraintes. C’est comme quand on crée de la musique, maintenant on peut tout faire sur ordinateur et avoir n’importe quel instrument, on peut très vite se retrouver dans le flou, se perdre, ne pas forcément prendre plus de plaisir que cela, alors que, si on se met soi-même des contraintes ou qu’on les a, ce qui est le cas à la radio, on a alors un espace avec un vrai défi. Le défi, ici, c’est une intervention qui va faire de vingt à quarante-cinq secondes, qui va être autour d’une programmation musicale très travaillée, très stratégique et le but est d’être impactant, efficace dans tout cela.

 

 

Plus globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir des auditeurs ?

Heureusement pour moi, ce sont généralement des retours très positifs. On est quand même sur une époque compliquée de réseaux sociaux mais, sur deux émissions musicales, on a rarement des retours négatifs. Donc ce sont plus des messages de remerciements. Les gens nous parlent de leurs habitudes d’écoute. Ce qui est vraiment touchant, c’est d’avoir ces témoignages de « vous faites partie de mon quotidien », c’est fort !

Je reçois aussi souvent des demandes de fans qui aimeraient avoir tel ou tel artiste le dimanche soir, on essaie mais on est aussi beaucoup liés à l’actualité des artistes, qui font la tournée des médias sur un ou deux jours seulement.

Quels seront d’ailleurs vos prochains invités ?

Nous allons avoir Aimé Simone, on est vraiment dans le côté découverte de talents, c’est un vrai talent, il est nourri par tous ses voyages, il a habité Berlin, il a fait de la techno. Inspiré de tout cela, il fait ce qu’il appelle de la post-pop. Dans l’émission, il va pouvoir nous expliquer ce qu’il entend par là, tout en prenant le micro.

Derrière, ce sera « Ephémère », le trio formé par Grand Corps Malade, Ben Mazué et Gaël Faye. J’avais eu la chance de les recevoir tous les trois mais séparément dans l’émission. C’est encore autre chose de les recevoir tous les trois ensemble. Ils sont vraiment potes, ils ont quand même été nommés en même temps aux Victoires de la musique pour le meilleur album, finalement c’est Benjamin Biolay qui a gagné. Ils étaient tous les trois, avec leurs albums, face à lui pour la cérémonie, ils en ont fait une chanson d’ailleurs, ils vont nous raconter cela, qui s’appelle « On a kidnappé Benjamin Biolay ». En fiction dans leur album, ils imaginent qu’ils ont volé la victoire de la musique et, après, ils essaient de lui rendre mais ça part un peu en live…Ils vont nous raconter comment ils ont eu cette idée, comment ça s’est passé. L’idée sera aussi de laisser faire parler la magie du live, on va les écouter sur quelques morceaux du projet qui rassemble sept titres.

Au 1er janvier prochain, Virgin Radio redeviendra Europe 2. C’est là aussi un changement important pour la station…

C’est un grand changement, effectivement. Cela occupe les journées d’une grosse partie de l’équipe depuis au moins cet été, voire même avant. Il faut imaginer ce que c’est que de changer le nom d’une radio pour une radio qui est, en plus, un réseau. Il y a des logos partout en France, ils doivent tous disparaitre le 31 décembre. Chaque visuel, chaque citation de Virgin Radio devra avoir disparu le 1er janvier. Donc c’est un grand défi. Pour ma part, dans « Le Lab », on a démarré dès septembre des émissions dans lesquelles n’apparait pas le logo Virgin et ne sont pas prononcés les mots « Virgin Radio », pour que l’on puisse les garder à partir de janvier en podcast audio et sur la chaine Youtube de la radio. Je ne voulais pas que tout disparaisse, ce sera déjà le cas sur les autres archives, ce qui me rend triste donc je voulais au moins conserver les dernières semaines.

Mais c’est une toute petite partie, dans un océan de choses qui sont à faire pour ce changement. Ce qui est très excitant évidemment, c’est que ce changement signifie une nouvelle identité visuelle, un nouvel habillage sonore, de nouvelles voix-off peut-être. Donc c’est en même temps énormément de travail et énormément d’excitation.

Pour terminer, très simplement, après bientôt trois mois d’antenne cette saison, que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Que l’on continue à s’éclater, que les artistes puissent continuer à venir. On a quand même connu la période où l’on a fait du bricolage d’interviews, en essayant de trouver des parades techniques. C’est vrai que quand les artistes ont commencé à revenir dans les locaux, que l’on a pu rediscuter physiquement avec eux, les enregistrer dans nos studios, faire des sessions acoustiques spécifiquement pour nos auditeurs, oui, ça nous a fait un grand bien. Déjà, si on pouvait continuer comme cela, avec le passage à Europe 2, à accueillir autant voire plus – c’est peut-être ce qui est prévu- d’artistes, à faire du live, à aller à la rencontre des gens en région, à diffuser les bonnes ondes de musique de Virgin Radio qui sera Europe 2, je serais très content !

Merci, Paul, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Radio

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